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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1159 du 16 juillet 2016/Quatrième page

Quatrième page

États-Unis : Des flics blancs tuent encore des Noirs

La semaine dernière, deux Noirs américains ont été abattus par la police à Bâton-Rouge, en Louisiane et à Minneapolis dans le Minnesota.
Le premier, Alton Sterling, un Afro-Américain de 37 ans vendait des CDs sur un parking. La police a été appelée sous prétexte qu’Alton menaçait quelqu’un avec une arme. Sans aucune preuve, deux policiers sont arrivés sur place pour l’arrêter. Pendant qu’ils le maintenaient au sol, l’un des policiers lui a tiré cinq coups de feu à bout portant à la poitrine. Le deuxième, Philando Castile, un employé de cantine scolaire de 32 ans, a été arrêté pendant un contrôle routier. Il sortait de sa poche son permis de conduire quand le policier lui a tiré dessus devant sa petite amie et sa fille de 4 ans. Les scènes choquantes de ces meurtres, filmés par des témoins, ont fait le tour du net. Ces vidéos ont déclenché de nouvelles manifestations la colère aux États-Unis. En quelques heures des milliers de manifestants, en majorité Noirs, mais aussi des blancs, sont descendus dans les rues de dizaines de villes sous le slogan « Black lives matter » (les vies noires comptent) pour protester contre le racisme meurtrier des policiers blancs. La seule réponse des autorités face aux manifestations a été la répression. Rien qu’à Bâton-Rouge, la police a arrêté une centaine de manifestants.

En deux ans, la police américaine a tué plusieurs centaines de Noirs, le plus souvent des jeunes, sans jamais que la justice ne les condamne. Chaque jour aux États-Unis, un Noir meurt sous les balles de policiers blancs. On estime qu’un jeune noir a 21 fois plus de risque de mourir qu’un blanc en étant confronté à la police. De peur que la communauté noire ne s’enflamme davantage, le gouvernement américain a annoncé l’ouverture d’enquêtes sur ces assassinats. Mais les meurtres de Noirs continueront car le racisme fait partie intégrante du fonctionnement même de l’État américain. Face aux manifestations de colère, Obama aura beau appelé au calme, cela ne mettra pas fin à la révolte légitime des Noirs.


Fusillade de Dallas : c’était prévisible !

Le 7 juillet, à la fin d’une manifestation pour protester contre les meurtres racistes commis par la police, un Noir a tiré sur des policiers. Il en a tué cinq et blessé sept autres, ainsi que deux passants. Lui-même a été abattu peu de temps après, grâce à un robot explosif télécommandé par la police.

Ce jeune homme de 25 ans avait servi dans l’armée américaine de 2009 à 2015, notamment en Afghanistan. Il était bien entraîné à tirer, et il a déclaré qu’il voulait « tuer des Blancs, et surtout des policiers blancs ». Son geste n’empêchera pas les policiers blancs racistes de continuer à tuer. Mais il révèle jusqu’où la folie raciste des flics blancs et l’impunité dont ils bénéficient peut entraîner la folie vengeresse de certains Noirs.

Il n’en reste pas moins vrai que de tels meurtres de policiers blancs sont condamnables, inutiles et stupides. Ils ne servent pas la cause des Noirs, bien au contraire. Quant aux policiers assassins, ils ne sont jamais condamnés, ce qui est un encouragement à continuer. En définitive, c’est l’État américain, qui accorde un véritable permis de tuer à la police, qui est responsable de la mort des cinq policiers de Dallas.


Guadeloupe Pôle-emploi : Manœuvres pour faire baisser les chiffres du chômage

Le 7 juillet, la direction de Pôle emploi a décidé de convoquer 5000 demandeurs d’emploi pour une journée formation, à grand renfort de publicité. Ce coup de pub s’inscrit dans le plan « 500 000 formations » du gouvernement Hollande-Valls. Une opération politique, téléguidée par la Région Guadeloupe qui a en réalité pour objectif non avoué de diminuer artificiellement les chiffres du chômage. À l’issue de la journée du 07 juillet, plus particulièrement réservée à positionner les demandeurs d’emploi sur les actions de formations, le directeur régional de Pôle emploi s’est félicité de ce qu’il considère comme une réussite. Les agences ont vu déferler des centaines de demandeurs d’emploi, la même journée, pour des entretiens de 5 à 10 minutes en moyenne. Des chômeurs qui sont déjà entrés en formation depuis plusieurs mois, ou qui ont déjà programmé une entrée en formation avec leur conseiller, ont malgré tout été convoqués. Certains conseillers ont refusé de faire se déplacer inutilement des chômeurs qui ont de faibles revenus et qui pourraient retourner leur mécontentement contre eux. C’est bien le cadet des soucis de la hiérarchie de Pôle emploi qui a demandé aux agents de décommander les rendez-vous qu’elle avait déjà pris. Pour les demandeurs, ces entretiens de quelques minutes sont censés être complétés par un suivi plus ciblé. Certains ont d’ores et déjà été positionnés sur des formations, sans vérifier leur réelle motivation. Des chômeurs à qui il y a quelques jours Pôle emploi répondait qu’il n’y a pas de formation vont se retrouver dans l’obligation d’accepter n’importe quelle proposition, qui parfois n’aura rien à voir avec leurs recherches. Seuls les chiffres comptent. La qualité des contenus de formations mises en place en quatrième vitesse, le suivi des rémunérations des chômeurs après l’entrée en formation et le retour à l’emploi sur des postes pérennes, ce n’est pas à l’ordre du jour. On verra peut être après l’élection présidentielle !


Martinique : Coopémar liquidée : une aubaine pour certains

Le 5 juillet dernier, le tribunal mixte de commerce de Fort-de-France a décidé que c’est la Société par Action Simplifiée (SAS) Maxipêch qui reprendra l’activité de la coopérative maritime d'avitaillement (Coopémar) qui sera liquidée. L’offre de cette société était en concurrence avec celle faite par les établissements Rosette. Mais selon les dires de l’avocate de Maxipêch, cette dernière a été choisie car le volet social de son offre était plus intéressant. Sur les 16 salariés que compte la Coopémar, neuf seront repris.

Quant aux sept autres, il est question de possibilités de reclassement pour trois d'entre eux et de licenciement pour les quatre restants. Licenciements « sociaux » sans doute ? À l’annonce de cette décision du tribunal, des pêcheurs du François ont manifesté leur intention d’avoir leur propre coopérative afin de ne pas être sous l’emprise de Maxipêch. Certains éléments semblent justifier leurs craintes. Maxipêch est une société anonyme, et non une coopérative. Maxipêch est donc la propriété d’actionnaires qui sont au nombre de trois, dont un certain Éric Coppet. Ce dernier est l’homme clé d’un certain...Yan Monplaisir, capitaliste ayant dans son giron la SEEN, Club Méditerranée, l'Hôtel Batelière, Servichef, Martinique Catering. Yan Monplaisir est le premier vice-président de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique). Cette dernière, qui a repris les actifs de l’ancien Conseil général, « a accepté de transférer les A.O.T. (Autorisations d'Occupation Temporaire au repreneur (Maxipêch) pour pouvoir agir ».
« Nous ne sommes pas là pour simplement acheter et vendre. On veut structurer le monde de la pêche et se rapprocher des marins-pêcheurs pour mettre en œuvre des solutions. Bien sûr, nous ne sommes pas des philanthropes, plus on les aidera, plus ça sera bénéfique pour nous. Et, plus ils pourront aussi consacrer du temps sur l'eau à pêcher » a aussi déclaré Gilles Wan Ajouhu, l’un des actionnaires de Maxipêch (cf. France-Antilles du 8 juillet 2016). Difficile d’être plus cynique ! Ces capitalistes agissent comme des vautours. Ils repèrent les proies en état de faiblesse et attendent le bon moment pour les dépecer. Ce que reconnaît de manière crue I. Mangattale, un autre actionnaire : « Il y a un an, je me suis intéressé au dossier Coopémar car il y avait pas mal de difficultés sur les sites. Je me suis positionné quand la Coopémar a été mise en redressement par ses employés ».

Ainsi fonctionne le système capitaliste qui se développe sur l’exploitation des travailleurs et en profitant des difficultés d’artisans qu’il asservit ensuite.

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