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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1161 du 10 septembre 2016/Troisième page

Troisième page

Martinique :L’État vole au secours de la société capitaliste Albioma

La population de Martinique a pu assister à travers la presse et les télévisions au bras de fer qui a opposé les militants de l’Assaupamar (Association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais) et le préfet de Martinique.  

Ces militants voulaient alerter l’opinion publique du danger que représente la construction de l’usine Galion 2 de production d’électricité. L’opposition de l’association écologiste ne date pas d’aujourd’hui. Dans un premier temps elle s’est opposée à la mise en place de cette usine qui devait fonctionner au charbon et qui allait polluer l’atmosphère. Finalement, suite à ces actions un arrêté préfectoral de mars 2014 avait conduit Albioma à revoir son projet et retirer l’utilisation du charbon de son projet. Albioma a créé un autre projet, mais cette fois avec de la biomasse résiduelle (bagasse de l’usine du Galion, troncs de déchets verts et forestières etc.…). Mais l’Assaupamar a de nouveau tiré la sonnette d’alarme : le fonctionnement de cette usine dégagera dans l’air des particules fines source de cancer pour la population environnante, d’autant plus que ces particules seront exposées au vent d’Est et dispersées dans la nature.

Apprenant que des machines destinées à l’usine de Trinité seraient débarquées sur le port, les militants de cette association avec le soutien du maire du Prêcheur Marcellin Nadeau et de son groupe politique Noupèp la, (nous, le peuple) se sont opposés à la sortie du port du convoi de matériel dans la nuit du 23 août.

Il ne s’est pas agi pour le préfet de négocier quoi que ce soit avec les manifestants. Sa mission a été, dans un premier temps, de donner l’ordre aux forces de répression d’intimider les manifestants qui avaient érigé un barrage à la sortie du port, pour dégager les lieux. Lors de la deuxième mobilisation, dans la nuit du jeudi 25 août, des policiers et des gendarmes mobiles armés jusqu’aux dents ont carrément chargé les manifestants, traînant par terre certains d’entre eux à coup de poings et de pieds afin de dégager la sortie du port et de permettre au convoi escorté par une dizaine de camions de la gendarmerie de se diriger vers Trinité. Cette brutalité opérée par l’État sur ordre du préfet a choqué plus d’un dans la population. Quant aux autorités politiques, la CTM et autres, elles se sont montrées impuissantes face à l’État et au donneur d’ordre, le capitaliste d’Albioma.

Quand il s’agit de défendre les intérêts politiques et économiques des capitalistes locaux ou étrangers, l’État sait se mettre à leur service.


Haïti : Choléra en Haïti, l’ONU reconnait sa responsabilité

Avec 500 cas de choléra chaque semaine, la population d’Haïti affronte une épidémie majeure. La population n’avait pas connu le choléra durant le 20ème siècle jusqu’au tremblement de terre de janvier 2010.  

C’est en octobre 2010 qu’un contingent de soldats népalais de la Minustah (Mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti) a contaminé le fleuve Artibonite en y déversant des selles souillées par les germes.

Le chaos sanitaire aggravé par le séisme a favorisé une propagation fulgurante de la maladie qui a atteint 250 000 personnes en 2011 et dont 4 700 décédèrent. Aujourd’hui le nombre de personnes ayant été touchées dépasse 800 000 dont plus de 10 000 sont décédées. Le choléra a frappé la population pauvre qui n’avait pas accès à l’eau potable, aux sanitaires, en particulier ceux qui vivent dans des bidonvilles démunis de toute hygiène. L’ONU qui avait toujours nié l’implication de la Minustah dans le début de l’épidémie, a déclaré à mots couverts qu’ils étaient impliqués dans le foyer initial du choléra. Les familles des victimes attendaient cette reconnaissance des faits en espérant qu’il y aura des retombées juridiques. Cette reconnaissance honteuse de l’ONU n'engendre toutefois pas pour le moment une amélioration de la lutte contre le choléra.

La salubrité publique est aussi une catastrophe entretenue par les gouvernements successifs qui n’ont jamais développé un réseau d’eau potable, des structures d’hygiène ou de santé publique. Depuis le début de l’épidémie ce sont en majorité des ONG (Organisations non gouvernementales) qui ont soigné les patients et ralenti la propagation de l’épidémie. La prévention du choléra passe aussi par la construction de structures sanitaires donnant accès à l’eau à l’échelle du pays et surtout dans les quartiers populaires, les bidonvilles et les zones rurales, ce qui n’est pas prioritaire pour le gouvernement. Ce dernier est au service des possédants, qui sont ceux qui bénéficient des rares actions menées.

Légende photo : La population laborieuse sait qu’elle ne peut compter que sur elle-même pour lutter contre le choléra.


Loi sur l’égalité réelle : un subterfuge

 Le projet de loi sur l’égalité réelle prétend égaliser les droits et réduire les écarts de développement entre la France hexagonale et les Régions et Territoires d’Outre-mer.

Mais l’objectif essentiel de ce type de loi est surtout de satisfaire les intérêts du patronat en lui accordant de nouvelles aides publiques. La classe laborieuse ne doit se faire aucune illusion sur cette loi. Par égalité réelle, le gouvernement tente notamment de revoir à la baisse la prime de vie chère des fonctionnaires et de certaines catégories de travailleurs dans les départements et les collectivités d'Outre-mer.

Le projet de loi dit d'égalité réelle est un projet de la droite sarkozyste porté par Patrick Karam. Hollande et Lurel l'ont repris à leur compte. Victorin Lurel fut chargé de faire un rapport.

C’est sur cette base qu’a été rédigé ce projet de loi sur l’égalité réelle. Les gouvernements pensent ainsi réaliser des économies sur le dos des travailleurs, soit 300 millions d’euros dès la première année de son application, puis 70 à 80 millions chaque année. Ce rapport ajoute que les majorations de vie chère «ont un caractère inflationniste, tirent à la hausse les salaires du privé, pèsent sur la compétitivité des productions locales (le tourisme par exemple)».

Par contre les milliards de subventions au patronat, eux, évidemment, ne causeraient aucun dégât à l'économie. Le projet de loi est une attaque sur les salaires plus élevés afin de baisser l’ensemble des revenus des salariés. Le texte sera présenté le 4 octobre devant le Parlement. La grève récente des travailleurs du Crédit Agricole en Guadeloupe a montré que les travailleurs savent se battre contre ces attaques. Souhaitons qu'elle ne fût qu'un avertissement augurant d'une rentrée sociale combative pour l'ensemble des travailleurs.

Internet, nouvelle démocratie... virtuelle ?

L’ex ministre Pau-Langevin avait déclaré avec force lancer une consultation populaire jusqu’au 9 septembre, afin que les «Ultramarins définissent et avancent des propositions sur l’égalité réelle». Certains s'attendaient à un référendum populaire, qui certes, n'aurait sans doute rien changé…

Mais non, vous n'y êtes pas : cette consultation n’est en fait rien d'autre qu’une consultation... sur Internet, entre mille autres, comme le choix de tel ou tel dentifrice ou pâtes alimentaires.


George Pau-Langevin, nouvelle ex-ministre

La ministre des Outre-mer a annoncé sa démission officiellement «pour des raisons personnelles», après avoir occupé ce poste pendant plus de deux ans.  George Pau-Langevin aura surtout été une exécutante fidèle de la politique de François Hollande, qui est à la botte des capitalistes. Il n’y a jamais d’argent dans les caisses de l’État pour répondre aux besoins des travailleurs ou des chômeurs. Mais quand les patrons de l’Outre-mer tapent du pied, ils obtiennent aussitôt satisfaction.

Le gouvernement a augmenté le montant des aides publiques destinées aux entreprises. En 2016, sur les 2 milliards d’euros du budget alloué à l’Outre-mer, les cadeaux en tout genre (allège-ments fiscaux et exonérations des charges patronales) ont représenté 54% soit plus de 1,150 milliard d’euros.

La Guadeloupéenne partie, c'est la Réunionnaise Ericka Bareigts, jusque-là secrétaire d'État à l'égalité réelle (en fait l'inégalité réelle) qui devient ministre des Outre-mer.

Une politique au service des riches

L'origine et la couleur de ces notables d'Outre-mer servent de caution aux gouvernements de gauche et de droite pour faire croire qu'ils tiennent à ce que la diversité de la population française soit représentée. Mais ils sont bien au service des plus gros possédants. Car ce sont les riches békés des Antilles, descendants des vieilles familles esclavagistes, ou les Chateauvieux et autres Apavou, milliardaires de la Réunion, qui sont tous parmi les principaux protégés des gouvernements français.  


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