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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1156 du 4 juin 2016/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Les manifestations contre la loi Travail

ZoomLes ouvrières manifestent à Petrograd (St Petersbourg) en 1917Au cours du mois de mai, des centaines de salariés ont encore manifesté pour exiger le retrait de la loi Travail.
Le mardi 17 mai, l’appel avait été lancé en conférence de presse par les syndicats CGTM, FO et SNUIPP-FSU (Syndicat des instituteurs et professeurs de collèges). Le jeudi 19 mai, les mêmes syndicats ont été rejoints par la CDMT. Plusieurs secteurs du privé ou du public, venus avec pancartes et drapeaux, étaient représentés par des petites délégations.
Les travailleurs mobilisés se sont d’abord rassemblés à la Maison des syndicats. Puis, ils ont manifesté dans la rue tout en prenant plusieurs fois la parole en direction de la population.
Prises de parole Ils se sont adressés aussi aux salariés d’un chantier du bâtiment placé sur leur parcours, aux employés de plusieurs banques, à ceux des petits commerces, tout autant concernés.
À chaque fois, ils expliquaient quelles étaient les destructions du droit des travailleurs programmées par la loi El Khomri. Rappelant le retrait en 2006 de la loi CPE (Contrat première embauche) alors qu’elle avait été publiée, ils répétaient qu’il était encore possible de faire céder le gouvernement, en entraînant de nouveaux collègues, de nouveaux secteurs dans la mobilisation.
Malgré le peu de manifestants, tous pensaient qu’ils avaient raison de s’être mobilisés et de chercher à poursuivre la lutte pour exiger le retrait de cette loi inique. Une nouvelle mobilisation a été fixée le 14 juin, date à laquelle la loi sera discutée par les sénateurs en France.  
Les lycéens de Ducos mobilisés ! Le mardi 17 mai, une centaine de jeunes du lycée de Ducos se sont rassemblés devant leur lycée pour protester contre la loi El Khomri. Après avoir expliqué leur refus de cette loi qui « condamne la jeunesse », avec « plus de précarité », ils ont manifesté dans les rues de Ducos. En fin de matinée ils ont été à la mairie et là, ils ont refait des prises de parole affirmant leur solidarité avec les travailleurs opposés à la loi El Khomri. Le jeudi 19 mai, une vingtaine d’entre eux ont encore manifesté. Des initiatives encourageantes de la jeunesse !  


Esclavage : La réparation sera la révolution socialiste !

Aimé Césaire jeune tel qu’à l’époque où il fut le rapporteur de la loi de départementalisationDans le journal hebdomadaire de Guadeloupe Nouvelles semaine du 20 au 26 mai dernier, deux pages sont consacrées à la question des réparations pour l’esclavage des Noirs. Plusieurs personnalités ont été interrogées. En gros, il y a deux camps, mais aucun ne donne d’avis satisfaisant de notre point de vue c’est-à-dire du point de vue des communistes révolutionnaires que nous sommes.  
Il y a ceux qui déclarent que cette ignominie est irréparable, comme Josette Borel-Lincertin, présidente du Conseil départemental (ex Conseil général), Ary Chalus nouveau président du Conseil régional, Éric Jalton député-maire des Abymes proche du Parti socialiste, Jacques Gillot ex président du Conseil général, et le psychologue « officiel » du département, Errol Nuissier, Bernard Pancrel bâtonnier et conseiller régional, Jacques Cornano, sénateur-maire « socialiste » de Saint Louis.
Ces personnalités ne sont pas particulièrement connues pour avoir lutté naguère contre le système colonial et aujourd’hui contre ses séquelles. La plupart sont plutôt conservatrices, liées au pouvoir gouvernemental en place et s’accommodent très bien du système actuel. Mais sur cette question des réparations, elles se voudraient presque révolutionnaires en paroles. Nuissier n’hésite pas à citer Césaire disant qu’il ne s’agit pas de se transformer en mendiant réclamant des compensations financières. Gillot réclame des « compensations », des « rattrapages » et pour « réparer » il veut « combattre les inégalités persistantes dans les territoires où il y a deux siècles les Noirs étaient enchainés dans des cales ». Lurel en appelle au « respect de la mémoire ». Cornano estime que « l’État  aura du mal à racheter la souffrance de nos ancêtres, et qu’il faut s’orienter vers une réparation morale et la construction d’une mémoire collective ». Tous parlent de « mémoire apaisée et réconciliatrice ». Apaisée dans ce monde de guerre et de violence organisées par les grandes puissances ? « Réconciliatrice » avec ceux, les exploiteurs, qui perpétuent toujours l’exploitation sous ses formes les plus atroces ?  
Le programme nationaliste, trop étroit pour une réelle réparation !  
L’autre camp des interviewés à ce sujet est constitué de dirigeants indépendantistes comme Élie Domota ou Luc Reinette ou de l’artiste peintre Michel Rovélas. Ceux-là sont des gens connus pour avoir combattu les méfaits du pouvoir colonial et ses séquelles et pour avoir œuvré afin de rappeler aux Antillais leur propre histoire. Ce n’était pas chose facile il y a même une trentaine d’années, car le pouvoir colonial a toujours voulu cacher l’histoire de l’esclavage. Il n’y a pas bien longtemps, ceux qui en parlaient étaient taxés de dangereux révolutionnaires qu’il fallait faire taire. Ce sont les organisations indépendantistes ou communistes révolutionnaires, comme Combat ouvrier, qui ont lutté, entre autres, pour que l’histoire de l’esclavage soit divulguée.
Il faut savoir que dans les années 60 par exemple, le fort qui s’appelle Fort Delgrès aujourd’hui, du nom du combattant anti-esclavagiste, était nommé Fort Richepanse, du nom du commandant en chef envoyé par Bonaparte pour rétablir l’esclavage ! Ce sont les étudiants de l’AGEG (Association générale des étudiants guadeloupéens) qui les premiers ont dénoncé cette forfaiture.
Il reste que Domota, Reinette, Rovélas et d’autres réclament des réparations et l’indépendance politique. Mais aucun d’eux ne remet en cause le système d’exploitation qui a fait naître et prospérer l’esclavage et dont il est en partie issu, c’est-à-dire le système capitaliste. Et c’est là que ces militants comme les personnalités liées au pouvoir et citées plus haut se rejoignent. Car en réalité il n’y aura jamais de véritable réparation des siècles d’esclavage dans le cadre du système mondial actuel du capitalisme qui n’est rien d’autre que de l’esclavage moderne, l’esclavage salarié.  
Le système capitaliste ne peut réparer son propre ADN  La véritable réparation viendra de la récupération des richesses produites par des générations d’esclaves et d’exploités et qui sont aujourd’hui aux mains d’une poignée de capitalistes et de grandes sociétés multinationales qui dominent le monde. Et cela ne pourra pas venir que des Noirs, car pour que cette lutte soit un succès il faut qu’elle provienne de l’ensemble des exploités du monde : les Noirs, les Jaunes, les Blancs, les Rouges.
C’est donc d’une révolution mondiale des exploités de tous les pays que viendra la véritable réparation des méfaits de l’esclavage des Noirs. Et partant de là, elle réparera aussi l’exploitation atroce par exemple des Amérindiens d’Amérique du Sud qui ont sué sang et eau afin que les conquistadores importent de l’or par tonnes en Europe. Cette révolution réparera aussi l’ignoble travail des enfants en Europe même pendant plusieurs siècles et aujourd’hui encore dans bien des pays pauvres, et bien des méfaits. En un mot, il ne pourra y avoir de véritable réparation de l’esclavage des Noirs sans réparation de l’exploitation du reste de l’humanité !
Les tenants et profiteurs du système capitaliste que sont les Lurel, Gillot, Borel-Lincertin, Chalus et qui sont même ses serviteurs politiques entretiennent l’esclavage moderne, l’esclavage salarié, et en réalité ne peuvent combattre pour la véritable réparation de l’esclavage des Noirs. Cela les arrange bien de déclarer aujourd’hui que l’esclavage est « irréparable ». Quant à Domota, Reinette et Rovélas, qui ne voient comme seule solution aux maux de notre société que l’indépendance politique, et non le renversement du capitalisme, ils ne parviendront pas au but. L’esclavage des Noirs comme l’esclavage salarié actuel est ancré dans l’ADN du capitalisme. Il faut l’abattre. Toutes les autres voies ne seront au mieux que de petites réformes qui, même à coup de milliards comme le nouveau plan Marshall que prône Luc Reinette, ne changeront rien. Oui, la réparation est possible ! Mais elle ne viendra que de la révolution des travailleurs et des exploités qui abattra le système capitaliste. Elle seule sera révolutionnaire.  


Guadeloupe : Pôle Emploi : Suicide d’une employée

Nous publions ci-dessous le communiqué de la CGTG suite au suicide d’une employée

Lundi 23 mai 2016, une de nos collègues, agente de Pôle Emploi Guadeloupe, a mis fin à ses jours. Au-delà des difficultés personnelles qu’elle ait pu connaître, les difficultés professionnelles auxquelles elle était confrontée depuis son récent retour à Pôle Emploi ont contribué à la pousser vers cette fin tragique.
Ces difficultés, ces souffrances, sont depuis des années le lot de l’ensemble des agents de Pôle Emploi Guadeloupe. C’est pourquoi la CGTG a réclamé une expertise indépendante diligentée par le Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail, sur l’impact des conditions de travail sur la santé physique et psychique de ses agents.
Les conclusions de cette expertise menée au cours de l’année 2015 sont sans appel. Des préconisations urgentes formulées dans le rapport des experts, aucune à ce jour n’a été mise en œuvre par la direction régionale de Pôle Emploi Guadeloupe.
Ainsi, lorsque notre collègue en désarroi a appelé sa hiérarchie à l’aide, ses appels sont restés sans suite.
La CGTG n’acceptera pas que la direction régionale de Pôle Emploi Guadeloupe se soustraie à ses responsabilités.
La CGTG exige que toutes les préconisations du rapport d’expertise soient mises en œuvre en concertation avec les agents et leurs représentants. La CGTG appelle tous les agents à la plus grande vigilance et à la solidarité face à la direction régionale de Pôle Emploi.
Pointe-à-Pitre, le 30 mai 2016.


Guadeloupe : Relais inter-entreprises du 27 mai : une supercherie !

Chaque 27 mai, jour de la commémoration de la lutte des esclaves, de gros patrons organisent une course inter-entreprises.  
Les plus importantes entreprises de l’île y participent : EDF, Carrefour, Socréma, GMA, Crédit Agricole, Macdo,… Cette course a lieu pour soi-disant commémorer l’abolition de l’esclavage. En réalité, les riches békés et autres patrons font ainsi coup double : premièrement ils détournent l’attention de cette date symbolique et deuxièmement ils se font de la pub à bon compte. Beaucoup de travailleurs de ces entreprises participent à la course sans se rendre compte de tout cela. Ils n’y voient qu’une occasion de faire du sport en ce jour férié.
Luttes des travailleurs Mais ils doivent se rappeler que si ce jour est férié, c’est grâce à la lutte de nombreux travailleurs qui pendant des années ont manifesté dans les rues, ont subi la répression pour obtenir la reconnaissance de cette date. Sous l’esclavage les maîtres organisaient des combats d’esclaves pour leur propre plaisir. Aujourd’hui, les maîtres modernes organisent des courses relais inter-entreprises avec leurs salariés ! Il faudrait que les travailleurs leur fassent savoir qu’ils ne sont pas des esclaves... même modernes.