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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1165 du 5 novembre 2016/Deuxième page

Deuxième page

Grève de Pôle Emploi Guadeloupe: une grève contre les mauvaises conditions de travail

Depuis le 18 octobre 2016, les agents du Pôle emploi de Guadeloupe sont en grève pour obtenir de meilleures conditions de travail et de meilleures conditions d’accueil pour les demandeurs d’emploi.

Les agents revendiquent l’augmentation du nombre d’agents de Pôle emploi en Guadeloupe. Ils réclament la titularisation des CDD et l’embauche définitive des jeunes du service civique. La première semaine de mobilisation a été marquée par la fermeture de plusieurs agences au public. Les agents ont fait entendre leur refus de la nouvelle organisation de l’inscription des demandeurs d’emploi, qui ne passe plus que par Internet. Cette modalité unique d’inscription, imposée depuis le 7 mars en Guadeloupe, pose énormément de problèmes pour tous les chômeurs. Même pour ceux qui ont l’habitude d’utiliser l’informatique, l’inscription est devenue longue et compliquée. Pour les chômeurs les plus en difficulté, l’inscription par internet est quasiment impossible seuls, car ils ne sont pas suffisamment autonomes.
Les agents exigent que Pôle emploi remette en place les modalités d’accueil et d’inscription physique qui existaient auparavant et qui ont été supprimées uniquement pour faire des économies de personnel. Quant à l’attribution des allocations de retour à l’emploi, sous la pression des objectifs qui leur sont fixés par leur direction, les chefs d’agence ont de plus en plus tendance à refuser l’examen différé des dossiers incomplets. Cela a pour conséquence une nouvelle diminution du nombre de demandeurs d’emploi qui sont indemnisés. Les agents en ont assez de subir le mécontentement compréhensible des chômeurs et le stress induit par la politique du chiffre. Les agents entament la troisième semaine de grève. Les négociations sur les points de revendication reprendront le 3 novembre. La détermination de ceux qui continuent la grève est intacte.


Les grévistes ont manifesté leur mécontentement face à El Khomri

Durant leur deuxième semaine de grève, les agents et les militants des organisations syndicales ont perturbé la visite de la ministre du travail, El Khomri, de passage en Guadeloupe. Une quinzaine de grévistes se sont invités au centre Sonis où la ministre était venue se féliciter de la mesure qu’elle a instituée pour les jeunes en difficulté, la « Garantie jeune ».
Les grévistes ont interrompu la manifestation en criant leur opposition à cette nouvelle forme de contrat précaire pour les jeunes. Après avoir été refoulés par la police hors du centre Sonis, les grévistes ont continué à lancer des slogans contre la ministre et la précarité. Vendredi, les grévistes ont décidé d’aller rencontrer la ministre El Khomri dans l’agence de Saint-François. La ministre, soi-disant ministre du dialogue social, a préféré fuir les agents au lieu de les recevoir et s’est rendue à Sainte-Rose avant de se rendre à l’agence de Saint-Martin.


Saint-Martin : les salariés ont aussi participé à la grève

 Le mercredi 19 octobre, l’agence était fermée. Les travailleurs ont fait grève, en solidarité avec les autres agences de la Guadeloupe. Ils ont aussi posé leurs propres revendications. Des salariés connaissent une grande souffrance au travail. Ils veulent qu’elle soit prise en compte. Ils dénoncent aussi le fait que Pôle Emploi embauche des jeunes pour six mois sans renouveler leur contrat, alors qu’un conseiller doit traiter 800 dossiers. Ils réclament la titularisation des six CDD (Contrat à durée déterminée). À Saint-Martin, les demandeurs d’emploi ont des origines diverses, ils parlent plusieurs langues, les services en ligne ne prennent pas en compte cette spécificité. Les agents demandent à ce que les langues comme l’anglais, l’espagnol et le créole soient prises en compte dans leur compétence. Ils réclament le paiement des frais de déplacement et la simplification des procédures administratives.


Martinique : Six accidents de camion : un mort. Ce n’est pas la fatalité

À partir du 14 octobre, en moins de 15 jours, six poids lourds se sont renversés en Martinique.  

Ces accidents ont impliqué un camion-toupie, le 14 octobre à Schœlcher, un camion-citerne, le 17 au Carbet, un semi-remorque, le 26 au Lamentin, et trois camions de collecte des ordures, le 18 à Sainte-Marie et le 25 au Gros-Morne et au Lamentin. L'accident de Sainte-Marie a été particulièrement dramatique puisqu'un des trois salariés à bord a été tué, écrasé sous le camion après une chute de  40 mètres, et les deux autres blessés.
Cette série noire a été particulièrement commentée, certains ont parlé de « quimboiseur » (sorcier)... Mais pas besoin d'aller chercher l'irrationnel ; des chauffeurs ont évoqué sur les médias des explications bien plus convaincantes, manque d'entretien de beaucoup de camions, état de la voirie et de ses abords, dangerosité de certaines manœuvres demandées... Concernant les camions-poubelles, les collectes d'ordures ont été ces derniers temps suspendues à plusieurs reprises du fait de la fermeture ou de l'engorgement des filières de traitement sur toute l'île. Les retards consécutifs à rattraper se sont naturellement souvent traduits par l'accélération des rythmes de travail imposés aux équipes de ramassage.
Et, une fois de plus, c'est un travailleur qui a perdu sa vie pour la gagner.


Guadeloupe :El Khomri en visite : fausses mesures et vrais mensonges

La ministre du travail, de l’emploi et du dialogue social Myriam El Khomri, est passée en Guadeloupe fin octobre. Pendant trois jours, elle s’est livrée à un véritable exercice de communication pour tenter de nous faire croire que le gouvernement agit contre le chômage.  

Elle a vanté les mesures déjà existantes, comme la Garantie jeunes. Ce dispositif a été mis en place en 2015, pour remplacer le précédent « RSA jeunes » qui s’appelait le CIVIS (contrat d'insertion dans la vie sociale). Il est prévu en Guadeloupe pour accueillir au maximum 325 jeunes, ce qui est dérisoire comparé aux 10 000 jeunes privés d’emploi. À la radio, El Khomri a menti en prétendant que tous les jeunes qui le souhaitent peuvent y participer.
Mais surtout, elle n’a pas expliqué ce que les jeunes vont devenir une fois sortis du dispositif, qui dure seulement un an. Le reste était à l’avenant. Elle a promis que le pacte d’emploi des jeunes signé avec les patrons du Medef – qui leur permet de ne payer aucune charge – débouchera sur mille emplois avant le 31 décembre. Ce chiffre fantaisiste ne repose sur rien, à part la création par El Khomri de 300 contrats aidés supplémentaires. Au terme de sa visite, El Khomri a conclu : « nous créons plus d’emplois que nous en détruisons. » Le nombre de chômeurs en Guadeloupe est passé de 59 000 à 65 000 depuis l’élection de Hollande, mais pour El Khomri toutes ces personnes n’existent pas, elle n’est pas du même monde…


Visite de Myriam El Khomri, la ministre du dialogue social ou du monologue politique ?

 Myriam El Khomri, la ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social était en Guadeloupe du 26 au 28 octobre. C’est elle qui est à l’origine de la Loi Travail qui va aggraver le chômage et la précarité. Lors d’un discours à Pointe-à-Pitre, devant un public trié sur le volet, Myriam El Khomri a déclaré qu’ « il faut que nous arrivions à passer d'une culture de l'affrontement à une culture du compromis, de la négociation. » Pourtant elle a refusé de discuter avec les grévistes de Pôle Emploi venus lui faire connaître leurs revendications. Elle n’a pas non plus visité d’autres entreprises où des salariés étaient mobilisés. Aurait-elle peur du « dialogue social » qu’elle vante elle-même ? En réalité, cette ministre en campagne pour les présidentielles de 2017, est venue faire son show politique en faisant bien attention de n’avoir aucune contradiction. Elle ne voulait pas être démasquée et prise pour ce qu’elle est : un larbin du grand patronat et des possédants comme tous ceux de son gouvernement.