Site

Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1150 du 27 février 2016/Quatrième page

Quatrième page

L’enfer de Verdun

ZoomLa bataille de Verdun, dont le sinistre centième anniversaire est évoqué en cette fin février, est un symbole de ce que fut l’horreur de la première guerre mondiale. 25 000 soldats antillais ont été engagés dans cette guerre, et un tiers d’entre eux n’en revinrent pas. Ils furent nombreux à combattre à Verdun. Un grand nombre moururent des blessures reçues au combat, d’autres succombèrent à la maladie, la malnutrition, au froid.

Si la bataille de Verdun est encore aujourd’hui considérée comme le comble de l’horreur de la guerre, c’est en partie pour sa durée : commencée le 21 février 1916 par une attaque de l’armée allemande, elle se termina le 19 décembre de la même année, sur un bilan quasi nul du point de vue militaire : 600 000 morts et disparus, soldats français et allemands à parts égales. Les combats furent si violents que nombre de soldats perdirent la raison et durent être évacués comme des forcenés, roulés dans des couvertures. Dans les tranchées, outre les obus, les soldats étaient asphyxiés par les gaz.

Ceux qui survécurent restèrent pour beaucoup malades «gazés» ou handicapés par de graves blessures. Ils subissaient aussi la faim, la vermine, le froid. Dans les trous d’obus, les vivants côtoyaient les cadavres. Parmi eux, des soldats guadeloupéens, martiniquais, guyanais.

Qu’ils soient partis contraints ou aveuglés par la propagande patriotique, ils ont donné leur peau pour une guerre qui ne les concernait en rien. Pas seulement parce qu’elle se déroulait à des milliers de kilomètres. Elle ne concernait pas davantage les soldats français, anglais, russes, allemands et ceux de tous les pays qui y furent enrôlés, dont ceux de l’Afrique colonisée.

La première guerre mondiale, comme la seconde et celles qui ont suivi à travers le monde, était une guerre préparée et menée par la bourgeoisie, une guerre impérialiste menée pour la défense des intérêts et des richesses d’une poignée de capitalistes, une guerre pour le partage des colonies et du monde. Pour cela, les gouvernements ont envoyé à la mort des millions de jeunes gens.

Les révolutionnaires communistes furent les seuls à s’opposer à la guerre. En URSS, après la révolution d’octobre 1917, le pouvoir des travailleurs signa une paix séparée avec l’Allemagne. En Allemagne même, les révolutionnaires s’opposèrent à la déclaration de guerre et furent persécutés. L’un d’eux, Karl Liebknecht, déclarait «l’ennemi est dans notre propre pays». L’ennemi des travailleurs, c’est la bourgeoisie capitaliste, leur propre bourgeoisie, prête à les utiliser comme «chair à canon» si elle en éprouve le besoin. C’est elle qu’il faudra abattre pour pouvoir enfin vivre en paix.


HAITI :qui pour dédommager la classe ouvrière et les masses pauvres ?

Nous publions ci-dessous deux articles de nos camarades du journal « Voix des Travailleurs » organe de L’OTR (Organisation des travailleurs révolutionnaires) qui milite en Haïti.

Dans sa proposition de sortie de crise, le G8 propose, le pouvoir une fois conquis, de «mettre en place une commission d’indemnisation des victimes des journées de rébellion contre le régime Tèt-Kale et veiller à la bonne utilisation des fonds qui y seront alloués».

Mieux que tout autre discours ronflant sur la démocratie, sur le respect du vote de la population ou autres balivernes, cette considération à elle seule résume toutes les préoccupations de toute cette caste politique. Alors que les politiciens au pouvoir profitent des maigres ressources du pays plein pot, ceux de l’opposition rêvent de les avoir. De jour comme de nuit, ils se voient chefs, beaux avec les clefs des caisses publiques en main. Après la journée de manifestation du vendredi 22 janvier et l’annulation par le CEP du 2e tour des présidentielles, le groupe G8 et consorts se voyaient déjà au pouvoir le 7 février 2016.

A la manière de Gérard Latortue, en 2004, après l’exil de Jean Bertrand Aristide, qui avait fait preuve d’une grande générosité en distribuant plein de cadeaux à la bourgeoisie, le groupe G8 annonce qu’il se montrera tout aussi bienveillant à l’endroit des plus riches. Car c’est bien des riches qu’ils parlent quand ils mentionnent «les victimes des journées de rébellion contre le régime Tèt-Kale». Ce ne sont pas les travailleurs qui se sont fait insulter, agresser par des manifestants excités parce qu’ils se rendent à leur travail, ce ne sont pas les petites marchandes qui se sont fait molester, leurs barques et leur nourriture emportées par des malfrats prenant part à ces manifestations. Les classes exploitées et leurs intérêts n’ont jamais été au centre des préoccupations des politiciens en Haïti quelle que soit leur tendance. Ils en parlent et s’en servent simplement pour prendre le pouvoir et après, leur tournent le dos quand ils ne deviennent pas leurs bourreaux. Le slogan de Martelly pendant sa campagne «Viktwa pou pèp la» s’est concrètement traduit par la victoire d’une couche de corrompus, de trafiquants, de la bourgeoisie tout comme le règne des lavalassiens s’était transformé en la victoire des grands mangeurs.
LE LUMPEN PROLETARIAT, CHAIR A CANON DES POLITICIENS DANS LEURS LUTTES IMPLACABLES POUR LE POUVOIR

Depuis bientôt 6 mois, l’opposition manifeste régulièrement dans les rues de la capitale pour contrer les velléités de Martelly à passer le pouvoir le 7 février 2016 à ses copains et amis à travers des élections frauduleuses. Ces manifestations réunissent parfois des centaines, souvent des milliers de personnes. Se sentant acculé après l’annulation du 2e tour des présidentielles et l’approche fatidique de la date du 7 février, le parti de Martelly met également des gens dans les rues pour réclamer la poursuite des élections. Voilà que les tenants du pouvoir qui disposent de l’autorité, des moyens et des ressources en sont à revendiquer, eux aussi, dans les rues, comme de simples citoyens, ce qu’ils sont payés pour faire. Dans l’un ou l’autre cas, les politiciens courtisent les jeunes chômeurs des quartiers pauvres du pays, ces quartiers insalubres où tout manque. Loin d’œuvrer pour la disparition des ces bidonvilles infâmes et les conditions de vie exécrables de leurs habitants, les politiciens y encouragent la prostitution, l’insécurité, la violence, la drogue au point que ces lieux deviennent aujourd’hui des repères de brigands, de malfrats, de gangs armés qui prennent la majorité de leurs habitants en otage. Dans leurs luttes pour le maintien au pouvoir ou pour sa conquête, ces quartiers sont transformés en véritables poudrières attisées par les politiciens qui y distribuent des armes, de l’argent, etc.

Ce sont ces quartiers pauvres qui fournissent le gros des manifestants des différents groupes politiques. La recette est bien connue pour l’instant : un leader populiste et démagogue qui vend des illusions aux classes pauvres à travers des discours creux, la mise en place des troupes de choc pour conquérir le pouvoir au service de la bourgeoisie et après, le reniement des promesses.

Cité Soleil, Sartre, La Saline, Bel air, Delmas 2, Jalousie, etc. l’existence de tous ces bidonvilles est le résultat de l’exploitation des classes laborieuses par une minorité de possédants, cette politique au service des riches est menée par des politiciens qui se réclament tantôt de gauche tantôt de droite, mais qui ont tous en commun de mener une même politique au service des patrons, des grands commerçants, des trafiquants de produits illicites. Espérons que les travailleurs, les djobeurs qui constituent l’écrasante majorité de ces quartiers comprendront que les changements qu’ils souhaitent pour leurs vies passeront par une révolution qui enlèvera moyens de production aux classes exploiteuses et balaiera également les politiciens qui, aujourd’hui, monnayent la misère de la population pour assouvir leurs ambitions personnelles.


États-Unis : Quand le racisme s’invite aux Oscars.

La cérémonie des Oscars du cinéma se déroule chaque année depuis 1929 à Los Angeles. Elle a pour but de récompenser les productions mondiales du cinéma, les acteurs, les réalisateurs de films, les scénaristes… C’est l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, une association dédiée à la promotion et la préservation mondiale du cinéma qui nomme les lauréats et les récompensés. Cette année, ce sera la 88ème édition et depuis deux ans, aucun acteur ou actrice noirs n’a été nommé. Pourtant les films à succès sortis en 2015 où des Noirs tiennent le premier rôle en tant qu’acteurs ou réalisateurs ne manquent pas. Comme par exemple «Selma» qui raconte une partie du combat de Martin Luther King. Plusieurs personnalités ont appelé à boycotter cette 88ème cérémonie, comme Jada Pinkett Smith, actrice et femme de Will Smith. Le célèbre metteur en scène noir, Spike Lee, a annoncé qu’il n’y participerait pas. Depuis 1929, seulement 16 récompenses majeures ont été décernées à des acteurs et réalisateurs noirs. Ceux qui protestent contre le racisme aux Oscars ont donc raison. Certes ces Noirs là, multi millionnaires pour la plupart, même s’ils subissent le racisme, ne sont pas les plus à plaindre. Et parmi ces Noirs là, beaucoup ne se préoccupent pas des conditions de vie des Noirs pauvres. Le racisme le plus brutal, sans fard ni paillettes, ce sont les Noirs des quartiers pauvres qui le vivent au quotidien, ce sont les travailleurs noirs mal payés, derniers embauchés et premiers licenciés, ce sont les millions de chômeurs noirs. Ce sont aussi les jeunes Noirs maltraités et tués par des policiers blancs racistes avec la protection de l’État qui subissent le racisme sanglant. Mais, même si ce sont les Noirs qui subissent le plus le racisme aux USA, les femmes, blanches, noires, asiatiques, le subissent aussi, de même les originaires des pays d’Amérique latine, les «Latinos». Des protestations se sont aussi élevées en direction des dirigeants de ces Oscars du cinéma contre la discrimination qu’y subissent les femmes et les Latinos. Il ne faut pas s’attendre à autre chose dans le pays champion du système capitaliste. L’exploitation des travailleurs par une poignée de milliardaires capitalistes génère toute une série de formes d’exploitation et de discriminations comme le racisme et le sexisme. Ces dernières viennent de rattraper les acteurs noirs dont la célébrité ne peut pas masquer ce qui se passe derrière eux, dans les quartiers misérables, les ghettos, les usines. Là, bien des Noirs pauvres, des Latinos pauvres et autres minorités ethniques, bien des femmes de toutes couleurs, vivent l’enfer des discriminations raciales et sociales au quotidien.


Orange : grand profiteur et fraudeur !

Le bénéfice net d'Orange pour 2015 est de 2,65 milliards d'euros. C'est trois fois plus que celui de 2014. Les raisons de ce bond résident dans la sur-exploitation des travailleurs de l'opérateur historique. Des milliers de postes ne sont pas remplacés. Ceux qui restent sont pressurés. Ils doivent faire du chiffre à tout prix. Au prix de leur santé physique et mentale.

Une autre raison de l'augmentation de ses profits est qu'Orange a renforcé sa présence en Afrique. Il profite des salaires de misère qui sont versés aux travailleurs dans ces pays pour accroître ses profits. La grande pauvreté, le chômage la faim, les maladies touchent des millions de personnes dans ces pays. Oui, c'est sur cette misère là que fleurissent aussi les profits d'Orange.

Ce dernier possède 42,33% des parts de la SONATEL qui est l'opérateur historique du Sénégal. L'État sénégalais ne possède que 27% des parts. Les millions de profits pleuvent ! En plus, Orange n'hésite pas à frauder sur ses impôts du Sénégal. La presse sénégalaise vient de le révéler. Le journal le "Quotidien" écrit que les recettes annuelles déclarées par Orange seraient inférieures à 400 milliards de francs CFA (610 millions d'euros). Les profits annuels d'Orange au Sénégal seraient de l'ordre de 900 milliards de francs CFA...


Erratum

Dans l’article intitulé "La dette des hôpitaux, ce n’est pas celle des agents", paru dans le précédent numéro de notre journal, figurait une phrase laissant croire que le budget de l’État français est de 2100 milliards d’euros. Il s’agissait bien évidemment d’une erreur puisqu'il est en réalité de 373 milliards d’euros (prévisions pour 2016). Par contre les autres chiffres cités, de 400 millions d'euros et 390 millions d'euros, étaient bien celui de la dette globale des hôpitaux martiniquais et celui du budget 2013 du CHUM (Centre Hospitalier Universitaire de Martinique), respectivement. 

Le chiffre de 2100 milliards d'euros est celui de la dette cumulée de la France, qui équivaut presque à l'ensemble des richesses créées en une année dans l'Hexagone (le taux de dette sur le PIB atteindra 96,3% à la fin de l'année selon les dernières estimations du gouvernement).

Nous nous excusons auprès de nos lecteurs pour cette erreur. Reste néanmoins nos affirmations du fait que «la dette publique fait partie des mécanismes de l’économie », et que «C’est une question qui ne dépend nullement des personnels », étaient conformes à la réalité.


Bookmark and Share