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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1152 du 27 mars 2016/Première page

Première page

Editorial: La mobilisation contre la loi El Khomri doit se poursuivre.

ZoomÀ Pointe-à-Pitre, plusieurs dizaines de jeunes ont participé, le 9 mars au rassemblement appelé par le journal Rebelle ! et certaines organisations politiques et syndicales pour exiger le retrait de la loi El Khomri. D'autres rassemblements sont prévus. À Fort-de-France, Le jeudi 17 mars dernier, près de 200 lycéens ont manifesté aux abords de différents lycées. Ils dénonçaient cette loi travail, orchestrée par le Medef. Aux Antilles, avec six jeunes sur dix au chômage, et de manière générale plus de 30 % de la population au chômage, des salaires plus bas qu’en métropole et un coût de la vie deux fois plus élevé, les travailleurs et les futurs salariés ont encore plus de raisons pour se mobiliser contre la loi travail que les travailleurs et les jeunes en France. Cela fait quatre ans que Hollande est au pouvoir et que le gouvernement, censé être «socialiste » et de «gauche », fait une politique anti-ouvrière. Quatre ans que le patronat, surtout le grand, est choyé quand le chômage et la précarité explosent. Cela a été le cas pour les retraites avec l’allongement de la durée de cotisation. Il y a eu la loi sur la compétitivité de 2013 avec le droit de baisser les salaires et d’allonger le temps de travail. Entre le CICE et le pacte de responsabilité, Hollande a donné à ce patronat 41 milliards. Et, pour finir le travail demandé par le Medef, Hollande et Valls veulent maintenant dynamiter le code du travail. Il est grand temps de transformer l’écœurement en colère et en action. On nous rabâche que le summum de la modernité serait la flexibilité. Mais les loyers, les factures et les échéances des crédits ne sont pas flexibles. Il faut payer, pouvoir se déplacer et nourrir sa famille, que l’on ait du travail ou que l’on soit au chômage ou en fin de droits. Alors, pour les travailleurs, cette flexibilité n’a rien de moderne. Elle est synonyme de précarité, de surendettement et de galère à vie. Travailler douze heures par jour, 46 heures et même 60 heures par semaine n’est certainement pas moderne. S’épuiser au travail, y perdre sa santé, être licencié au moindre aléa, c’est ce que des générations de travailleurs ont subi avant nous et ont combattu. Quant au prétendu dialogue social et à la possibilité de déroger aux conventions collectives par accord d’entreprise, c’est aussi un retour en arrière. Cette légalisation de la loi patronale, c’est-à-dire de la loi du plus fort, c’est le retour au 19ème siècle. L’ultime chantage des défenseurs de la loi consiste à dire que l’on n’a pas tout essayé contre le chômage. Oui, tout n’a pas été essayé. On n’a pas essayé d’interdire aux grands groupes de supprimer des emplois par milliers. On n’a pas essayé de répartir la charge de travail et de diminuer le temps de travail, sans baisse de salaire pour faire de la place aux jeunes. On n’a pas essayé de se servir des profits pour créer des emplois et non pour arroser les actionnaires. Ce projet de loi est une attaque en règle des droits des travailleurs qui frappera tous les salariés. Il faut se battre pour son retrait pur et simple. Depuis le début de cette mobilisation, le gouvernement a déjà été forcé de baisser d’un ton. Il a tenté de faire diversion en brandissant la promesse d’une garantie jeune et le dégel du point d’indice dans la Fonction publique. Et s’il a lâché du lest sur le plafonnement des indemnités prud’homales, on le doit aux 500 000 personnes qui ont fait grève et manifesté le 9 mars en France. Mais une journée d’action ne peut suffire. Chaque appel, chaque débrayage, chaque manifestation doit être l’occasion de se rassembler et d’entraîner des camarades de travail à entrer dans l’action. L’appel à se mobiliser le jeudi 31 mars en est l’occasion. Gouvernement et patronat craignent un réveil de la combativité ouvrière. C’est la preuve qu’il est possible de les faire reculer. La condition est de montrer notre détermination à ne plus céder un pouce de terrain au patronat.


Guadeloupe : assemblée générale des étudiants de Fouillole contre la loi «El Khomri»

Le jeudi 17 mars les jeunes du journal lycéen-étudiant Rebelle ! et Combat Ouvrier appelaient à une assemblée générale au Pôle universitaire de Pointe-à-Pitre. Plus de 70 étudiants ont répondu à l’appel. Comme le notaient les jeunes militants, c’est un progrès. Dans un pays où les médias ont très peu parlé du contenu de la loi – et où très peu de jeunes en avaient même entendu parler il y a quelques semaines – ce début de réveil des consciences prouve que le travail de discussion mené sur le terrain commence à payer. Des rendez-vous ont été pris pour diffuser l’information et mobiliser dans les jours suivants. Ils ont été suivis d’effet : grâce à cette aide, la pétition de Rebelle ! contre la loi vient d’atteindre les 3 000 signatures. Tous ceux qui sont conscients du danger que cette loi fait peser sur les travailleurs et les futurs travailleurs doivent maintenant s’appuyer sur ces tout premiers succès pour construire le début d’une riposte générale !


Martinique : dans l’agriculture il ne faut surtout pas être malade

Bon nombre d’ouvriers agricoles se demandent quelles sont exactement les missions des médecins de la médecine du travail. En effet, il arrive souvent qu’un ouvrier voie le médecin du travail et lui explique qu’il souffre de douleurs à cause des mauvaises conditions de travail. Mais après consultation, le médecin le déclare «apte», sans indiquer aucune restriction concernant son activité au travail. Pour les douleurs, le médecin se contente de lui dire : « d’aller voir son médecin traitant », sans lui remettre le moindre courrier pour ce dernier. Alors des ouvriers se demandent si la médecine du travail n’est pas un organisme qui ne fait que de la figuration.  À croire qu’elle se positionne plus du côté des patrons que de celui des salariés. 


Martinique : des lycéens dans les rues de Fort-de-France contre la loi El Khomri

Le jeudi 17 mars dernier, près de 200 lycéens ont manifesté aux abords de différents lycées de Fort-de-France, pour dénoncer la loi El Khomri-Valls-Hollande, orchestrée par le MEDEF. Au départ du lycée de Bellevue, ils étaient une dizaine, mais d’autres garçons et filles du même lycée les ont rejoints, puis d’autres lycéens des alentours. Finalement, ils se sont retrouvés à un peu plus de 200 dans les rues. Par la suite et sous une pluie battante, ils se sont dirigés vers le lycée Schœlcher pour s'adresser aux jeunes de cet établissement. Là, seule une vingtaine les ont rejoints. Durant tout leur parcours ils ont chanté le refrain de la grève générale de 2009, mais à leur façon : «Travay-la sé ta nou, travay-la sé pa ta yo, an bann pwofitê vôlê nou kê fouté yo déwô». Ou encore : «Je travaille, tu travailles, il ou elle travaille, nous, vous ils ou elles travaillent et lui [lui, le capitaliste], il profite». «Loi Khomri nou pa lé-y, sé lesclavaj». «Retrait de la loi Khomri». A plusieurs reprises, les manifestants ont reçu un accueil chaleureux des automobilistes qui klaxonnaient en ralentissant. Les médias télé ont montré des images de la manifestation et de nombreux téléspectateurs ont apprécié cette intervention d'une partie la jeunesse. Par cette mobilisation, ces jeunes se sont très clairement exprimés, y compris à la télévision, critiquant la politique du gouvernement et du patronat et la loi El Khomri. Ils ont montré qu’ils ne sont pas dupes.


Martinique : Tous mobilisés pour exiger le retrait de la loi El-Khomri

Dès fin février la CGTM a informé ses adhérents sur cette loi scélérate lors d’une conférence et dans un tract. Les réunions dans les entreprises se sont multipliées, dans l’agriculture, dans les hôpitaux, parmi les employés municipaux. Malgré les aménagements de la loi annoncés par Valls le 14 mars dernier, le gouvernement n’a en rien reculé sur le fond. La CGTM appelle donc ses adhérents et l’ensemble des travailleurs à se mobiliser le 31 mars pour «exiger le retrait total de cette loi». D'autres organisations syndicales, en Martinique, dénoncent également la loi. Le syndicat CDMT a organisé le 10 mars une réunion contre la répression syndicale et pour le retrait de la loi El Khomri. Elle a annoncé, elle aussi, que ses adhérents seraient mobilisés. Des syndicats enseignants ont eux aussi indiqué qu’ils appelleraient leurs adhérents à se mobiliser. Des réunions intersyndicales sont envisagées pour coordonner les actions ou manifestations du 31 mars. En tout état de cause, les travailleurs, ceux du privé comme ceux du public, ont intérêt à se mobiliser, à manifester en masse dans les rues pour exiger le retrait pur et simple de ce projet de loi inique et rétrograde. Il faut imposer le retrait total du projet El Khomri, et cela, seule la lutte le permettra ! Rassemblement le jeudi 31 mars, 8h00, à la Maison des syndicats de Fort-de-France


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