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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1163 du 8 octobre 2016/Troisième page

Troisième page

Il y a 60 ans : Le premier congrès des écrivains et artistes noirs et le rôle des intellectuels

Du 19 au 21 septembre 1956 s’ouvrait à Paris le premier congrès des écrivains et artistes noirs à l’amphithéâtre Descartes à la Sorbonne. Y participèrent : Aimé Césaire, Franz Fanon, Léopold Sédar Senghor, Abdoulaye Wade, Jacques Rabemananjara, Edouard Glissant, Richard Wright, Hamadou Hampaté Ba, René Depestre, Jean Price-Mars, et bien d’autres.  

Vers la décolonisation
Il s’agissait pour eux tous, de faire connaître au monde leur existence, leurs œuvres, leur pensée. Ils étaient unis et réunis par une condamnation commune du colonialisme, du racisme et de ses méfaits sur les peuples dominés et singulièrement sur les peuples noirs africains, caribéens, et noirs américains. Ce congrès eut lieu dans une période où s’affirmaient un peu partout dans le monde les revendications anticolonialistes, les mouvements de luttes indépendantistes dans les colonies. Au moment même où avait lieu ce congrès, la guerre d’Algérie faisait rage contre la colonisation française, et aux USA les premières luttes revendicatrices des Noirs contre la ségrégation raciale et pour les droits civiques débutaient tout juste.

Les limites des intellectuels
Ces écrivains et artistes noirs jouèrent un rôle d’éveilleurs de conscience anticolonialiste pour toute une génération. Mais en même temps, ils orientaient cette même génération vers les idées nationalistes. Aucun de ces écrivains et artistes noirs ne rejoignit le combat de classe des travailleurs contre le capitalisme et la bourgeoisie. Certains d’entre eux, comme Césaire, Depestre ou Wright étaient bien issus du communisme, mais de ce communisme perverti par le stalinisme et les partis staliniens. Le stalinisme, depuis longtemps, n’avait absolument plus rien à voir avec le programme communiste révolutionnaire de Marx, Lénine ou Trotsky. Certes, Aimé Césaire dans sa lettre à Maurice Thorez pour expliquer sa démission du PCF, critique le stalinisme. Il se dit même encore marxiste. Mais cela ne le conduit pas pour autant à prôner une véritable lutte révolutionnaire communiste.

Ces intellectuels et écrivains noirs, brillants, de grand talent, fleurons des universités françaises ont fait un autre choix. Pourtant, à l'époque même de leur jeunesse, dans les années 1920 et 1930, où ils se forgeaient une personnalité et une idéologie, Léon Trotsky, encore vivant, avait publié un ensemble de textes critiques du stalinisme et le vrai programme communiste correspondant à la période. Le poète André Breton, chantre du surréalisme, qui fut un ami d’Aimé Césaire et de bon nombre d’écrivains et artistes noirs, avait rompu avec le stalinisme et soutenu le programme trotskyste. Mais aucun des grands intellectuels noirs, d’Afrique, de la Caraïbe ou des USA ne prit ce chemin. Ils ont choisi une autre voie politique qui était celle du nationalisme. Les leaders de cette génération dont Senghor, Césaire, Fanon n’ont pas dépassé les limites de la dénonciation du colonialisme, du racisme. Et quelle que fut la valeur et la portée de leurs écrits - le Discours sur le colonialisme de Césaire reste ce qu’on a fait de mieux en matière de dénonciation du colonialisme - il n’en reste pas moins vrai que ce combat demeurait limité en ce sens qu’il n’était pas une lutte pour l’émancipation des exploités de l’exploitation capitaliste. Cela, seul le véritable programme communiste révolutionnaire peut y conduire.

Les intellectuels et la lutte pour la véritable émancipation des peuples
La voie empruntée par ces écrivains et artistes conduisit la plupart d'entre eux presque naturellement dans cette époque de décolonisation à des postes de notables et de dirigeants officiels. Senghor devint président du Sénégal ainsi que Abdoulaye Wade, Jacques Rabemananjara, vice-président de Madagascar. Césaire fit carrière comme député-maire en siégeant aux côtés du Parti socialiste français à l’Assemblée nationale. Mais on peut penser que s’il s’était trouvé parmi tous ces intellectuels de talent, dans leur jeunesse des révolutionnaires sincèrement communistes, désintéressés, non carriéristes, ils auraient pu aider valablement à la construction de véritables partis révolutionnaires. Léon Trotsky écrivait en 1938 : « la crise historique de l'humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire ». Le prolétariat, depuis la révolution russe d’octobre 1917, jusqu’à aujourd’hui, malgré ses combats parfois héroïques et pré révolutionnaires, n’a pas trouvé à ses côtés suffisamment d’intellectuels. Ils auraient été précieux pour aider les travailleurs à construire une direction révolutionnaire dans leur lutte de classe contre l’exploitation capitaliste.

Il faudra pourtant bien qu’il y en ait, et il y en aura, dans la lutte victorieuse pour l’émancipation des opprimés et partant, de l’humanité entière pour sortir de l’esclavage salarié et de la barbarie.  

Vers la décolonisation
Il s’agissait pour eux tous, de faire connaître au monde leur existence, leurs œuvres, leur pensée. Ils étaient unis et réunis par une condamnation commune du colonialisme, du racisme et de ses méfaits sur les peuples dominés et singulièrement sur les peuples noirs africains, caribéens, et noirs américains.

Ce congrès eut lieu dans une période où s’affirmaient un peu partout dans le monde les revendications anticolonialistes, les mouvements de luttes indépendantistes dans les colonies. Au moment même où avait lieu ce congrès, la guerre d’Algérie faisait rage contre la colonisation française, et aux USA les premières luttes revendicatrices des Noirs contre la ségrégation raciale et pour les droits civiques débutaient tout juste. Les limites des intellectuels Ces écrivains et artistes noirs jouèrent un rôle d’éveilleurs de conscience anticolonialiste pour toute une génération. Mais en même temps, ils orientaient cette même génération vers les idées nationalistes. Aucun de ces écrivains et artistes noirs ne rejoignit le combat de classe des travailleurs contre le capitalisme et la bourgeoisie. Certains d’entre eux, comme Césaire, Depestre ou Wright étaient bien issus du communisme, mais de ce communisme perverti par le stalinisme et les partis staliniens. Le stalinisme, depuis longtemps, n’avait absolument plus rien à voir avec le programme communiste révolutionnaire de Marx, Lénine ou Trotsky.

Certes, Aimé Césaire dans sa lettre à Maurice Thorez pour expliquer sa démission du PCF, critique le stalinisme. Il se dit même encore marxiste. Mais cela ne le conduit pas pour autant à prôner une véritable lutte révolutionnaire communiste. Ces intellectuels et écrivains noirs, brillants, de grand talent, fleurons des universités françaises ont fait un autre choix. Pourtant, à l'époque même de leur jeunesse, dans les années 1920 et 1930, où ils se forgeaient une personnalité et une idéologie, Léon Trotsky, encore vivant, avait publié un ensemble de textes critiques du stalinisme et le vrai programme communiste correspondant à la période. Le poète André Breton, chantre du surréalisme, qui fut un ami d’Aimé Césaire et de bon nombre d’écrivains et artistes noirs, avait rompu avec le stalinisme et soutenu le programme trotskyste. Mais aucun des grands intellectuels noirs, d’Afrique, de la Caraïbe ou des USA ne prit ce chemin. Ils ont choisi une autre voie politique qui était celle du nationalisme.

Les leaders de cette génération dont Senghor, Césaire, Fanon n’ont pas dépassé les limites de la dénonciation du colonialisme, du racisme. Et quelle que fut la valeur et la portée de leurs écrits - le Discours sur le colonialisme de Césaire reste ce qu’on a fait de mieux en matière de dénonciation du colonialisme - il n’en reste pas moins vrai que ce combat demeurait limité en ce sens qu’il n’était pas une lutte pour l’émancipation des exploités de l’exploitation capitaliste. Cela, seul le véritable programme communiste révolutionnaire peut y conduire. Les intellectuels et la lutte pour la véritable émancipation des peuples La voie empruntée par ces écrivains et artistes conduisit la plupart d'entre eux presque naturellement dans cette époque de décolonisation à des postes de notables et de dirigeants officiels. Senghor devint président du Sénégal ainsi que Abdoulaye Wade, Jacques Rabemananjara, vice-président de Madagascar. Césaire fit carrière comme député-maire en siégeant aux côtés du Parti socialiste français à l’Assemblée nationale.

Mais on peut penser que s’il s’était trouvé parmi tous ces intellectuels de talent, dans leur jeunesse des révolutionnaires sincèrement communistes, désintéressés, non carriéristes, ils auraient pu aider valablement à la construction de véritables partis révolutionnaires. Léon Trotsky écrivait en 1938 : « la crise historique de l'humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire ». Le prolétariat, depuis la révolution russe d’octobre 1917, jusqu’à aujourd’hui, malgré ses combats parfois héroïques et pré révolutionnaires, n’a pas trouvé à ses côtés suffisamment d’intellectuels. Ils auraient été précieux pour aider les travailleurs à construire une direction révolutionnaire dans leur lutte de classe contre l’exploitation capitaliste.

Il faudra pourtant bien qu’il y en ait, et il y en aura, dans la lutte victorieuse pour l’émancipation des opprimés et partant, de l’humanité entière pour sortir de l’esclavage salarié et de la barbarie.


Saint Martin : Après la grève des salariés de la COM (collectivité d’outre-mer)

Ils réclamaient entre autres la mise en place des organes de représentation du personnel, c’est-à-dire, la Commission paritaire, le Comité technique, et le Comité d’hygiène, de sécurité et des Conditions de travail (CHSCT).

Pour ces revendications, ils avaient signé un accord avec la collectivité suite à leur grève du mois de mai. Cependant, l’accord signé n’a pas été respecté. Des négociations ont eu lieu à nouveau avec les représentants de la collectivité, un protocole d’accord a été convenu. Il prévoit le respect des conditions d’avancement des salariés et le fonctionnement des organes de représentation du personnel.

Les travailleurs évidemment restent vigilants et veillent à la satisfaction de leurs revendications, car ils savent que la collectivité a l’habitude de signer des accords sans les respecter.


Sint Marteen, Élections : les mêmes notables reviennent au pouvoir

Lundi 26 septembre, la population s’est rendue aux urnes pour élire les quinze nouveaux élus qui siégeront au Parlement. Théo Heyliger du Parti populaire (UP ou United Party) est arrivé en tête avec 28,5% des suffrages exprimés. Il est suivi par William Marlin, leader de l’Alliance Nationale (NA) avec 26 % des voix. Chacun de ces deux partis a obtenu cinq sièges. Les autres sièges sont répartis entre l’USP (Parti uni de Sint-Maarten) qui a trois sièges et le DP (Le Parti démocrate), deux sièges. Les partis NA et UP, n’ayant pas la majorité, ont décidé de faire alliance pour former un gouvernement. Les deux représentants de ces partis se retrouvent à nouveau au pouvoir. Théo Heyliger avait été élu il y a deux ans et William Marlin est l’actuel premier ministre. Ils ont décidé de signer une lettre d’intention pour éviter des querelles personnelles entre élus. Mais il ne serait pas étonnant que de nouvelles mésententes naissent, car ces notables cherchent surtout à défendre leur pré carré.


Caraïbe : Il y a plus de violence dans les îles voisines malgré une justice plus sévère

Quand des personnes d’origine étrangère sont impliquées dans des crimes aux Antilles françaises, beaucoup de gens disent qu’ils n’auraient pas commis ces crimes s’ils étaient dans leur pays d’origine, où la justice est plus sévère. Premièrement c’est un argument xénophobe envers nos frères noirs de la Caraïbe et deuxièmement cet argument est faux. Les îles de la Caraïbe où la peine de mort est toujours en vigueur sont souvent celles où la violence est la plus importante. Par exemple, à Sainte-Lucie et en Dominique, le taux d’homicide est de 22 meurtres pour 100 000 habitants.

En Guadeloupe ce taux a atteint un maximum de 11 pour 100 000 habitants l’an passé et en Martinique le taux d’homicide reste bien inférieur à 9 pour 100 000. Donc malgré une justice plus répressive il y a en moyenne deux fois plus de meurtres dans ces îles anglophones. Ce qui montre que la répression est une fausse solution au problème de la violence. Pourquoi y a-t-il plus de meurtres dans les îles voisines ? Parce qu’il y a encore plus de pauvreté, plus de chômage et donc plus de désespoir.


Guyana : Protestations de la communauté afro-guyanaise

Les 750 000 habitants du Guyana, ex-colonie britannique, sont dispersés et souvent regroupés par ethnies dans ce pays aussi étendu que l’Angleterre. Les plus pauvres sont les Noirs ou Afro-guyanais qui sont 31% de la population. La communauté la plus nombreuse -51% de la population- est constituée de descendants d’originaires de l’Inde. Les Amérindiens, premiers habitants de ce pays d’Amérique latine, entre le Venezuela et le Surinam, sont aujourd’hui 10 fois moins nombreux que les Indiens. Enfin le reste de la population est essentiellement constitué de métis d’Indiens et Européens. Le parti au gouvernement est le Parti progressiste du peuple (PPP) essentiellement lié à la communauté indienne.
Des rivalités violentes entre les deux communautés les plus importantes du Guyana ont fait des centaines de morts il y a quelques années, entretenues par les chefs politiques.

Aujourd’hui la situation des Noirs reste très difficile : chômage – non indemnisé dans ce pays – persécutions par le gouvernement comme celles vis-à-vis des petits vendeurs brusquement ruinés en mai dernier, chassés soi-disant provisoirement, de l’emplacement qu’ils avaient trouvé en ville ; et surtout, ils sont victimes de discrimination pour l’accès à la propriété des terres. Les Noirs reprochent au gouvernement du Guyana de poursuivre une politique de discrimination envers eux. Il lui est reproché notamment d'avoir « distribué à ses partisans des terres dont il savait très bien qu’elles appartenaient aux anciens villages africains de la côte : près de 40 000 km de terres que les Noirs avaient plantées et drainées gratuitement le long de la côte ». Les Noirs réclament « qu’au moins 20 % des terres du Guyana leur soient attribuées ». Le succès d’une telle démarche pourra diminuer les tensions raciales. Mais Noirs pauvres et Indiens exploités devront nécessairement s’unir pour renverser un système d’oppression par la classe capitaliste qui maintient ce pays dans l’injustice et la violence.


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