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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1151 du 12 mars 2016/Quatrième page

Quatrième page

Un siècle de responsabilité française

ZoomLa ville de Damas après les bombardements français de 1925.Pendant la Première Guerre mondiale, les Français et les Britanniques ont encouragé la grande « Révolte arabe » contre les dirigeants turcs de l’Empire ottoman qui était alors leur ennemi. En 1918, cette révolte aboutit à la création d’un premier royaume arabe indépendant de Syrie. Il comprend à l’époque ce qui est aujourd’hui la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine (les territoires palestiniens et israéliens actuels). Mais en 1920, les masques tombent : Britanniques et Français s’étaient partagé le Moyen-Orient en secret.
La Palestine et la Jordanie reviennent à la Grande Bretagne, tandis que la France occupe militairement le reste. Pour tenir la région face au nationalisme arabe qu’ils ont trahi, Français et Britanniques vont diviser pour régner. La région est peuplée de différents groupes ethniques et religieux : Chrétiens maronites, Juifs arabes, différentes obédiences de l’Islam – Druzes, Alaouites, Sunnites et Shiites – mais aussi Kurdes (qui parlent une langue à part). Tous sont assez largement unis par une culture arabe orientale commune.
L’occupant français découpe la Syrie de façon perverse : chaque morceau s’appuie sur un groupe majoritaire, mais prend soin d’inclure des minorités qui seront désormais opprimées. C’est ainsi que naissent le Liban (autour des Maronites) et un État côtier du Nord, le territoire des Alaouites.
Ces deux États coupent l’accès à la mer au reste de la Syrie qui est quant à elle séparée entre un État de Damas (autour des Druzes et des Sunnites), un État d’Alep (sunnite et chrétien), mais aussi un État du plateau de la Djézireh (où les Kurdes sont majoritaires).
Malgré ces divisions, en 1925 les Druzes prennent la tête d’une grande révolte qui unifie les autres groupes contre l’armée française d’occupation. La révolte est réprimée dans le sang, les bombardements de Damas tuant au moins 10 000 civils arabes. Dans les années 1940, les « Forces française libres » puis le gouvernement de De Gaulle font à nouveau face à un soulèvement arabe et bombardent la région. Mais sous la pression britannique, les Français finissent par concéder son indépendance à la Syrie en 1946. Le nouveau pays, tronqué, hérite des divisions et des frontières artificielles créées par les grandes puissances.


Syrie : Le jeu criminel des grandes puissances

Depuis quatre ans, l’armée syrienne du dictateur Bachar el-Assad affronte une demi-douzaine de groupes rebelles armés qui tentent de le renverser et qui se font la guerre entre eux. Mais si ce conflit s’est enlisé, c’est que derrière ces groupes interviennent de grandes puissances (États-Unis, France ou Russie) ainsi que des puissances régionales (Turquie, Arabie Saoudite et Iran) qui poussent leur pions et défendent leurs propres intérêts au détriment de la population civile.

La guerre civile éclate La guerre civile syrienne a commencé en mars 2011 dans la foulée du « Printemps arabe » par des manifestations de masse réclamant plus de démocratie et de justice sociale. L’extrême violence de la répression contre les manifestants causa plusieurs milliers de morts en quelques mois. Cette situation a conduit des dizaines de milliers de soldats à déserter. Puis une partie des officiers s’est mutinée pour regrouper les soldats au sein de « l’Armée syrienne libre » (ASL) opposée à El-Assad. Dans le même temps, plusieurs groupes d’opposants prenaient également les armes. Dès lors, la grande masse de la population s’est terrée chez elle et le mouvement d’opposition s’est transformé en conflit armé. Ces milices recrutent sur la base des divisions ethniques et religieuses héritées de la période coloniale. Mais il y a plus.

Les grandes puissances entrent en scène Immédiatement, les grandes puissances occidentales comme la France (l’ancienne puissance coloniale en Syrie) et les États-Unis ont voulu profiter de la situation. Ils ont soutenu l’ALS et les groupes islamistes armés pour renverser le régime d’el-Assad, un des rares, dans cette région, qui a la capacité de ne pas toujours leur obéir au doigt et à l’œil. Immédiatement aussi, la Russie est intervenue pour soutenir son allié el-Assad. L’Occident venait de faire perdre à la Russie son influence en Ukraine (en déclenchant une autre guerre civile) et elle tentait ainsi de contenir l’avancée occidentale dans sa zone d’influence. Et ce n’est pas tout.

Une région en ébullition Les monarchies pétrolières comme le Qatar et surtout l’Arabie Saoudite voient d’un mauvais œil la montée en puissance de l’Iran qui est en train de devenir leur égal en terme d’influence régionale. Elles sont donc déterminées à contenir ce rival. Elles sont d’autant plus inquiètes que leur grand frère américain semble vouloir faire la paix avec l’Iran. C’est pourquoi l’Arabie Saoudite a, dans un premier temps, soutenu l’organisation État islamique ou Daesh (parce que c’était la seule force qui, en Irak, pouvait s’opposer à un gouvernement de plus en plus favorable à l’Iran). Depuis que Daesh est sorti d’Irak pour entrer en Syrie en 2013, les choses se sont encore compliquées. Toutes les puissances qui interviennent en Syrie sont désormais coalisées contre Daesh. Mais les États-Unis veulent rétablir leur contrôle sur la région en éliminant el-Assad et en contenant ses alliés russes et iraniens. Les Français sont d’accord, à condition de pouvoir maintenir leur propre influence sur la région (une ambition à laquelle ils n’ont jamais renoncé depuis l’époque coloniale et dont les Américains se fichent éperdument). Quant aux Turcs, ils sont prêts à suivre à condition qu’on les laisse quand même tirer sur les Kurdes (qui sont pourtant les alliés de la France). Tous bombardent Daesh tout en soutenant les autres groupes islamistes anti-Assad et anti-iraniens. Les Russes, quant à eux, bombardent Daesh mais aussi les groupes islamistes soutenus par l’Occident. Et l’Iran envoie des troupes au sol pour soutenir el-Assad et contrer les islamistes pro-Saoudiens… Toutes ces puissances mondiales et régionales vont continuer à alimenter les groupes armés qui ont leur faveur jusqu’à épuiser complètement la société syrienne déjà en ruine. La seule chose que les uns et les autres auront démontré, c’est leur parfait cynisme et le mépris dans lequel ils tiennent la vie des populations qu’ils parasitent.


Port-au-Prince : Les ouvriers de la zone industrielle revendiquent de meilleurs salaires

Joceleme Privert président par intérimAlors que les tractations entre les politiciens autour de l’élection du président font la une des journaux, c’est de plus en plus la vie chère, le chômage, la faim et l’insécurité qui alimentent les conversations dans les rues, les entreprises, et les foyers des travailleurs. Le 14 février Joceleme Privert, le président de l’Assemblée nationale, a été nommé par les parlementaires président de la république par intérim. Ce proche de Jean Bertrand Aristide a choisi Fritz Jean, un proche de la Fanmi Lavalas, comme premier ministre. Il a pour tâche de nommer un gouvernement, de préparer l’élection d’un nouveau président à qui il devra remettre le pouvoir le 14 mai. Les politiciens continuent leur exercice habituel de magouilles, d’alliances et de pots de vin pour se rapprocher de la mangeoire du pouvoir.
Pendant ce temps le dollar a gagné 5 points face à la gourde, la monnaie haïtienne. Un dollar vaut aujourd’hui 61 gourdes alors que l’année passée il en valait 55. Le salaire minimum journalier est resté toujours aussi bas, à 240 gourdes, moins de 4 dollars par jour, alors que le prix des marchandises a doublé, dépassant la hausse du dollar.
Les patrons de la zone industrielle de Port-au-Prince font des bénéfices sur le change, ils reçoivent des dollars américains, payent en gourde et maintiennent des cadences exténuantes pour les ouvriers. Certains ouvriers ont réagi dans la foulée des manifestations contre Martelly. Ils continuent à se battre. Ainsi des débrayages, des grèves ont eu lieu dans certaines entreprises. Ils revendiquent un salaire minimum de 500 gourdes par jour pour 8 heures de travail.
C’est juste un peu moins que 8 dollars US. Ils exigent que ce salaire leur soit payé soit en dollars américains ou en gourdes mais au taux du jour. Parallèlement, ils exigent des grands commerçants qu’ils partagent les conséquences de la crise en baissant les prix de leurs marchandises.


Guadeloupe : La fête de Combat Ouvrier 2016

La fête annuelle de Combat Ouvrier aura lieu le dimanche 24 avril de 11h30 à 20h dans le cadre champêtre du domaine de l’Arche à Baie-Mahault (route du Lamentin : tournez à droite vers le lieu-dit Dalciat au deuxième rond-point en venant de Pointe-à-Pitre, puis à nouveau à droite sur le chemin blanc qui mène à l’Arche).

La carte que vous proposent dès maintenant nos militants sera exigée à l’entrée. La participation aux frais est de 25 € (15 € pour les enfants de moins de 12 ans). Elle comprend l’apéritif, le repas ainsi que toutes les animations.

Les collations, les consommations au bar et le champagne sont à la demande. Le menu : -

Entrées : salades variées et vol-au-vent de poulet, -Plats : tagine d’agneau ou ragout de porc ou duo de poisson à la crème) -Dessert : Glaces -Librairie, expositions, forum politique, exposé scientifique seront à votre disposition.
-Bal titane Alors, rendez-vous le dimanche 24 avril 2016 pour passer ensemble un moment agréable !

Téléphones de contact : 0590 82 92 94 ou 0690 72 61 33 ou 0690 62 79 25 email : redaction@combat-ouvrier.net


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