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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1154 du 23 avril 2016/Quatrième page

Quatrième page

La catastrophe du capitalisme

Selon une étude allemande qui vient de paraître l’ensemble des catastrophes naturelles – séismes, ouragans, inondations et autres raz-de-marée – ont tué huit millions de personnes depuis 1900 et coûté 7 000 milliards de dollars à la civilisation humaine. Mais le crash financier de 2008 a appauvrit le monde de 1 400 milliards à lui tout seul ! Rien que les crises depuis 1973 ont fait plus de dégâts – à coup de chômage, de fermetures d’usines et de destruction de régions entières – que l’ensemble des catastrophes naturelles depuis un siècle ! Quant aux guerres coloniales, en 30 ans, elles ont tué encore plus de personnes ! Le capitalisme est de très, très loin la plus grande catastrophe qui frappe notre société. Et elle est loin d’être naturelle.


Deux ex premiers ministres responsables de rien ?

Après Juppé nous avons eu droit à Fillon, en campagne électorale aux Antilles pour les primaires de leur parti de droite, « Les Républicains». Tous les deux briguent la présidence de la république s’ils sont élus aux primaires. Nous avons eu droit à deux anciens premiers ministres qui font une série de propositions bidon alors que pendant qu’ils dirigeaient tous deux le gouvernement, l’un sous Chirac, l’autre sous Sarkozy, ils ont enfoncé le pays dans la crise, avec l’aggravation du chômage, et l’augmentation de la misère. C’est vraiment se foutre du monde de venir aujourd’hui nous parler de croissance, de changements radicaux pour sortir un pays d’une crise qu’ils veulent faire payer aux travailleurs au profit de la grande bourgeoisie. Il y en a assez de ces charlots sous les cocotiers !


Guadeloupe : Les grévistes ont fait reculer la direction de Canal +

Joceleme Privert président par intérimAprès plus d’un mois de grève et la mobilisation mardi 12 avril de la centrale UGTG dans les rues de Jarry, au cœur du poumon économique de la Guadeloupe, la direction de Canal + a fini par céder : la salariée licenciée sera réintégrée dans une entreprise du groupe.
Entre 200 et 300 militants de l’UGTG ont manifesté à Jarry en soutien aux grévistes de Canal +. Partis de Moudong, siège de la société, ils ont envahi les ronds points bloquant la circulation pendant une partie de la matinée. Ils se sont ensuite rendus dans plusieurs entreprises de Jarry dirigées par le MEDEF pour protester contre la multiplication des licenciements en Guadeloupe. Il s’agissait de faire céder Canal Plus qui refusait de réintégrer une salariée licenciée abusivement. Les grévistes dénonçaient aussi des conditions de travail de plus en plus dures dans l’entreprise. Ils refusent les mutations forcées des salariés sur des lieux de travail éloignés de leur lieu de vie.
Dans cette entreprise comme dans beaucoup d’autres grosses entreprises capitalistes, la seule chose qui importe pour les dirigeants, c’est le rendement. Depuis 2012, 7 salariés ont déjà été poussés dehors, par des licenciements ou des ruptures conventionnelles. Pour l’UGTG, la direction cherche à remplacer les cadres locaux par des cadres métropolitains plus dociles et enclins à mettre en place la politique de la direction de l’entreprise.
Début mars, pour décourager les grévistes et les obliger à rentrer au travail, sans résultat, l’entreprise a assigné 6 salariés pour entrave à la liberté du travail et les a fait condamner à libérer les locaux, sous astreinte de 1 500 € par heure pour chaque salarié concerné. À la fin du mois de mars l’entreprise a assigné le syndicat UGTG et a obtenu une condamnation à libérer les locaux de Canal Plus et de ses boutiques sous astreinte de 500 € par heure et par infraction constatée. Après plusieurs refus de négocier, la direction de l’entreprise a signé un accord avec l’UGTG. La salariée licenciée sera réintégrée dans une entreprise du groupe au même niveau d’emploi. Pour les grévistes, c’est une victoire face à cette grosse entreprise.


Guadeloupe : Usine de Bouillante : contre la privatisation, la seule force qui comptera sera celle des travailleurs

L’usine géothermique de Bouillante utilise les réservoirs d’eau chaude sous pression situés dans le sous-sol de la commune pour produire 15 mégawatts d’électricité, soit le quinzième de ce qui est consommé en Guadeloupe. L’usine va être privatisée et une douzaine d’organisations se mobilisent pour s’y opposer. Mais ce qu’elles cherchent à défendre n’est pas clair.

Les travailleurs ont toujours intérêt à s’opposer à la privatisation d’une usine comme celle de Bouillante. Pour autant ils ne doivent se faire aucune illusion sur l’État. Marx disait que « l’État n’est qu’un comité pour la gestion des affaires communes de la bourgeoisie » : l’État ne représente pas « le peuple », mais organise la défense des riches et des puissants. Point final. Depuis toujours. La vente de Bouillante en est un petit exemple.
C’est l’État, à travers EDF et le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), qui possède l’usine. C’est lui qui a volontairement freiné les investissements dans cette énergie renouvelable : le projet Bouillante 3 de doublement des capacités de production traine en effet dans les cartons depuis près de 16 ans sans que rien ou presque ne soit fait ! C’est donc l’État qui a artificiellement fait apparaître la venue d’investisseurs privés comme une planche de salut. Et c’est finalement lui qui a organisé la vente à la société américaine Ormat Technologies. Pourquoi ? Parce qu’à certains moments, « la gestion des affaires de la bourgeoisie » consiste à faire payer à la population, par les impôts, la construction et le développement d’industries nécessaires mais non « profitables ». Et à d’autres – en l’occurrence depuis 2009, lorsque l’usine de Bouillante est devenue bénéficiaire – à en faire un cadeau de plus pour les riches. Tout simplement.

Une privatisation est presque toujours une attaque contre la population. Non pas parce que l’État serait l’ami du « peuple », des pauvres et des travailleurs, mais parce que la privatisation transfère le pouvoir d’un seul ennemi identifiable (l’État et ses représentants), vers une kyrielle d’ennemis « sans visage » (les actionnaires). Dans le cas présent, il sera juste un peu plus difficile de se mobiliser contre une augmentation du prix de l’électricité ou contre des licenciements. Et c’est tout.

Depuis le début, la mobilisation du « Collectif pour la défense du patrimoine géothermique » est ambigüe. Dès ses premiers appels, il s’indignait de la vente de l’usine à une entreprise « étrangère » (américaine) tandis que Guadeloupe 1ère (21 mars 2016) résumait à juste titre son combat au « maintien de l’usine géothermique dans le giron de la Guadeloupe. » Comme si les super-riches français, martiniquais ou guadeloupéens étaient, par on ne sait quel « miracle patriotique », moins assoiffés de profits que les Américains ! Qu’est-ce que « le giron de la Guadeloupe »? Hayot ? Blandin ? Et que peut signifier le maintien de l’usine dans les mains d’un État qui n’en veut pas ? Qui en a saboté le développement et qui a lui-même organisé la vente tout simplement parce qu’il est au service des riches ?
Ces contradictions expliquent parfaitement l’explosion récente du collectif. La majorité des organisations, dont le CIPPA d’Alain Plaisir, a fait tomber les masques : elles ne luttent plus contre la privatisation, mais pour la vente de l’usine à un « repreneur Guadeloupéen » – c’est-à-dire à un « pwofitan » local, un capitaliste local. Et le Parti de gauche qui s’y refuse – avec raison – a claqué la porte. Mais les uns se battent au nom d’un « État guadeloupéen » au service des riches et des blancs-pays qui n’existe pas, tandis que les autres défendent un État français « au service de l’intérêt général »… qui n’a jamais existé !

Réclamer que la population soit « consultée » lorsque des décisions aussi importantes sont prises, qu’elle « participe » à la gestion de la production, notamment de la production d’un bien aussi vital que l’énergie, c’est demander la mise en place de mesures si démocratiques qu’il est difficile de les appliquer dans le système actuel. En attendant, pour atteindre les objectifs plus modestes de lutte contre les licenciements ou l’aggravation des conditions de travail à Bouillante, la seule chose qui pourrait faire barrage à la voracité des bourgeois – quelle que soit leur « nationalité » – c’est la mobilisation des ouvriers de l’usine et du secteur de l’énergie en général… que le « collectif pour la défense du patrimoine » n’a pas daigné consulter !


Haïti : un gouvernement au service des riches

A Léogane, les fortes averses enregistrées le 12 avril ont provoqué une brusque crue de la rivière Rouyonne qui a inondé plusieurs quartiers de la ville. Plus d’une centaine de familles sont sinistrées. Depuis des mois les autorités n’ont pas curé le lit de la rivière Rouyonne. Cette même carence des services publics est une des causes de l’accident survenu le 13 avril lorsqu’un camion transportant des produits pétroliers a explosé après avoir percuté un mur en voulant éviter une camionnette. Des dizaines de personnes ont été blessées, quarante maisons ont été incendiées, l’incendie n’a pu être maitrisé faute de pompiers. Les familles sinistrées ont fait appel au gouvernement, nommé depuis le 28 mars. Mais il n’a que faire des doléances des pauvres des quartiers, il est concentré sur la bataille entre les politiciens pour donner une suite aux élections présidentielles.
Le 4 avril dans un quartier de Pétionville, à proximité de la Sogebank, un incendie a ravagé plusieurs commerces et des immeubles résidentiels. Dans ce quartier chic, les commerçants se sont plaints des dégâts considérables. Le député de la ville les a relayés auprès du gouvernement en déplorant l’absence de pompiers, il a eu l’écoute du gouvernement qui a fait envoyer de l’aide. Rien d’étonnant, le nouveau premier ministre est Jean-Charles Enex, un fonctionnaire qui a été un rouage de tous les gouvernements depuis Préval. Toujours au service des possédants, il a promis au président provisoire de mener à terme le processus des élections dont la date butoir est prévue le 24 avril. Personne n’y croit, c’est un gouvernement provisoire qui a l’intention de durer. 


Martinique : L'association «Martinique-citoyenne» : Aux larmes, citoyens !

La liste “Martinique-citoyenne”, avec à sa tête Nathalie Jos, avait obtenu 3,21 % avec 3 868 voix aux élections à l'assemblée de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) en décembre 2015. Aujourd'hui, cette équipe se présente comme « association politique » - dans France-Antilles du 11 avril 2016 -.
Ce sont Johanne Juston et Olivier Jean-Marie qui présentent la nouvelle association. Si le choix de se présenter comme Citoyen et Citoyenne était une référence à la Révolution française de 1789, on ne retrouve par contre dans leur déclaration aucune perspective du moindre changement social.
Ils revendiquent au contraire la volonté de s'adapter, ce qui ne devrait pas leur être trop difficile. Ils veulent, disent-ils « ... moderniser la démocratie martiniquaise... en formant les citoyens, en nous formant nous-mêmes au fonctionnement des institutions du pays, aux réalités économiques... ».
Là, tout est dit : l'acceptation des «institutions» telles qu'elles sont, et, derrière elles, l'acceptation des « réalités économiques » qui, comme chacun le sait, sont dures aux pauvres et douces aux riches. D'un tel programme, d'immobilisme proclamé, rien à attendre. Ou peut-être, pour eux, la place qu'ils revendiquent parmi, ou aux côtés, des politiciens aux affaires. Dans France-Antilles, on peut lire un nouvel appel du pied : « Je rappelle qu'Alfred Marie-Jeanne, lors de son élection, appelait à construire une société apaisée. Nous demandons à mettre en œuvre cette construction... »
Les prétendus novateurs modernistes de Martinique-citoyenne ont tout l’air de quémander un rôle dans la gouvernance… au service du patronat. S'ils peuvent remporter, pourquoi pas, quelques succès dans cette voie, les travailleurs, eux, bien entendu n'ont rien à en attendre.


Panama Papers : à l’insu du plein gré de Hollande ?

Après les révélations par une association de journalistes-enquêteurs des noms de fraudeurs qui dissimulaient leurs revenus au Panama en utilisant les services d’une société spécialisée, Hollande a déclaré qu’il condamnait ce genre de pratiques.
Hollande a ajouté que des dispositions devraient être prises pour protéger les «lanceurs d’alerte». Il a donc fait mine de tout découvrir. C'était bien sûr mentir effrontément ! Par exemple, en décembre 2013, lors d’un voyage officiel au Brésil, Hollande était accompagné d’un groupe de patrons. Parmi ces derniers figurait Christophe de Margerie, PDG du groupe pétrolier Total à l’époque. Or Total a justement une société basée au Panama et c’est elle qui supervise les succursales et filiales de Total opérant dans la zone caraïbe. On peut difficilement croire que c’est par pur hasard que Total a choisi de domicilier une de ses filiales à Panama. Quant à croire que Hollande n’était pas, et n'est pas, informé des pratiques de la multinationale Total, ce serait faire preuve d'une grande naïveté.
Hollande a essayé de surfer sur la vague de réprobation unanime soulevée par la révélation des « Panama Papers ». Cette tentative ne pouvait qu'être vaine. La ficelle est un peu grosse, venant d'un homme qui déverse des milliards d’euros dans les coffres du grand patronat qui, justement, s’empresse d’aller les dissimuler au Panama ou ailleurs.


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