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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1159 du 16 juillet 2016/Première page

Première page

Editorial:La grève du Crédit agricole Guadeloupe concerne tous les travailleurs de Guadeloupe et de Martinique

ZoomDeux des revendications des camarades du Crédit agricole de Guadeloupe sont particulièrement importantes : c’est le maintien des 40% de vie chère et l’embauche en CDI des jeunes en CDD.

En effet, la direction du Crédit agricole veut geler les 40%, c’est-à-dire ne pas les appliquer sur les augmentations de salaire. Elle veut aussi les supprimer aux CDD et aux nouveaux embauchés. C’est ce que préconisent Sarkozy et son parti, ainsi que le rapport de Lurel sur l’égalité réelle. Ces mesures sont une manière d’aller progressivement vers la suppression des 40%.

Cette prime de vie chère a été acquise au prix d’une grève générale historique des fonctionnaires et des ouvriers en 1953. Rappelons que les 40% n’ont pas été au départ une revendication venant de la population. C’est l’État français qui avait institué cette prime coloniale pour inciter les fonctionnaires métropoli-tains à se rendre aux Antilles. Les fonctionnaires antillais n’ont fait que réclamer qu’elle leur soit étendue. Depuis des années, tous les gouvernements cherchent les moyens de supprimer cette prime progressivement : confer les rapports Ripert et Fragonard. Déjà, la privatisation de certaines entreprises comme France télécom (Orange aujourd’hui) a entraîné la suppression des 40% aux nouveaux embauchés, ceux de droit privé.

La grève au Crédit agricole concerne en priorité les salariés des banques, car les premiers qui seront touchés si nous laissons faire la direction du Crédit agricole, ce seront les camarades des banques.
La meilleure réponse actuelle à cette attaque contre les 40%, ce serait que l’ensemble des employés des banques se mettent aussi en grève. Et ils pourraient profiter de ce mouvement pour poser aussi leurs propres revendications !

Les travailleurs des banques sont au coeur du système capitaliste. Ils peuvent bloquer toute l’économie capitaliste s’ils ne travaillent pas. Alors, les banquiers cèderaient aux revendications de nos camarades du Crédit agricole mais aussi aux revendications de tous les employés des banques. Cela d’autant plus que leurs directions, depuis plusieurs années, n’arrêtent pas de supprimer des postes, d’aggraver les conditions de travail de leurs salariés, pour augmenter les dividendes ver-sés aux actionnaires.

Il faut arrêter la casse progressive des 40% ! Pourquoi ? Parce que c’est la porte ouverte à la baisse des revenus de tous les travailleurs ! C’est pour cela que tous les travailleurs sont concernés ! Si nous ne pouvons arrêter les attaques contre les 40%, alors l’État et les patrons s’en prendront plus facilement encore aux salaires eux-mêmes.
C’est pour cela que la grève des employés du Crédit agricole est une grève exemplaire qui concerne tous les salariés des deux îles soeurs ! Si d’autres catégories de travailleurs se mettaient en lutte, ils pourraient faire basculer le rapport de force en faveur de tous. Car il faut aussi se battre pour l’embauche des CDD en CDI partout, pour l’interdiction des licenciements, pour la réduction du temps de travail. Il y a en effet beaucoup de menaces de licenciements dans les entreprises. Les salaires aussi sont trop bas. Le temps de travail est trop long alors qu’il existe plus de 30% de chômeurs réels dans nos îles. Voilà pourquoi il faudrait élargir les luttes !

Voilà pourquoi il faut soutenir les employés du Crédit agricole. S’ils gagnent ce sera une victoire pour tous les salariés ! Actuellement la grève du Crédit agricole, par son importance, par son objectif : le maintien des 40%, est un des remparts qui s’élèvent contre la suppression de cette prime de vie chère. Renforçons ce rempart, contre lequel se briseront alors les tentatives des capitalistes soutenus par l’État de faire régresser le revenu des travailleurs et des classes populaires !


Crédit Agricole : Forte mobilisation des grévistes

ZoomCommencé le 27 juin avec près de 97 % de grévistes, le mouvement continue avec la même ampleur. Au 12 juillet les grévistes sont toujours aussi déterminés La direction pensait passer en force et son chantage pour la signature de l’accord sur l’intéressement n’a pas fonctionné. Le nombre de grévistes n’a pas diminué et ces derniers restent déterminés à 97%. Leur moral est au beau fixe. La direction quant à elle reste campée sur sa décision de vouloir supprimer la prime de vie chère de 40 % pour les nouveaux embauchés et de la geler pour les anciens.
La direction prétend que sa proposition n’entraîne pas la suppression des 40 % et ne cesse de le répéter dans les médias, mais les employés du Crédit Agricole ne sont pas dupes. Le nouveau directeur, qui est en poste depuis 3 mois pour mettre en oeuvre les mauvais coups du Crédit Agricole, refuse toute discussion. Il a même dénoncé un accord d’indexation au salaire qui date de 2007 et qui garantissait le maintien des 40 %. Il est aidé par le Président du Conseil d’Administration qui est favorable à la suppression des 40%.


Des politiciens aux côté des grévistes : OK, mais… jusqu’où ?

Le président du Conseil Régional Ary Chalus, le député maire des Abymes Éric Jalton, Claude Barfleur, ex-candidat à Pointe-à-Pitre ont participé au meeting de soutien aux grévistes du Crédit agricole le jeudi 7 juillet. Ils ont pris la parole pour soutenir la grève. Qu’ils utilisent leur mandat pour faire écho aux revendications des grévistes est une bonne chose. Mais que n’appellent-ils leurs mandants de tout le pays à manifester massivement dans les rues avec les grévistes pour le maintien des 40% ?


Un grand meeting de soutien le 7 juillet !

Le jeudi 7 juillet au soir a eu lieu un meeting organisé par les grévistes sur leur piquet de grève. Près de 400 personnes y ont assisté. Plusieurs représentants d’organisations syndicales et politiques : CGTG, FSU et UGTG, Combat Ouvrier ainsi que les jeunes du journal Rebelle ! ont apporté leur soutien aux grévistes. Une délégation de salariés du Crédit agricole de Martinique était aussi présente.


Succès du déjeuner champêtre de la CGTG

Deux cent soixante travailleurs et leurs familles ont participé au déjeuner-champêtre de la CGTG qui s’est déroulé le 3 juillet à Belle Plaine aux Abymes. Il y avait moins de monde que le déjeuner précédent mais le match de l’Euro, France-Allemagne, qui se déroulait le même jour y a été probablement pour quelque chose. L’ambiance a été marquée par le groupe de gwo ka qui a animé toute la fête. Il y a eu de nombreux participants aux chants et à la danse.
Cela n’a pas empêché les amateurs de foot de suivre le match sur un écran géant. De nombreux militants de la CGTG et des sympathisants ont pu manger ensemble puis discuter à table. Certains ont pu faire quelques pas de danse.
Le déjeuner s’est terminé par une tombola. La majorité des participants étaient des travailleurs dont certains ont mené des grèves cette année. Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG, a pris la parole pour rappeler la combativité des travailleurs et insister sur le renforcement des luttes.


Martinique: Manifestation du 5 juillet contre la loi-travail

Mardi 5 juillet, environ 200 travailleurs et militants ont encore défilé à Fort-de-France, à l'appel de la CGTM, en protestation contre la loi-travail du gouvernement. Ils ont affirmé leur dé-termination au centre-ville, et jusqu'à l'hypermarché Carrefour de Dillon. Là eut lieu une prise de parole s'adressant aux travailleurs du secteur. Comme on le voit, en France et en Martinique une fraction des travailleurs ne désarme pas dans le combat contre cette loi scélérate.


Répression judiciaire contre les travailleurs

La direction a déjà assigné 17 grévistes au tribunal pour entrave à la liberté du travail alors que c’est la direction elle-même qui a fermé les grilles du siège social et a fait venir de très nombreux vigiles sans compter les huissiers qui viennent faire des constats tous les jours. Le tribunal dans son délibéré du vendredi 8 juillet a condamné les 17 salariés à libérer les lieux sous astreinte de 500 € par jour, ce qui a eu pour effet de renforcer encore plus la détermination des grévistes.


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