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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1160 du 30 juillet 2016/Troisième page

Troisième page

Gardel : fin de la campagne sucrière 2016

La campagne sucrière 2016 s’est terminée le 2 juillet dernier. Quatre mille tonnes de canne sont restées sur pied en cette fin de campagne. C’est un manque à gagner important pour les planteurs qui n’est pas du aux seuls problèmes climatiques. Ce sont les petits planteurs qui en pâtissent le plus. L’usine Gardel a broyé 400 000 tonnes de cannes. C’est mieux qu’en 2015 dont le tonnage était de 360 000 tonnes. Pourtant les usiniers cherchaient à arrêter la campagne au mois de juin dernier laissant 40 000 tonnes de cannes des planteurs sur pied. C’est un problème que rencontrent les planteurs à chaque récolte. Dès que les usiniers ont écoulé leurs cannes ils s’empressent d’arrêter l’usine qui commence à rendre l’âme. Cette année, depuis le mois de mai, sur cinq moulins il n’y en avait que deux qui fonctionnaient normalement. C’est d’ailleurs grâce à leur ténacité que les planteurs ont pu obtenir de la direction que l’usine ne ferme que huit jours après la date fixée. Malgré cela, 4000 tonnes de cannes des planteurs n’ont pas été broyées. C’est un manque à gagner pour les planteurs qui ont livré des cannes avec un taux de 5 à 8 % de richesse saccharine. A écouter la direction de l’usine « la nature commande ».

En mettant toujours sur le compte de la nature les problèmes rencontrés par les campagnes sucrières, ces usiniers cherchent à camoufler la réalité. Car en fait, tous ces problèmes viennent du retard du démarrage de la campagne sucrière dont les patrons sont la cause. Ces derniers font trainer les NAO en longueur pour avoir à augmenter le moins possible les salaires. Mais il n’y a pas que cela, il y a aussi le mauvais fonctionnement technique de l’usine. Les responsables de Gardel ont voulu faire du neuf avec du vieux, du coup cette sucrerie est incapable de fonctionner sans panne deux mois sur quatre que dure la campagne sucrière. Avec l’usine sucrière de Gardel, l’industrie sucrière n’a pas d’avenir. Même les prévisions de tonnage que fait la direction de l’usine le confirment. Pour cette année elle avait prévu 340 000 tonnes au lieu de 440 000 tonnes. Et pour combler leurs pertes les patrons de l’usine comptent sur les indemnités et les subventions. Le sort des petits planteurs est le cadet de leurs soucis.


Guadeloupe : Un grand patron de la banane et une grande plantation devant le tribunal correctionnel

Le vendredi 1er juillet 2016 s’est déroulé au tribunal correctionnel de Basse-Terre le procès au pénal de 92 travailleurs et la CGTG contre Louis Dormoy et la plantation SA Bois-Debout. L’affaire portait sur le délit d’entrave à l’usage du droit de retrait et du droit d’alerte du C.H.S.C.T pour la période du 10 octobre 2014 au 23 novembre 2014.

Les travailleurs de la plantation estimaient que certaines conditions de travail, comme par exemple l’obligation de monter sur une échelle dont la stabilité n’est pas assurée, au-delà d’une certaine hauteur pour la pose des sacs en polystyrène, présentait un danger. Ils avaient donc exercé leur droit de retrait et droit d’alerte le 10 octobre. La direction de la plantation, en la personne de L. Dormoy, a refusé d’en tenir compte et le mouvement des travailleurs a duré jusqu’au 23 novembre, sans que la direction ne prenne les mesures pour améliorer ces conditions de travail.

C’est la raison pour laquelle 92 ouvriers agricoles sur les 160 que compte la plantation ont déposé une plainte devant le tribunal correctionnel de Basse-Terre. Et après un renvoi, l’affaire s’est déroulée le 1er juillet dernier. Depuis, aucune disposition n’a été prise par la SA Bois-Debout pour améliorer les conditions de travail.

Lors de cette audience, les avocats de L. Dormoy et de la SA Bois-Debout ont osé affirmer que la faute incombe aux deux représentants élus des travailleurs qui, régulièrement convoqués, ont refusé de répondre aux deux convocations du CHSCT du mois d’avril et de mai 2015.

Pour se justifier, ces avocats ont produit à l’audience deux procès-verbaux de carence, tous les deux datés du 25 avril 2015. « Ce sont des faux » ont clamé les avocats des travailleurs.
Par leur action, les travailleurs de la SA Bois-Debout ont permis, pour la première fois, enfin pourrait-on dire, qu’un des grands patrons de la banane, L. Dormoy et une des plus grandes plantations soient traînés devant le tribunal correctionnel pour les conditions scandaleuses de travail qui existent dans ce secteur. Par exemple pour gagner un SMIC quotidien, un travailleur de la banane doit transporter sur ses épaules 140 à 150 régimes de bananes pesant entre 45 et 60 kilos (au total entre 7 et 8 tonnes), parfois plus, pour sa journée de travail. En comparaison, un travailleur français se plaignait dernièrement d’avoir à transporter, dans un sac à dos approprié, 25 kilos de raisins. Concernant les salaires : de son premier jour de travail à 20 ans, jusqu’à l’âge de son départ à la retraite, un ouvrier agricole est toujours payé au SMIC en vigueur. Il n’y a aucune augmentation en plus de celles du SMIC. Aucune promotion de son premier jusqu’à son dernier jour de travail. Il est à signaler qu’à la SA Bois-Debout les conditions de travail sont les moins mauvaises. Alors cela donne une idée des conditions de travail qui ont cours ailleurs dans ce secteur. Le procureur, qui représente l’État, a demandé que l’entreprise paye 1 000 € d’amende pour chacun des 92 camarades concernés, et que L. Dormoy paye une amende de 30 000 €.

Le délibéré est fixé au 9 septembre 2016. Quand on sait que l’État français protège depuis des siècles le pouvoir des békés, ça paraît surprenant. Donc les békés n’ont pas dit leur dernier mot : un coup de fil à des hauts responsables de l’État français et… tout peut se terminer au mieux pour la SA Bois-Debout et Louis Dormoy Cela dit, les ouvriers agricoles de la de la SA Bois-Debout, par leurs luttes, leur détermination et leur persévérance ont réussi à traîner un grand patron et une grande plantation devant le tribunal correctionnel pour les conditions de travail scandaleuses sur la plantation. Ces conditions étant pires sur pratiquement toutes les autres plantations, il faudra que les travailleurs des autres plantations suivent leur exemple, pour que les L. Lignières, T. Dambas et autre J-L Buttel, pour ne citer que ceux-là, soient un jour traînés aussi devant le tribunal pour les atteintes qu’ils portent au corps et à la santé des travailleurs de ce secteur.


Loi travail : le patronat dicte sa loi, les travailleurs peuvent imposer la leur !

Manuel Valls a pour la deuxième fois a utilisé l’article 49.3 pour imposer l’adoption de la loi travail. Cet article donne au gouvernement la possibilité de légiférer en se passant du vote des députés. Il l’a fait en dépit de l’opposition massive de la population au contenu et aux implications de cette loi. 70% des français la rejettent, et dans la population ouvrière, l’hostilité est générale.

Durant les quatre derniers mois, 12 manifestations d’opposition à la loi travail ont réuni des centaines de milliers de participants. Le 5 juillet, date de la présentation de la nouvelle mouture de la loi au parlement, une nouvelle manifestation a été organisée, réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Des grèves ont éclaté, au cours desquelles les travailleurs ont dénoncé la loi et posé d’autres revendications : les cheminots, les salariés des raffineries, les dockers, les éboueurs… Face à une opposition quasi générale, le gouvernement n’a donc pas hésité à utiliser la force, celle que lui donne l’article 49.3, qui engage la responsabilité du gouvernement et lui permet de couper court aux débats parlementaires. Il avait utilisé une autre violence, physique celle-là, contre les manifestants : la présence de « casseurs » a servi de prétexte à la violence policière, qui s’est aussi exercée brutalement contre les grévistes.

Quant au patronat, celui-là même qui a dicté cette loi, il fait la fine bouche. Le cynisme de son représentant, Gattaz, permet de mesurer son mépris pour ses valets du gouvernement. L’article 2 de la loi, qui institue l’inversion de la hiérarchie des normes, à savoir la priorité des accords d’entreprise sur les accords de branche, est le seul qui l’intéresse vraiment. Quant au leurre du compte pénibilité, censé permettre aux travailleurs exerçant des emplois pénibles d’accumuler des points pour partir en retraite plus tôt, Gattaz déclare tout de go qu’il ne sera pas appliqué.

L’article 2 donne aux patrons une liberté nouvelle pour licencier comme bon leur semble, fixer les horaires, les salaires, à l‘abri de toute contrainte légale. Ils auront la liberté de l’imposer par des accords d’entreprise, en exerçant sur les travailleurs le chantage à l’emploi et toutes sortes de harcèlements dont ils sont déjà coutumiers. En gros, ce qui reste du code du travail n’aura plus aucune valeur légale.

Mais les travailleurs n’ont pas dit leur dernier mot. Le gouvernement a choisi la période des départs en vacances et celle des grandes manifestations sportives pour imposer sa loi. Mais les mobilisations reprendront à la rentrée. La prochaine est prévue le 15 septembre. Et mieux encore : une partie importante des travailleurs et de la jeunesse ont repris la voie des luttes. Ils n’ont pas réussi pour l’instant à faire plier un pouvoir sentant sa fin prochaine et qui avant la débâcle veut encore se prosterner devant son maître.

Mais si à travers les luttes les travailleurs ont repris confiance dans leur force, beaucoup de choses peuvent changer, avec ou sans la loi travail.


Martinique : Pub mensongère?

Une vidéo vantant le Nouveau Plateau Technique du CHUM (Centre hospitalier Universitaire de la Martinique) a été réalisée et mise en circulation. Mais les collègues qui ont visité leurs futurs locaux dans ce NPT, n'en disent pas la même chose.   « 13 salles de Bloc » mais seulement deux WC pour tout le personnel du Bloc,  « Haute qualité environnementale » mais beaucoup de boxes de travail sans lumière du jour pour les labos. « Confort » ? Mais pour qui ? Car les salles de repos et de détente pour le personnel, quand elles existent, sont réduites à la portion congrue !


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