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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1162 du 24 septembre 2016/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Grève des travailleurs municipaux de Sainte-Rose

Le 12 septembre les travailleurs de la mairie de Sainte-Rose sont entrés en grève. Ils veulent des améliorations en ce qui concerne l'organisation générale des services, l'harmonisation des quotas horaires, la révision du régime indemnitaire, les notations, l'action sociale, la formation, la santé au travail, les emplois précaires, l'accès à l'emploi des personnes handicapées, l'exercice du droit syndical ainsi que des cas particuliers. Le syndicat UTC-UGTG a établi une plate-forme d’une douzaine de revendications qui concernent les agents de la régie des eaux, du centre communal d’action sociale et de la caisse des écoles. Dès le premier jour de grève, la maire de Sainte-Rose, Claudine Bajazet, a ouvert des négociations. Le 13 septembre, la mairie de Sainte-Rose a annoncé qu’elle a trouvé un accord avec les grévistes sur sept de leurs revendications. Il lui faudra céder aussi sur les emplois précaires et sur les hausses de salaires liées à la révision du régime indemnitaire. Seule la détermination des grévistes leur permettra d’obtenir une amélioration de leurs conditions, comme ceux de Capesterre-Belle-Eau !


Guyane : Révolte contre l’injustice

Dans la nuit du 13 au 14 septembre, à Saint Laurent du Maroni, un groupe de manifestants s’est affronté aux gendarmes devant la caserne de la commune pour protester contre l’arrestation violente d’un habitant.  Tout a commencé lorsque les gendarmes ont débarqué chez Fabrice Magloire pour l’interpeller suite à un excès de vitesse commis en août dernier. Environ 25 gendarmes sont venus cagoulés, armés de fusils d’assaut et de chiens. Sans sommation et sans explication, ils ont défoncé la porte. La mère et la sœur de l’homme ont été insultées et mordues par un des chiens. Un enfant a reçu du gaz lacrymogène. Un gendarme a tiré sur Fabrice Magloire avec un pistolet à impulsion électrique (taser) qui l’a momentanément paralysé avant qu’il soit ligoté « comme un cochon » puis embarqué. Dix minutes plus tard, la famille est partie à la gendarmerie pour demander des explications. Elle a rapidement été rejointe par d’autres habitants du quartier. Environ 300 personnes ont manifesté devant la gendarmerie et aussi devant la préfecture. Des pneus et des débris ont été allumés et des projectiles jetés sur la caserne. Les gendarmes ont riposté avec des grenades lacrymogènes. La manifestation a duré jusqu’à 5h30 du matin. Comme les autres départements d’outremer, cette région est rongée par le chômage et la misère. Les autorités veulent intimider et terroriser la population pour éviter l’explosion sociale. Mais il y a quelques jours, à Saint Laurent, la population n’a pas laissé passer cet énième abus de pouvoir.
La salubrité publique est aussi une catastrophe entretenue par les gouvernements successifs qui n’ont jamais développé un réseau d’eau potable, des structures d’hygiène ou de santé publique. Depuis le début de l’épidémie ce sont en majorité des ONG (Organisations non gouvernementales) qui ont soigné les patients et ralenti la propagation de l’épidémie. La prévention du choléra passe aussi par la construction de structures sanitaires donnant accès à l’eau à l’échelle du pays et surtout dans les quartiers populaires, les bidonvilles et les zones rurales, ce qui n’est pas prioritaire pour le gouvernement. Ce dernier est au service des possédants, qui sont ceux qui bénéficient des rares actions menées.

Légende photo : La population laborieuse sait qu’elle ne peut compter que sur elle-même pour lutter contre le choléra.


Belize :Timide remise en cause d’une loi homophobe

 Après des années de tergiversation le chef de la Justice Kenneth Benjamin a déclaré que l’article 53 du code criminel était anticonstitutionnel. Cet article 53, rétrograde et inique, portait le nom méprisant de « loi contre la sodomie » ! Depuis 2013 une association d’avocats de Belize avec Caleb Oroz coréclamait son retrait. Des interventions internationales au nom de la dignité humaine et du respect de la vie privée ont compté dans la décision du Juge. Les relations commerciales avec les États-Unis ont aussi été évoquées. Les partisans du droit à l’homosexualité ont applaudi cette avancée. Près d’une centaine de manifestants, venus de différentes églises chrétiennes, ont exprimé leur désaccord devant le tribunal. Les préjugés ont la vie dure ! Reste à corriger le code criminel de Belize pour mettre fin à une loi qui existe encore dans dix autres pays de la Caraïbe qui interdisent leur accès aux homosexuels et les menacent de 25 ans de prison.


France : De fillonades en sarkonades

Fillon a déclaré entre autres inepties : « la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux autres peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du nord ». Mais les faits sont têtus !

La bourgeoisie française a imposé sa culture à coups de fusil d'une main et avec la bible dans l'autre. On ne compte plus ses massacres contre les peuples. Nous sommes bien d’accord pour partager toutes les révolutions françaises qui ont eu lieu contre les classes dominantes, ça oui ! Et… jusqu'à éliminer un jour les Fillon et toutes leurs crétineries ! Mais partager les crimes odieux, non ! Et voilà maintenant Sarkozy qui en rajoute une couche en déclarant que même si l’on n’est pas français on doit quand même dire « nos ancêtres les gaulois ». Il veut peut-être se faire pardonner ses origines juives d’Europe centrale, hongroises, peut-être huns ou ottomanes, qui sait ?

Aux Antilles françaises nous sommes bien placés pour savoir comment nous, Noirs ou Hindous, on nous a fait répéter jusqu’à en être saoulés du « nos ancêtres les gaulois » à l’école coloniale. Or, si certains d’entre-nous avons sans doute des ancêtres gaulois vu le métissage forcé pendant l’esclavage, par contre l’école coloniale nous cachait nos origines africaines ou hindoues, fussions nous du plus beau noir. Cette ascendance-là était présentée comme honteuse et n’avait rien de bien, ni de beau.


Sint-Maarten : Élections : les notables en campagne

 Actuellement, dans la partie hollandaise, a lieu la campagne électorale en vue des élections parlementaires. Les notables s’affrontent afin d’assurer leur carrière politique.  Sint Maarten est une ancienne colonie hollandaise dans la Caraïbe. Elle partage l’île avec Saint-Martin qui est la partie française. Les deux puissances coloniales, la France et la Hollande, ont divisé l’île, de 93 Km2, en deux parties. Le nord de l’île est sous la domination de l’impérialisme français et le sud sous celui des Pays-Bas. L’élection aura lieu le 26 septembre. Neuf partis politiques ont présenté 126 candidats, pour se disputer les 15 sièges que compte le Parlement. Les grands partis comme le Parti du Peuple Uni (UP, The United People’s Party), le Parti Démocratique (DP, The Democratic Party of Sint Maarten), ou l’Alliance Nationale (NA, National Alliance), ont tous un soi-disant projet pour lutter contre le chômage des jeunes et contre la pauvreté. Mais tous ces partis ont été au pouvoir et ils n’ont mené aucune politique en faveur de la population pauvre. La situation sociale reste très inquiétante. Le taux de chômage est élevé chez les jeunes (26%). 20% de la population n’a pas de revenus ou des revenus inférieurs à 500 euros mensuels. La classe laborieuse n’a donc rien à attendre de leurs promesses. Tous ces notables pensent surtout à leur carrière politique. Les travailleurs et la population pauvre ne pourront compter que sur leur propre force de lutte pour changer leur sort.


Il y a un an : Erika, une tempête mortelle à la Dominique

Dans la nuit du 26 au 27 août 2015 des pluies intenses (30 cm en 10 heures) ont entrainé inondations, coulées de boues, glissements de terrain. L’électricité a été coupée sur 80% de l’île, l’alimentation en eau interrompue, des routes et des ponts détruits, isolant des zones entières. L’aéroport principal, dévasté, fut fermé. Plusieurs centaines d’habitants se sont retrouvés à la rue, leurs maisons furent démolies ou rendues inhabitables. Et surtout il y a eu 21 disparus et 30 morts, certains furent enterrés sous les glissements de terrain. Cette petite île de 72 000 habitants n’était pas sur la (longue) liste de pays des prévisionnistes ce jour-là alors même que les îles les plus proches, la Guadeloupe et la Martinique, étaient en vigilance orange. Des aides étaient venues nombreuses, notamment de Martinique, Guadeloupe où les populations ont manifesté leur solidarité, mais aussi du Venezuela, des États-Unis et de la Chine. Mais la Dominique paye encore aujourd’hui et pour longtemps un lourd tribut au colonialisme britannique qui fut la cause, pour une grande part, de son sous-développement chronique.


Un film à voir :L’État libre de Jones, de Gary Ross

La guerre civile américaine a opposé, de 1861 à 1865, les États du Nord, anti-esclava-gistes, aux États du Sud qui voulaient le maintien des Noirs en esclavage. Le Nord fut finalement vainqueur. L'État libre de Jones, c'est l'histoire d'une révolte peu connue contre l'armée sudiste dans le comté de Jones, au Mississippi, pendant la guerre civile. Quelques petits agriculteurs, des déserteurs et des esclaves en fuite, se regroupèrent et combattirent, les armes à la main, pour leur liberté. Ils étaient menés par Newt Knight, un fermier blanc pauvre, déserteur. Le film aborde également la période dite de « Reconstruction », après la guerre, où des « petits blancs », menèrent des luttes – notamment pour la possession des terres – en commun avec les Noirs libérés. S'intercale dans le film le procès de Davis Knight, petit-fils de Newt, arrêté en vertu de la loi sur le métissage en vigueur au Mississippi en 1948 : puisqu’il descendait d'un mariage coutumier entre Rachel – ancienne esclave – et Newt, il était lui-même noir – selon la règle « une seule goutte de sang » – et donc son engagement avec sa fiancée blanche était illégal.


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