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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1156 du 4 juin 2016/Première page

Première page

Editorial:France Les luttes des travailleurs ont gagné du terrain

ZoomLes grèves, manifestations et mouvements sociaux qui sont nombreux en France en ce moment ne sont plus seulement des actions contre la loi Travail. Il s’agit d’un véritable mécontentement social tous azimuts. Dans ces conditions, les luttes déclenchées contre la loi El Khomri et celles déclenchées sur des revendications catégorielles devraient normalement se muscler mutuellement.
La CGT a appelé les travailleurs à se mettre en grève pour le retrait de la loi El Khomri qui est une atteinte grave portée aux droits des travailleurs. Elle a même appelé à la grève générale. Cet appel a rejoint la grogne qui se faisait entendre depuis plusieurs semaines. C’est ainsi que les cheminots, les travailleurs des transports parisiens ont déclenché des grèves. Le mardi 31 mai, les transports n’étaient pas entièrement bloqués, mais très ralentis.
Ce même jour, quatre raffineries étaient encore à l’arrêt pour cause de grève contre la loi El Khomri. Le secteur du traitement des déchets a aussi rejoint la grève contre la loi El Khomri. Les travailleurs de ce secteur bloquaient toujours mardi matin le centre de traitement des déchets d’Ile-de-France à Ivry sur Seine. Celui de Romainville aussi était fermé. Le ramassage des ordures était également bloqué à Saint Etienne.
La tactique du gouvernement pour isoler la CGT est de négocier et de donner plus ou moins satisfaction aux cheminots et autres grévistes qui n’ont pas ciblé leur lutte au départ contre la loi Travail. Car, en bon serviteur du patronat, cette loi, il ne veut pas la retirer ni la modifier pour le moment.
Quant au mécontentement des travailleurs, il est réel. Mais si ces derniers ne se prennent pas eux-mêmes en main et s’ils n’organisent pas eux-mêmes la lutte, pour aller plus loin, ils n’obtiendront pas satisfaction. Est-ce leur état d’esprit réel actuel ? La question reste posée. Mais si ce n’est pas le cas pour l’heure, l’état d’esprit peut changer rapidement au cours des luttes et faire pencher le balancier vers encore plus de détermination d’ensemble.
Toujours est-il que voilà bien longtemps qu’un mécontentement des travailleurs ne s’était pas fait entendre aussi fort qu’aujourd’hui en France. Chômage, bas salaires, cadences infernales, mépris des patrons qui empochent sous leur nez des millions, mépris des directeurs dont les salaires, eux, ne cessent de monter, voilà aussi les raisons du mécontentement.

Force collective
L’important c’est qu’au cours des luttes de ces derniers jours, les travailleurs aient repris confiance en eux-mêmes, en leur capacité de se mettre en mouvement, en leur force. Même si les combattants sont pour l’heure minoritaires dans toute la classe ouvrière, le mouvement dans son ensemble n’a pas dit son dernier mot. Il peut s’élargir dans les jours qui viennent, toucher d’autres secteurs. Aux travailleurs d’imposer leur force collective. C’est de ces luttes que peuvent surgir, même très vite, des luttes plus larges contre le grand patronat et ses serviteurs politiques de gauche et de droite.


Guadeloupe : Les agents du SIAEAG en grève

Les 120 agents du SIAEAG (Syndicat intercommunal d’alimentation en eau et d’assainissement de la Guadeloupe) ont entamé ce lundi 30 mai une grève illimitée pour obtenir une prime et pour avoir des précisions leur situation administrative.  
Depuis leur transfert de la Générale des eaux, entreprise du secteur privé, au SIAEAG, entreprise du secteur public, les 120 agents ne savent pas si leurs congés payés seront pris en compte et versés. De plus, ils n’ont aucune précision sur leur reclassement. Ceci malgré les engagements pris par Bernier, le président du SIAEAG, en décembre 2014.
Des négociations se sont tenues jeudi 26 mai sur ces sujets entre les directeurs et les agents représentés par les syndicats CGTG, UGTG et UNSA. Bernier a prétendu que Lucette Michaux-Chevry et Éric Jalton lui doivent des millions d’euros, et donc, il ne peut pas répondre positivement aux revendications des salariés.
Bras d’honneur
Les agents ont refusé de prendre en compte ce type d’allégations. Bernier a piqué une crise et a quitté la salle en proférant des insultes et en faisant un bras d’honneur. Les 120 agents se sont mis en grève pour se faire respecter de ce personnage et lui imposer le paiement de leur prime et de leurs congés payés. Ils réclament également un contrat de travail et du matériel pour travailler


Martinique : Les travailleurs des eaux Didier en grève

Depuis le 18 mai, 20 des 37 employés de la Société d’embouteillage de l’eau minérale Didier (SEEMD) sont en grève. Ce sont eux qui produisent et distribuent « Didier », « 113 », et « Mabelo ».
La grève est la conséquence du refus de la direction d’accorder à tous une augmentation mensuelle de salaire de 100 € et une prime annuelle de 600 €. Les 3 et 17 mai, lors des deux dernières réunions de NAO (négociation annuelle obligatoire), les salariés ont réduit leurs demandes à 75 € pour les salaires et à 580 € pour la prime. Face à la surdité du directeur, les travailleurs se sont installés devant l’entrée et attendent qu'il se décide à discuter. Un inspecteur du travail est venu rencontrer les grévistes et la direction, et a tenté de renouer le dialogue.
Si les salariés sont prêts à accepter sa médiation, le directeur, lui, a opposé une fin de non-recevoir. Le 27 mai, il a fait un communiqué s’en prenant à un des deux représentants du personnel. Il a également sollicité un huissier à plusieurs reprises. Le 27 mai, il a fait citer en référé devant le tribunal les grévistes et leur syndicat, la CGTM. Objectif : accentuer la pression sur les grévistes en obtenant du juge qu’il leur impose de lever le camp s’ils ne veulent pas être sanctionnés financièrement ou évacués par la police.
La direction déclare que : « Les demandes excessives et les blocages illicites (…) mettent (…) en danger ce bien commun qu’est l’entreprise SEEMD ». Mais ces mêmes dirigeants ont perçu de nombreuses aides de l’État, des Collectivités et de l’Europe, et au titre du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) de nombreuses subventions et exonérations de taxes. Il faudrait que ces dirigeants publient aussi les profits réalisés sur l’exploitation des travailleurs et les dividendes distribués aux actionnaires, ce que M. Jean-Luc Garcin refuse. En prétendant que céder lui coûterait 100 000 €, soit… 7,50 € par jour et par salarié, la direction reconnaît elle-même que, loin de « mettre en danger » la SEEMD, les grévistes font preuve en réalité d’une très grande modération. Ils poursuivent la lutte.  
Didier : des patrons qu’on retrouve partout !
Les dirigeants des Eaux de Didier réalisent des profits de bien des côtés. On les retrouve dans de nombreuses entreprises : Sun Moto (à Kerlys), Xtreme Marine (bateaux hors-bord, à Lareinty au Lamentin), la Ferme du Moulin (production d’œufs, au Robert), exploitations bananières (au Carbet, etc.), magasin d’optique « Entrevue » (à Ducos), Cinq à sec (pressing), Habitation Saint-Étienne (rhum, au Gros-Morne), Usine du Simon (rhum, au François), entrepôt à Bois-Carré (au Lamentin), etc.  


Guadeloupe Bwa Chik Hôtel : « chik » pour les touristes, pas pour les salariés

Et surtout pas « chik » pour  les femmes de chambre de cet hôtel de Saint François ! Vous commencez  à 9 heures, enfin… quand la feuille de travail est prête. Pour chaque femme de  chambre, le nombre de chambres à faire pour la journée est de 13 ou 14. Bien souvent, arrivée à 9h vous commencez à 10h ou 10h30 parce que madame la Gouvernante arrive en retard, avec mal à la tête, fatiguée et arrogante.
Il faut également mettre les draps, les serviettes dans des sacs après comptage par madame la Gouvernante  et vous voilà opérationnelle. Mais il faut également prendre son courage à deux mains pour traîner les sacs et les porter quand il faut monter les escaliers. Eh oui. Pas d’ascenseurs à l’hôtel Bwa chik chik chik. En fin de journée, vous devez compter tous les draps et serviettes pour la lingerie et madame la Gouvernante compte avec vous si toutefois l’envie vous prenait d’en piquer un, peut être. Mépris À ce rythme-là, vous n’avez plus de force. Tous les jours, c’est la même organisation.
La cerise sur le gâteau, c’est qu’il n’y a pas de salle de repos. Vous mangez debout ou alors dans une chambre en départ.
La gouvernante et la direction ne se posent aucune question sur vos conditions de travail.
Ceci est inadmissible et inacceptable. Ces gens-là n’ont que du mépris pour ceux qui se lèvent le matin pour aller travailler. Il faudrait que les femmes de ménage se mettent en colère pour que ça change.


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