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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1152 du 27 mars 2016/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Grève à Damoiseau distribution : les salariés ont fait reculer la direction !

En grève depuis le 18 janvier dernier, les salariés ont fini par obliger la direction à céder sur l'essentiel de leurs revendications, et notamment sur les salaires. Un protocole d'accord de fin de grève a en effet été signé le 17 mars dernier et le travail a repris le 18 mars. Il aura fallu pour arriver à cet accord trois séances de négociation sous l'égide de la direction du travail. L’accord signé prévoit une augmentation de salaire de 100 € nets à compter du 1er janvier 2016 et 50 € nets à compter du 1er janvier 2017. La revendication des grévistes était une augmentation de 200 €. L’accord prévoit l’obtention d’une prime d’ancienneté car dans cette entreprise, tout le monde était au même niveau de salaire quelle que soit l’ancienneté. Cette prime sera applicable pour les salariés ayant plus de 3 ans d’ancienneté. Les grévistes obtiendront également, d'ici un mois, la mise en place du ticket restaurant d’une valeur faciale de 6 € (dont 50 % à la charge de l’employeur et 50 % à la charge des salariés). Autre revendication satisfaite, c’est la mise en place de la prime de productivité allant de 425 à 650 € et la participation de l’employeur pour 50 % de la complémentaire santé et l’extension aux ayants droits. La direction n’a pas cédé sur le paiement des jours de grève, même si elle porte une responsabilité dans la durée du conflit en refusant pendant plusieurs jours de négocier. Mais elle a accepté d’étaler le paiement des jours de mars en trois fois (d’avril à juin). C’est une belle victoire obtenue par les salariés qui faisaient grève pour la première fois et qui ont eu en face d’eux un patron méprisant qui a tout fait pour les décourager. Ils ont obtenu le soutien moral et financier de la CGTG ce qui leur a permis de tenir les deux mois de grève. Les grévistes ont repris le travail satisfaits de leur mouvement et la tête haute.


Guadeloupe : Jocelyn Leborgne relaxé

Le 15 mars 2016, le dirigeant syndical de l’UGTG Jocelyn Leborgne passait devant la Cour d’appel de Basse-Terre pour avoir refusé un prélèvement d’ADN. Le procureur a abandonné la procédure, Jocelyn Leborgne est donc relaxé. Ce syndicaliste avait été condamné à une amende pour avoir fait un tag « voté UGTG » en 2008. Cela a servi de prétexte aux autorités pour lui imposer un prélèvement d’ADN. Leborgne a refusé, il est donc passé devant le tribunal de Pointe-à-Pitre en 2013. Ce tribunal l’avait relaxé, ce qui avait provoqué la colère du procureur de l’époque, Guy Étienne. Il avait fait appel, ce qui a conduit Leborgne devant la Cour d’appel le 15 mars. Ce jour-là, environ 150 personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Basse-Terre pour soutenir Jocelyn Leborgne. Cette solidarité a probablement influencé le ministère public, qui a renoncé aux poursuites, tout en tentant de sauver la face en prétextant un « problème juridique ». Combat Ouvrier était présent. À l’heure où les autorités manœuvrent pour essayer d’intimider les syndicalistes en les traitants comme des criminels, la mobilisation est plus que jamais nécessaire !


Guadeloupe : Rassemblement pour exiger le retrait de la "loi travail".

Ce rassemblement initié par Combat Ouvrier et le journal Rebelle ! a été rejoint par d’autres organisations politiques et syndicales : le Parti de Gauche, la CGTG et la FSU. Tous étaient d’accord pour exiger le retrait intégral de ce projet de loi qui va aggraver la précarité des jeunes, des travailleurs et des classes populaires. Aux Antilles, avec six jeunes sur dix au chômage, et de manière générale plus de 30 % de la population au chômage, des salaires plus bas qu’en métropole et un coût de la vie deux fois plus élevé, les travailleurs et les futurs salariés ont encore plus de raisons pour se mobiliser contre la loi travail que les travailleurs et les jeunes en France. Licencier comme bon leur chante Avec ce texte, les gros patrons et les békés pourront diminuer les salaires, allonger la durée de travail et nous licencier comme bon leur chante. Le gouvernement ment quand il prétend que faciliter les licenciements fera baisser le chômage, au contraire ! En diminuant les indemnités de licenciement et en allongeant la durée de travail jusqu’à 12 heures par jour et 60 heures par semaine, le gouvernement encourage les capitalistes à licencier et non à embaucher. Énième cadeau pour les capitalistes Hollande et son gouvernement ont déjà donné beaucoup de facilités aux grands patrons, avec les milliards du crédit d’impôt, ou la loi Macron qui permet le travail du dimanche. Et le nombre de chômeurs a continué d’augmenter. Cette nouvelle loi n’a qu’un seul objectif : permettre aux riches patrons et à leurs actionnaires de continuer à s’enrichir sur le dos des pauvres. Dans les prochains jours, d’autres actions seront menées en Guadeloupe par des syndicats et des organisations politiques – dont Combat Ouvrier – pour dénoncer cette loi.


Martinique : conditions décriées au centre de dialyse de l'hôpital

Mardi 15 mars, France-Antilles titrait sa une : «Dialyse : un rapport qui crée l'effroi» et publiait un article mettant en cause le centre d’hémodialyse du CHU de Martinique situé sur le site de Mangot-Vulcin au Lamentin. Y étaient développés certains résultats d’un rapport présenté au début du mois de mars à la direction du CHUM. D'après le journal, ce rapport avait été diligenté par le ministère de la Santé. Il est en tout cas accablant, allant jusqu'à souligner un taux de mortalité important, et en hausse, des patients suivis par le service. Les dysfonctionnements signalés vont des mauvaises conditions d’hygiène des locaux à la désinfection des patients, de la gestion de certains gestes techniques au manque de médecins. Le manque de médecins ne permettant pas d'assurer les conditions optimales de prise en charge des patients atteints d’une pathologie lourde. Le manque d'une formation suffisante d'une partie du personnel a été lui aussi pointé. En droit de réponse, la direction du CHUM a voulu «contester le caractère disproportionné et erroné de l’article». D’après elle, il s’agirait d’un audit «commandé par la direction et la commission médicale d’établissement  dans un objectif de réorganisation du service et d’amélioration de la qualité de la prise en charge du patient ». Une façon pour la direction de botter en touche. Le gouvernement a prévu une baisse de 3 milliards du budget des hôpitaux d’ici 2017. Du fait de ces restrictions budgétaires, aucun des prétendus plans de réorganisation ne permet l’amélioration de la situation. Quant aux agents hospitaliers, ils dénoncent très souvent les conditions dans lesquelles ils exercent leur activité. Ils dénoncent régulièrement les sous-effectifs, mais aussi le manque de produits d’entretien, de désinfectants, ou même de certains médicaments. Ils se mobilisent souvent dans leurs services ou établissements pour obtenir les moyens d'exercer correctement leur métier. Nous vivons dans une société malade, où le profit passe bien avant le bien-être de la population. Alors, pour arracher ces moyens nécessaires à une amélioration de la situation dans les hôpitaux, il faudra encore, avec le soutien de la population, mener des luttes, massives et déterminées.


Martinique : école de Rivière l’Or de Fort-de-France : le maire change de ton

Le 29 février dernier, le maire de Fort-de-France avait annoncé brutalement aux parents d’élèves la fermeture de l’école de Rivière l’Or dès la prochaine rentrée. Les raisons invoquées étaient le faible nombre d’élèves au regard du coût de l’entretien de cette petite école de quartier. Les parents ne l’ont pas entendu de cette oreille et se sont mobilisés pour faire connaître leur opposition à cette décision. Bien leur en a pris, car deux semaines plus tard, le 12 mars, le maire accompagné de ses élus est revenu sur les lieux pour une autre réunion avec les parents. Il s’agissait désormais de «trouver des solutions avec les parents pour éviter la fermeture de l’école». Au moins, le ton avait changé ! Un comité de parents a été mis sur pied pour trouver des solutions pour «éviter cette fermeture». L’une des pistes indiquée par la municipalité aux parents serait de chercher de nouvelles inscriptions d’élèves d’ici la prochaine rentrée scolaire, en démarchant les familles du quartier. Dans un premier temps les parents d’élèves de l’école de Rivière l’Or se sont dits satisfaits de ce qui apparaît comme une petite reculade du maire. Mais ils déclarent rester vigilants. Le maire s'est bien gardé d'évoquer cette autre «piste» qui serait que les parents d'élèves et plus largement la population exigent que le budget des écoles soit revu à la hausse pour permettre aux enfants d’être scolarisés à proximité de chez eux. Bien sûr, les autorités baissent de façon drastique les budgets des collectivités locales. Mais cette politique est un choix qui pourrait être remis en cause en interpellant préfet et gouvernement. DH : Le maire de Fort-de-France, vient d'annoncer... un "sursis" d'un an à la fermeture de l'école.


DÉJEUNER de SOUTIEN de COMBAT OUVRIER
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138 ko - Dernières modifications : 27/03/2016