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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1160 du 30 juillet 2016/Première page

Première page

Editorial: La barbarie terroriste et la responsabilité des gouvernements de droite et de gauche

ZoomLes attentats barbares perpétrés au nom de Daesh et revendiqués par cette organisation se succèdent de plus en plus dans le monde. En France, le plus sanglant depuis l’attentat du Bataclan à Paris fut le carnage de Nice avec 84 personnes tuées et des centaines de blessés. Le 26 juillet, ce fut la prise d’otage de 5 personnes dans l’église d’un petit village proche de Rouen en France : Saint-Etienne-du-Rouvray. Les terroristes de Daesh ont égorgé un prêtre, blessé d’autres personnes, avant d’être abattus par la police. Avant ce nouvel attentat, des attaques terroristes de Daesh à la hache, au couteau, à l’explosif ont eu lieu en Allemagne.

En France, l’opposition de droite en profite pour critiquer le gouvernement et lui reprocher un supposé laxisme. Ils surfent ainsi sur la colère de la population, sur la douleur des proches des victimes pour se présenter en meilleurs défenseurs de l’ordre. Et tout cela en lorgnant les prochaines élections présidentielles qu’ils préparent pour récupérer le pouvoir.

Marine Le Pen et l’extrême droite ne sont pas en reste. Ils réclament la démission de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Les attentats sont pour eux une bonne aubaine pour critiquer toute la classe politique au pouvoir « depuis 30 ans » et se présenter comme les super et meilleurs antiterroristes et protecteurs des Français.

Mais Marine le Pen et le Front national, s’ils critiquent la classe politique officielle, sont comme elle, très respectueux du système capitaliste. Or, c’est ce système qui est en réalité le vrai pourvoyeur de guerres, de terrorisme, de crises économiques et financières, de la montée du chômage de masse. Marine Le Pen ne représente pas un pouvoir alternatif qui changerait tout en mieux.

La droite des Sarkozy, Estrosi, Fillon, Copé et compagnie ne cesse de faire de la surenchère sécuritaire. Elle en fait un axe politicien pour les prochaines élections. Ces gens là sont autant responsables de la situation actuelle que la gauche des Mitterrand, Jospin, et Hollande. Tous ont bombardé aux quatre coins du monde pour les intérêts de leurs grosses sociétés. Naguère, Mitterrand fit intervenir ses troupes au Tchad pour protéger le dictateur Hissène Habré dont la police fit régner une des plus sinistres dictatures. Au Rwanda, l’armée française porte une part de responsabilité dans le génocide des Tutsis. Quant à Sarkozy qui se présente comme le meilleur protecteur des Français contre le terrorisme, il a créé une situation de chaos en Lybie en envoyant ses Rafales y larguer leurs bombes. Il porte une grande part de responsabilité dans l’anarchie qui règne aujourd’hui dans ce pays où les clans armés se font la guerre. Daesh en a profité pour y installer une partie de ses troupes et alimenter le terrorisme.

Ce sont les puissances impérialistes qui ont préparé le chaos qui règne au Moyen-Orient. Les deux guerres du Golfe ont semé la mort et la désolation en Irak. Les prisonniers de l’armée de Saddam Hussein ont été humiliés, torturés dans les prisons américaines Et ce sont eux que l’on retrouve dans les rangs de Daesh. En Afghanistan, en Irak, en Syrie les bombardements de la coalition des puissances impérialistes n’ont pas épargné les populations civiles. Et tout cela a enrichi le terreau du terrorisme de Daesh. Aujourd’hui, c’est barbarie contre barbarie ! Alors si rien, ni aucune cause ne peut justifier les attentats abjects, les travailleurs et la population française doivent savoir que ce sont leurs propres dirigeants de gauche et de droite et leurs alliés, les gouvernements allemand, anglais, américain qui sont responsables de l’insécurité et des attentats horribles perpétrés en France et en Europe aujourd’hui. Et c’est la population qui paye le plus lourd tribut à la politique de ses dirigeants.


Crédit agricole-Guadeloupe : Les grévistes ont durci le ton et remportent une manche

ZoomLe blocage du port aura eu comme effet de faire céder la direction du Crédit Agricole. Au soir du vendredi 22, les dirigeants de la banque ont déclaré sur les médias que le Conseil d’Administration retirait le projet de suppression de la prime de vie chère de 40 %. Ils demandaient aux salariés de reprendre le travail le lundi 25 juillet alors qu’aucun accord de fin de conflit n’avait été signé.

Le travail n’a pas repris lundi matin et des négociations ont commencé à partir de 11h. La direction fait traîner les choses car suite à une demande des grévistes d’avoir la présence d’un expert, elle a finalement accepté mais a estimé qu’elle devait également avoir un expert. Les négociations ont repris alors plus tard dans la journée. Les grévistes restent mobilisés devant le siège du Crédit Agricole et suivent avec attention les négociations qui sont en cours au moment où nous écrivons. Mais quoi qu’il en soit, le retrait de la suppression des 40% par le Crédit agricole est déjà une première victoire.

Les temps forts de la grève Les grévistes au Centre d’affaires de Jarry Mardi 19 juillet, les travailleurs du Crédit agricole en grève se sont rendus au Centre d’affaires du Crédit Agricole à Jarry (le CAJ). Ils ont pénétré dans le hall d’accueil où ils se sont adressés aux clients et aux quelques employés en CDD qui continuaient à travailler. Le CAJ était en effet ouvert avec la présence de travailleurs précaires. Les grévistes leur ont assuré qu’ils comprennent bien leurs difficultés à s’associer à la grève. La quasi-totalité des agences étant fermées, les files d’attentes sont très longues et le travail pénible. Les grévistes ont exposé les raisons de leur action et le danger que représente cette attaque contre leur rémunération, qui à terme est une menace pour tous les travailleurs. Une camarade a exprimé le fait que les patrons pourraient s’appuyer sur cet exemple pour réduire même les plus bas salaires. Un travailleur d’une autre entreprise venu soutenir la grève a pu en témoigner : il a vu son salaire minimum et ceux de ses collègues amputés de 100 euros, par simple décision de la direction. Une cinquantaine de clients étaient dans le hall. Ils ont écouté attentivement les interventions des grévistes. Certains ont dit que malgré les problèmes que cela leur posait, ils comprenaient la grève et la soutenaient. Le CAJ complètement bloqué !

Dès le matin du mercredi 20 juillet, le Centre d’affaires de Jarry (CAJ) du Crédit Agricole était bloqué par une montagne de pneus. Sur place, les grévistes distribuaient des tracts et donnaient des interviews à la presse. Depuis le début, les grévistes avaient volontairement laissé ouvert ce centre pour les clients, les travailleurs en CDD, ou les intérimaires. Mais c’est l’entêtement de la direction qui a conduit à ce blocage du centre. La direction a même tenté de faire intervenir une société pour enlever les pneus sous le nez des travailleurs, sans succès !

Au final, bien embêtée, la direction n’a pas pu réaliser ses transactions financières, mais a pu mesurer la détermination des travailleurs en grève.


40% : Martinique Catering : Succès des travailleurs

Intégration de la prime de vie chère au salaire, demandaient les travailleurs voulant garantir cette prime gagnée en 2009 en prévision d'une prochaine fusion. Impossible, disait la direction !

Face aux salariés qui s’étaient mobilisés pour faire aboutir leur revendication, elle avait fait appel à la PAF (Police de l’Air et des Frontières) qui avait molesté des manifestants. Et voilà que cette même direction a signé un accord intégrant la prime au salaire.

Les patrons mettent un point d’honneur à contester les revendications, même les plus légitimes. C’est cette démarche qu’a adopté dans un premier temps la direction de Martinique Catering.

Mais les travailleurs n’ont pas lâché le morceau. Finalement, la direction a été contrainte de signer le 19 juillet 2016 un accord donnant satisfaction à la délégation salariale, même si elle a fait précéder les articles de cet accord d’un préambule destiné à masquer sa reculade.


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