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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1153 du 9 avril 2016/Deuxième page

Deuxième page

Scandale des Panama papers, un nouveau leurre

Le scandale des « Panama papers » est un nouveau scandale d’ampleur sur des évasions fiscales. Il touche des personnalités du monde entier : sportifs, dirigeants politiques et autres personnalités ou partis. Des proches de Marine Le Pen seraient impliqués, de même, Michel Platini, Vladimir Poutine ou encore l’entourage de Cameron, le premier ministre britannique. Des sommes importantes seraient placées dans des sociétés étrangères dans des paradis fiscaux dont Panama. Qui croit-on étonner ? Ce nouveau scandale enfonce une porte ouverte. On sait depuis longtemps que des sommes astronomiques échappent à l’impôt. Les États et leurs dirigeants le savent et font mine de lutter contre l’évasion fiscale quand ce ne sont pas eux-mêmes qui sont impliqués. Dans ce monde de riches et fait pour eux, les soi-disant « autorités » ferment en réalité les yeux sur ces malversations. Qui croira en l’innocence de Patrick Balkany député maire de Levallois Perret et de sa femme Isabelle première adjointe, ces gangsters officiels ? Les déclarations ronflantes laissant croire à des poursuites ne sont faites que pour tromper la population.


Martinique : Quand Marcellin Nadeau se projette dans l’avenir.

Marcellin Nadeau, maire du Prêcheur, a été, en décembre 2015, à la tête de la liste « Nou Pèp la » pour l'élection à la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique). Il a obtenu 6,34 % des suffrages exprimés. Lors d’une interview le 7 mars dans France-Antilles il déclare sa volonté de continuer en se présentant aux législatives de 2017 et au-delà ... « Nou Pèp la » a été l'enseigne derrière laquelle le GRS (Groupe Révolution Socialiste, lié au NPA en France), le CNCP (Conseil National des Comités Populaires, de lointaine origine maoïste) et d'autres se sont rassemblés aux côtés de personnalités du Modemas (Mouvement des démocrates et écologistes pour une Martinique souveraine) comme Marcellin Nadeau et Garsin Malsa, ancien maire de Sainte-Anne. Marcellin Nadeau se félicite de ce « rassemblement citoyen » qu'il étend virtuellement en se disant de la même mouvance « citoyenne » que la liste de Nathalie Jos (Martinique Citoyenne) et de Daniel Gromat (Mouvement des Travailleurs et Peuple sans voix de Martinique). Cela lui permet de revendiquer un peu vite une base de 10 % des suffrages pour la construction de « l'alternative » qu'il appelle de ses vœux. Marcellin Nadeau dit vouloir faire campagne en 2017 sur des « bases politiques claires » et des « exigences claires ». Mais, se gardant bien de définir celles-ci, il cherche surtout d'autres ralliements à son rassemblement sans principe : « ...nous allons rechercher les convergences possibles », déclare-t-il. Dans cette recherche il suit une certaine mode en se disant au-dessus des partis et n'échappe pas au lieu commun de la défense des intérêts de la Martinique : « S'accrocher à des intérêts de partis, ce n'est pas servir la Martinique. » ! Loin des partis et des programmes, surtout celui de la défense des intérêts des travailleurs, il explique donc déjà, comme bien d'autres, qu'il y a les intérêts de la Martinique au-dessus de tout. Par exemple, parlant de l'octroi de mer, il déclare : « [il] ne protège pas notre production ! », regrettant qu'« [il] ne joue pas son rôle fondamental de protection de l'appareil productif ». Qui possède l' « appareil productif » ? Qui y travaille, y laissant bien souvent sa santé, permettant aux propriétaires – le patronat – d'engranger ses profits ? Ces questions sont sans doute trop simplistes pour les novateurs « citoyens » de « Nou Pèp la ». Questionné sur ses perspectives d'avenir, Marcellin Nadeau répond : « Je retiens ce que Podemos appelle les dynamiques convergentes. ». Il veut apparaître inspiré par la « gauche de la gauche » espagnole. Une gauche qui espère arriver aux affaires au gré de succès électoraux et d'alliances diverses, mais n'envisage surtout pas de dénoncer et de s'attaquer au capitalisme lui-même, au droit que s'arroge le patronat de diriger la société, dût-il la mener au naufrage. L'exemple du mouvement Syriza en Grèce fournit un exemple récent de ce que les travailleurs peuvent attendre de cette « gauche de la gauche ». Élu en janvier 2015, le gouvernement Tsipras a, en quelques jours seulement, accepté de faire payer les travailleurs grecs pour satisfaire aux exigences des grandes puissances de l'Union Européenne. De même, si Marcellin Nadeau et « Nou Pèp la » enregistraient dans l'avenir des succès électoraux, en ne remettant pas en cause la société capitaliste, ils seraient de fait amenés à la servir, avec ses injustices, ses crises et ses guerres.


Martinique : Querelle de façade entre EPMN et Gran Sanblé

Depuis plusieurs semaines une querelle fait rage entre EPMN (Ensemble Pour une Martinique Nouvelle, derrière S. Letchimy) et le Gran Sanblé (A. Marie-Jeanne et Y. Monplaisir). Ce qui les oppose porte sur les comptes des anciennes collectivités : Conseils Général et Régional. Le clan Marie-Jeanne accuse le clan Letchimy d’avoir mal géré et d’avoir laissé un trou financier d’environ 90 millions d’euros. Ce à quoi le clan Letchimy répond que le clan Marie-Jeanne escamote certaines données pour dénigrer leur gestion. Les deux clans tiennent à se présenter comme les meilleurs gestionnaires des dizaines de millions d’euros de fonds européens et français déversés dans les deux assemblées aujourd'hui réunies. Une troisième partie, le patronat, reste tapie en coulisse, discrètement. Celle-là sait que les deux clans sont à sa disposition et évite de les critiquer publiquement. Hollande avait déclaré en janvier 2012 durant la campagne présidentielle : « ...mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. » Hollande mentait en parlant du monde de la finance comme étant son adversaire. En revanche, il avait raison sur un point : c’est la finance et le patronat qui gouvernent. C’est ce qu’avait confirmé, à sa façon, Emmanuel de Reynal, président de Contact-Entreprises, dans un communiqué après le 13 décembre 2015 : «Nous voulons d’abord remercier Serge Letchimy et son équipe pour le travail effectué pendant la dernière mandature du Conseil Régional. Sur des dossiers d’importance, nous avons pu progresser ensemble. Nous félicitons Alfred Marie-Jeanne et Yan Monplaisir pour leur nette victoire de dimanche soir. Dès les prochaines semaines, la mise en place de la nouvelle collectivité devra provoquer un ʺ choc de confiance ʺ en direction des entreprises… » Comme quoi, les patrons reconnaissent bien leurs serviteurs politiques ! Et leurs querelles ne font ni de EPMN ni de Grand Sanblé un meilleur parti que l’autre.


Guadeloupe : Un mois de grève à Canal Plus

Depuis le 02 mars, les salariés de Canal Plus / Canalsat Caraïbes sont en grève en Guadeloupe. Ils réclament la réintégration d’une cadre licenciée accusée d’avoir supprimé 200 réclamations de clients. Les grévistes et leur syndicat l’UTT-UGTG ont aussi déposé un cahier de revendications en 5 autres points portant essentiellement sur les conditions de travail. La direction de l’entreprise refuse de réintégrer la salariée. Elle estime que les faits qu’on lui reproche sont avérés, alors que pour les grévistes il n’existe aucune preuve que la salariée a commis une faute. Pour eux, à supposer que la salariée ait commis une faute, le licenciement est disproportionné par rapport aux faits d’autant qu’elle compte 17 ans d’ancienneté et qu’elle n’a jamais fait l’objet d’aucun avertissement. Les grévistes dénoncent aussi des conditions de travail de plus en plus dures. Ils refusent les mutations forcées des salariés sur des lieux de travail éloignés de leur lieu de vie. Dans cette entreprise comme dans beaucoup d’autres grosses entreprises capitalistes, la seule chose qui importe pour les dirigeants, c’est le rendement. Depuis 2012, sept salariés ont déjà été poussés dehors, par des licenciements ou des ruptures conventionnelles. Pour l’UGTG, à travers ce nouveau licenciement, la direction cherche à remplacer les cadres locaux par des cadres métropolitains plus dociles et enclins à mettre en place la politique de la direction de l’entreprise. Depuis un mois, plusieurs événements ont marqué cette grève. Début mars, l’entreprise a assigné six salariés pour entrave à la liberté du travail et les a fait condamner à libérer les locaux, sous astreinte de 1 500 € par heure pour chaque salarié concerné. A la fin du mois de mars, l’entreprise assigne le syndicat UGTG et obtient une condamnation à libérer les locaux de Canal Plus et de ses boutiques sous astreinte de 500 € par heure et par infraction constatée. Après plusieurs refus, la direction a accepté la médiation de l’inspection du travail mais les négociations sont toujours au point mort.


DÉJEUNER de SOUTIEN de COMBAT OUVRIER
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138 ko - Dernières modifications : 27/03/2016