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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1160 du 30 juillet 2016/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Grève victorieuse des facteurs

ZoomLes facteurs du Moule, de Capesterre-Belle-Eau et de Saint Martin ont fait grève pendant 6 jours jusqu’au 10 juillet. Ces facteurs réclamaient entre autres, que les postes de travail de quatre facteurs partis à la retraite soient remplacés et la fin de la précarisation des intérimaires travaillant sur le site.

Cette grève, suivie à 100%, leur a permis de faire rapidement céder leur direction. Les facteurs ont été soutenus par leur syndicat, SUD - PTT- Gwa. De plus, ils ont obtenu que leur planning de congé et des repos de cycle soient respectés. Comme quoi, seule la lutte paye !


Grève du Crédit Agricole Guadeloupe

Le 20 juillet : mobilisation nocturne au siège de Petit-Pérou

Ils ne voulaient pas négocier 
Mercredi 20 juillet, au siège de Petit-Pérou, devaient se tenir des négociations entre la direction et les représentants des grévistes. Une centaine de grévistes étaient présents pour suivre ces négociations. Les directeurs ont tout fait pour ne pas négocier. Plusieurs fois, ils ont demandé des suspensions de séance. La dernière devait durer 15 minutes et ils sont revenus au bout de deux heures en laissant les délégués syndicaux plantés là.

Tentative de fuite de Leduc et Noireau !
À 18h, pendant que les grévistes et leurs délégués étaient en assemblée générale dans une salle au rez-de-chaussée, les directeurs Leduc et Noireau en ont profité pour s’échapper par une porte à l’extrémité du bâtiment. Malheureusement pour eux, des grévistes les ont surpris et ont tout de suite alerté les autres. Face au mécontentement des grévistes les directeurs ont couru se réfugier dans leur bureau à l’étage où ils sont restés toute la nuit.

Mobilisation nocturne au son du ka.
Les grévistes eux aussi sont restés mobilisés toute la nuit. Une veillée culturelle était prévue le même soir. Les tambours et les chants de lutte ont raisonné dans le hall du siège social. Vers une heure du matin, alors que les directeurs ne donnaient aucun signe de vie, un groupe de grévistes est allé les chercher dans leur bureau. Une douzaine de vigiles barrait la porte d’accès aux bureaux. Jusqu’à sept heures du matin, la soixantaine de grévistes a campé dans le couloir en chantant et en criant pour intimider les chefs, briser leur tranquillité et les amener à sortir pour continuer les négociations.

Les directeurs voulaient décourager les grévistes : c’est raté !
Prétendant être séquestrés par les grévistes, les directeurs ont appelé la police. Des agents de la brigade anti criminalité sont venus pour constater et sont repartis en disant qu’il n’y avait pas de séquestration. À 6h30, le sous-préfet de Pointe-à-Pitre est arrivé sur place pour soi-disant débloquer la situation. Il a surtout permis aux directeurs de reporter la négociation à 16h. Tout ce que les directeurs ont tenté cette nuit-là pour décourager les grévistes n’a pas fonctionné. Bien au contraire, ils se sont ridiculisés et ont fait monter d’un cran la colère des travailleurs.

Blocage du port de Jarry le 22 juillet : les patrons prennent peur
Le 22 juillet, plusieurs organisations syndicales avaient appelé les travailleurs à se mobiliser pour renforcer les grèves du Crédit Agricole contre la suppression des 40% de vie chère, d'IDEX Énergie, des agents communaux de Capesterre-Belle-Eau et des ouvriers agricoles de la plantation Mont Loué. Des centaines de travailleurs ont manifesté à Jarry depuis le centre d'affaires du Crédit Agricole de la Voie Verte jusqu'au port autonome. En début de matinée, des barrages avaient été érigés sur la route du port autonome pour exiger la satisfaction des revendications des grévistes. L’ensemble des manifestants a rejoint ce lieu.

Au bout d'une journée de blocage du port et face à la perspective d'une nouvelle mobilisation générale, les gros patrons et la préfecture ont eu peur ! Le préfet a demandé à la direction nationale du Crédit Agricole d’envoyer une délégation de négociateurs pour remplacer le directeur Leduc. En fin d’après-midi, le président du Crédit Agricole, Christian Fléreau, a déclaré sur les médias qu'il abandonnait son projet de suppression des 40% de vie chère. Les travailleurs du Crédit Agricole ont décidé de continuer leur grève jusqu'à la signature d’un protocole sur l’ensemble de leurs revendications. La direction d'IDEX Énergie reprendra les négociations le 26 avril. Quant au maire de Capesterre-Belle-Eau, il a aussi été contraint de reprendre les négociations avec les grévistes le 25 avril. Il ressort au soir du 22 juillet que la colère des grévistes a fait comprendre aux dirigeants des entreprises qu’il fallait négocier dans le sens des intérêts des salariés.


Martinique : La CTM au secours des capitalistes de l’hôtellerie

Pendant sa dernière séance plénière avant les vacances, la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) a adopté un dispositif exceptionnel en faveur de l'hôtellerie martiniquaise. Elle vole au secours des capitalistes vautours de ce secteur.

Parmi les 104 points de l'ordre du jour, le point 21 était ainsi libellé : « 21/ proposition de mise en place d’un dispositif exceptionnel en faveur de l’hôtellerie martiniquaise ». La CTM argumente : « L'hôtellerie martiniquaise est un secteur en grande souffrance » à cause d'une « importante dette fiscale et sociale » ; de ce fait, ces entreprises « ne sont pas éligibles aux fonds européens ». Or les capitalistes qui opèrent dans ce secteur ne se résolvent pas à voir passer tous ces millions d’euros d’argent public sans en profiter. Qu’à cela ne tienne. Si on ne peut pas passer par la grande porte, alors on passera par la fenêtre. La CTM interviendra donc en garantie des prêts qui seront octroyés à hauteur de 50%, en partenariat avec l'Agence Française de Développement (AFD) pour que les établissements concernés « puissent apurer leurs dettes fiscales et sociales à travers un prêt à long terme ».

Karine Mousseau, présidente du Comité martiniquais du tourisme, comme pour s’excuser par avance, a cru bon de dire « qu'il ne s'agit pas d'une subvention, mais d'un prêt sur une dizaine d'années à un taux modéré qui doit permettre aux hôtels de purger leur dette ». Naïveté ?

Ceux qui ont vu le documentaire « Les derniers maitres de la Martinique » diffusé par Canal + en mars 2009, se souviennent certainement qu'on y entendait une réflexion révélatrice du béké Éric de Lucy de Fossarieu, heureux de déclarer qu’un prêt de 53 millions d’euros avait été transformé en subvention. Donc rien à rembourser !

Toute la direction économique et financière de la CTM est détenue et dirigée par les nouveaux alliés de Marie-Jeanne du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) dans la coalition du « Gran Sanblé » : M. Laventure, K. Mousseau, M. Torpille, figures traditionnelles de la droite martiniquaise. Sans oublier le plus concerné par ce « dispositif exceptionnel », Yan Monplaisir, gros possédant, premier vice-président de la CTM, mais aussi propriétaire de l’hôtel Batelière à Schœlcher et du « Club Méditerranée » à Sainte-Anne.

« Créer un vrai partenariat financier avec les acteurs privés, des outils au profit des entreprises martiniquaises, avec des dispositifs d’accompagnement à l’international, mise en place d’un cadre spécifique qui augmente la capacité à mobiliser des partenariats avec les investisseurs martiniquais et internationaux » avait lancé A. Marie-Jeanne le 26 avril 2015 à Rivière-Salée.

Il est fidèle à son programme pro-patronal, qui ne diffère pas beaucoup de celui ses prédécesseurs, maintenant opposants, du PPM (Parti Progressiste Martiniquais - parti fondé par Aimé Césaire), représentant la politique de F. Hollande. La coalition autour du PPM et EPMN (Ensemble Pour une Martinique Nouvelle) s'est en effet dite favorable à ce dispositif et a même souhaité l’extension du dispositif à l'ensemble du parc hôtelier. Tous les élus, ceux du PCM compris, ont donc approuvé à l'unanimité ce dispositif.