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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1155 du 7 mai 2016/Première page

Première page

Editorial:Les travailleurs n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont tout un monde à gagner ! (Karl Marx, le manifeste du parti communiste)

ZoomLe Premier mai, les travailleurs comme chaque année ont manifesté dans le monde entier. Ils manifestent tous pour bien des raisons, en particulier contre leurs conditions de travail et leur exploitation. Mais surtout ils manifestent pour leur dignité de travailleur, pour pérenniser cette lutte pour la dignité d’année en année. Cette tradition est bien enracinée.

Mais le Premier mai n’est pas la fête du travail ! Les travailleurs ne fêtent pas le travail, celui qui les écrase et les opprime. La fête du travail date du gouvernement d’extrême-droite, pro-nazi de Pétain. C’est lui qui a voulu faire perdre au Premier mai son caractère de journée de lutte internationale des travailleurs !

Nos camarades d’Haïti, comme en Guadeloupe et en Martinique, ont manifesté. Nous les saluons avec fierté. Eux qui perçoivent en gros 4 € pour une journée de travail, qui sont exploités dans des conditions innommables relèvent courageusement la tête. Beaucoup dans bien d’autres pays se battent aussi courageusement. Il y a donc de quoi être optimiste dans la capacité des travailleurs de relever la tête et de se battre.


Guadeloupe 1er mai 2016 : les travailleurs se font entendre !

Le 1er mai ce n’est pas la fête du travail, c’est la journée internationale de lutte des travailleurs du monde entier et c'est l’occasion de montrer au patronat et au gouvernement à son service que les travailleurs n’acceptent pas sans réagir les attaques patronales et veulent passer à l’offensive. 

Cette année, pour le 1er mai, près de 2 000 travailleurs se sont rendus à Saint François à l’appel de neuf organisations syndicales: CGTG, FAEN/SNCL, FO, FSU, SPEG, Solidaires, Sud PTT GWA, UGTG et UIR-CFDT. Des organisations politiques étaient également présentes dans le cortège : Combat Ouvrier, PCG, UPLG, CIPPA, Parti de Gauche, et aussi les jeunes du journal Rebelle ! qui ont été particulièrement mobilisés contre la loi travail avec les lycéens. La commune de Saint François n’a pas été choisie au hasard mais pour dénoncer les licenciements effectués dans le secteur de l’hôtellerie en 2015, en particulier à l’hôtel Manganao. Les principaux slogans dénonçaient les attaques contre les travailleurs et demandaient le retrait du projet de loi travail (loi El Khomri), la fin de la répression antisyndicale, et l’arrêt des suppressions de postes dans le secteur public (Éducation nationale, la Poste, secteur de la Santé). Le problème de la reconstruction du CHU a été mis en avant sur de nombreuses pancartes.

Tous en grève le 12 mai
À la fin de la manifestation les dirigeants syndicaux ont pris la parole pour dénoncer les attaques que les travailleurs subissent de la part du patronat et du gouvernement et ont appelé les travailleurs, les chômeurs, les retraités et les jeunes à être encore plus nombreux dans les rues de Pointe-à-Pitre le 12 mai car il y a un appel à la grève ce jour-là.


Les patrons pleurent le ventre plein

Les patrons du Bâtiment et des Travaux Publics ont lancé une campagne intensive de lobbying pour obtenir de nouvelles aides du gouvernement.
 
Ils ont réalisé des campagnes d’affichage sur panneaux quatre par trois. On peut y lire le message suivant : « NON à la mort du BTP. Plus de 20 000 familles en deuil. Ne produisons pas de nouveaux chômeurs ». Et pour faire bonne mesure, ils ont choisi de faire figurer à côté de leur message la photo d’un cercueil et d’une gerbe ornée de la mention « la commande publique ». Dans le même temps, une délégation de patrons du secteur fait du lobbying en France, auprès de représentants du gouvernement, pour quémander des aides supplémentaires. On a ainsi pu entendre sur les radios un représentant local de la profession pleurer misère et « tirer la sonnette d’alarme ». Ces messieurs ne manquent pas de culot.

Énième jérémiade
Car cette campagne, qui coïncide avec le débat sur la « loi travail », constitue une énième jérémiade des patrons du secteur qui, depuis des années, s’en mettent plein les poches. Lors de tous les grands chantiers qui ont été menés, ils se sont organisés pour sécuriser leurs profits et ne proposer que des contrats précaires (CDD, intérim) aux ouvriers.
Aujourd’hui, à travers cette campagne de communication, ils tentent de se donner le beau rôle et de se poser en véritables défenseurs des ouvriers du secteur. Or ce sont ces mêmes patrons qui refusent de négocier des augmentations significatives de salaire et sollicitent les plus habiles conseillers juridiques pour mener la vie dure aux ouvriers en général et aux militants syndicaux en particulier.

À travers cette campagne, les patrons du secteur cherchent à masquer leurs responsabilités. Ils mettent en avant la baisse de la commande publique, c’est-à-dire des collectivités, de l’État et autres établissements publics qui ne lanceraient pas de grands chantiers. Mais ils omettent de dire qu’ils bénéficient des largesses des gouvernements successifs (subventions, exonérations, remises de dettes fiscales et sociales) et de la très grande compréhension des politiques de tous bords.

Vieille habitude
Et en définitive, cette campagne apparaît pour ce qu’elle est : du lobbying pour avoir toujours plus, sans rien donner en contrepartie. Une vieille habitude du patronat en général.
 
 


Haïti : Les travailleurs ont manifesté le Premier mai à Port-au-Prince

À Port-au-Prince, pour riposter aux attaques des patrons, comme l’empoisonnement dans l’usine SISA, les travailleurs ont défilé ce Premier mai. Ils étaient plus de 400 à marcher depuis le parc Sonapi, dans la zone industrielle, jusque devant le palais national, bravant la police nationale. Ils ont confectionné des pancartes qui dénonçaient : les cadences trop élevées, l’hygiène inexistante, le mépris des patrons qui les traitent comme des chiens. Ils demandent la baisse du prix des produits de première nécessité et une augmentation du salaire minimum.

Drapeau rouge en tête, avec leurs propres revendications, derrière la banderole de l’Organisation des travailleurs révolutionnaires (OTR), ils ont réclamé un salaire minimum journalier de 500 gourdes (8,20 €) au lieu des 240 gourdes actuelles (4 €). Ces travailleurs montrent la voie et s’organisent pour « compter sur leurs propres forces », comme le dit leur banderole.


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