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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1157 du 18 juin 2016/Troisième page

Troisième page

Martinique Marie-Jeanne : non aux réparations... oui aux aides

À Cuba, à l’occasion du sommet de l’Association des États de la Caraïbe, le samedi 4 juin 2016, le président du Conseil exécutif de la Martinique Alfred Marie-Jeanne a déclaré son opposition aux « réparations ». Il s'agit des réparations, notamment financières, dues par les grandes puissances organisatrices de la traite des Noirs, en compensation du crime que fut l'institution de l'esclavage. Mais attention, nuance ! Marie-Jeanne s'est dit par contre favorable à des « aides au développement ». Peut-être pour accorder encore plus d'aides au patronat local ?


Saint-Martin Les notables en course pour le pouvoir

L’année prochaine aura lieu l’élection des conseillers territoriaux de la Collectivité de Saint-Martin. Des politiciens ont commencé à présenter leur candidature. En mars 2016, ce fut le cas de Louis Mussington.  
À la fin du mois de mai, Jules Charville a lancé un nouveau parti « Hope party », le « parti de l’espoir ». Il veut « redonner espoir à la population ». En 2007, il avait fondé avec d’autres politiciens le RRR (Rassemblement, Responsabilité, Réussite), qui fut un échec. Le RRR a permis à Charville de devenir conseiller territorial. Aujourd’hui, il est dans l’opposition et se dit indépendant.
Il critique tous les autres politiciens et pense faire mieux qu’eux alors qu’il était à leurs côtés jadis. Tous ces candidats, qui se bousculent pour les prochaines élections de 2017, ne défendent en rien les intérêts de la population pauvre, ni des travailleurs de l’île. Les exemples de leur politique ne manquent pas. Avec un taux de chômage de plus de 25 %, ils taxent les pauvres comme les personnes non imposables. Ils envisagent de taxer aussi les allocataires du RSA.
Grève des agents territoriaux Autre exemple, la Collectivité est restée sourde face aux revendications de ses agents. Le 24 mai, plus d’une centaine de salariés a donc décidé de faire grève car la Collectivité n’a pas respecté les accords de mars 2015 et de mars 2016. Les travailleurs ont exigé entre autres leur fiche de poste et la mise à jour de leur carrière. La présidente de la Collectivité, Aline Hanson, a promis de satisfaire leurs revendications, et les grévistes ont donc cessé la grève, mais ils restent vigilants. C’est en tout cas un exemple de lutte à suivre parce que ces candidats bonimenteurs ne leur offrent que des illusions.


Saint-Martin La COM de Saint-Martin à l’AEC, pour quels intérêts ?

Le 7ème sommet de l’Association des États de la Caraïbe (AEC) s’est déroulé à la Havane du 2 au 4 juin. La COM (Collectivité d’Outre-mer) est devenue officiellement membre associé de l’AEC en son nom propre, comme la Martinique et la Guadeloupe en 2014.   L’AEC est composée de 25 pays membres et de 7 membres associés. Le statut de membre associé permet l’adhésion des États non indépendants de la Caraïbe et des États possédant des colonies comme la France. À ce sommet, la Présidente de la Collectivité de Saint-Martin, Aline Hanson, s’est réjouie de pouvoir coopérer avec les autres pays de la Caraïbe dans le domaine de l’économie, du tourisme et des catastrophes naturelles. Mais, en réalité, la présidente de la Collectivité ne fait que représenter les intérêts de l’impérialisme français. Les représentants officiels de l’État français continuent de siéger dans cette organisation. Ainsi, cela permet à l’État de défendre les intérêts des capitalistes français pas seulement par le biais de ses serviteurs d’Outre-mer, mais aussi directement.


Après la mort de Mohamed Ali

« Jamais aucun Viêt-Cong ne m’a traité de négro »  
Mohamed Ali, le célèbre champion de boxe noir américain est mort le 3 juin 2016 à Phoenix (USA) à l’âge de 74 ans. Plus que tous les autres combats qu’il a remportés, ce fut celui victorieux mené contre George Foreman en 1974, à Kinshasa, qui sera considéré comme le plus grand match de tous les temps.  
Mohamed Ali n’aura pas été seulement l’un des plus grands boxeurs de l’histoire mais il fut aussi un grand militant de la cause des Noirs. Il a utilisé sa popularité pour dénoncer la ségrégation raciale. Il a appartenu à cette génération des années 60 marquée par la lutte des Noirs américains pour l’obtention et la défense de leurs droits civiques. En 1963 il s’est converti à l’islam et a adhéré à la « Nation de l’islam », l’organisation des musulmans noirs. Il a protesté contre le racisme aux côtés de Malcom X. C’est dans cette organisation qu’il a changé de nom, comme Malcom X, et qu’il s’est fait appeler Mohamed Ali (son nom de naissance était Cassius Clay). Comme beaucoup de musulmans noirs, ils expliquaient qu’ils voulaient ainsi rejeter leur nom d’esclave.

Contre la guerre du Vietnam
En pleine guerre du Vietnam, Mohamed Ali a refusé d’y être mobilisé en même temps qu’il s’opposait politiquement à cette guerre. Il déclara : « je n’ai rien contre le Viêt-Cong. Jamais aucun Viêt-Cong ne m’a traité de négro… ». Il fut menacé d’emprisonnement. Sa licence de boxeur lui fut enlevée ainsi que ses titres. La justice lui interdit la boxe durant plus de trois ans.
Ses prises de positions rejoignaient celles d’une partie de la population et de la jeunesse américaines qui dénonçaient la guerre. Il n’est jamais revenu sur ses idées malgré la répression judiciaire et les tracasseries dont il fut victime. Quelques années après, il remporta une victoire en justice contre l’État. La Cour suprême lui restitua son titre après un long combat judiciaire. La popularité de Mohamed Ali a dépassé les frontières. À l’époque de la lutte des Noirs contre la ségrégation aux USA, des guérillas et des mouvements nationalistes en Afrique ou à Cuba, de la contestation de la jeunesse mondiale, les déclarations et la lutte du grand boxeur noir rejoignaient le sentiment d’oppression raciale des Noirs du monde entier. Ces derniers exprimaient leur fierté qu’un Noir devienne non seulement le plus grand boxeur de tous les temps mais aussi qu’il puisse ainsi défier l’État américain.
Heureusement pour Mohamed Ali, c’est cette partie de sa vie qui est surtout retenue par l’opinion américaine et internationale. Certes, l’adhésion à la Nation de l’islam montrait déjà les limites de sa révolte. Malcom X avait pris ses distances par rapport à la Nation de l’islam, cette organisation religieuse et nationaliste, voire raciste, qui disait que les Noirs constituaient une « race supérieure » et qui prônait - et prône toujours - un capitalisme noir. Mohamed Ali ne critiqua jamais la Nation de l’islam. Rentré dans les rangs Par la suite, ce dernier, au cours de la deuxième partie de sa vie publique, a changé son image de contestataire et de révolté. Il est entré dans les rangs. Il en fut remercié et fut médaillé par Georges Bush. En 2005 il fut décoré de la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile aux États-Unis. Au cours des conflits au Moyen-Orient il accepta des missions de l’État américain. C’est lui qui négocia en 1985 la libération de ses compatriotes enlevés au Liban. En 1990, à la veille de la première guerre du Golfe, il rencontra Saddam Hussein.
Puis, la maladie de Parkinson qui le rongea durant plusieurs années l’obligea à se retirer quelque peu des missions officielles, jusqu’à ce qu’elle ait raison de lui il y a quelques jours.


Martinique Noyade au Diamant, fatalité ?

La noyade au Diamant, le 8 juin, d'un père de famille de 38 ans, a soulevé une grande émotion. Sa fillette était en difficulté dans l'eau, il a réussi à la sauver en la lançant à des sauveteurs improvisés qui s'étaient portés à leur secours. Mais lui-même n'a pu se dégager et, emporté par les lames, a coulé à quelques mètres de son père, qui n'a rien pu faire.   La dangerosité de cette plage est bien connue. Il y a déjà eu plusieurs noyades sur ce site. Certains ont pu faire remarquer, à mots plus ou moins couverts, que cela n'a pas empêché la mairie de fermer le poste de surveillance qui s’y trouvait. Le maire a bien sûr répliqué en arguant que les besoins financiers des communes étaient de moins en moins dotés par l'État. La baisse des dotations versées aux collectivités locales finit par créer des situations inadmissibles, dans beaucoup de domaines, que les mairies acceptent trop souvent avec passivité. État absent Dans le même temps a eu lieu, le 9 juin, l'inauguration de la nouvelle station de la Société de Sauvetage en Mer (SNSM) au Marin. À cette occasion, on a pu apprendre à la télévision, de la bouche d'un dirigeant de la Société de Sauvetage, que les embarcations équipant les stations étaient entretenues grâce à des dons, bien insuffisants, octroyés par des entreprises locales. Les bateaux sont donc souvent vieillissants. Là encore, l'État est aux abonnés absents et ne remplit pas ses attributions élémentaires.


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