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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1151 du 12 mars 2016/Troisième page

Troisième page

Martinique : Les pompiers se sont fait respecter

Le mouvement des pompiers de Martinique, qui avait débuté le 11 février, s'est poursuivi jusqu'à fin février, et s'est conclu sur un succès.
Le 24 février, les pompiers étaient venus nombreux à l'ancien Conseil Général. Ils étaient là pour participer à une « table ronde » au sujet de leurs revendications, en particulier de l'état déplorable du matériel de secours. Ils avaient eu la surprise d'arriver au cours d'une réunion, commencée depuis deux heures, entre l'association des maires, la CTM (Communauté territoriale de Martinique) et le SDIS (Service départemental d'incendie et de secours). En guise de « table ronde », ils étaient invités à prendre sagement place au fond d'un amphithéâtre pour écouter ce qui avait été décidé hors de leur présence. Ils avaient vertement fait connaître leur mécontentement sur les antennes des médias et en allumant un feu de pneus et de palettes en pleine rue.
Le 29 février, les pompiers, toujours en lutte, organisaient une nouvelle opération molokoï (tortue) sur les routes de l'île, avant de se rendre en cortège jusqu'à la CTM. Ce cortège, spectaculaire, mimait un cortège funéraire et comprenait la présentation d'un cercueil avec l'inscription : « Ici repose le SDIS 972 ».
Une délégation fut reçue par Alfred Marie-Jeanne, président de l'exécutif. Celui-ci déclarait ne pas être prêt à payer à la place des mairies défaillantes mais acceptait de rajouter une nouvelle avance de deux millions d'euros, à celle de 6,25 millions déjà versée.
Le maintien de la mobilisation a donc imposé un net changement de ton aux autorités impliquées dans ce conflit. L'État, avec les baisses organisées des dotations aux Collectivités locales, a une large part de responsabilité dans la situation créée. Les pompiers ont eu bien raison de ne pas accepter cette situation sans réagir, même si la quasi-totalité des élus locaux sont, eux, prêts à l'accepter.


Guadeloupe : Nicollin Antilles : les travailleurs exaspérés font entendre leur colère

Depuis plusieurs mois, les salariés de Nicollin Antilles qui ramassent les ordures ménagères du sud Basse-Terre sont payés en retard. Le 1er mars ils ont décidé de réclamer leur dû par la grève. Les 60 salariés de Nicollin Antilles en ont eu assez : en décembre, les salaires ont été versés en retard. En janvier, les travailleurs ont été payés le 15. Il était hors de question de laisser faire pour le salaire de février.
La direction de Nicollin n’a pas hésité à s’en prendre aux travailleurs, en payant les salaires en retard, sous prétexte que la CASBT (Communauté d’agglomération du sud Basse-Terre) ne paie pas ses prestations. Pour la direction de Nicollin la CASBT cumule une dette de 3 millions d’euros, dette que la communauté d’agglomération n’a jamais démentie. Un accord a été trouvé après moins d’une semaine de mobilisation, la direction s’engageant à payer les salaires régulièrement. Mais les grévistes ont appris que le Préfet aurait réquisitionné une autre entreprise, après deux jours de grève, pour nettoyer l’agglomération du sud Basse-Terre en lieu et place des grévistes.
Les travailleurs ont donc décidé de se rendre à la préfecture pour demander des comptes à ce Préfet briseur de grève avant de reprendre le travail. Reçus par les services du Préfet, ils ont appris qu’aucune réquisition n’avait été faite par ce dernier.
Pour les grévistes, cette nouvelle provocation est à mettre au compte de la présidente de la CASBT, Lucette Michaux-Chevry et sa fille, Marie-Luce Penchard qui ne se contentent pas de ne pas payer les prestations de ramassage des ordures ménagères mais s’en prennent aux travailleurs. Les grévistes ont repris le travail la tête haute dès le vendredi 04 mars.


Guadeloupe : Poursuite de la grève à Damoiseau Distribution !

Les salariés en sont à leur septième semaine de grève et il n’y a toujours pas d’accord signé car la direction reste bloquée sur sa position de faire signer à la CGTG un protocole d’accord où les salariés s’engagent à ne plus faire grève. De plus la direction refuse toute médiation et a rejeté pour la deuxième fois la demande de l’inspection du travail.
Samedi 5 mars, les militants de la CGTG en soutien aux grévistes ont distribué un tract d’information à la population dans le rond-point du centre commercial de Milenis et ont fait une collecte. Ils ont reçu un très bon accueil de la population.
La direction de Damoiseau, outre amasser le maximum de profits sur le dos des travailleurs, ne se préoccupe que de récolter des médailles d’or au salon de l’agriculture et se moque bien des conditions de travail de ses salariés. Cette direction méprisante vis-à-vis des grévistes veut leur faire payer le fait d’avoir osé faire grève.
Les revendications principales à savoir une augmentation de salaire de deux cents euros, la mise en place d’une prime d’ancienneté, d’une prime exceptionnelle sont fondées car dans cette entreprise il n’y a jamais eu de négociation annuelle obligatoire. La direction a fait semblant de négocier et a inscrit des clauses inacceptables dans le projet de protocole. De plus elle fait croire que c’est la CGTG qui refuse de négocier alors que c’est cette direction qui reste figée sur sa position en refusant toute discussion sur les articles du projet de protocole qui posent problème.
La direction pense peut être avec cette attitude décourager les grévistes, mais elle ne fait que renforcer leur détermination à continuer le combat pour obtenir gain de cause.


Martinique : Rivière l’Or à Fort-de-France : une fermeture d’école qui ne passe pas !

La décision du maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, de fermer l’école de Rivière l’Or dès la prochaine rentrée ne passe pas. Cette école accueille 70 enfants allant de la maternelle au primaire. La municipalité veut « redéployer » les élèves du primaire sur l’école de Redoute et les plus petits sur la maternelle de Redoute. Le lundi 29 février, lors d’une réunion, le maire a fait brutalement part de sa décision aux parents d’élèves. Il en a présenté les raisons : la « rationalisation de l’utilisation des moyens municipaux mis à la disposition des écoles » au vu du « faible effectif de l’école ». Et le maire de Fort-de-France d'ajouter que sur les 70 élèves, seuls « 27 étaient de Fort-de-France, les autres venant de la commune de Saint-Joseph [une commune limitrophe] ».
Pour expliquer sa décision, Didier Laguerre, maire PPM (Parti Progressiste Martiniquais, parti créé par Aimé Césaire) ne dénonce pas la baisse des budgets des Collectivités territoriales. Ces coupes sombres sont orchestrées par ses amis du gouvernement Valls-Hollande. Il n’appelle pas les parents à se mobiliser pour exiger des moyens pour une école digne de ce nom, à dimension humaine et efficace. Il utilise plutôt un discours aux accents démagogiques.
Piètre « progressiste » ! Les parents d’élèves se sont montrés mécontents de cette décision et n’ont pas accepté les arguments du maire. Ils insistent sur le maintien de cette petite école de quartier dans laquelle les élèves bénéficient d’un bon accueil, et d’un environnement agréable. A juste titre, ils ont commencé à se mobiliser pour que le maire revoie sa copie. Ils ont mis en ligne une pétition pour chercher à sensibiliser la population. Ils se disent prêts à « ne pas lâcher ».
D. H.  (8 mars) : Les parents, élèves et habitants solidaires manifestent avec les slogans : « Foyalais, Joséphins ensemble » « Rivière l’Or vivra ». Le combat continue !


Pas de crise pour les riches actionnaires !

En 2015, les actionnaires des 1 200 plus grandes entreprises du monde ont engrangé plus de 1 500 milliards de dollars de dividendes. Aux États-Unis, les grandes entreprises ont versé 440 milliards de dollars à leurs actionnaires. En Europe, c’est environ 205 milliards de dollars. La France est le pays d’Europe qui en distribue le plus de avec 47 milliards de dollars. Ces sommes d’argent que l’on appelle « dividendes » sont les profits que les patrons réalisent sur le travail et l’exploitation de millions de travailleurs dans le monde. Depuis des années, ces profits n’ont pas cessé d’augmenter. Pourtant la crise frappe toujours plus durement les travailleurs et les populations pauvres du monde avec le chômage, la précarité, la misère et la pauvreté en constante augmentation. Les richesses qui permettraient de résoudre ces problèmes existent, mais elles sont accaparées par une minorité d’actionnaires dont la soif de profit n’est jamais rassasiée.  


Pawol a travayè bannann (Plantations en Lutte)

ÇA NE TOURNE PAS ROND DANS SA «PETITE TÊTE» ? Après avoir menacé le camarade qui distribue « Pawol à Travayè Bannann » aux camarades travaillant sur la plantation SCA-Shangy, voilà que T. Demba demande aux travailleurs de la plantation de ne pas prendre le bulletin. C’est vraiment la première fois qu’un «patron» a dans l’idée d’interdire la diffusion de « Pawol à Travayè Bannann » et de plus demande aux travailleurs de ne pas le prendre. C’est à se demander si ça « tourne rond » dans la « petite tête » de cet ancien enseignant.

LES « BONNES CHOSES » ONT UNE FIN En fait, ce qui dérange ce petit serviteur des Hayot et autres actionnaires à qui appartiennent la SCA-Shangy et la plupart des autres plantations placées sous sa direction, c’est que « Pawol à Travayè » dénonce toutes les exactions (pwofitasyon) auxquelles il se livre : heures supplémentaires non payées, prime de fin d’année insuffisante, tâches impossibles à terminer en une seule journée de travail, etc. Mais par-dessus tout, il craint que la colère des camarades finisse par exploser. Et ça viendra, quoiqu’il fasse.

SCA-DUMANOIR : LICENCIEMENT ANNULÉ On se souvient que suite à la dispute qui avait opposé le géreur de la plantation au camarade qui avait déploré la mauvaise qualité des marches d’escaliers au fond d’un ravin, ce dernier avait été convoqué à un entretien préalable avant licenciement. En fait, nous étions tous concernés par cette affaire de la mauvaise qualité des marches, puisque deux camarades ont déjà chuté à cause d’elles. Nous n’étions pas prêts à accepter ce licenciement. Un camarade délégué était présent à l’entretien. Finalement Cabre a annulé la décision de licencier notre camarade.


Martinique : écho des hôpitaux

DEUX POIDS DEUX MESURES Depuis début février les femmes enceintes revenant de pays où le Zika est endémique sont suivies par une échographie mensuelle en France. Cela, qu’elles aient eu les symptômes de la maladie ou non. En Martinique cette prise en charge n’était prévue que pour les femmes enceintes ayant eu les symptômes du Zika. Sauf qu’il est reconnu que 80% des malades n’ont pas de symptômes. Les femmes « asymptomatiques » de Martinique n’auraient-elles pas droit au même suivi ? Une disparité dommageable et inadmissible. …

POUR DES ÉCHOGRAPHES SUPPLÉMENTAIRES Il a fallu les explications chiffrées de médecins du CPDP - Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal - pour que la ministre de la Santé annonce qu’elle fournirait des échographes supplémentaires à la MFME (Maison de la femme, de la mère et de l’enfant). D’après les médecins, c’est une nécessité pour permettre d’assurer un suivi particulier à l’ensemble des femmes enceintes.

PETITE VITESSE ET GRANDE LENTEUR Mais à l'heure où nous écrivons, même finalement décidées, les échographies supplémentaires ne sont toujours pas systématiquement prises en charge par la Sécurité Sociale. Les décrets d'application de la loi se font attendre. Il faut dire que ceux qui doivent les signer n'ont probablement pas de problème de budget en fin de mois.


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