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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1152 du 27 mars 2016/Troisième page

Troisième page

Les 70 ans de la loi de départementalisation.
Pourquoi intégration et non séparation d’avec la France ?

La loi de départementalisation du 19 mars 1946 a été défendue et portée par les députés communistes, à la Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion. Aimé Césaire, alors membre de la fédération martiniquaise du Parti Communiste français, en fut le rapporteur. Pendant un demi-siècle, ces partis se sont fait les champions de la « lutte pour l’égalité des droits » entre travailleurs et populations laborieuses de ces ex colonies et la « métropole ». Ils s’appuyaient sur les luttes importantes d’après guerre dans la classe ouvrière de ces îles et sur de profondes aspirations des peuples à sortir de l’extrême misère dans laquelle ils étaient plongés. À partir de 1958, en Martinique et en Guadeloupe, les PC de Guadeloupe (PCG) et de Martinique (PCM) devinrent indépendants du Parti Communiste français. Ils mirent aussi en avant la revendication « d’autonomie » et environ 20 ans après, d’indépendance. On peut se demander pourquoi dès 1946 les PCG et PCM n’ont pas réclamé l’indépendance en s’appuyant sur les luttes ouvrières et sur la force et l’influence politique qu’ils avaient alors. Ils auraient pu, par exemple, en tant que partis ouvriers et communistes, donc théoriquement révolutionnaires, orienter leur combat vers une lutte anti colonialiste conséquente, une lutte révolutionnaire pour la formation d’un état ouvrier indépendant. Ils ne l’ont pas fait et n’ont jamais cherché une orientation allant en ce sens. Partis staliniens et non révolutionnaires Pour comprendre leur orientation, il faut tout d’abord savoir que les fédérations d’outre-mer du PCF n’étaient pas et n’ont jamais été des partis révolutionnaires. Fédérations du PCF, puis partis indépendants, ils étaient formés à l’école stalinienne et non pas à l’école révolutionnaire des travailleurs qui avaient dirigé la révolution de 1917. Lénine et Trotsky en avaient été les plus éminents dirigeants. À partir de 1923, le cours révolutionnaire en URSS fut dévié, déformé monstrueusement par la bureaucratie stalinienne. Et cette dernière élimina physiquement toute l’avant garde révolutionnaire de 1917. À partir de 1923, le rôle qui était assigné aux partis communistes du monde entier par la direction internationale stalinienne à Moscou était de soutenir l’URSS, pas d’impulser d’autres révolutions dans le monde. La direction stalinienne sabota et fit dévier vers des impasses tous les cours révolutionnaires du prolétariat qui se dessinaient dans différents pays du monde. Les dirigeants des PC des Antilles étaient formés, formatés à cette école là. Voilà une des raisons pour lesquelles il ne fallait pas attendre d’eux une orientation prônant la rupture totale avec le pouvoir colonial et l’émergence d’un état ouvrier révolutionnaire. Les masses pauvres des Antilles et le sentiment national Cela dit, le sentiment national n’a jamais existé aux Antilles françaises au sein de la population. Et lorsque les PCG et M ont prôné l’autonomie puis l’indépendance ils n’ont jamais trouvé de répondant favorable parmi les travailleurs et la population. Et cela s’explique en partie par l’histoire des peuples martiniquais et guadeloupéen. Il n’y a jamais eu de civilisation pré-existante à la colonisation française comme dans les pays arabes ou en Indochine française. La seule qui existait, aux Antilles fut la civilisation amérindienne détruite par les « conquistadors » peu après la découverte de ces îles par Christophe Colomb. Il n’y a pas eu ensuite comme en Indochine, dans les pays nord-africains et en Afrique sub-saharienne des guerres de conquête et une soumission par les armes au colonialisme français. Les peuples antillais n’ont connu que la traite, l’esclavage et le colonialisme. Rien d’autre. Une autre raison du sentiment « pro français » très prononcé aux Antilles tient en partie au fait que par deux fois l’État français a aboli l’esclavage, sous la pression conjuguée des luttes des esclaves, des ouvriers et du petit peuple français, sous les révolutions, en 1794 et en 1848. Être citoyen français à l’époque signifiait être du côté des révolutionnaires abolitionnistes alors que dans le même temps la Grande Bretagne et l’Espagne n’avaient pas encore aboli l’esclavage. L’histoire des travailleurs et des masses pauvres aux Antilles est riche d’un patrimoine de luttes nombreuses, extraordinaires sur plus de deux siècles. La guerre anti esclavagiste menée par Delgrès et Ignace en Guadeloupe contre l’armée de Bonaparte venu rétablir l’esclavage, l’insurrection du sud en Martinique en septembre 1870 pour ne citer que ces deux exemples, témoignent de la combativité des masses pauvres des deux îles. Vers quelle émancipation ? Il y a eu et il existe encore un sentiment d’injustice et d’oppression raciale aux Antilles (la majorité de la population est noire ou d’origine hindoue dirigée par minorité blanche). C’est un sentiment qui n’a rien à voir avec le sentiment national mais plutôt avec l’oppression de classe. Car aux Antilles les classes sociales se confondent avec la couleur de la peau. Les bourgeois sont blancs, les petits-bourgeois mulâtres ou clairs de peau et les travailleurs et les pauvres sont noirs. Les exceptions ne font que confirmer ce fait. Il tient à l’histoire de l’esclavage. Demain, lorsque les travailleurs et les pauvres des Antilles passeront à l’offensive pour leur émancipation totale, ce sentiment d’injustice et d’oppression raciale sera un puissant levier révolutionnaire. En luttant pour se débarrasser de l’exploitation capitaliste, les travailleurs et les pauvres des Antilles balaieront par là même toutes les autres formes d’exploitation dont les séquelles coloniales. Il reviendra alors à un parti révolutionnaire issu de la classe ouvrière d’orienter la colère et les ressentiments des masses vers cette émancipation là, ce que les partis communistes en réalité staliniens n’ont pu ni voulu entreprendre.


Martinique : TOTAL Mongérald : mobilisés contre un licenciement

Depuis le vendredi 11 mars, sept salariés de la société Distribution Carburant Mongérald (DCM Sarl) qui exploite la station-service TOTAL de Mongérald à Fort-de-France sont en grève. Depuis l’arrivée, en décembre 2013, du nouveau gérant, ils subissaient de celui-ci brimades, autoritarisme et autres vexations. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est le licenciement d’une caissière, présente dans la station depuis plus de 20 ans, sous prétexte de vol de marchandises. A la presse qui l’interrogeait sur les causes de la grève, le gérant est allé jusqu’à parler de la perte de 40 000 euros et de vol en « bande organisée », la bande semblant désigner le personnel. Rien de moins. Les salariés ont jugé qu’ils en avaient assez supporté et ont donc décidé de mettre un terme aux agissements de ce gérant. Depuis le vendredi 11, postés à l’entrée de la station, sans bloquer cette dernière, ils abordent les automobilistes souhaitant s’y rendre, leur expliquent les raisons de leur mouvement et les invitent à se rendre dans une autre 200 mètres plus loin. Une démarche qui rencontre l’accord et le soutien de la très grande majorité des clients. Pour tenter d’intimider les travailleurs en lutte, le gérant a fait venir un huissier. Mais celui-ci n’a pu que constater qu’aucun obstacle n'interdisait l’accès à la station. Vraisemblablement sur les conseils de son avocate et de ses confrères, le gérant a assigné en référé les sept grévistes devant le tribunal le vendredi 18 mars. Lors de l’audience, l’avocat des salariés a montré au juge que l’installation d’une trentaine de caméras dans la station avait été réalisée sans autorisation. Cela a mis en difficulté l’avocat du gérant, alors que ce dernier comptait sur de prétendues preuves, fournies par ces caméras, pour justifier sa décision de licenciement. Le juge rendra sa décision lundi 21 mars à 9 heures. Ce même jour, les grévistes, voulant faire connaître largement les méthodes de management du gérant et ses pratiques, ont appelé les autres travailleurs à être présents sur le site pour les soutenir. Ils ont également convié la presse. La «loi travail» est toujours à l'état de projet ; mais dans leurs comportements, les patrons prétendent déjà s'en inspirer. Les employés de la station TOTAL Mongérald ont décidé de réagir et de ne plus accepter de subir. Dernière minute : les juge vient d’ordonner une astreinte de 500 € par jour et d’autoriser le recours à la force contre les salariés. Les grévistes sont toujours mobilisés.


Guadeloupe : SUCRERIE EN LUTTE

GARDEL
UN PETIT TOUR DE CHAUFFE. L’usine a démarré le 11 mars. Mais, le 9 mars, il a fallu une mobilisation de trois heures devant le bureau de la direction pour qu’un directeur finisse par signer un PV de désaccord. Sur les NAO. Ces trois heures ont été un tour de chauffe au cas où il faudrait prendre plus de « balan » dans les jours à venir.
ILS PLEURENT LA BOUCHE PLEINE Les patrons pleurnichaient pendant les NAO pour une augmentation de 20 euros sur l’ensemble des négociations. Quand ils brassent les subventions européennes, ils montrent un autre visage.
TECHNICIENS BOUCHE BÉE Personne ne sait pourquoi les moulins ne fonctionnent pas. Les grands techniciens appelés à la rescousse restent muets. Qu’ils n’aillent pas dire que c’est la faute des ouvriers.
IL Y A DES RATÉS AU DÉMARRAGE Le démarrage ne se fait pas sans mal. Les moulins 3 et 5 étaient bloqués dès le premier jour. Faute d’essai ? Il a fallu bipasser la bagasse sur les 3 et 5, les ouvriers étaient au four et au moulin pour ce démarrage.
DES RATÉS … SOUS LA PLUIE A la fabrication, que faisait le directeur technique sous la pluie à triturer une pompe de masse cuite ? Elle était bloquée, une occasion pour lui de mettre la main à la pâte et mouiller sa chemise.
L’HYGIÈNE AU COMPTE-GOUTTE Sur l’affiche des toilettes de l’ensachage il est inscrit qu’il faut se laver les mains pour suivre le protocole d’hygiène. Maintenant qu’il y a du papier, avec quoi se laver les mains puisqu’il n’y a pas de savon ?


Guadeloupe : L'ÉCHO DE JARRY

CRÉDIT MODERNE : ENCORE UN LICENCIEMENT ABUSIF
Une salariée vient d’être licenciée pour « faute grave ». Laquelle ? Les patrons ne lui feraient « plus confiance ». Point barre. En réalité, cette salariée faisait partie des 13 grévistes assignés en justice lors de la grève de l’année dernière. À l’époque, le tribunal avait donné tort à la direction et la lutte avait été victorieuse. Comment appelle-t-on des types qui contournent la loi pour assouvir une vengeance minable ? Des voyous, non ?
EDF CENTRALE JARRY : PRIME DE PARTICIPATION AU RABAIS Lundi, les salariés ont appris que leur prime annuelle de participation sera de 6 000 €, au lieu des 12 000 € promis par la direction. La prime dépend des bénéfices, et ils ont baissé en 2015. Mais cette baisse n’a pas les mêmes conséquences pour tout le monde : -50% pour les travailleurs, contre -12% pour les actionnaires. Les actionnaires, qui n’ont pas travaillé pour faire tourner l’entreprise, perdent moins que les salariés. Cherchez l’erreur !


Martinique : L’ÉCHO DES HÔPITAUX

Comme en 2013 : une conception archaïque
L’ouverture du nouveau plateau technique va induire des changements dans différents services. Plus particulièrement à PZQ, au Lamentin bourg et à Mango Vulcin. Directeurs et chefs de pôle ont leurs modifications dans leurs têtes. Mais à ce jour, le personnel n’est ni au courant, ni sollicité pour donner son avis. À croire que ces gens ne tirent aucune leçon de leurs erreurs et qu’ils sont à la recherche de conflits.
CHMV : CoupÉ du monde
Dans cet établissement, les réseaux sont défectueux. Les personnels des services ne peuvent communiquer avec l’extérieur. Ce dysfonctionnement ne date pas d’hier. Il existe depuis plusieurs semaines. Un coup ça marche ! Un coup, rien ! Cette situation est dangereuse mais ne semble préoccuper aucunement la direction. Et cela s’appelle Hôpital, et on parle de Sécurité !
Qui commande sans se soucier de la validation des professionnels ?
On a appris par note d’information le retrait de 2 produits d’Hygiène distribués dans les services de soins. « 5 en 1 premium » et « Induspray » qui ne sont pas réglementaires ! Au fait qu’en sera-t-il du paiement de la grosse commande livrée et en partie mise en service, puis retirée ?
CEV : Vu à la télé
La semaine dernière les fournisseurs de bouteilles d’eau pour CEV ont refusé de livrer cet établissement. La raison était qu’il y avait trop de retard dans le paiement de leurs factures. L’affaire a fait grand bruit car l’utilisation de l’eau des robinets avait été restreinte en raison de la vétusté des tuyauteries de cet établissement. Il a fallu trouver des solutions de fortune pour permettre aux patients âgés de boire normalement. La directrice elle-même a du venir s’expliquer à la télé. Fout sa lèd !


Guadeloupe : L’ÉCHO DES HÔPITAUX

COMMISSION DE RÉFORME : IL Y A URGENCE !
Au CHU PPA les agents attendent depuis 2 ans que la commission de réforme se réunisse pour que leur situation soit enfin résolue. On leur dit qu'il n'y a pas de médecins pour étudier les cas individuels. Alors beaucoup d'agents s'impatientent car cette commission a un rôle important concernant les accidents de travail, les maladies professionnelles, les mises à la retraite pour invalidité etc. Le comble c'est qu'ils sont traités de fainéants alors que les problèmes de santé ou d’incapacité ne sont pas pris en compte. Si on attend de la réactivité de la part des responsables, on pourra bien crever au travail.
RÉANIMATION : C’EST LE DÉLUGE
La nouvelle extension de la réa est à peine terminée, le déménagement a eu lieu dans la même semaine. Mais ne voilà-t-il pas que le mauvais temps est passé par là, et déjà les carences se sont manifestées. Elles ont pris la forme de trombes d'eau tombant du plafond à la surprise du personnel. Ce dernier a du éponger l'eau pour pouvoir continuer à travailler. Pensons à ce que cela donnerait en cas d’intempéries plus graves !
HÉMODIALYSE : … ET L’INNONDATION
Il y a quelques jours une grosse fuite d'eau venant du plafond a inondé le service après le week-end à cause d’une tuyauterie percée. Notre lieu de travail est vétuste et continue à se dégrader. La construction du nouveau CHU est plus que d'actualité. .


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