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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1154 du 23 avril 2016/Troisième page

Troisième page

Capesterre-Belle-Eau : Manifestation de colère des ouvriers agricoles

Des ouvriers agricoles des plantations SA Bois Debout et SARL Dumanoir et des habitants membres du Collectif du Petit Marquisat ont dressé, le mardi 12 avril dernier, un barrage filtrant au niveau du giratoire des Mineurs sur la nationale 1, à Capesterre-Belle-Eau.

Le mardi 12 avril dernier, vers 5 heures, les travailleurs de la SA Bois Debout, de la SARL Dumanoir et des membres du Collectif du Petit Marquisat habitant à proximité du barrage de Dumanoir à Routhiers-Capesterre-B-E ont dressé ce barrage pour manifester leur colère pour plusieurs raisons.
La première concerne les travailleurs de la SA Bois Debout. Un procès les oppose, devant le tribunal Prud’hommes, à la direction de la SA Bois Debout. L’affaire a été encore renvoyée au 14 juin et concerne entre autres le paiement de 21 jours de « droit de retrait » effectués en octobre-novembre 2014 devant des conditions de travail dangereuses, le paiement d’un treizième mois etc. Pour ces travailleurs, c’était un moyen de mettre la pression pour accélérer le procès de La SA-Bois Debout autrefois dirigée par Louis Dormoy.
Pour les membres du Collectif du Petit Marquisat, il s’agissait de s’opposer à une décision qui vient d’être prise par les autorités, notamment la Collectivité départementale, et concernant le barrage de Dumanoir. Celui-ci, qui au départ devait fournir de l’eau agricole à la Grande Terre, doit maintenant fournir de l’eau potable à la population. Cela entraînera à terme, l’interdiction de toute maison d’habitation dans la proximité du barrage. Certaines maisons doivent notamment être détruites. Pour d’autres, il sera absolument interdit de planter quoi que ce soit ou même d’avoir des animaux domestiques.
Et la dernière menace concerne la plantation SARL Dumanoir : ou elle devra fermer, ou tout au moins elle sera contrainte de réduire d’au moins 30 à 40 hectares sa surface cultivable ce qui entraînerait à terme des licenciements. Et sur cette question, la direction de la plantation est silencieuse, ce qui inquiète les ouvriers. Par la suite les manifestants se sont rendus à Basse-Terre pour avoir des discussions avec différentes autorités, notamment la Collectivité départementale, la préfecture et la Région. Mais seule la Région leur a fixé un rendez-vous, avec notamment le responsable des services agricoles de cette collectivité. Les travailleurs demeurent vigilants


Guadeloupe : Mort de Jean-Claude Lombion

Jean-Claude Lombion, maire de Morne-à-l’Eau, est décédé récemment d’une longue maladie. À Combat Ouvrier, nous le connaissions bien pour avoir mené ensemble depuis notre jeunesse des combats communs. Nous l’avons côtoyé lorsqu’il était président du mouvement de la jeunesse communiste du Parti communiste guadeloupéen. Nous avons eu l’occasion de mener ensemble, Combat Ouvrier, lui et son parti des actions contre la fraude électorale dans les années 70 puis plus tard et régulièrement des actions unitaires contre la répression anti ouvrière aux Antilles et anti impérialistes dans le monde. Nous avons eu aussi l’occasion de nous entretenir à plusieurs reprises avec des délégations du PCG dont il fit partie très souvent.

Il fut membre du Parti communiste guadeloupéen pendant presque la totalité de sa vie politique jusqu’à ces dernières années où il avait pris ses distances. Communistes dans la tradition de Marx, Engels, Lénine et Trotsky, nous sommes opposés au communisme dégénéré par le stalinisme et qui garde encore de profondes séquelles de la dégénérescence du mouvement ouvrier communiste international organisé par la bureaucratie stalinienne. C’est en ce sens que nous avions des divergences profondes avec Lombion comme avec d’autres militants des PC liés à l’URSS à l’époque. Néanmoins, nous avons eu l’occasion d’apprécier l’engagement anti impérialiste de Jean-Claude Lombion et son intérêt pour l’environnement caribéen notamment. Car en tant qu’angliciste, il avait eu l’occasion de voyager à travers la Caraïbe anglophone et nous faisait part de ses connaissances des pays environnants.


Martinique : Grève à la CTM : nouveaux dirigeants, vieilles méthodes de patrons de combat

Depuis le 13 avril, les agents de la CTM (Collectivité territoriale de Martinique) sont en grève. Les nouveaux dirigeants de cette collectivité ont décidé de ne pas renouveler des dizaines de contrats, ce qui aurait pour conséquence de mettre les agents concernés en chômage.
Pour justifier leur décision, Marie-Jeanne, Carole et Marie-Sainte (signataire des lettres de remerciement - en réalité, lettres de licenciement -) disent que les agents concernés n’ignoraient pas qu’ils travaillaient en Contrat à durée déterminée. Autre argument avancé : la précédente équipe à la tête de l’ex-Région aurait procédé à des embauches de complaisance. Pour obtenir que Marie-Jeanne accepte d’ouvrir des négociations, les agents ont été amenés à bloquer l’accès de nombreux établissements (Lycées de Trinité, du Lorrain, collèges, etc.). Les nouveaux dirigeants, anciens syndicalistes comme Marie-Sainte notamment, ont dénoncé les « méthodes » des agents, leur ont signifié qu’ils refusaient de négocier sous la pression, et ont exigé, pour accepter de recevoir leurs représentants, que les grévistes acceptent les conditions posées. Bref, ils ont adopté le langage des patrons et des représentants de l’État, tel le préfet. Et pour faire pression sur les délégations syndicales invitées à négocier, des dizaines de supporters de Marie-Jeanne et de sa coalition ont débarqué à la CTM, invectivant et menaçant, qualifiant les grévistes d’agents de l’équipe de Letchimy. Manière de prétendre que la grève est sous-tendue par des intérêts politiciens.
Dans son discours-programme, « Je suis venu vous dire que je reviens ! » prononcé le dimanche 26 avril 2015 à Rivière-Salée, Marie-Jeanne avait annoncé des « priorités qui s’imposent à nous, dans un monde contraint budgétairement ». Et, en effet, pour justifier leur décision, les actuels dirigeants de la CTM mettent en avant la situation financière de cette Collectivité qui aurait reçu en héritage les déficits des ex Conseil général et Conseil Régional, conséquence selon eux de la mauvaise gestion de l’équipe précédente EPMN (Ensemble pour une Martinique nouvelle). Les nouveaux venus, se présentant comme des gestionnaires exemplaires des deniers publics, ont fait le choix de faire des économies sur les personnels en prenant le risque de priver la population de services indispensables. Cela plutôt que d’exiger de l’État qu’il donne à la CTM les moyens de fonctionner correctement. Les agents de la CTM ne veulent pas faire les frais de la politique, relayée par les élus locaux, de restrictions budgétaires de l’État. Ils ont raison.

Dernière minute : Suite au début de négociations engagées dans la nuit du 18 au 19 avril avec le président de la CTM et à certaines avancées, le mouvement est suspendu.


Martinique : Le déjeuner de soutien à Combat Ouvrier

Environ 120 camarades et amis de Combat Ouvrier ont participé cette année au repas festif de soutien à CO le dimanche 17 avril au Copès à Fort-de-France. Cette assistance, plus nombreuse que les années précédentes, est, au-delà de l'aide financière qu'elle représente, un encouragement à poursuivre et étendre nos activités. Le repas a été apprécié et la piste de danse improvisée n'a pas été boudée. Nos remerciements particuliers vont à José Alpha, Téat Lari et le groupe de femmes CGTM qui nous ont offert des moments théâtraux, ainsi qu'à Romain Ferry qui a assuré une présentation sur la biodiversité marine autour de la Martinique très appréciée. L'allocution politique de Ghislaine Joachim-Arnaud a été suivie par une vibrante «Internationale». Une journée réussie donc.


Martinique : Réfugiés cubains

On a pu voir à la télévision les dix-sept Cubains lâchement abandonnés par un passeur, le lundi 28 mars, sur la plage de l’Anse à l’Âne. Parmi eux, une femme enceinte.
Il y a eu de l’émotion parmi les téléspectateurs. Ceux-ci ont trouvé à juste titre cela injuste et inhumain. D’ailleurs, très rapidement, certains passants, puis des ressortissants de la communauté cubaine, ont apporté leur solidarité à ces réfugiés. Ils les ont logés et leur ont donné de quoi manger e
t de quoi se vêtir. Alertée par la population, la Police aux frontières (PAF) et des officiels se sont rendus sur les lieux pour constater les faits. Et très rapidement les Cubains ont été accueillis normalement, pris en charge, puis ont été hébergés dans un hôtel. Conseillés par des avocats, ils ont déposé des demandes d’asile politique pour ne pas être expulsés.
Mais pour beaucoup, s’il s’était agi de ressortissants haïtiens, il est certain que la PAF aurait agi tout autrement. Dans France-Antilles du 6 avril on a pu lire que sur les 300 demandes d’asile politique déposées par an, venant essentiellement de ressortissants haïtiens, « le nombre de bénéficiaires de ce statut protégé se compte à peine sur les cinq doigts de la main chaque année ». Et un Haïtien, révolté, a réagi dans ces termes dans ce même France-Antilles : « Si sété Ayitien, yo té ka voyé sa la menm ».
Il n'est pas admissible que le gouvernement français et les autorités locales fassent des choix différents selon la nationalité des demandeurs d'asile. Chacun, quelle que soit son origine, doit être accueilli comme un être humain digne de ce nom.


Vive la grève des agents d’Air Caraïbes

Les agents sont mobilisés sur les sites de Martinique, Guadeloupe, Guyane, ainsi qu’à Paris. Ils se présentent à l'arrivée des vols Air Caraïbes avec leurs pancartes, tambours et chachas. Ils distribuent des tracts aux passagers et reprennent leurs slogans : « Pour eux les bénéfices, pour nous les sacrifices »; « solidarité avec le personnel Air Caraïbes. »


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