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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1155 du 7 mai 2016/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Loi travail : Manifestation à Basse-Terre

Le 22 avril, les lycéens de Ducharmoy, très motivés, ont fait grève contre la loi travail. Ils ont manifesté depuis leur lycée à St-Claude jusqu'à Basse-Terre en passant chercher les lycéens de Rivière des Pères puis ceux de Gerville Réache. Avec leur slogan « nou vlé pa la lwa komri, nou vlé travay ! » ils ont revendiqué aussi la garantie d’obtenir un emploi. Pour intimider les lycéens de Gerville qui voulaient rejoindre les grévistes, la proviseure en pleine panique a même fait intervenir deux policiers en civil armés de leur pistolet dans la cour du lycée.


Guadeloupe : réunion publique contre la loi travail

Le 28 avril, une réunion publique pour le retrait de la loi travail a eu lieu à Pointe-à-Pitre. Une soixantaine de personnes se sont rassemblées à la salle Rémy Nainsouta. Cette réunion publique était organisée par la CGTG, Combat Ouvrier, le Parti communiste guadeloupéen, la FSU, le Parti de gauche et le journal Rebelle !. Les intervenants ont expliqué en quoi la loi El Khomri est une nouvelle attaque contre les travailleurs, menée par un gouvernement aux ordres du grand patronat. Il était important que l’opposition à ce projet de loi s’exprime aussi en Guadeloupe ce 28 avril, le jour de la grève appelée par l’ensemble des organisations qui combattent cette loi en France. En effet, la loi El Khomri risque de dégrader la vie de l’ensemble des travailleurs, en augmentant le chômage et la précarité. Et ses conséquences seront encore plus néfastes en Guadeloupe, où la classe ouvrière subit déjà un chômage et une précarité plus graves qu’en France.


Guadeloupe : le 20 avril, 1500 lycéens manifestaient contre la loi travail

Depuis le 7 avril, les trois quarts des lycées de Guadeloupe se sont mobilisés contre la « loi travail » qui veut donner tous les pouvoirs aux patrons. Le mercredi 20 avril, à l’appel du journal Rebelle ! et de Combat Ouvrier, des lycéens de plusieurs communes se sont rejoints à Pointe-à-Pitre pour manifester ensemble aux cris de : « Lwa travay, awa ! Woté sa ! » (non à la loi travail, retirez la.). Ils étaient 1 500 dans les rues, venus des lycées de Pointe-Noire, Abymes (Providence, Baimbri-dge, Chevalier de St Georges), Petit-Bourg, Baie-Mahault (Con-venance, Coëffin), Morne-à-l’Eau (Faustin, Richeval), Port-Louis, Pointe-à-Pitre (Massa-bielle, Carnot)… Des collégiens aussi ont participé.

Cela faisait dix ans qu’une telle manifestation de jeunes n’avait pas eu lieu en Guadeloupe, depuis les mouvements contre le Contrat première embauche en 2006. Bravo aux lycéens ! Le journal Rebelle ! et Combat Ouvrier les appellent maintenant à créer partout des « Comités Rebelle-CO » pour réfléchir à cette société injuste et aux moyens de la changer!


Martinique : Suspension de la grève des agents de la CTM

Lors des négociations qui ont été engagées à partir du 20 avril entre la CTM (Collectivité territoriale de Martinique) et les organisations syndicales soutenant les grévistes, les conseillers de la CTM (Francis Carole du Palima et Marinette Torpille de la droite) ont accepté de renouveler les contrats des 104 agents jusqu'au 31 décembre. C'est déjà un premier recul de la CTM. Ces agents avaient reçu leur courrier de fin de contrat au 31 mars, ou devaient le recevoir pour le 30 avril 2016. Certains des courriers adressés à ces agents étaient donc en cours d'acheminement le 3 mai, mais les organisations syndicales n'ont pas pu obtenir des autorités de la CTM la liste des agents concernés. Par ailleurs des discussions doivent se poursuivre en ce qui concerne la suite de ces contrats. Il s'agit de contrats précaires alors que ces agents travaillent sur des postes vacants avec des missions bien définies. Pour une part ce sont des agents des services sociaux (psychologues, infirmières, médecins) qui interviennent régulièrement auprès de populations en difficulté. Il s'agit aussi d'agents des services des écoles et collèges, ATOSS, ou encore des services routiers. Pour la plupart, ces salariés sont sur leur poste depuis plusieurs années. Il ne s'agit donc pas d'embauches « de dernière heure » comme l'ont prétendu les conseillers de la CTM pour mettre en cause l'ancienne majorité, mais bien d'une pratique en cours depuis longtemps dans les Collectivités, où les dirigeants refusent de recruter sur les postes vacants. Ils préfèrent y placer des agents sous contrats précaires, corvéables et malléables à souhait. Les examens qui auraient dû être proposés par le Centre de gestion de la fonction publique territoriale n'ont d'ailleurs pas été organisés.

Les travailleurs ont intérêt à rester sur leurs gardes En dehors du renouvellement des contrats, lors des négociations, la CTM a informé les syndicats qu'elle avait procédé à la désignation des élus qui devront participer aux instances paritaires, ce qui est la moindre des choses. Par contre elle n'a toujours pas été en mesure de communiquer l'organigramme de la CTM ce qui handicape les agents pour la réalisation de leurs tâches. À l'heure où nous écrivons, les conseillers de l'Exécutif de la CTM, Francis Carole en tête, n'ont même pas accepté de signer un protocole de fin de conflit avec les organisations syndicales engagées dans la grève.
C'est dire que le mouvement n'est que suspendu et que les travailleurs ont intérêt à rester sur leurs gardes.  


Martinique : Lycée Schœlcher, les lycéens se font entendre

Le sort de la communauté scolaire du lycée Schœlcher de Fort-de-France, à la rentrée prochaine, continue à provoquer des réactions légitimes des élèves et des enseignants, mais aussi des affrontements politiciens entre la majorité de la nouvelle CTM et l'ancienne équipe de Serge Letchimy.  

L’ancienne équipe de Letchimy qui dirigeait le Conseil régional, confrontée au délabrement du lycée Schœlcher, avait engagé l'aménagement de l’ex-maternité Victor Fouche. Située au quartier Bas-Maternité, elle devait servir d'établissement-tiroir pendant les travaux de rénovation de Schœlcher. Les délais et l'ampleur des travaux restaient incertains. Pratiquement, dès son retour aux affaires début janvier 2016, Marie-Jeanne a annoncé qu'il ne souhaitait pas que la rentrée scolaire 2016-2017 ait lieu au lycée Schœlcher. En même temps, il annonçait l'arrêt des travaux sur ce qui devait être le lycée de transit, travaux qui, disait-il, ne pouvaient pas être finalisés à temps.

Polémique politicienne
Autour d'une mesure qui aurait dû aller de soi : la prise en compte de la sécurité des élèves et des enseignants, s'est développée une polémique entre ceux qui dénonçaient le manque de concertation, c’est-à-dire l'opposition EPMN (Ensemble pour une Martinique nouvelle), autour du PPM de Letchimy, et ceux qui, derrière Marie-Jeanne, ne semblaient pas pressés de dire comment ils voyaient la rentrée prochaine. Les lycéens de Schœlcher se sont invités dans les discussions. Fort logiquement, puisqu'il s'agissait de leur sécurité et de l'avenir de leur scolarité, ils ont demandé à en savoir plus. Le 18 avril, ils se sont mis en grève et ont bloqué le lycée. Leur mobilisation, bien visible, a duré jusqu'au 20 avril. L'équipe de Marie-Jeanne n'a pas apprécié qu'on lui demande des comptes. Pour eux, ces jeunes ne pouvaient qu'être « manipulés ». Comme si les lycéens avaient besoin d'être « manipulés » pour s'occuper de ce qui les concerne. Les politiciens prétentieux, qui voient de la manipulation partout, ne font que montrer leur hostilité à la libre expression, notamment dans la jeunesse !

Besoin de solutions
Ces jeunes, par leur action, ont au moins ranimé le débat et permis que CTM (Collectivité territoriale de Martinique) et Rectorat se mettent à la recherche de solutions concrètes plus convenables pour eux. Aujourd’hui, la nécessité de la reconstruction du lycée Schœlcher n'est pas mise en cause, mais différents groupes présentent des alternatives à la dispersion anarchique des lycéens et à l'implantation pour les accueillir de baraquements provisoires dans différents établissements scolaires déjà surchargés. Le 26 avril des syndicats d'enseignants, autour du SNES, se sont mobilisés dans les lycées concernés. Les syndicats nationalistes UGTM et CSTM, sans se joindre à l’appel du SNES, mettaient néanmoins en cause les mauvaises conditions de relocalisation que l’on peut prévoir. Cette prise en compte tardive des intérêts des lycéens est due avant tout à leur mobilisation !  

Le lycée Schœlcher constitue aux Antilles un lycée historique. C’est en partie ce qui explique les débats qui entourent sa reconstruction et l’intérêt qu’y porte une fraction de la population.  

La grande majorité des premiers bacheliers noirs y firent leurs études secondaires, ainsi qu’une série d’intellectuels célèbres à commencer par Aimé Césaire qui y fut plus tard professeur. Mais on peut citer aussi Frantz Fanon, Jules Monnerot l’un des fondateurs du Parti communiste martiniquais, Léon Gontran Damas, célèbre poète de l’école de la négritude, Édouard Glissant, Joseph Zobel, auteur de « La rue Cases nègres », Édouard De Lépine et bien d’autres.

La construction du lycée Schœlcher date de la pleine époque coloniale. On le voit à son style architectural d’époque, dit style colonial.

En septembre 1902, après la destruction du lycée Victor Schœlcher de Saint-Pierre par l'éruption de la montagne Pelée du 8 mai 1902, l'enseignement secondaire est transféré dans les locaux de l'externat colonial, à la caserne Bouillé à Fort-de-France.

En 1919, une commission choisit d'établir le nouveau lycée Victor Schœlcher sur l’ancien domaine de Bellevue à Fort-de-France, à l’emplacement de l’ancienne maison du Gouverneur. Initialement prévue pour le tricentenaire de la colonie en 1935, l'ouverture du nouveau lycée a lieu à l'issue des travaux en 1937. En 1938 l'établissement offre un internat aux élèves et il devient mixte en 1973. Alors que le bâtiment est menacé de destruction compte tenu de son état, le député maire honoraire de Fort-de-France, Aimé Césaire, demande en octobre 2007, à la ministre de la Culture, le classement du lycée comme monument historique. Il est inscrit aux monuments historiques depuis le 19 janvier 2010. Depuis juillet 2013, des travaux de démolition ont été engagés en vue de la reconstruction du lycée, tout en préservant certains éléments. Il s'agit d'un projet qui maintient la continuité entre le passé et la modernité. Les bâtiments du bas seront conservés, et ceux juste au-dessus seront presque identiques à ceux qui existent actuellement, mais reconstruits de façon plus moderne. Les bâtiments du haut seront des constructions modernes.


Collectivité de Saint-Martin : Taxer les pauvres pour moins taxer les riches

Depuis que la partie française de Saint-Martin (la deuxième partie de cette petite île est une région sous contrôle de la Hollande) est devenue une Collectivité autonome, elle cherche à renflouer ses caisses pour faire face aux dépenses.  

La Collectivité a décidé de taxer les personnes non imposables. En 2015, sur les 17 000 déclarations d’impôts sur le revenu, 12 500 sont des déclarations de foyers non imposables, ce qui représente 75 % des déclarations. Voyant un manque à gagner, la présidence a mis en place une mesure scélérate : les contribuables non imposables devront payer la somme de 100 € pour récupérer leur avis d’imposition. Par cette mesure, en 2013, le fisc avait obtenu 500 000 euros. La présidente de la Collectivité, Aline Hanson, compte bien obtenir le double cette année, soit plus d’un million d’euros.

D’un autre côté, elle est toute sympathique avec les plus riches en baissant leur taux d’imposition qui peut varier de 0 % à 41 %. La présidente cherche à réduire les taux, afin qu’ils soient plus bas que dans l’autre partie de l’île : Sint-Maarten. C’est inadmissible que les pauvres doivent payer à la place des plus riches.