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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1151 du 12 mars 2016/Deuxième page

Deuxième page

8 mars : journée internationale des femmes : des droits toujours à conquérir

ZoomLes ouvrières manifestent à Petrograd (St Petersbourg) en 1917La journée internationale des femmes est une occasion de rappeler que l’égalité revendiquée au début du siècle dernier est loin d’être encore acquise. En effet, en 1910, lors d’un congrès international des femmes socialistes, Clara Zetkin, militante de la deuxième internationale ouvrière, proposa qu’une journée soit dédiée au combat des femmes pour l’égalité des droits. En Russie, le 8 mars 1917 à Petrograd (aujourd’hui Saint-Pétersbourg), des manifestations d’ouvrières marquèrent le début de la révolution russe.  Dans le monde, de très nombreuses femmes restent des esclaves, pour tous les travaux, des esclaves sexuelles aussi.
Dans certains pays cet esclavage est encore plus violent quand des femmes sont victimes de mariages forcés, parfois dès le début de l’adolescence. Quand elles sont victimes de mutilations, contraintes de porter le voile, sans pouvoir exercer un métier, ni même sortir sans être accompagnée de leur mari ou d’un homme de leur famille. Elles sont des esclaves salariées dans des usines sous traitantes des multinationales, voire esclaves tout court, domestiques de riches familles.
Partout, elles restent les principales victimes des violences familiales. En France, le salaire moyen des femmes est inférieur de 19% à celui des hommes, et leurs pensions de retraite de 40%. En France et surtout en Angleterre, au début du siècle dernier, les femmes ont lutté pour obtenir le droit de vote.
Ce n’est qu’en 1944 qu’elles l’ont obtenu en France. Il a fallu attendre 1965 pour qu’une femme mariée puisse ouvrir un compte en banque sans l’autorisation du mari. Les femmes ont aussi dû se battre pour obtenir le droit à la contraception et à l’avortement. Dans certains pays d’Europe, comme l’Irlande, de tels droits n’existent pas. Ailleurs, comme aux États Unis, ils sont remis en question du fait de l’obscurantisme religieux.
Beaucoup de combats pour l’égalité des droits et l’égalité réelle restent encore à mener. Mais même si la situation des femmes peut évoluer au sein de cette société, elles ne pourront obtenir une véritable émancipation qu’à travers une lutte contre toutes les inégalités.
C’est suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme qui libérera les femmes de l’exploitation sous toutes ses formes. C’est cette lutte que mènent les communistes révolutionnaires.


Il y a 70 ans, la « départementalisation »

Aimé Césaire jeune tel qu’à l’époque où il fut le rapporteur de la loi de départementalisationC’est le 19 mars 1946 que la loi de départementalisation faisait de quatre colonies des départements d’outre-mer. Il s’agissait de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, et l’île de la Réunion. Cette loi allait dans le sens de la volonté des populations qui espéraient ainsi une amélioration de leurs conditions de vie catastrophiques à l’époque. Elles désiraient avoir au moins les mêmes droits que les français de l’hexagone.
Bon nombre de citoyens de « l’empire français » avaient déjà payé « l’impôt du sang » sur les champs de bataille des deux guerres mondiales. Ils estimaient donc avoir droit à plus de reconnaissance après. Il n’est donc pas étonnant que la « départementalisation » ait été votée juste après la deuxième guerre mondiale et après près de trois siècles d’esclavage et de colonisation. Mais si la deuxième guerre mondiale fut un élément incitatif, ce ne fut pas la seule cause de ce changement de statut historique.
L’une des raisons fut aussi la crainte de la bourgeoisie française d’être confrontée à des explosions sociales voire révolutionnaires dans les quatre vieilles colonies comme d’ailleurs dans l’hexagone.
Oui, la révolte couvait ou était déjà effective partout. Dans les vieilles colonies, la situation sociale était infernale : pas d’eau courante, pas d’électricité, quasi-inexistence de soins médicaux, une mortalité infantile effroyable, des salaires de misère, une exploitation féroce des gros propriétaires békés aux Antilles, une vie dans de petites « cases » en bois ou en tôles, enfants allant à l’école nu-pieds, analphabétisme, voilà quelques exemples de la situation que vivait la population laborieuse. Les grèves étaient régulièrement réprimées par la soldatesque coloniale, comme celles du François, du Carbet, de Petit canal, de Capesterre-Belle-Eau. La colère grondait partout car la guerre en Europe avait encore accru la misère et les privations. Sensibles à cette situation, les militants élus des fédérations locales du Parti communiste français ont lancé la lutte pour « l’égalité des droits » entre populations d’outre-mer et population métropolitaine. Les députés communistes des quatre colonies réclamèrent la   « départementalisation » au parlement français. Aimé Césaire fut le rapporteur de la loi.
Mais un demi-siècle de luttes furent encore nécessaires pour que les peuples de ces territoires devenus « Dom » (Départements d’outre-mer) obtiennent l’égalité ou presque des droits sociaux avec l’hexagone. Pendant ce temps, les « Dom » l’étaient sur le papier mais pas dans les faits. Le colonialisme s’exerçait de fait. Le massacre de février 1953, celui de mai 1967, la tuerie du Lamentin, celle de Chalvet en février 1974, en Guadeloupe et en Martinique, perpétrés par les militaires coloniaux contre les travailleurs et les jeunes furent les plus sanglantes illustrations de cette soi-disant « départementalisation ».
Prochain article sur le sujet: « 1946. Pourquoi intégration et non séparation d’avec la France ? » à lire dans le prochain numéro.


L’impôt du sang.

Le droit pour ces colonisés d’effectuer le service militaire avait été réclamé depuis longtemps par les parlementaires d’outre-mer. Il fut accordé en 1912 et généralisé en 1913. Mais le droit d’aller servir de chair à canon sur les champs de bataille fut obtenu vraiment en 1915. Avant, les Noirs et autres peuples de couleur n’avaient pas droit à cet « honneur » de « mourir pour la France » réservé aux travailleurs et peuple blancs, français de l’hexagone. Mais dès 1915 face aux pertes humaines, l’enrôlement massif des troupes coloniales fut décrété. Les bouchers avaient besoin de viande maintenant, qu’elle soit blanche, noire ou jaune.


Jamaïque. Le changement dans la continuité

Andrew Holness, JLP, vainqueurLes élections législatives du 25 février 2016 ont donné 32 élus au JLP (Jamaica Labour party, parti travailliste) et 31 au PNP (Parti national populaire). Les sondages n’avaient pas prévu la victoire, même d’une courte tête, du parti d’opposition. Portia Simpson Miller est donc remplacée par Andrew Holness, 43 ans, nouveau premier ministre. Andrew Holness leader du JLP a déjà été Premier ministre en 2011. C’était après la réaction armée contre l’extradition du trafiquant Dudus, Christophe Coke, demandée par les USA. Les habitants du quartier pauvre Tivoli qu’il contrôlait avec l’accord des politiques du JLP au pouvoir s’étaient en effet révoltés. Le Premier ministre du moment avait été destitué et remplacé par le jeune Holness. Portia Simpson avait remporté les élections quelques mois plus tard.
Les élections de 2016 se sont déroulées de façon moins violente qu’à cette époque où les quartiers pauvres étaient contrôlés par des bandits aux ordres de l’un des deux partis PNP ou JLP. Les gens disent qu’ils « ne vont plus se fâcher pour la politique ». Cet état d’esprit est aussi celui de ceux qui ne se sont pas déplacés, « las de cette alternance de deux partis qui ne change rien à leur vie ».
Pour gagner, le JLP avec Holness a fait une promesse, selon ses termes « aux travailleurs ». Il va doubler le salaire au-dessus duquel ils ne paieront pas d’impôt sur le revenu. Une seconde promesse a paru décisive pour le vote ouvrier, c’est la suivante : rembourser leurs impôts sur le revenu à tous ceux qui gagnent entre 5 000 et 12 300 dollars US par an. Sachant que ceux qui touchent moins de 5 000 dollars US ne paient pas cet impôt, cela concerne 118 000 des 650 000 travailleurs. Notons que le salaire minimum est actuellement de 1,27 dollar US de l’heure. Aujourd’hui, le JLP et le Premier ministre, M. Holness, prennent la direction des affaires et devront relever d’importants défis : chômage, problèmes d’eau, d’infrastructures, tout cela sous la pression du Fonds monétaire international (le FMI).
La dette du gouvernement vaut 125 fois le PIB (produit intérieur brut du pays). Le Premier ministre fait une promesse bien vague : le développement économique, comme solution. Du fait de sa faible majorité au parlement, il fait appel au PNP pour une unité d’action. Mais surtout, à peine installé, il a fait allégeance au FMI. Cette banque réclame le remboursement de ses prêts sans se soucier de la population. Au contraire, elle incite à faire payer les pauvres. Remarquons que le MEDEF local (le MEDEF est le plus important syndicat patronal en France) a déjà annoncé être d’accord avec le remboursement d’impôts aux petits salariés en déclarant que « cela va favoriser la consommation et ne gênera pas le programme du FMI. »
Les travailleurs, la population pauvre céderont-ils à l’appel au soutien du nouveau Premier ministre ?


Martinique : Lycée Schœlcher : sécurité et large concertation n'ont rien de contradictoire

Alfred Marie-Jeanne a annoncé qu'il ne souhaitait pas que la rentrée scolaire 2016-2017 ait lieu au lycée Schœlcher à Fort-de-France.
Ceci en mesure d'urgence répondant à l'état du bâtiment qui ne serait pas en mesure de résister à un séisme. Une énième dispute s’est développée entre la majorité de la CTM derrière Marie-Jeanne et l'opposition EPMN (Ensemble pour une Martinique nouvelle), autour du PPM. Les premiers accusent les seconds de négliger la sécurité des enfants et des enseignants, les seconds dénonçant un manque de concertation et… la volonté de rayer de la carte le lycée Schœlcher.
Rien que cela ! C'est pourtant simple : si le bâtiment n'est pas sûr, élèves et enseignants n'ont rien à y faire. Et les discussions et concertations les plus larges peuvent et doivent être menées d'ici la rentrée prochaine. Il n'est pas certain, d'ailleurs, que l'expression démocratique de la population soit parmi les priorités, ni de la majorité de la CTM, ni de l'Académie, ni de la mairie PPM de Fort-de-France.


Quelques chiffres

1US$ (un dollar US) = 121,7 J$ dollars de Jamaïque 1,5 million de dollars jamaïcains = 12 310 dollars US Donc devraient être soulagés du poids des impôts ceux qui gagnent entre 600 000 et 1,5 million de J$, soit entre 5 000 et 12 300 US$ par an.
Salaire minimum en 2016 en Jamaïque : 6 200J$ par semaine pour 40 heures soit 310 000 J$ par an à 40h/semaine. Salaire horaire minimum en Jamaïque (en dollars US) : 1,27 US$.


Martinique : Marie-Jeanne : le capitaine laisse des hommes à la mer...

Dans une interview pour France-Antilles le 27 février, Alfred Marie-Jeanne, président du Conseil exécutif de la CTM, a déclaré : « Je ne dois pas entraîner le bateau par le fond ! ». En clair, il veut réduire les dépenses, entre autre en faisant des économies sur le personnel. À la question « De combien d'agents allez-vous vous séparer ? », il répond tranquillement : « Le moment venu, je le dirai. Je ne peux pas le dire... ». Un peu plus loin, il parle de ses priorités : « ...les ligues sportives... l'aide aux entreprises... ». Aider les entreprises, tout en mettant des travailleurs dehors ! Un beau programme !