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CO de 2017/CO n° 1171 du 11 février 2017/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : À la société HLM OZANAM, la grève a payé

Après quatre jours de grève, les salariés de la société HLM-Ozanam de Schœlcher ont pu faire entendre raison à leur direction.  

Ils avaient déclenché leur mouvement le vendredi 20 janvier notamment pour dénoncer le blocage des NAO 2016 (négociations annuelles obligatoires). Ils dénonçaient l’aggravation de leurs conditions de travail suite à un manque de personnel. Ils réclamaient également des revalorisations de salaire et l’organisation de la promotion interne notamment lors des départs à la retraite. Ils étaient soutenus par une intersyndicale FO-CDMT. Par l’accord signé le mercredi 25 janvier au soir, les grévistes ont obtenu l’engagement de la direction d’embaucher cinq agents... d’ici mai 2017, sur les dix qu’ils estiment nécessaire. C’est une promesse qui date en fait de la grève de 2013. Ils ont obtenu également une augmentation sur les salaires de 2016 et une prime de transport. La direction a payé les jours de grève. Forts de ce succès ils ont arrêté la grève.


Guadeloupe: Gaddarkhan SGEC : Licenciements scandaleux !

José Gaddarkhan, patron du BTP (bâtiments travaux publics) a annoncé neuf licenciements.

C’est une première vague, car il compte licencier le même nombre plus tard dans l’année. Depuis des années les menaces de licenciements étaient régulières. Le prétexte était toujours le même : de soi-disant difficultés financières et une absence de marchés publics. Mais dans le secteur du BTP en Guadeloupe, le groupe Gaddarkhan est un géant qui accapare la majorité des marchés. Il est bien difficile de croire que le groupe rencontre de grandes difficultés au point de licencier neuf ouvriers. Dans l’entreprise, les salariés eux n’ont jamais arrêté de travailler, au contraire ! Ils effectuent au moins deux heures supplémentaires chaque jour. Cela représente pour la vingtaine d’ouvriers présents sur le terrain plus de 800 heures de travail supplémentaires par mois. En clair, non seulement cette entreprise ne devrait pas licencier, mais elle devrait même embaucher. Il y a du travail pour au moins six personnes de plus. José Gaddarkhan prétend rencontrer des difficultés ? Mais où sont passés les profits des chantiers réalisés ? Fin 2013, la piste de l’aéroport a été réalisée par les ouvriers pour un marché de 20,5 millions d’euros ! Fin 2014, la nouvelle centrale électrique de Jarry a été réalisée par plusieurs groupes du BTP, dont le groupe Gaddarkhan, pour un coût total du projet à hauteur de 450 millions d'euros. La construction du barrage de Moreau à Goyave en 2016, à laquelle a participé le groupe Gaddarkhan à hauteur de 31 millions d’euros. Il y a aussi régulièrement des chantiers moins importants où est présent le groupe Gaddarkhan, comme ceux réalisés par la Région cette année. Rien qu’en janvier et février 2017, il y a le réaménagement des échangeurs de la Jaille et de Chauvel, la reconstruction du pont de la Rivière Noire à Saint-Claude et du pont Dongo à Capesterre-Belle-Eau et la déviation sur la RN5 au niveau de l’aéroport aux Abymes. L’échangeur de Chauvel à lui seul a coûté 300 000 €. Alors ce groupe n’est vraiment pas à plaindre. Il est présent dans des dizaines de secteurs en Guadeloupe, en Martinique ou dans la Caraïbe. Les Gaddarkhan sont présents aussi dans l’immobilier à travers leur société civile immobilière Via Verde. Cette société a pour activité principale la location de terrains et d'autres biens immobiliers, bureaux, espaces commerciaux, halls d'exposition, salles de conférence, salles de réception, salles de réunion, et la liste est encore longue. Alors, lorsqu’un patron comme Gaddarkhan prétend rencontrer des difficultés, c’est une vaste blague. En réalité, dans l’entreprise SGEC, José Gaddarkhan et sa direction entendent multiplier les profits. Ils veulent faire le travail avec moins d’ouvriers. Ils comptent augmenter les cadences et la quantité de travail pour les ouvriers restants. Les travailleurs s’ils le décidaient, auraient toutes les raisons de contester ces licenciements, en agissant collectivement !


Hôpital de Capesterre Belle-Eau : Les travailleurs en grève

Depuis dix ans, l’installation du nouvel hôpital de Capesterre Belle-Eau se fait attendre. Ce 6 février, suite à un préavis de grève resté sans réponse, les travailleurs de l’ancien hôpital ont bloqué la route à Petit Pérou, puis la mairie au bourg.

Début 2013 le déménagement vers le nouvel hôpital à Saint Sauveur est « imminent ». Il y a deux ans presque jour pour jour, la nouvelle installation était encore « imminente ». Des défauts de construction, des retards, se succèdent. Cependant, la situation à l’ancien hôpital n’a cessé de se dégrader. Il y aurait même de graves problèmes de budget de fonctionnement. Cinq collègues viennent d’être « remerciés » et les nouvelles sont inquiétantes. Qu’en sera-t-il exactement ? Le service de médecine générale va-t-il être supprimé dans le nouvel hôpital ? Il semble qu’il sera limité aux soins des personnes âgées. La population de la commune et de la région s’inquiète. Le mécontentement gronde en particulier contre le maire qui aurait choisi, peut-être par intérêt, un terrain hors du bourg pour cet hôpital, le rendant plus difficile d’accès.

Sur le barrage au rond-point de la kassaverie, les travailleurs étaient déterminés et ont fait savoir à la population leurs craintes sur les intentions de l’ARS (Agence régionale de santé) et de la commune.


Guadeloupe : Marie-Galante : l’affaire Albioma

Depuis le début de l’année, un bras de fer oppose la présidente de la Communauté des Communes de Marie-Galante (CCMG), Maryse Etzol au groupe Albioma qui a reçu les autorisations de l’État pour construire une centrale thermique bois-bagasse.

Le projet de centrale thermique bagasse seule porté par la CCMG a été rejeté par l’État. Maryse Etzol considère que le projet d’Albioma, soutenu par la direction de l’usine sucrière de Grande-Anse, est « trop coûteux et trop polluant ».

On peut en effet douter du caractère écologique de cette centrale fonctionnant principalement avec du bois importé de forêts du Brésil ou du Canada.

Dépôt de bilan
À l’approche du début de la récolte, la direction de l’usine sucrière (SA Sucrerie Rhumerie de Marie-Galante) a menacé de déposer le bilan si les travaux de construction de la centrale Albioma n’étaient pas lancés. De cette manière, le directeur Michel Claverie prend en otage les petits planteurs et les ouvriers de l’usine.

Michel Claverie prétend que l’usine est vétuste, qu’elle a des difficultés financières et qu’elle ne survivra qu’avec les millions d’euros de subventions conditionnés par la mise en place de la centrale Albioma.

En réalité, la SA Sucrerie Rhumerie de Marie-Galante est une filiale d’un groupe qui se porte très bien, le groupe COFEPP-La Martiniquaise qui a fait 23 millions d’euros de bénéfices en 2015. Son patron, Jean-Pierre Cayard, possède une fortune personnelle de 3 milliards d’euros, ce qui le place au 18ème rang des plus riches de France.

Parts du capital
Pourquoi la direction de l’usine défend-elle avec autant de ferveur le projet d’Albioma ? Premièrement, depuis mai 2016, la COFEPP jusqu’alors spécialisée dans les spiritueux, s’est tournée vers le secteur de l’énergie en achetant des parts du capital d’Albioma.

Et en particulier la COFEPP détient 30% des investissements dans ce projet de centrale bois-bagasse.

Maîtres chanteurs
Michel Claverie, représentant de la COFEPP en Guadeloupe, compte bien gagner la bataille. Des millions d’euros de profit sont en jeu avec la production de l’électricité ! L’an passé, la COFEPP et Albioma ont lancé la construction du même type de centrale en Martinique près de l’usine sucrière du Galion. Ils avaient réussi leur coup, avec la complicité de l’État, en prétendant là encore que l’usine était en difficulté et avait besoin de la centrale électrique pour continuer à fonctionner. Comme quoi ces maîtres chanteurs n’en sont pas à leur coup d’essai.


Usine Gardel : Les NAO enlisées dans la mélasse

La direction de la filière canne fait toujours de l’obstruction. Après huit réunions, elle traine des pieds pour la revalorisation des salaires. Pourquoi les travailleurs des l’usine et des champs de cannes ne viendraient-t-ils pas mettre leur grain de sel dans cette mélasse, eux aussi, pour faire entendre leur voix !


Martinique : Taxes : Larcher bat en retraite

Les contribuables des communes de la Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud de Martinique (CAESM) ne décolèrent pas.  

L’augmentation des taxes de plus de 35% en est la cause. Certains d’entre eux sont mobilisés pour exiger leur annulation. Ils se sont organisés en Collectif et ont mené déjà plusieurs actions. Jeudi 26 janvier, ils se sont à nouveau rendus au siège de la CAESM pour exiger que les dirigeants de cette collectivité reviennent sur leur décision.

Au départ, Larcher, le président de l’Espace-Sud, a tenté de justifier ces hausses et dit qu’il était impossible de faire marche arrière. Puis, la pression ne faiblissant pas, il a déclaré qu’il n’y aurait pas de hausse en 2017. Depuis, il a annoncé une baisse de 15%, compte tenu du transfert de certaines charges à d’autres organismes.

Mais le Collectif entend bien obtenir également une annulation de la hausse des impôts de 2016. Si les dirigeants pensaient que leur décision passerait comme une lettre à la poste, ils en sont pour leurs frais. Car la mobilisation des contribuables a contrecarré leur plan. Preuve que la mobilisation et la détermination peuvent faire reculer les élus à l’origine de ces mesures impopulaires et injustes.