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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1163 du 8 octobre 2016/Quatrième page

Quatrième page

Cazeneuve aux Antilles-Guyane : la sécurité a bon dos !

Le ministre de l’intérieur français, Bernard Cazeneuve, était en Martinique les 28 et 29 septembre puis en Guadeloupe deux jours après, avant de se rendre en Guyane. Les actes de délinquance en augmentation en cette période en étaient le prétexte. L’émotion causée par le meurtre du jeune lycéen Yohan était l’occasion de se montrer dans des départements qui ont voté largement à gauche aux présidentielles.

Cazeneuve s’est rendu dans la famille de Yohan. Il a annoncé l’arrivée de 55 policiers et adjoints de sécurité (ADS, personnel sous contrats de 3 ans) d’ici juin 2017 et 30 nouveaux gendarmes d’ici 2018 pour la Martinique. En Guadeloupe, il a promis 158 gendarmes, policiers et adjoints de sécurité supplémentaires. Il a annoncé du remplacement de véhicules et de matériel, un renforcement des possibilités de recrutement local avec notamment l’ouverture d’une école de formation d’ici deux ans.

En Martinique, Cazeneuve a aussi posé la première pierre du nouvel hôtel de police promis aux policiers depuis des dizaines d’années. Mais on est loin des véritables causes de la violence qui est le chômage de masse. Il aura cependant suffi de la promesse de ces petits cadeaux pour que les notables de gauche frétillent en se poussant du coude pour être sur la photo. En cette année préélectorale nous aurons reçu pas moins de sept ministres (plus que pendant tout le reste du quinquennat) dont deux en quinze jours, mais non, ce ne sont pas des voyages électoralistes.


Dans les entreprises

Pawol a travayè bannann (Guadeloupe)
Earl Mont-Loué : les patrons « jettent » des travailleurs comme des kleenex Plutôt que de céder au mouvement des trois camarades qui s’opposaient à leurs mauvais coups et magouilles, Gaston Duflo et Claude Potros ont préféré mettre la plantation en liquidation judiciaire. Rappelons qu’après avoir licencié trois des six camarades travaillant sur la plantation, Duflo prétendait vouloir passer la gérance à Potros. Mais quand les camarades ont voulu avoir des précisions sur ce changement, sur les licenciements, sur le paiement de la prime Bino, Duflo a disparu. Et maintenant, après trois mois de lutte des camarades pour s’opposer à leurs magouilles, Duflo et son complice liquident l’EARL Mont-Loué… pour certainement recommencer l’exploitation de la plantation sous le nom d’une autre entreprise agricole.

Chantiers en lutte (Martinique)
Bâtiment : des patrons radins comme d’habitude On les avait vus avec leur cinéma avec leur fameuse « table ronde » pour faire croire à la population qu’ils se battaient pour « préserver l’emploi dans le BTP ». Aujourd’hui, les capitalistes du bâtiment montrent leur vrai visage. Ces messieurs ne veulent accorder aux ouvriers que 2 centimes d’augmentation de salaire horaire dans le cadre des commissions paritaires sur les négociations salariales. Une vraie insulte… qui mérite bien une réponse Face à cette situation, des militants ouvriers du BTP ont décidé d’organiser des tournées de chantiers pour sensibiliser et appeler le maximum d’ouvriers du BTP à se mobiliser durant la première semaine d’octobre. C’est l’occasion pour nous, ouvriers du bâtiment, de nous préparer à répondre à cette insulte.


Martinique : Matthew : une aubaine pour les planteurs de bananes ?

La tempête Matthew a détruit totalement ou partiellement des exploitations bananières en Martinique lors de son passage fin septembre. Les propriétaires n’ont pas tardé à réagir pour profiter au maximum de l’événement.  

Première réaction : celle du syndicat patronal, la FDSEA, qui a, dès le jeudi 29 septembre, annoncé l’annulation de la Commission Paritaire qui devait permettre de discuter des salaires avec les organisations syndicales. Mais ils ne se sont pas précipités pour fixer une nouvelle date de rencontre ! Dans la foulée, il y a également eu un communiqué du président de la Chambre d’agriculture de la Martinique « invitant les agriculteurs impactés par le passage de la tempête Matthew à faire des photos des dégâts, à comptabiliser toutes les pertes subies et à rassembler tous les documents permettant de justifier des dommages ». Il ajoute que « Ces éléments seront indispensables pour évaluer les pertes et le cas échéant solliciter le fonds de secours ».

C’est enfin la préfecture qui indiquait dans un communiqué du vendredi 30 septembre que « Dans le but de prévenir les licenciements économiques éventuellement liés à la tempête tropicale Matthew et de maintenir les salariés dans l’emploi, la DIECCTE (Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi) Martinique rappelle aux employeurs éventuellement concernés que le dispositif «activité partielle » permet de faire face à des circonstances exceptionnelles».

Certaines mauvaises langues prétendent que des propriétaires d’exploitations bananières semblaient déplorer l’absence de phénomènes cycloniques depuis trop longtemps. De là à penser qu’ils verraient le passage de Matthew comme une aubaine pour toucher les sacro-saintes subventions... en plus ! La rapidité avec laquelle ces réactions sont intervenues peut en effet paraître suspecte. Même lorsque le prétexte mis en avant est une prétendue volonté « de prévenir les licenciements économiques ». Cette évocation de licenciements devrait d'ailleurs inciter les salariés du secteur à rester très vigilants !  


Haïti : Élections présidentielles, fraudes, magouilles et corruption !

 Les élections présidentielles en Haïti prévues le 9 octobre prochain ont été reportées à cause de l’ouragan Matthew. Mais vu la corruption qui gangrène chaque échéance depuis des années, ces élections s’annoncent de toute façon comme un véritable fiasco.  

Il n’y a pas moins de 27 candidats. Mais seuls trois ou quatre candidats soutenus par de grands partis avec d'importants moyens de corruption peuvent prétendre à la victoire ou a un bon score. C’est le cas de Jovenel Moïse, soutenu par l’ancien président Martelly qui cherche par tous les moyens à placer son homme. Autres exemples, Jude Célestin, l’ex-poulain de l’ancien président Préval en 2011, Maryse Narcisse, la protégée d’Aristide, ou encore Moïse Jean Charles, le dissident de « Lafanmi Lavalas » organisation de l'ex-président Aristide. Tous sont soutenus par des anciens présidents ou des partis ayant déjà démontré qu’ils n’avaient jamais eu l’intention de changer la situation. Ces candidats frôlent même le ridicule avec leurs promesses électorales. Jude Célestin a promis de former plusieurs milliers de médecins en deux ans, Jovenel ferait d’Haïti un paradis en moins de 5 ans par la miraculeuse combinaison de la terre, du soleil et des rivières, Maryse Narcisse promet un métro reliant Carrefour au grand bidonville de Canaan. Mais la classe ouvrière et la population laborieuse n’ont rien à attendre de tous ces arrivistes. En réalité ils se battent pour avoir la possibilité d’être, en tant que président, des petits sous-fifres des riches. Ils sont bien respectueux des capitalistes et des riches qui sont à l’origine de la misère en Haïti.


USA : Black lives matter ! (la vie des Noirs compte)

 Aux États-Unis, des policiers continuent à commettre des meurtres contre des Noirs.  

Le 16 septembre dans l’Oklahoma, Terence Crutcher un homme noir de 40 ans, a été tué par la police alors qu’il rejoignait mains en l’air son véhicule. Le 20 septembre, à Charlotte, une ville de Caroline du Nord, un autre homme noir, Keith Lamont Scott, a été abattu par des policiers. Les policiers auraient maquillé la scène en remplaçant le livre qu’il tenait à la main par une arme à feu. Le 29 septembre Alfred Olango, un réfugié ougandais de 38 ans, vivant dans la région El Cajon en Californie, a été tué pour avoir brandi une cigarette électronique.

Ces meurtres ignobles sont la suite d'une longue série, commis par la police contre des Noirs. Ils sont le reflet de la société américaine toujours minée par le racisme. Ce qui révolte encore plus la population noire c'est la totale impunité dont bénéficie la police auprès des tribunaux. Et cela, même lorsque des vidéos montrent la culpabilité des policiers, comme pour le meurtre de Terence Crutcher en Oklahoma Face à cette situation, les Noirs américains ne veulent pas se laisser faire. Les réactions collectives de colère contre ces meurtres sont récurrentes. À Oklahoma et à El Cajon des centaines de manifestants sont descendus dans les rues les jours suivant le meurtre. À Charlotte, plusieurs jours d’émeute ont paralysé la ville.


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