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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1164 du 22 octobre 2016/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Reprise de la grève à l’habitation Thébault

ZoomLe 12 août dernier la vingtaine de salariés que compte l’habitation s’était mobilisée. Les salariés manifestaient leur mécontentement contre l’attitude scélérate de leur patron le sieur Félix Fixy. Le mouvement avait démarré pour exiger que leur salaire du mois de juillet leur soit versé. Ils étaient aussi mobilisés pour l’amélioration de leurs conditions de travail.

Malgré la signature d’un protocole d’accord au début du mois de septembre, ce patron n’a pas payé les salaires du mois de septembre. Les ouvriers trouvent que cela a trop duré. Pour se faire entendre et respecter et exiger leur argent, ils ont érigé un barrage filtrant sur la route départementale à proximité de l’exploitation bananière. La meilleure solution qui ferait baisser son caquet à cet exploiteur, serait que les ouvriers de l’habitation s’adressent aux ouvriers des autres habitations pour qu’ils apportent leur solidarité et manifestent à leur manière leur mécontentement contre ce capitaliste arrogant.


Guadeloupe : La plantation SA Bois Debout et Louis Dormoy condamnés

 Le 14 octobre, le tribunal correctionnel de Basse-Terre a condamné la plantation de banane SA Bois Debout et le gros planteur béké Louis Dormoy qui n’avaient pas respecté le droit de retrait des ouvriers en 2014.  

Le tribunal a reconnu que les ouvriers avaient eu raison de cesser le travail pour dénoncer les conditions de travail inhumaines sur la plantation. La société a été condamnée à verser aux 97 ouvriers l’intégralité de leur salaire qui avait été prélevé durant les six semaines de droit de retrait ainsi qu’une indemnité de 100 € par travailleur. L’entreprise devra aussi payer à l’État une amende de 19 400 € et 1 000 € de frais de justice. L’ancien patron, Louis Dormoy a, lui, été condamné à payer une amende de 2 000 €. En 2015, Louis Dormoy avait déjà été condamné à un an de prison avec sursis et 10 000 € d’amende suite à la mort d’un ouvrier sur la plantation. C’est la lutte engagée depuis des années par les ouvriers qui a permis la condamnation de Dormoy qui se croyait « intouchable ». On ne peut que souhaiter que cette combativité s’étende aux ouvriers des autres plantations de banane qui subissent eux aussi une exploitation féroce.


SA Bois Debout, encore un travailleur victime de la rapacité des patrons

 Le mardi 4 octobre, vers 7h, un travailleur, conducteur d’engin, a été victime d’un très grave accident. Son état jugé très préoccupant a nécessité son évacuation par hélicoptère au CHU de Pointe-à-Pitre.

En fait, ce travailleur a voulu stopper un tracteur dont le système de freinage était défectueux. Le tracteur et sa remorque chargée de régimes de bananes l’ont heurté et des roues lui sont passées sur le corps. Pour les besoins de l’enquête, les gendarmes, sur ordre du procureur de la République ont procédé à la saisie de ce tracteur. Mais il paraît que tous les tracteurs sont défectueux sur ce lieu et sur les autres habitations. La direction n’a daigné informer ni les travailleurs, ni les représentants du personnel présents sur l’habitation. C’est au moment de la pause de 9h que les délégués ont eu cette information et que trois travailleurs témoins ont été convoqués à la gendarmerie de Capesterre-Belle-Eau. Dans la foulée, les travailleurs et les délégués décidaient d’arrêter le travail et de tenir une assemblée générale.  


Martinique : AFPA / IMFPA : Les salariés refusent d’être jetés comme des Kleenex !

Une partie du personnel de l’AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) a fait irruption dans la réunion plénière de la CTM (Collectivité territoriale de Martinique) du 4 octobre. Idem le 7, lors de la réunion des administrateurs de l’IMFPA (Institut martiniquais de formation professionnelle), nouvel EPIC (Établissement public à caractère industriel et commercial) émanant de la CTM et devant remplacer l’AFPA.

Le mot d’ordre de la délégation appuyée par le syndicat CDMT était : « Nous voulons des réponses immédiates sur l’avenir des salariés. » Depuis des mois, le sort des 130 employés de l’AFPA se trouve soumis au bon vouloir des gestionnaires de la formation professionnelle. Ces dernières années, la Région, dirigée alors par l’équipe de Letchimy du PPM (Parti progressiste martiniquais), avait réduit ses subventions. Endettée de 10 millions d’euros, la structure a été mise en redressement judiciaire. Le tribunal de commerce devait se prononcer le 18 octobre prochain sur sa liquidation. La formation professionnelle fut alors assurée par l’IMFPA. La nouvelle majorité en charge de la formation composée des partis MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), PCM (Parti communiste martiniquais) RDM (Rassemblement démocratique pour la Martinique), Les Républicains - a déclaré « qu’elle ne reprendrait pas les arriérés ». Elle a choisi de laisser faire le tribunal de commerce. La CTM se comporte comme n'importe quel capitaliste-repreneur. Avec la liquidation, elle ne fait qu'utiliser une opportunité pour n’avoir pas à licencier elle-même.

Dans cet imbroglio, c’est l'emploi des 130 salariés qui est en jeu ! La CTM veut se débarrasser de certains pour alléger les « charges ». Et sans même rendre de compte à quiconque. Qui sera repris dans la nouvelle structure ? à quelles conditions ? Personne n'en sait rien. Au moment où nous écrivons, ni Daniel Marie-Sainte, conseiller territorial en charge de la formation professionnelle - un ancien syndicaliste ! - ni Francine Carius, présidente de la commission formation, n’ont donné suite aux demandes du personnel. Ils ont choisi leur camp. En se mobilisant, les travailleurs montrent qu’ils ne se laissent pas faire. 


Martinique: Décharges, Les rats ne vont pas quitter le navire

Le ramassage des ordures ménagères a été suspendu partout, deux fois deux jours, début octobre. Et le retard est long à rattraper ! Toutes les filières de traitement sont saturées, les responsables enchaînent réunion sur réunion... Déjà en 2014, voire avant, le blocage était prévisible. Mais tout le monde a laissé plus ou moins courir, se contentant de solutions à la petite semaine. Enfin, en octobre 2016, c'est la crise : la décharge de la Trompeuse, à Fort-de-France, est fermée depuis fin 2013, celle de Petit Galion, au Robert, n'ouvrira pas avant 2017 et l'incinérateur de Dillon a été en arrêt technique 15 jours.

La situation était déjà folle. Des balles d'ordures non traitées, sous film plastique, étaient stockées depuis des mois sur une aire de stockage « provisoire », à proximité de la Trompeuse, en voie de « verdissement végétalisé ». Il vient d'être décidé de transporter ces balles au-dessus du dôme d'ordures de la Trompeuse lui-même, paraît-il opportunément naturellement compacté en quelques endroits, et tant pis pour le verdissement. L'aire de stockage ainsi dégagée étant rendue disponible... pour l'arrivée de nouvelles balles… Et la Collectivité Territoriale, à l'unisson avec la Préfecture, de crier victoire en disant que tout est résolu pour vingt-cinq ans. Bizarre, vraiment !


Martinique: Serge Letchimy, « lutteur » petit-bras !

À l'occasion de la réunion de rentrée de son parti le 10 octobre à Trénelle, Serge Letchimy a déclaré vouloir « faire du PPM un parti de lutte ».

Lutte pour quoi ? « Pour que l'alternative soit possible demain ». Et il rajoute aussitôt : « si le parti a besoin de moi, je serai présent ». Tout est dit ! Il ne s'agit pas de lutte pour les intérêts des travailleurs, de lutte de classe contre la mainmise du patronat sur les fruits du travail... Non, il s'agit de la lutte des places pour le PPM et son président, Serge Letchimy lui-même.

Alors, Letchimy et nos « lutteurs » embrayent pour présenter le projet de nouvelle loi « Égalité réelle » sous des jours favorables. Par exemple, le 14 octobre, Letchimy avec les sénateurs Larcher et Antiste, faisaient la promotion du projet devant des élèves du Séminaire-Collège. Autopromotion puisqu'il se targue d'en être l'un des artisans, à l'image de son compère Victorin Lurel. Dans la droite ligne du soutien sans faille à la politique du PS et des gouvernements successifs de la présidence Hollande, il fait ce que l'on attend de lui : cacher derrière des mesurettes et des belles paroles le sens de ce texte, c'est-à-dire vouloir imposer des reculs aux travailleurs, baisse des salaires par les attaques sur les 40 %, augmentation des impôts, etc. Les gros possédants, Hayot et Cie, eux, n'ont pas besoin de lutter : Letchimy leur renouvelle son offre de service !


Saint Martin : Mobilisation des professeurs du lycée professionnel

La moitié des enseignants a débuté une grève le mardi 27 septembre, en raison des conditions de travail inadmissibles. Ils protestent contre les bruits causés par des travaux qui ont commencé à la rentrée alors qu’ils devaient démarrer en juin. Certaines salles de classe sont vétustes, elles n’ont pas de climatisation ni même d’électricité. Il manque du matériel informatique. En janvier, les professeurs avaient déjà fait un mouvement de grève pour l’amélioration des conditions de travail. À l’issue de cette nouvelle grève, les grévistes ont rencontré le représentant du rectorat et la collectivité. Ces derniers ont fait semblant de découvrir les revendications. Après avoir suspendu la grève en raison du décès de l’un de leurs collègues, les professeurs l’ont reprise le mardi 4 octobre. Mais ces autorités publiques n’ont toujours pas donné de réponse à leurs revendications. Les enseignants ont décidé de suspendre leur action, toutefois ils continuent à dénoncer les mauvaises conditions de travail.