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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1153 du 9 avril 2016/Troisième page

Troisième page

Il y a 70 ans la loi de départementalisation : Portée et limites

Ce sont principalement les députés communistes des quatre vieilles colonies françaises, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion qui préparèrent et firent voter la loi de départementalisation, appelée aussi du terme peu flatteur de « loi d’assimilation » en mars 1946 à l’Assemblée nationale française. Ces quatre colonies devinrent juridiquement « départements français ». La lutte de ces députés, membres de ce qui étaient alors les fédérations du Parti communiste français, le PCF, était placée sous le signe de la lutte « pour l’égalité des droits » entre ces nouveaux départements d’outre-mer et la métropole. La lutte contre l’extrême misère Aimé Césaire, qui fut le rapporteur de cette loi, s’est expliqué par la suite sur cette politique en disant que l’urgence était d’en finir avec l’extrême misère que connaissaient ces vieilles colonies. On peut le comprendre. Rappelons nous cette situation : il n’y avait ni eau courante, ni électricité dans la plupart des maisons. Il n’y avait pas non plus de WC. Les tinettes tenaient lieu de WC à Pointe-à-Pitre ou à Fort-de-France. Un camion passait tous les matins pour ramasser et vider ces tinettes. Une odeur pestilentielle planait dans l’air à ce moment-là et à d’autres aussi. Les canaux d’eaux souillées étaient à découvert. Il y baignait de la vermine et toutes sortes de microbes. Dans certains quartiers, il fallait franchir un petit pont au dessus de ces canaux pour rentrer chez soi comme à la rue Vatable à Pointe-à-Pitre. En cas de fortes pluies, ces eaux souillées se déversaient dans les rues. Le quartier de la périphérie du vieux Pointe-à-Pitre était appelé « le canal ». On disait par exemple :« il habite sur le canal. » La grande majorité des maisons étaient de petites cases en bois et en tôle, très chaudes la journée et froides la nuit, favorisant les rhumatismes. Dans ces conditions-là les maladies se développaient comme les maladies de peau : lota. L’éléphantiasis (les gros pieds, « pépéls » en créole) était courant chez beaucoup de femmes en particulier car ce sont elles qui marchaient le plus souvent pieds nus dans ces eaux-là pour le nettoyage. La tuberculose, les maladies tropicales aussi comme le pian, la filariose faisaient des ravages. La malnutrition voire la faim, ajoutées à toutes ces mauvaises conditions de vie généraient depuis longtemps une énorme mortalité infantile ou du rachitisme chronique. Le manque de soins et d’hygiène publique étaient catastrophiques. On peut dire qu’à l’époque la situation des classes populaires était similaire à celle que vivaient et que vivent encore des millions d’Africains dans les campagnes et les faubourgs des grandes villes. Cette situation a perduré jusqu’à la fin des années 70. Donc il faut avoir entre 50 et 60 ans pour avoir connu l’état catastrophique dans lequel vivait la majorité de la population et les changements ultérieurs en termes d’habitat, de soins médicaux, d’aide sociale. Les députés communistes comme Rosan Girard, fondateur du Parti communiste guadeloupéen ou Aimé Césaire ont expliqué cette situation et se sont battus pour améliorer le sort de la population. Ils s’appuyaient sur les grandes grèves et luttes ouvrières d’après-guerre. Les avancées sociales obtenues Une lutte pour se sortir de cette misère par l’indépendance n’aurait pas permis les progrès sociaux obtenus progressivement. Les classes pauvres des îles anglophones environnantes devenues indépendantes dans le cadre d’un accord avec le colonialisme britannique n’ont jusqu’à aujourd’hui pas, par exemple, de Sécurité sociale. L’obtention de la Sécurité sociale et autres droits sociaux ont été gagnés par la population de France dès les premières années d’après-guerre. Aux Antilles il a fallu de nombreuses luttes pour obtenir - même avec du retard et en subissant la répression - en tant que « département français », les mêmes droits ou presque que les travailleurs de « métropole ». Les militants des fédérations communistes qui devinrent ensuite PCG (Parti communiste guadeloupéen), PCM (Parti communiste martiniquais), ou PCR (Parti communiste réunionnais) furent en première ligne dans ce combat-là. Les travailleurs et la population leur en furent reconnaissants et élurent de nombreux communistes aux élections législatives, municipales, cantonales. Par exemple, ce qui fit l’immense popularité de Césaire, ce ne fut pas la « négritude » comme chez les intellectuels et petits bourgeois, ni ses envolées lyriques anticolonialistes. Ce fut le fait que la population lui attribua, non à tort, le fait d’être sortie de la misère, de ne plus voir ses enfants faire leurs devoirs à la lumière des bougies mais avec le courant électrique, ne plus aller pieds nus à l’école. En particulier, la plus grande partie de la population de Fort-de-France, des quartiers pauvres comme Citron, Trénelle, lui en est jusqu’à aujourd’hui reconnaissante. Un travailleur nous dit une fois : « Sé Césaire ki woté chik an pié a neg » ( c’est Césaire qui a enlevé les chiques des pieds des nègres). Cette popularité, Rosan Girard, Gerty Archimède et autres élus communistes en Guadeloupe et en Martinique la connurent aussi. Les limites d’une politique Ce n’est pas leur politique sociale ni la loi de départementalisation que nous pouvons reprocher aux dirigeants communistes de l’époque. Ils ont fait une œuvre sociale immense. Pour autant, ce que nous leur reprochons en tant que communistes révolutionnaires c’est d’avoir limité leur lutte à cet objectif-là. Ils furent la plupart du temps de bons et honnêtes gestionnaires. En général ils furent de bons maires, de bons élus réformistes. Mais ils ne furent pas des révolutionnaires prolétariens. Leur programme politique se limitait à la lutte pour l’égalité des droits puis à partir de 1958 à l’autonomie et ensuite à l’indépendance. Ils n’ont jamais proposé aux travailleurs la lutte révolutionnaire pour le renversement de la bourgeoisie et la prise du pouvoir politique par la classe ouvrière. Ils ne se sont pas battus pour cet objectif-là ni pour l’inscrire dans la conscience des ouvriers. C’est pourtant le seul objectif qui, à terme, changera les choses fondamentalement au profit des travailleurs et des pauvres des Antilles, comme de toute la planète.


Le personnel d’Air Caraïbes Atlantique se mobilise

Un préavis de grève a été déposé par cinq syndicats d’Air Caraïbes Atlantique (ACA), (société qui assure les vols long-courriers, distincte d’Air Caraïbes régional). Ils entendent protester contre la menace que constitue le lancement de la compagnie low cost «French Blue» par le groupe Dubreuil, propriétaire de la compagnie, dont l’activité empiètera sur celle d’Air Caraïbes. Le personnel s’est réuni en assemblée générale sur les trois sites : Martinique, Guadeloupe et Paris, à l’appel de syndicats de pilotes et de personnel de bord (PNC), dont la CGTM. La direction avait déjà annoncé la création d’une compagnie low cost (à bas coût) qui devait se développer sur des lignes non exploitées par Air Caraïbes. Au départ, il était prévu que cette compagnie, qui doit commencer ses activités en juin, utilise une flotte d’Airbus A330, dont un neuf et un ou deux autres déjà exploités par Air Caraïbes. Pour Air Caraïbes, de nouveaux Airbus A350 devaient être livrés. Or la donne a changé : la direction a annoncé que ces A350 seraient répartis entre les deux compagnies. De plus il est désormais question de l’exploitation des destinations Saint Domingue et Haïti par French Blue, voire de Cuba ou La Réunion dans l’avenir. Et les lignes des Antilles seraient renforcées pendant la haute saison prochaine par des vols de French Blue. Un représentant CGTM a précisé les revendications du personnel : « Nous demandons la modernisation totale de la flotte d'Air Caraïbes Atlantique par des Airbus A350 comme cela avait été prévu initialement et puis l'ouverture des différentes lignes sur les DOM, la Réunion ou encore l'île Maurice pour le compte de la compagnie Air Caraïbes Atlantique. Cette mobilisation est légitime. Pour la qualité on n’est pas non plus contre le low cost mais pas sur nos plates-bandes et pas sur notre cœur de réseau. » Dans un message adressé à l’ensemble du personnel le 30 mars, le président du conseil de surveillance et principal actionnaire, Jean-Paul Dubreuil, fait part de sa «profonde déception» pour ce qu’il qualifie de «préavis irresponsable». Il fait état des bons résultats de la compagnie en 2015 avec une prime prévue pour le personnel, et dans le même temps se vante de son inflexibilité : «Pensez-vous un seul instant (…) qu’une épreuve de force et une démarche destructrice de valeur (sic) me permettraient d’envisager le développement d’une entreprise dans une direction que je n’aurais pas choisie ? » À la suite de quoi il prévient qu’il prendra «toutes les dispositions nécessaires pour assurer (les) vols». En réponse à ce ton méprisant, le personnel a décidé d’avancer et de durcir le mouvement (une semaine reconductible à partir du 8 avril au lieu des trois week-ends prévus). Le personnel a parfaitement raison de ne pas croire Dubreuil sur parole. Le seul intérêt de ce dernier est d’accroître sa fortune et celle de ses actionnaires. L’abandon de plusieurs lignes régionales aux Antilles, l’arrêt de l’exploitation des Embraer (jets moyen-courriers) vers la Guyane et la grande Caraïbe dès que la défiscalisation a cessé ses effets, montre clairement sa réelle motivation. Et malgré ses rodomontades, il sait très bien que le recours à la grève a bien souvent permis aux travailleurs d’imposer aux patrons de son espèce la prise en compte de leurs revendications.


Martinique : Total Montgérald, la grève se poursuit

Entamée le 11 mars 2016, la grève se poursuivait début avril à la station Total Mongérald de Fort-de-France. Sept des neuf salariés ont cessé le travail pour notamment exiger la réintégration d’une salariée licenciée pour de prétendus « vols ». Les salariés grévistes ont en face d’eux un « petit patron » retors. S’appuyant sur la décision d’un juge interdisant aux salariés « d’interpeller les conducteurs » et les menaçant de « 500 euros par infraction constatée » en cas de blocages (qui n’ont jamais existé), ce gérant a décidé de faire traîner les choses pour contraindre les grévistes à reprendre le travail sans avoir obtenu gain de cause. Une rencontre a eu lieu le 23 mars à l’issue de laquelle le patron a fait quelques concessions sur quatre points de revendication - après sept heures de discussion ! Mais s’agissant de l’annulation du licenciement et du traitement des jours de grève (les grévistes revendiquent la moitié à la charge de l’employeur, et l’autre moitié à leur charge), aucun accord n’a pu être acté. Les grévistes ont décidé de poursuivre leur mouvement. Des travailleurs de La Poste et des Télécommunications sont passés les soutenir et en ont profité pour « toucher deux mots » au gérant. Ce dernier a adressé un courrier aux grévistes pour déclarer qu’il avait été l’objet d’intimidation. Le 31 mars, après le défilé de rue dans Fort-de-France, une forte délégation de travailleurs s’est rendue à la station pour demander au gérant de négocier sérieusement. Mais sa seule concession a été de proposer de prendre à sa charge quatre jours de grève (au lieu de trois), en assortissant cela de conditions que les grévistes ont jugé insultantes et inacceptables. Le gérant est allé jusqu’à menacer les grévistes de « sanction disciplinaire » s’ils persistaient à poursuivre leur grève. Avec le soutien de leur syndicat CGTM, les grévistes ont lancé un appel à la solidarité en direction des autres travailleurs. Cette grève met en évidence ce que vivent des milliers de travailleurs, ici en Martinique, mais aussi ailleurs : on leur demande d'accepter et subir les exigences des patrons sans protester. Et c’est cette situation que la « loi travail » portée par Hollande, Valls et El Khomri veut encore aggraver.


PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN (Plantations en Lutte)

LE PRÉSIDENT DE RÉGION AU SERVICE DES PLANTEURS
Comme son prédécesseur à la Région, Chalus, à peine élu, prouve au Groupement des Planteurs qu’il est à « leur disposition ». Notamment pour leur verser des subventions et les aider à augmenter leur quota de bananes de 77 000 à 100 000 tonnes. Le prétexte invoqué est bien sûr de créer 500 emplois pour les jeunes. Mais connaissant les planteurs, on sait que la création d’emplois est le cadet de leurs soucis. Et que leur seul objectif c’est de s’enrichir un peu plus rapidement grâce aux aides et subventions, avec les contrats précaires de toutes sortes : emplois « aidés », CDD etc. mais surtout pas de CDI.
SCA-SHANGY : HALTE À L’ARBITRAIRE… Contrairement à ce qui s’est passé sur presque toutes les autres plantations, la direction ne nous a pas fait travailler le jeudi 3 mars (Mi-Carême), ni le vendredi 4. Or le jeudi 3 est une journée chômée qui doit être payée si on ne vous donne pas de travail. Résultat : nous avons perdu deux journées de salaire. Cet argent va permettre à T. Dambas et aux actionnaires de la SCA-Shangy de gonfler leur fortune. Le « vase » de la colère finira par déborder. …
ET AU TRAVAIL NON PAYÉ. Que la direction en la personne de T. Dambas ne nous donne pas de travail du lundi au vendredi comme cela se fait sur presque toutes les autres plantations, rien d’étonnant à cela. En effet, presque tous les jours, nombre d’entre nous travaillent jusqu’à 16h-17h au lieu de 13h, du lundi au jeudi. Et cela sans toucher les heures supplémentaires. Donc nous effectuons gratuitement le travail du vendredi et c’est «normal» pour Dambas de ne pas nous donner du travail tous les vendredis.


ÉCHO DES HOPITAUX (Gpe)

CHU : Un cadre zélé
Comment faire des économies au CHU ? Au bloc opératoire un cadre a trouvé une solution : faire disparaître les heures supplémentaires en considérant les congés de maladies comme des absences, en décidant que le travail de nuit est compté en 35h au lieu des 32h30 légales. Économiser en volant des travailleurs, qui dit mieux ?
CHU : Pourtant, ce n’était pas le 1er avril !
Le mois dernier, une collègue a eu une bien mauvaise surprise : elle a reçu un courrier, datant de novembre 2015. Il s’agit d’une lettre de sanction de la direction générale. Son salaire est amputé de quatre journées ! Pourquoi, comment ? Il apparaît qu’elle a été sanctionnée de quatre jours de retenue de salaire pour absence non justifiée en juin 2015. Elle n’y comprend rien !
Les collègues mènent l’enquête
Après enquête diligentée avec l’accompagnement de son syndicat, on découvre que cette collègue était en repos sur le planning durant les quatre jours concernés. Heureusement elle avait en sa possession le planning du mois en question ! Le cadre du service et la direction générale ont fait une erreur ?
Une « erreur» suspecte
Comment un cadre, ancien infirmier, ancien syndicaliste, qui a dans le passé bloqué l’entrée du CHU lors des grèves, qui a suscité une mobilisation pour refuser la présence des cadres au CHU jusqu’à 21h, peut-il sanctionner un agent sans même vérifier si elle était ou non prévue sur le planning ? Pourquoi le courrier daté de novembre 2015 ne lui est-il parvenu qu’en mars de l’année suivante ? Voilà bien des mystères, mais on a en assez de se faire « couillonner ».


« The Spark »

Des élections primaires ont lieu dans les États américains, en vue de désigner les candidats des partis démocrate et républicain. Deux candidats qui n’étaient pas au départ favoris, considérés comme marginaux (outsiders) font d’importants scores sur des programmes de type populiste : Bernie Sanders chez les démocrates, et Donald Trump chez les républicains. Les militants du groupe trotskyste « The Spark » (l’Étincelle) expliquent dans cet article pourquoi tous deux attirent les votes populaires, et en quoi ils n’en sont pas moins des candidats du système.

Deux “marginaux” dans les primaires essaient de nous remettre dans le système !

20 mars 2016 Au moins deux millions et demi de personnes ont voté aux primaires dans le Michigan – près d’un million de plus que le précédent record qui datait de 44 ans. Dans d’autres États, un phénomène similaire s’est produit. Les gens se mobilisent pour exprimer leur colère contre le système politique actuel et « la politique habituelle ». Ils l’ont fait en votant en grand nombre pour deux prétendus « candidats marginaux », le démocrate Bernie Sanders et le républicain Donald Trump. Du côté républicain, Donald Trump a déclaré qu’il « ramènerait les voitures dans le Michigan ».
Dans le Michigan et d’autres « États de la ceinture de rouille », qui ont vu un dramatique appauvrissement et le dépeuplement des villes industrielles, est-il surprenant que les ouvriers applaudissent quelqu’un qui promet de « ramener tous les emplois chez nous » ?

Bernie Sanders a accusé les administrations précédentes d’avoir « transféré les emplois à l’étranger ». Il a dit : « Aujourd’hui, je me suis tenu fièrement aux côtés de centaines de syndicalistes et d’écologistes pour faire opposition au Partenariat Trans-Pacifique… qui est la continuation d’une série de mauvais accords commerciaux qui nous ont coûté des millions de bons emplois américains. »
Avec des mots différents, Trump et Sanders se rejoignent – ils attaquent tous deux « le libre échange », l’accusant d’être la cause des suppressions d’emplois, chacun d’eux clamant qu’il inverserait cette politique.
En réalité, la grande majorité des emplois ont été perdus à cause de ce que les grandes compagnies ont fait DANS CE PAYS – en extrayant de plus en plus de travail d’un nombre réduit de personnes, supprimant les emplois. Il y a davantage de production aujourd’hui dans ce pays qu’il n’y en a jamais eu auparavant. Alors pourquoi y a-t-il moins d’emplois ? La cause véritable et dévastatrice des pertes d’emplois est l’augmentation des cadences.
En condamnant « le libre échange », ces deux prétendus « candidats marginaux » excusent tout simplement les crimes des grandes entreprises et de Wall Street – qui sont bien au cœur du système. Trump et Sanders peuvent prétendre critiquer le système, mais ils en font entièrement partie.
Pendant des années, les républicains ont essayé de construire une base électorale en faisant appel aux idées racistes au sein de la population, et en s’attaquant au droit des femmes de prendre leurs propres décisions sur le plan médical. Trump fait exactement la même chose – juste plus ouvertement, de façon plus grossière et plus vicieuse. Pendant des années, les démocrates ont prétendu défendre les travailleurs. Mais sur tout ce qui compte vraiment, ils ont fait presque comme les républicains. Ils ont octroyé de grandes suppressions d’impôts aux riches, ils ont donné des centaines de milliards de dollars aux grandes banques, ils ont réduit l’accès des femmes à l’avortement, ils ont supprimé des protections pour les chômeurs, ils ont mis des gens en prison au lieu d’utiliser l’argent public pour créer des emplois. Ils ont mis en œuvre les mêmes politiques de guerre. Et
Sanders a voté à 98 % avec le parti démocrate. Il dit que les frais de scolarité à l’université devraient être gratuits, mais voyons son bilan en matière d’enseignement – abyssal ! Dans l’action, il est un vrai soutien du statu quo. Les gens votent aujourd’hui pour de soi-disant « outsiders » comme moyen pour exprimer leur colère. Mais quel est l’intérêt de voter pour un « outsider », quand cet « outsider » ne fera rien d’autre que vous ramener dans le système pourri qui détruit nos vies ? 
L’apparence de la nouveauté a apporté quelques voix à Trump et Sanders. Mais au bout du compte, ce sera la même vieille histoire : quatre ans de plus avec ces partis, le républicain et le démocrate, dont tant d’électeurs ont plus qu’assez. Il nous faut notre propre parti, un parti de la classe ouvrière. Nous avons besoin d’un parti qui dira la vérité aux gens : que nous n’obtiendrons pas ce qu’il nous faut si nous ne nous battons pas.
Nous avons besoin d’un parti qui luttera contre les haines à caractère ethnique qui déchirent la classe ouvrière, un parti qui combattra tout ce qui divise la classe ouvrière. Nous avons besoin d’un parti qui soutiendra tous les combats que les travailleurs sont prêts à mener. Un parti qui essaiera de rassembler ces luttes, unifiant les forces de la classe ouvrière. Il nous faut un parti que seuls les travailleurs peuvent construire, un parti qui sera basé sur le pouvoir de la classe ouvrière. Il nous faut notre parti, un parti de la classe ouvrière.


L’Écho de Jarry

Gaddarkhan enrobage : toujours le même refrain !
Le patron multiplie les discours pour expliquer aux ouvriers qu’« il n’y a pas de travail ». Cela fait des années qu’il chante la même chanson. Pourtant, sur le terrain et sur les chantiers, les ouvriers sont surchargés de travail. Ce refrain répété en boucle n’a qu’un seul objectif : maintenir la pression sur les travailleurs et justifier toutes les fois où le patron ne reverse pas leur dû aux ouvriers. Tout mizik ka démodé, sòf ta-y ?
BTP en difficulté ? Pas du tout !
Fin 2015, les principaux indicateurs montraient une hausse de l’activité dans le secteur BTP (bâtiment travaux publics). Les marchés acquis depuis le cyclone en Dominique, la construction des nouveaux logements sociaux, les nombreuses défiscalisations et crédits d’impôts accordés par le gouvernement étaient évoqués pour expliquer cette hausse. Quand les patrons pleurnichent sur les soi-disant difficultés, ce serait trop simple de les croire sur parole, qu’ils montrent leur compte en banque !
Quand une patronne se lâche…
c’est pas beau à voir ! La présidente de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) de Guadeloupe s’est confiée à la presse à propos de la « loi travail ». Tout y passe : depuis les jeunes qui « ne veulent pas travailler », jusqu’aux salariés qui « font en sorte d’être licenciés pour obtenir des indemnités ». Ce qui la fait rêver ? Le système américain, parce que « aux États-Unis on peut licencier quelqu’un en dix minutes ». Comme on dit aux USA, no comment !


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