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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1161 du 10 septembre 2016/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Les grévistes de Capesterre ont gagné

La grève des agents communaux de Capesterre Belle-Eau s’est terminée après quatre mois de lutte intense. En effet, le 27 avril 2016 ces agents se sont mobilisés pour l’application pleine et entière d’un protocole d’accord signé le 22 mai 2015 avec le maire Joël Beaugendre. Eh bien ! Un an après, les agents sont retournés au combat pour obtenir leurs droits.

Le protocole de 2015 prévoyait d’augmenter le quota horaire à 28 et 35 heures pour les agents des écoles, du service technique et de la caisse des écoles, de revaloriser les tickets restaurant ainsi que les régimes indemnitaires, de reconstituer les carrières des agents, de réviser les actions de formation pour ceux de la caisse des écoles. Les grévistes demandaient aussi l’amélioration de l’organisation des services, le respect de l’exercice du droit syndical, des conditions d’hygiène, le renouvellement du parc automobile, l’arrêt de tous harcèlements et discriminations. Cependant pour négocier il faut être deux.

Le maire Beaugendre à l’attitude hautaine, disparaissait... et laissait les agents dans l’attente. Même certains de ses adjoints et conseillers municipaux n’ont pas apprécié son attitude et souhaitaient que la grève se termine. Mais le maire accuse le syndicat dirigeant de la grève, l'UTC-UGTG, de vouloir couler la commune… Il a fallu un mois pour qu’une négociation se tienne et ensuite plus rien, le maire disparut de nouveau. Un mois encore, un médiateur fut nommé, Georges Calixte. Les négociations reprirent, deux points du protocole furent négociés, il restait encore 11 points. Et plus rien. Mais les agents ne désespérèrent pas et passèrent à l’offensive par des actions rudes comme le blocage de l’antenne du CASBT, une manifestation dans la ville et le blocage du rond-point à l’entrée de la ville.

La lutte menée par les agents a finalement eu un dénouement positif, avec la signature d’un protocole d’accord le 26 août. Ils ont quasiment tout obtenu. Tous les agents accèdent au quota horaire de 28 h minimum ; des agents du réfectoire obtiennent 30 ou 35h, les agents proches de la retraite se voient affecter 35h. Le carnet de tickets restaurant passe de 12 à 20 tickets de 7 € dont la moitié payée par la commune. Sur ce point la revendication était de 20 tickets à 8 € dont 5 € payés par la commune.

L’accord met aussi en place une commission pour corriger les anomalies administratives et financières reconnues dans la gestion de carrière de certains agents. Il prévoit de régulariser la situation des agents lésés : indemnités et affectations. Un plan de formation des agents est mis en place. En ce qui concerne le paiement des jours de grève, en réalité les grévistes ont pu être payés pendant la grève. Seul le dernier mois n'a pas été payé. C'est que le maire, au départ, ne voulait payer que les travailleurs qu'il croyait non grévistes. Mais les grévistes sont parvenus à se faire payer aussi. Bien joué !

L’enseignement de cette grève c’est la détermination des agents communaux ! Un exemple pour tous les travailleurs.


Soutenons Gérard Quidal !

Le mercredi 14 septembre, Gérard Quidal est à nouveau convoqué au tribunal de Pointe-à-Pitre, à 8h. Quidal est un militant de l’UPLG (Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe) et c’est l’un des principaux animateurs de la radio indépendantiste Radyo Tanbou.

Cette radio donne la parole à tous ceux qui se mobilisent contre les injustices, et qui ont rarement accès aux médias officiels. Gérard Quidal est convoqué devant les juges pour s’être mal garé alors qu’il accompagnait sa mère chez le médecin, lors de l’épidémie de chikungunya en 2014. C’est complètement anormal de se retrouver au tribunal pour une telle peccadille.
En réalité, les autorités cherchent certainement à intimider en Quidal un militant qui dérange. Le 14 septembre, soyons nombreux à le soutenir ! Tous à 8h au tribunal de Pointe-à-Pitre !


Martinique : Le 15 septembre, mobilisons-nous pour la défense de nos intérêts! (Appel de la CGTM)

La Confédération générale du travail de la Martinique appelle à reprendre la mobilisation.
Elle appelle les travailleurs à se mobiliser le 15 septembre, comme en France.

Nous citons ci-dessous une partie de son tract :

"Nous appelons la population laborieuse à prendre l'offensive. ... nous invitons la population laborieuse, les jeunes, les chômeurs, à se préparer à continuer à exiger :

-Le retrait de cette loi, imposée de façon anti démocratique, contre l'avis de la population, avec le 49-3 !
- une revalorisation conséquente des salaires, des pensions et des minima sociaux,
- des embauches pérennes dans tous les services publics
- le remplacement des départs à la retraite
- des budgets conséquents pour tous les services publics ; santé, éducation, transport, poste
- des transports collectifs gratuits et fonctionnels Alors à nous salariés, du privé comme du public, jeunes et privés d'emploi de nous faire entendre dans les entreprises et dans la rue ! »

Combat Ouvrier se joint à cet appel et demande à ses camarades et sympathisants de participer à la mobilisation.


Réunion publique de Combat Ouvrier

Vendredi 28 octobre à 18h 30, salle Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre Thèmes :

« Il y a 50 ans la révolution hongroise » et « Face aux prochaines élections, quelle politique pour les travailleurs et les classes populaires ? »

La réunion sera suivie d’un débat. Venez nombreux !


Guadeloupe : Il y a 50 ans, le cyclone Inès

Lorsque le 27 septembre 1966 le cyclone Inès frappa la Guadeloupe, faisant 33 morts, il s’abattait sur l’océan de misère qui régnait dans ces années-là. Pointe-à-Pitre et ses quartiers environnants étaient constitués très largement de petites cases en bois habitées par une majorité de gens qui touchaient des salaires de misère. La ville fut détruite aux trois quarts. Malgré le fait que 1966 a vu les premières prévisions de cyclone par satellite, peu de gens en Guadeloupe ont été suffisamment informés pour s’organiser contre Inès. Résultat : 27 morts plus six autres personnes décédées peu après suite à leurs blessures. Les plantations de banane ont toutes été détruites et celles de canne le furent de plus de la moitié. Si l’on en croit les documents officiels ces dévastations ont moins coûté aux gros planteurs, en contact avec le gouvernement et bien indemnisés, qu’aux ouvriers agricoles jetés au chômage. Sur le moment, des magasins ont été envahis par la population affamée. La colère était grande et la Guadeloupe mit du temps à se remettre de ses blessures. Les violentes manifestations populaires de Basse-Terre en mars 1967 et le massacre de mai 67 par les troupes coloniales lors d’une grève des ouvriers du bâtiment trouvent une partie de leurs racines dans le cyclone Inès.


Martinique :Centrale Galion 2 : L'ASSAUPAMAR dénonce la pollution

Depuis plusieurs semaines, les militants écologistes de l’Assaupamar (Association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais) et des militants de Noupèp la avec Marcellin Nadeau (maire indépendantiste du Prêcheur) entendent alerter la population sur les risques sanitaires et environnementaux de la future centrale thermique GALION 2 et empêcher sa mise en service.

Le principal mis en cause, Albioma, reste muet. Cette grosse société capitaliste n’est pas gênée d’annoncer dans son dernier rapport « développement durable 2015 » qu’elle fonctionne avec « un comité de la responsabilité sociétale de l’entreprise » et qu’elle construit un « dialogue ouvert et régulier » avec les différentes parties. La réalité est tout autre.

Elle n’apporte pas de réponse sur les problèmes relevés par l'association écologiste. Rien sur les risques sanitaires venant des rejets accrus de particules fines dans l’air se répandant largement sur les terres vu la localisation de l’usine. Rien sur le pompage et le réchauffement important de la rivière du Galion, ni sur l’intérêt réel d’une centrale aussi importante alors même que la ressource locale en bagasse est très limitée et qu’il sera nécessaire d’importer à tout-va du combustible sous forme de granulés de bois.

Comme toute société capitaliste, ses projets sont ceux qui font fructifier son capital et rapportent à ses actionnaires des profits sonnants et trébuchants. La place de l’environnement, des intérêts et de la santé de la population, ne sont certainement pas sa priorité, pas plus qu’une soi-disant « éthique ».


La société Albioma (ancienne Séchilienne-Sidec)

  C'est un gros groupe capitaliste privé. Après le choc pétrolier dans les années 80, il s’est spécialisé dans la production d’énergie alternative au pétrole en augmentant les performances techniques et environnementales d’utilisation du charbon en l’associant à la biomasse (résidus d’origine agricole) et notamment à la bagasse (résidu de la canne à sucre, après extraction du sucre). Le Groupe français coté en bourse est implanté en France, à la Réunion, en Guadeloupe, au Brésil. Placé sur un secteur porteur, celui de l’écologie industrielle et du développement durable, bénéficiant de contrat de rachat de l’électricité produite par EDF et de subventions pour ses investissements, comme le CICE (crédit d’impôt), il affiche très clairement de grosses ambitions de développement et de profit pour ses actionnaires.

La centrale Galion 2 elle, est construite par Albioma Galion. Il s’agit d’une filiale d’Albioma et de la COFEPP, holding du groupe Bardinet spécialisé dans la production et la fabrication de spiritueux en Martinique, actionnaire des sucreries de Martinique et Guadeloupe et propriétaire de plusieurs distilleries importantes de l’île. Le combustible utilisé devrait être la bagasse durant la récolte sucrière (soit à peine 10% des besoins), et des granulés importés de résidus de bois pour le reste de l’année.

Par ailleurs elle devrait permettre de mettre fin au fonctionnement de l’actuelle chaudière de l’usine Galion hautement polluante. D'après Albioma, les importations d'hydrocarbures pourraient donc être diminuées. Il est donc justifié d’exiger le maximum de clarté de la part de l'entreprise Albioma comme de la part des pouvoirs publics qui la soutiennent.