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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1165 du 5 novembre 2016/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe Capesterre-Belle-Eau : Grève des agents de la CASBT

 Depuis le mercredi 26 octobre 2016, les 21 agents transférés de la Générale des Eaux à la CASBT (Communauté d’agglomération du Sud Basse-Terre) sont en grève à 100 % et ont deux revendications qui sont : - La mise en place du DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) qui est obligatoire, - L’étude du sort des agents transférés qui ont perdu 22 % de salaire depuis leur transfert à la CASBT. Depuis ce transfert le 1er octobre 2014, les agents ont eu plusieurs séances de négociation pour discuter de leur sort sans aucun résultat satisfaisant. Ils sont victimes d’un conflit entre la Générale des Eaux, la CASBT et le SIAEAG. Leur dossier personnel n’avait pas été transféré à la CASBT et faute d’éléments les discussions n’aboutissaient pas. Les agents ne peuvent accepter une perte de salaire aussi importante et sont très déterminés. En principe une rencontre est prévue le jeudi 3 novembre à Basse-Terre entre la présidente de la CASBT, Lucette Michaux-Chevry, les grévistes et les représentants syndicaux CGTG.


Vive la grève des travailleurs de Carrefour Market Boisripeaux

Depuis plus d’un an, aux NAO (négociations annuelles obligatoires) la direction n’accédait pas aux demandes des travailleurs. C’est pourquoi les salariés du supermarché se sont mis en grève.  

Ils réclament 60 € d’augmentation de salaire par mois, une prime de vacances de 80 €, l’embauche de nouveaux travailleurs et l’amélioration des conditions de travail. La direction refuse de céder et s’est montrée méprisante et arrogante vis-à-vis des grévistes. Face à l’attitude de la direction, qui refusait de payer les jours de grève, les salariés ont décidé de bloquer complètement le centre commercial, avec des encombrants.
Les chefs prétendent rencontrer des difficultés, alors même qu’ils ouvrent un nouveau magasin sur le territoire. Ils ont même usé d’intimidations et de menaces en appelant personnellement plusieurs grévistes. Le patron béké Despointes, propriétaire de ce Carrefour a l’habitude de ne pas céder rapidement sur les revendications. Il espère ainsi faire reculer les travailleurs en mouvement et les dissuader de recommencer avant un moment. Il a sûrement eu du mal à digérer les trois grèves en trois ans. Mais les grévistes majoritaires à plus de 80 % n’en démordent pas. Les salariés qui ont commencé leur grève le 18 octobre à l’appel de l’UGTG ont bien l’intention d’aller jusqu’au bout de leur mobilisation, pour obtenir satisfaction.


Martinique : Mairie du Lamentin : Des méthodes de patron de combat

Le 27 octobre, un incident entre une délégation des représentants des travailleurs municipaux du Lamentin et la deuxième adjointe du maire Pierre SAMOT, a fait la une de l’actualité. Mais le principal a été occulté.

La ville du Lamentin, comme toutes les collectivités territoriales, connaît des problèmes de trésorerie. Le gouvernement, que soutient d’ailleurs la mairie du Lamentin, a réduit l’aide de l’État aux collectivités et verse cet argent aux entreprises prétendument pour leur permettre de créer des emplois.
En 2014, Pierre SAMOT et son équipe ont augmenté les impôts juste après les élections municipales afin de réduire le déficit de la commune et retrouver une marge financière. Mais cela ne suffit pas. Il se dit que la municipalité devrait se séparer de 300 agents pour assainir ses comptes. Le maire fait tout pour réaliser des économies sur le dos des agents.
Ces derniers se sont donc mobilisés pour obtenir le respect des engagements pris ou pour préserver leurs droits et acquis. Déjà, des agents affectés à l’Office des Sports avaient cessé le travail il y a quelques semaines pour obliger la municipalité à leur verser les salaires et indemnités auxquels ils ont droit.
Cette fois c'est la deuxième adjointe qui a rencontré la délégation du syndicat CGTM-SOEM pour trouver une solution. Mais au lieu de négocier, elle a choisi de faire du dilatoire en pinaillant sur la composition de la délégation syndicale. Et le comble a été sa provocation quand elle a bousculé de la poitrine un membre de la délégation syndicale. Il fut un temps où le maire du Lamentin se réclamait du communisme ainsi que ses adjoints. Mais les pratiques actuelles confirment qu’ils ont depuis longtemps tourné le dos à cet idéal pour adopter les méthodes des capitalistes que le maire fréquente de manière assidue.


Guadeloupe : Combattante jusqu’au bout, Jocelaine Loussassa-Chipotel nous a quittés

Jocelaine, militante du PCG (Parti communiste guadeloupéen), secrétaire générale de la Fédération santé-action sociale de la CGTG de 2002 à 2013, est décédée après une longue maladie.  

Elle avait 64 ans. Jusqu’au dernier moment et pendant plus de dix ans cette militante a continué la lutte auprès des travailleurs de sa fédération et même d’autres secteurs et mené de front celle contre la maladie. Ceux et celles avec qui elle menait des actions - de Saint François à Bouillante - la croyaient invincible et n’hésitaient pas à la solliciter, assurés de la voir apparaitre.
Avant sa venue en Guadeloupe en 2002, Jocelaine a milité dans la région parisienne au sein de l’émigration antillaise. Elle était responsable du secteur émigration de la Fédération santé-action sociale de la CGT. Nos camarades de Combat Ouvrier la rencontraient lors des manifestations nombreuses dans les années 70 ou lors des ventes sur les marchés où elle proposait le journal l’Étincelle. Nos discussions étaient animées mais cordiales sur les problèmes de l’émigration, de la Guadeloupe et la politique en général. Bien que communistes, elle et nous, nous avions une vision différente de l’action communiste. Mais nous étions malgré tout dans le même camp, celui des militants persuadés que ce monde capitaliste devait être mis à bas et remplacé par une société débarrassée de l’oppression et de l’exploitation.
Jocelaine a beaucoup donné de son temps, de son énergie à l’activité militante. Elle a beaucoup apporté à l’action syndicale, active auprès des travailleurs de l’archipel, toujours présente aux manifestations, aux réunions où elle faisait de judicieuses interventions. Elle a aussi beaucoup compté dans son parti, le PCG. Nous saluons son dévouement et son courage. Que ses enfants et son mari, ses camarades trouvent nos encouragements face à cette douloureuse perte.


Capesterre-Belle-Eau : les « Privés d’eau » obtiennent satisfaction grâce à leur mobilisation

 Par leur mouvement, le blocage de la N1 les 25 et 26 octobre, les « privés d’eau » de Capesterre-Belle-Eau ont finalement obtenu que les autorités - municipalité, département, région et CASBT (communauté d’agglomération du sud Basse- Terre) - se réunissent et mettent en place de quoi leur donner satisfaction.  

Pour l’heure, des distributions de bouteilles d’eau sont organisées par notamment le département, des roulements dans la distribution de l’eau sont également prévus. Et comme à chaque fois que la population se mobilise, elle gagne en tout ou partie. En exprimant sa colère, elle oblige les politiciens qui détiennent une partie des pouvoirs de décision à donner satisfaction à leurs revendications. On a entendu les Chalus, Borel-Lincertin, Beaugendre etc. déclarer, chacun de son côté, « qu’on doit se mettre ensemble, s’entendre » pour répondre aux besoins de la population. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait, depuis le temps que la question de l’alimentation correcte en eau de ces populations s’est posée?
Ces politiciens qui se « disputent » les postes le font soi-disant dans le but de trouver des solutions aux problèmes de la population laborieuse et du petit peuple en général. Mais en réalité, ils s’en fichent complètement. En fait c’est la détermination des « privés d’eau » de Capesterre-B-E qui a obligé les Chalus, Borel-Lincertin et autres Beaugendre à trouver une solution. C’est un exemple à suivre. C’est toute la population de la Guadeloupe qui devrait se mobiliser contre le manque d’eau au robinet presque partout.


Venezuela : Quand l’opposition surfe sur la colère des masses

La droite vénézuélienne, le MUD, Mesa de la Unidad Democrática (Unité démocratique), a appelé les travailleurs et la population à une journée de grève le vendredi 28 octobre. Elle proteste contre l’arrêt de la procédure qui permettrait la révocation du Président Nicolas Maduro.
À cet appel de l’opposition, le président Maduro a répondu par des menaces d’envoyer l’armée dans les entreprises qui décideront de fermer. Puis, afin de calmer le mécontentement, il a annoncé qu’il augmenterait le salaire minimum de 40 % (ce qui correspond à 128 €). Depuis deux ans, le régime connaît une grave crise économique liée à la chute des prix du pétrole. Durant des années l’ancien Président Hugo Chavez a utilisé les ressources pétrolières qui constituaient 96 % des revenus du pays, pour mettre en place des programmes d’aide sociale en faveur de la population pauvre. Le président actuel Maduro, qui a succédé à Chavez en 2013, a des difficultés à maintenir cette politique. La chute du prix du pétrole vient de ruiner le pays qui vit dans une situation de pénurie alimentaire. Cette situation plonge le Venezuela dans une crise sociale considérable, 76 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. La droite profite de cette situation de crise pour tenter de revenir au pouvoir. Que ce soit Maduro ou la droite, chacun veut tirer son épingle du jeu. Quant à la population pauvre, elle continue de souffrir de cette crise qui l’enfonce dans une misère généralisée.


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