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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1154 du 23 avril 2016/Première page

Première page

Editorial:Guadeloupe-Martinique : Lycéens, étudiants, jeunes, travailleurs dans la rue, un très bon signe !

ZoomLes dernières manifestations de milliers d’étudiants de Guadeloupe pendant 10 jours ont envoyé un signal fort à tous : celui de ne pas se plier, de ne pas accepter les mesures qui accroissent l’exploitation et l’oppression. Lorsque la jeunesse bouge c’est un signal qu’en profondeur la société ne va pas bien et c’est aussi le signe qu’une tendance de vouloir faire changer les choses par la lutte commence à se manifester.
Nous publions ci-dessous un premier extrait de l’intervention de notre camarade Ghislaine Joachim Arnaud au repas annuel de soutien à Combat Ouvrier en Martinique le dimanche 17 avril.
« Oui, en France il y a eu des manifestations importantes des salariés, de la jeunesse des lycées et des facs pour s’opposer à cette loi. Ce n’est pas un raz-de-marée mais c’est la première fois depuis le gouvernement Hollande que les travailleurs en France par centaines de milliers retrouvent la volonté d’agir collectivement.
C’est important et aussi encourageant ! Non seulement pour obtenir le retrait de la loi travail scélérate. Mais aussi parce qu’ils retrouvent le chemin des luttes et la confiance dans leur force collective.
En France, d’autres manifestations ou rassemblements pour exiger le retrait de la loi travail sont prévus d’ici la fin avril. Aux Antilles, les réactions des travailleurs et de la jeunesse scolarisée n’ont pas été négligeables. En Martinique il y a eu une mobilisation au niveau des jeunes du lycée Bellevue et en Guadeloupe au niveau des lycées et des facs. La dernière, le 12 avril, a rassemblé près de 2000 jeunes de huit lycées dans les rues de Pointe-à-Pitre et de Petit Bourg. Pour ces jeunes c’était leur première mobilisation contre un système qui ne leur offre aucun avenir. En Martinique, un millier de manifestants salariés ont pris les rues de Fort-de-France le 31 mars dernier. Ils ont encore l’occasion de se mobiliser fin avril ou lors du 1er mai. Le mouvement aura-t-il la force de faire vraiment reculer Hollande et son gouvernement. ? On ne sait pas. Mais il est important qu’il y ait un plus grand nombre de travailleurs, de jeunes qui ne veulent plus se taire et laisser passer les attaques sans rien faire, qu’il y ait des travailleurs, des jeunes qui se lèvent pour défendre leurs intérêts et mesurent qu’ensemble, ils constituent une force.
Nous à Combat Ouvrier, c’est notre souhait ! Nous appelons aussi les travailleurs, la jeunesse à ne pas relâcher la pression sur ce gouvernement au service du patronat.
Vive les travailleurs et la jeunesse de Mayotte ! Pour terminer camarades et amis je voudrais dire que la grève générale qui se déroule pour l’application des droits sociaux français depuis plus de 15 jours à Mayotte, énième département d’outre-mer, nous montre que même dans une petite île, les salariés, les opprimés, la jeunesse finissent par trouver le chemin de la lutte pour défendre leurs droits.
Alors oui ! Cela nous donne de l’espoir dans le chemin que nous avons choisi, celui de la lutte contre l’exploitation capitaliste. Aux travailleurs, aux jeunes, aux retraités, aux petits artisans, petits agriculteurs exploités, nous disons : Nous avons confiance dans les luttes des travailleurs, dans leur capacité à s’organiser et à construire leur propre force politique contre l'exploitation capitaliste et les séquelles coloniales. La force du camp des travailleurs, indépendante de tous les politiciens professionnels au service de la bourgeoisie et aussi de ceux qui se camouflent derrière certaines initiatives « citoyennes ». Nous sommes persuadés que le mouvement ouvrier saura renouer avec ce que représentaient les partis socialistes et communistes à leurs débuts : un immense espoir de bouleversement social, pour libérer de ses chaînes l'ensemble de la société humaine. »


Guadeloupe : Vivent les grèves et mobilisations des lycéens !

À partir du jeudi 7 avril, des milliers de lycéens ont fait grève et ont manifesté contre la « loi travail » en Guadeloupe. L’appel avait été lancé par le journal étudiant-lycéen Rebelle ! et par Combat ouvrier. Les uns après les autres, différents lycées ont ensuite voulu protester à leur tour contre cette loi scélérate.
Jeudi 7 avril des centaines de lycéens ont refusé d’entrer en cours à Chevalier de St Georges, Jardin d’Essai et Baimbridge avant de manifester à Pointe-à-Pitre. Au lycée Coëffin (Baie-Mahault) la majorité des lycéens ont également entamé leur première grève. Le vendredi 8 avril, les lycéens de Coëffin continuent la grève, rejoints par ceux de Providence (Abymes) qui manifestent au supermarché Milénis. Le mardi 12 avril, l’appel à la grève devient général à Chevalier de St Georges, Jardin d’Essai, Baimbridge, Providence, Massabielle, Coëffin, Droits de l’Homme (Petit-Bourg), Pointe-Noire et Sainte Rose. Environ trois mille lycéens ont fait grève et 1 800 ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre et de Petit-Bourg. Le mercredi 13 avril, le lycée de Convenance rejoint le mouvement. Un nouvel appel est lancé pour le jeudi 14 avril. La grève reprend à Coëffin et elle continue à Convenance, dont les élèves manifestent dans la zone industrielle de Jarry. Elle continue à Droits de l’Homme avec une nouvelle manifestation de centaines de lycéens qui, faute de pouvoir rencontrer le maire remontent vers le collège. Pendant une heure, les collégiens refusent d’aller en cours pour saluer leurs jeunes aînés. Providence, Pointe-Noire, Massabielle, Jardin, Chevalier de St Georges sont à nouveau en grève et manifestent. Deux nouveaux lycées ont rejoint le mouvement : Port-Louis et Faustin Fléret (Morne-À-L’eau). Au total, il y a eu quatre mille jeunes en grève et 1 500 manifestants dans les rues de Pointe-à-Pitre, Petit-Bourg et Morne-À-L’eau.
Ces jeunes ont raison de refuser le sort que le gouvernement veut faire aux futurs salariés qu’ils sont. Ils ont également constaté à quel point la presse est aux ordres de la préfecture (seule Radyo Tanbou a montré sa solidarité). Les médias ont systématiquement refusé de parler de ce mouvement parfois en répondant avec mépris aux jeunes qui les appelaient (« Qui t’a permis de m’appeler comme ça ? Pour qui tu te prends ? »). Mais ni le mépris des «adultes», ni les menaces de l’administration n’ont eu raison de leur détermination.


Le Premier mai, journée internationale de lutte des travailleurs

Tous rassemblés tous dans la rue ! Combat Ouvrier, et le journal lycéen et étudiant Rebelle ! appellent les travailleurs et les jeunes

-En Guadeloupe : à se joindre à la manifestation des travailleurs et des syndicats : (UGTG, CFDT, FO, SPEG, FAEN-SNCL, CGTG, Solidaires, FSU, SUD-PTT-GWA). Rassemblement de départ à 8 h 30 sur la plage de Raisins clairs, à Saint François pour défiler ensuite.

-En Martinique : Combat Ouvrier appelle les travailleurs et la jeunesse à se joindre à la manifestation intersyndicale qui partira de la Maison des Syndicats à Fort-de-France. (rendez-vous à 8 heures)


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