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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1153 du 9 avril 2016/Première page

Première page

Editorial:CONTRE LA LOI TRAVAIL, POURSUIVONS LES MANIFESTATIONS

ZoomEn France, la journée de mobilisation du 31 mars a été une réussite. Les manifestations organisées dans 260 villes ont compté deux fois plus de participants que le 9 mars. Avec les cortèges dynamiques des lycéens et des étudiants, elles ont été marquées par la présence des salariés du privé, de l’automobile, de la chimie, du transport aérien… Il y avait aussi des salariés de petites entreprises, de la sous-traitance, des intérimaires, quand bien même il est plus difficile pour eux de faire grève. Étaient aussi présents les cheminots, les employés de collectivités locales, les enseignants et les personnels hospitaliers, bien conscients du fait que si la législation du travail recule pour le privé, elle reculera pour eux aussi. Ce même jour, en Martinique, environ un millier de travailleurs ont manifesté à Fort-de-France. En Guadeloupe, près de 200 travailleurs et étudiants ont défilé à Pointe-à-Pitre en demandant le retrait du projet de loi El Khomri. Les mêmes organisations appellent à une nouvelle manifestation le samedi 9 avril en Guadeloupe. Retrait de la loi ! Il faut faire reculer le gouvernement sur cette loi qui nous renvoie au 19ème siècle. C’est une loi qui permet aux plus gros patrons de pressurer davantage leurs salariés. Une entreprise pourra augmenter la durée de travail à 46, voire dans certains cas à 60 h par semaine. La journée de travail pourra être portée à 12 h par jour. Les heures supplémentaires seront moins payées. Un salarié qui refuserait ces changements à son contrat pourra être licencié sans indemnités. Le repos minimum de 11 h entre deux journées de travail (juste de quoi rentrer chez soi, manger et dormir) pourra être fractionné : un salarié pourra être contraint de faire sa nuit en deux fois, ou de manger dans sa voiture entre ses prises de travail ! La loi El Khomri facilite les licenciements. Une entreprise pourra faire un plan social même si elle n’a pas de difficultés économiques. Un salarié qui serait licencié illégalement ne pourrait plus espérer obtenir réparation aux prud’hommes, car cette nouvelle loi préconise trois mois de salaire si vous avez moins de deux ans d’ancienneté et 15 mois, au grand maximum, même si vous avez fait toute votre carrière dans l’entreprise qui vous met à la rue. Conséquences plus dramatiques aux Antilles Aux Antilles, le chômage frappe près d’un tiers de la population et même près de six jeunes sur dix. Il ne faut pas faciliter les licenciements ! Les revenus sont inférieurs de près de 500 € en moyenne par rapport à la France. Il ne faut pas baisser les salaires ! Une loi qui permet de licencier facilement aura des conséquences encore plus dramatiques aux Antilles! Le patronat en général et celui qui est héritier de l’esclavage et de l’économie de plantation, méprisant, arrogant, persuadé d’avoir tous les droits ne se sentira plus de limites ! Il faut les faire reculer !


Loi Travail : les lycéens de Guadeloupe doivent aussi se mobiliser !

Le journal lycéen et étudiant Rebelle ! a lancé un appel à la grève dans les lycées le jeudi 7 avril, pour exiger le retrait du projet de loi El Khomri. Avec Combat Ouvrier et d’autres organisations syndicales et politiques, les jeunes du journal Rebelle ! ont déjà mené plusieurs actions pour protester contre le projet du gouvernement. Avant les vacances scolaires, ils avaient distribué un tract pour alerter les lycéens et les étudiants sur les dangers de cette loi. La majorité d’entre eux sont en effet les futurs salariés qui subiront toutes les régressions voulues par le Medef, si cette loi est votée. En Guadeloupe, avec un taux de chômage qui est déjà de 60% chez les moins de 25 ans, les conséquences seraient encore plus graves que dans les autres régions : les jeunes seraient condamnés à la précarité à vie. Les lycéens de Guadeloupe ont donc de bonnes raisons de rejoindre le mouvement de protestation, encore plus que ceux de l’Hexagone ! Dès la rentrée scolaire, le 4 avril, les militants du journal Rebelle ! se sont rendus devant les trois lycées de la zone de Baimbridge pour appeler les élèves à la grève. Les lycéens leur ont fait bon accueil, même si certains étaient encore hésitants à faire grève. Espérons qu’ils sauront se mobiliser en nombre pour exprimer leur désaccord avec la loi Travail !


Pointe-à-Pitre : Manifestation du 31 mars 2016 contre la loi-travail

Le jeudi 31 mars, à l’appel de la CGTG, de la FSU et des organisations politiques Combat Ouvrier, le Parti Communiste Guadeloupéen, le Parti de Gauche et le journal Rebelle !, près de 200 travailleurs et étudiants ont défilé à Pointe-à-Pitre en demandant le retrait du projet de la loi El Khomri. Les différents responsables ont pris la parole pour dénoncer la loi Travail et ont dénoncé le fait que cette loi qui a été dictée par le MEDEF permet de liquider une grande partie du Code du Travail. Le gouvernement soi-disant socialiste n’a fait que satisfaire les désirs du patronat en voulant faire une loi qui est une attaque sans précédent contre les travailleurs et qui ne va pas régler le problème du chômage en faisant travailler plus sans gagner plus. Les jeunes du journal Rebelle ! étaient en tête de cortège. Ils ont bien compris qu’avec cette loi, leur avenir sera fait d’une succession de CDD, de conditions de travail aggravées, de licenciements facilités. Des travailleurs de différents secteurs affiliés à la CGTG étaient présents ainsi qu’une délégation du syndicat Force Ouvrière. Les organisations syndicales n’avaient pas appelé à la grève, puisque le 31 mars tombait pendant les vacances de Pâques, mais elles ont conscience qu’il faut mobiliser les travailleurs, expliquer la loi et préparer un véritable mouvement d’ensemble pour que le gouvernement retire son projet. La CGTG a invité toutes les organisations syndicales et politiques qui s’opposent à ce projet de loi à une réunion le 4/04/16. Il faudra en effet bien plus qu’un rassemblement pour faire reculer le gouvernement. 


MARTINIQUE : MANIFESTATION DU 31 MARS POUR LE RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI

Le jeudi 31 mars, environ un millier de travailleurs se sont retrouvés à la Maison des syndicats de Fort-de-France pour exprimer leur rejet de la loi El Khomri. Les centrales syndicales CGTM, CDMT et FO avaient appelé leurs adhérents à faire grève et à manifester ce jour-là. Dans le cortège de la CGTM, les salariés étaient venus avec leurs drapeaux, banderoles et pancartes. Il y avait des délégations de salariés d’EDF, de l’ONF (Office National des Forêts), d’ouvriers agricoles, d’employés du commerce, du bâtiment, de la métallurgie, d’Odyssi (société de distribution des eaux), mais aussi celles de La Poste et de la Santé. Les agents territoriaux étaient venus en grand nombre et formaient un cortège particulièrement motivé. La délégation des salariés du secteur des produits pétroliers a elle aussi été remarquée. Elle comprenait plusieurs employés de la station Total de Mongérald en grève depuis le 11 mars dernier contre un patron retors. La manifestation était dynamique. De nombreux slogans furent lancés par les manifestants, comme : «Loi El Khomri, nou pa lé-y», «Loi El Khomri = loi patron», «Non au démantèlement du Code du travail», «Hollande nou pa mandé-ou ni l’ò ni la richès, sèl bagay nou ka mandé sé tiré lwa-a» (Parodie d’un chant de gro-ka : Hollande, on ne te demande ni l’or ni la richesse, ce qu’on te demande, c’est de retirer cette loi.) Lors des différentes prises de parole, à certains carrefours, devant le marché ou devant la préfecture, des explications étaient données par des manifestants à la population. Il y eut aussi des appels lancés à la jeunesse. Elle serait la première concernée par l'aggravation de la précarité déjà existante, qui découlerait du démantèlement projeté du Code du travail. Après le défilé, les manifestants étaient satisfaits d'avoir dénoncé ensemble ces nouvelles attaques anti-ouvrières du gouvernement Hollande. La plupart d'entre eux étaient conscients qu’il sera nécessaire de poursuivre et amplifier cette mobilisation. En effet, le gouvernement et le patronat ne reculeront et retireront leur loi scélérate que confrontés à un rapport de force nettement en leur défaveur.


DECHEANCE DE LA NATIONALITE : RECUL DE FRANÇOIS HOLLANDE.

Après les attentats en France, le gouvernement avec sa majorité de gauche ont proposé d’inscrire dans la constitution la peine de déchéance de la nationalité pour les binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme. François Hollande vient de renoncer publiquement à ce projet. Cette proposition a entraîné des désaccords au sein de la gauche mais aussi à droite. La loi n’obtiendrait pas les 3/5 des voix requises pour qu’elle soit adoptée en congrès. Les opposants ont dénoncé le rapprochement avec l’extrême droite qui défend cette mesure. C’est sur ces désaccords que Christiane Taubira, ancienne garde des sceaux, a démissionné du gouvernement, au moins officiellement. Enlever la nationalité aux terroristes ne règle en rien la lutte contre les attentats. Ceux qui ont choisi de mourir avec des ceintures d’explosif ne sont pas préoccupés par le maintien ou pas de leur nationalité. La droite a en un premier temps soutenu le projet mais dans ses propres rangs les opposants se sont manifestés. Toute cette agitation autour des attentats et des mesures sécuritaires a pour but de masquer d’autres propositions de loi telle la loi travail de la ministre El Khomri. Mais les jeunes et les travailleurs qui manifestent contre cette loi ne doivent rien attendre des oppositions parlementaires pour la faire annuler. Aucun aménagement de la loi ne peut lui enlever son contenu anti-ouvrier. Seule une mobilisation de plus en plus forte peut obliger François Hollande et son gouvernement à retirer leur projet.


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