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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1157 du 18 juin 2016/Quatrième page

Quatrième page

Sainte-Lucie : Allen Chastanet nouveau Premier ministre

La ville de Damas après les bombardements français de 1925.Allen Chastanet, leader du Parti uni des travailleurs (United Workers Party, UWP) a été élu le 6 juin face au sortant Kenny Anthony, du parti travailliste de Sainte-Lucie (Saint-Lucia Labour Party, SLP).  
En plus de ces deux principaux partis, deux autres listes ont participé à ces élections générales : le Mouvement du peuple lucien (Lucian People’s Movement, LPM) et les Indépendants (Independents). Ces élections ont été marquées par une importante abstention de 47 %. Le candidat de l’UWP s’est imposé avec 55 % des voix, contre 44 % pour l’ancien Premier ministre du SLP. Les deux autres listes n’ont pas franchi les 1 %.
Cette sévère défaite du SLP traduit le mécontentement d’une grande partie de la population pauvre face à la politique d’austérité du gouvernement de Kenny Anthony. Tout comme les autres petits pays de la Caraïbe, l’île de Sainte-Lucie a été durement touchée par la crise financière et économique de 2008. Le gouvernement travailliste surendetté a fait payer cette crise aux travailleurs sainte-luciens : augmentation de la TVA, augmentation de 66 % du prix de l’eau, et gel du salaire des fonctionnaires. En 2014, Kenny Anthony avait même menacé de baisser le salaire des fonctionnaires de 5 % en expliquant qu’il fallait un effort collectif pour sauver l’économie de l’île.
Quant à Allen Chastanet, il a fait de belles promesses, comme la baisse de la TVA et du prix de l’eau et l’augmentation de 14 % des fonctionnaires. Mais il n’y a aucune illusion à se faire sur les intentions de cet homme d’affaires millionnaire et ancien ministre du tourisme. Durant sa mandature, Allen Chastanet défendra les intérêts de sa classe, ceux des capitalistes et non ceux des travailleurs, malgré son parti qui n’a de « travailleurs » que le nom. Pour preuve, au lendemain des élections, Chastanet a annoncé les premiers cadeaux qu’il offrira aux capitalistes : le financement de la construction de deux hôtels dans le sud de l’île, et des facilités pour les gros planteurs de banane de la Martinique qui souhaitent s’implanter à Sainte-Lucie.  
Monplaisir et Chastanet … entre cousins exploiteurs La nomination d'Allen Chastanet a été reçue avec satisfaction par son cousin martiniquais, Yan Monplaisir, vice-président de la nouvelle Assemblée de Martinique, qui a déclaré : « Je suis très heureux pour lui et pour Sainte-Lucie. C'est une bonne chose qu'il y ait un renouvellement de majorité... Allen, c'est certainement l'un des cousins avec lequel nous avons le plus de proximité ». Un représentant politique du gros patronat martiniquais saluant son homologue sainte-lucien, c'est dans l'ordre des choses.


Martinique Grève à Fontaine Didier : plus que jamais déterminés

Entamée le mercredi 18 mai 2016, au début de sa 6ème semaine le lundi 13 juin, la grève se poursuit à Fontaine Didier (les eaux minérales du même nom). Les travailleurs sont en lutte pour obtenir une augmentation de salaire de 75 € et une prime de fin d’année de 580 € pour tous.  
En face, le directeur reste bloqué sur une proposition de prime d’intéressement de 51 €. Il a aussi proposé l’aumône consistant à passer la prime de fin d’année de 200 à 220 €. Proposition rejetée par les grévistes. Bénéfice : un million d’euros
Mercredi 8 juin, au cours d’une conférence de presse, les salariés ont rappelé leur situation ainsi que celle de la société. Cette dernière, qui dispose d’un capital de 1 200 000 €, a réalisé en 2011 un bénéfice net de... 1 100 000 € (92% du capital), en 2012 de 962 000 € (80% du capital) et en 2013 de 805 000 € (67% du capital). Or, selon les dires mêmes de la direction, le « coût » de l’augmentation réclamée serait de... 100 000 €. Autant dire une paille pour cette entreprise qui a réalisé plus de 22 millions de chiffre d’affaires et plus de 3 millions de bénéfices nets entre 2011 et 2013. Sans compter tous les avantages liés à la défiscalisation via la société en nom collectif MIGPAT dont le directeur est... le même que celui de Fontaine Didier. À l’issue de cette conférence de presse, un groupe de grévistes est allé à la rencontre des travailleurs de SUN MOTOS – une société du même groupe – à Kerlys (Fort-de-France). Ces salariés ont été très attentifs aux explications et informations sur la grève.
Le directeur clame sur les radios et les télés que les travailleurs en grève mettent en péril sa société. Mais il évite de dire ce que son entêtement a coûté à l’entreprise : plus que ce qu'il refuse d'accorder, par attachement à ses principes d'exploiteur.
Le vendredi 10 juin, le directeur a accepté ce qu’il refusait de faire jusque là, rencontrer une délégation des grévistes. À cette occasion, ceux-ci n'ont pu que rappeler leurs revendications, et qu'ils étaient disponibles pour des discussions. Mais, le directeur le dit à mots à peine couverts, il compte sur les juges et le préfet pour l'aider à s'imposer. Les travailleurs en grève sont toujours déterminés, d’autant qu’ils bénéficient d’un vrai soutien de la part des autres travailleurs, et dans l’opinion publique en général.


Euro 2016 : Des hooligans aussi imbibés d’alcool que de chauvinisme

Joceleme Privert président par intérimLes médias, les gouvernements et l’UEFA se lamentent aujourd’hui devant le spectacle des hooligans anglais, russes ou français « venus gâcher la fête ». Mais ils ne peuvent pas se cacher derrière leur petit doigt : les violences qui ont éclaté dès le début de l’Euro 2016 étaient prévisibles. Et les dirigeants européens en sont largement responsables.  
Se passionner pour le foot ou pour les exploits d’une équipe, rien de plus normal ! Mais les riches ont toujours voulu profiter de cette passion populaire. S’ils aiment le foot, c’est pour le fric et pour bien d’autres raisons que celles de la population.
Dès les débuts de l’histoire du jeu, au 19ème siècle, les grands bourgeois d’Angleterre investirent dans des clubs de foot pour unifier « leurs » exploités derrière un fanion, canaliser leur colère et les opposer les uns aux autres. Ce n’est pas un hasard si parmi les clubs les plus connus se trouvent encore aujourd’hui ceux de Sheffield, Manchester ou Liverpool – les grandes villes ouvrières du nord de l’Angleterre – et si certains portent encore des noms d’usine – comme Arsenal, basé dans le district d’Holloway à Londres. En France, le même phénomène explique pourquoi Jean-Pierre Peugeot créa le premier club professionnel français, le FC Sochaux–Montbéliard, en 1928, dans la ville où se trouvait l’usine-mère du groupe Peugeot.
Nationalisme De nos jours, dans une Europe en crise, les classes dirigeantes se servent de l’engouement envers les clubs ou les équipes nationales pour enivrer les exploités de chauvinisme et leur faire oublier leur misère, au moins le temps d’un match ou d’un tournoi. C’est le cas en France actuellement pour faire taire les travailleurs en grève, en Belgique pour tenter de rallier Flamands et Wallons sous la bannière du pouvoir, en Espagne pour tenter de faire oublier la désintégration de la classe politique, etc. C’est cette fête des nationalismes que les gouvernants organisent réellement, et c’est elle qu’ils n’ont pas voulu « gâcher » en n’avertissant pas solennellement à l’avance les hooligans que leurs équipes seraient disqualifiées en cas de violences (une méthode qui avait pourtant marché lors de l’Euro 2004 au Portugal).
Au contraire, ils ont exacerbé un patriotisme hystérique qui, en tombant dans des cervelles alcoolisées, dont beaucoup d’extrême-droite, ne pouvait que donner un désolant spectacle de violences aussi extrêmes que stupides.  


Dans les entreprises

L’Écho de l’Aéroport
Air France : grève des pilotes Les pilotes d’Air France doivent débuter un mouvement de grève à partir du 11 juin. Ils se mobilisent à nouveau contre les décisions unilatérales de la direction, qui veut les obliger depuis le début du mois à faire davantage d’heures de vol, pour une rémunération moindre. Ils ont tout à fait raison de refuser cette dégradation de leurs conditions de travail, alors même que la compagnie fait des bénéfices. Air France : pas la même échelle La direction d’Air France vient de distribuer les notes annuelles aux agents. Traduit en salaires, cela fait de 0 % à 1,5 % maxi pour les « bons élèves ». Pendant ce temps, le patron s'accorde 65 % d'augmentation !

Sucrerie en lutte
Les saisonniers payent les pots cassés Avec une campagne hachée, avec des coupures, certains saisonniers peuvent se trouver dans la situation de ne pas avoir assez de jours travaillés afin de toucher l’assurance-chômage.

L’Écho de Pôle Emploi
Une direction indécente ! Dans un courrier aux agents, après le suicide de notre collègue Mylène, le directeur régional accuse la CGTG de vouloir récupérer ce drame. Cette grossière accusation est bien le signe que ce monsieur et ses cadres rapprochés ne se sentent pas dénués de tout reproche. Unité oui, mais pas avec n’importe qui ! Pour faire bonne figure, le DR en appel à l’unité, face à ce drame. Mais c’est vraiment trop facile de chercher à se dédouaner quand il y a un drame. Comme si nos chefs n’étaient en rien responsables des souffrances au travail que nous subissons de plus en plus !

L’Écho des hôpitaux
CHU : que devient notre self ? Depuis le 2 mai le self est fermé sous prétexte de raisons techniques. Nous ne pouvons accepter un tel état de fait, alors que nous sommes obligés de nous débrouiller pour trouver à manger, le plus souvent un repas déséquilibré, plus cher. Il nous faut exiger une véritable explication de la direction pour que cela ne recommence, même si une affiche laconique annonce une réouverture pour le 13 juin. Self : non respect du personnel ! La régie du self est elle-même fermée depuis 2 ans ! Est-ce aussi un problème technique ou la preuve d’une volonté affirmée de mettre fin à un service très utile au personnel tout en faisant de l’économie sur son dos ?

L’Écho des télécoms
Sur le terreau des suicides Delphine Ernotte ex-directrice générale adjointe de France Télécom est maintenant directrice de France Télévisions. On lui reconnaitrait de la valeur car elle était allée parler devant les télés lors de la vague de suicides de nos camarades à France Télécom. Le management à coups de trique quelles que soient les retombées, ça paye ! Nos camarades salariés de France Télévisions sont prévenus !    

Aviation civile : une victoire… due à la mobilisation générale   L’ensemble des syndicats de la DGAC appelait à trois jours de grève du 3 au 5 juin, contre la réduction des effectifs et pour une juste répartition des primes. Cette année encore, le gouvernement prévoyait la suppression de 116 postes, mais a dû reculer. C’est sans aucun doute, surtout, l’effet de la mobilisation générale contre la loi El Khomri. Le gouvernement donne satisfaction à certains secteurs (DGAC, routiers, voire SNCF) pour essayer de diviser le mouvement, l’affaiblir pour mieux faire passer sa loi scélérate. Raison de plus pour participer massivement à la journée du 14 juin, pour laquelle la CGTG ici en Guadeloupe appelle à se mobiliser.


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