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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1150 du 27 février 2016/Troisième page

Troisième page

Martinique (Basse Pointe) : Des travailleurs qui trinquent.

La presse s’est fait l’écho de licenciements intervenus sur les exploitations bananières «Leyritz-Sénécourt» et «Leyritz-Béranger» à Basse-Pointe, suite au décès de Joseph de Meillac, le propriétaire. Sur la trentaine d’ouvriers qui y travaillaient, une vingtaine a fait l’objet de licenciement. En effet, les enfants De Meillac ne tenaient plus à poursuivre l’exploitation d’autant plus qu’elle était en redressement judiciaire. Après avoir pris connaissance tardivement de la situation des entreprises, les salariés se sont réunis pour discuter de la conduite à tenir et fixer les conditions de leur départ. Selon le géreur, Juvénal Rémir, les problèmes viendraient d’aides non versées par l’État.

Il est tout de même surprenant de constater que ces exploitations qui produisent régulièrement de la banane et perçoivent des aides gouvernementales et Européennes se soient retrouvées en difficulté financière. Dans cette affaire, même si une solution a été trouvée et acceptée, ce sont tout de même les salariés qui, après avoir consacré des années à faire fructifier la fortune des propriétaires font les frais de la gestion de ces entreprises. Le géreur Rémir se présente comme celui qui a défendu au mieux les intérêts des travailleurs.

Mais cela ne change rien à l’affaire. Bernard Hayot, le plus riche béké des Antilles, s’annonce comme repreneur partiel. Mais il n’y a là que des perspectives lointaines et floues de réembauches. Lorsque les entreprises se portent bien, les travailleurs ne savent rien car il s’agit selon les propriétaires d’une affaire privée. En revanche, lorsqu'il s'agit d'expliquer ou de prétendre que les choses vont mal, les chiffres sont communiqués, publiés, commentés pour expliquer aux travailleurs que c’est à eux de se sacrifier pour sauver ce qui reste.


Guadeloupe. Damoiseau. Des grévistes déterminés.

La grève commencée le 18 janvier dernier suite à l’échec des négociations annuelles obligatoires se poursuivait encore le mardi 23. Les grévistes réclamaient une augmentation de salaire de 200€car ils n’en ont jamais eu même pour ceux qui ont plus de 25 ans d’ancienneté. Le patron très méprisant a carrément dit aux grévistes que s’ils ne sont pas contents, ils n’ont «qu’à aller manifester sous les arbres» comme s’il s’adressait à des singes.

Dans un premier temps il ne voulait rien céder aux grévistes.Face à leur détermination la direction a proposé un protocole de fin de conflit le 4/02/16 où elle proposait150 € étalés sur 2 ans (100 € en 2016 et 50 € en 2017). La direction acceptait également la mise en place d’une prime d’ancienneté et le versement d’une prime exceptionnelle de 500 € et l’étalement du paiement des jours de grève sur 5 mois.Les grévistes étaient prêts à signer ce protocole mais des clauses juridiques ont été rajoutées permettant à la direction de supprimer tous les acquis antérieurs.

Pire pour l’obtention de la prime annuelle, la direction a rajouté un article dans le protocole de fin de conflit où elle demande aux grévistes de s’engager à ne pas faire de grève, ni débrayage, ni arrêt de travail collectif ou individuel pour obtenir cette fameuse prime alors qu’elle ne s’engage qu’à négociercette prime au plus tard le 30/11/16 et en précisant qu’en cas de désaccord «une nouvelle période de discussion sera ouverte pour une période indéterminée».

Les grévistes ont refusé de signer un tel protocole de fin de conflit et ont proposé des amendements que la direction a refusé de discuter. Celle-cifait pression sur les grévistes pour qu’ils reprennent le travail sans la signature d’un réel accord. La direction montre son vrai visage car en réalité elle a fait mine de céder aux revendications des grévistes mais veut reprendre d’une main ce qu’elle accorde d’une autre main. Même les non-grévistes disent que ce n’est pas possible de signer un tel document.Cette direction a été surprise par la réclamation des NAO par les travailleurs qui entre temps avaient aussi créé leur syndicat CGTG. Pour l’instant il n’y a plus aucune discussion entre les protagonistes du conflit. La grève continue mais la détermination des grévistes est intacte face à une direction aussi arrogante et méprisante.


Guadeloupe : échos de sucrerie en lutte Gardel

Légende Photo : près d’un millier d’enseignants se sont rassemblés devant le rectorat le 25 janvierLE TON MONTE Mercredi 17, les ouvriers se sont réunis en assemblée générale dans la cour pour discuter des avancées des NAO. Ils ont tous été d’accord pour une augmentation de 35 euros pour l’ensemble des salariés. La direction fait la sourde oreille. Les ouvriers ont affirmé leur détermination à utiliser d’autres moyens si la direction n’entend rien.

MENACES SUR LES SALARIÉS DE LA PLANTATION Depuis que la direction parle d’acheter une machine à semer la canne, les bruits courent sur le licenciement des salariés dans la plantation. C’est le moment de montrer que les salariés ont les mêmes intérêts que ce soit dans l’usine ou dans la plantation.

LES ACTIONNAIRES RAPACES Un résumé du conseil d’administration tenu le 11 février à Paris : les actionnaires veulent faire plus de bénéfices, ils veulent toucher les subventions et que la direction se débrouille pour la «production». Mais là il y a un os, la «production» ce sont les travailleurs qui la font et ils ne démarreront que quand ils seront prêts.


Guadeloupe : écho des hôpitaux

CHU : AU BLOC, RAS LE BOL ! Depuis le mercredi 17, le personnel du bloc dans son ensemble a débrayé pour exprimer son ras le bol de travailler dans des conditions inacceptables, sans matériel, sans antiseptique de base, sans organisation, sans effectif suffisant, sans considération ! Une première rencontre tenue avec la direction et concernant l’approvisionnement pharmaceutique a accouché d’une souris, la direction et la pharmacie se renvoyant la balle. Allons-nous continuer longtemps à subir les conséquences des insuffisances de chacune ?

CHU : SI Y NI POU ZOI, Y NI POU KANNA ! Tous les instances où se décident la gestion de carrière des agents sont en retard, alors que des nominations de directeurs se font en permanence et à profusion. Faire passer le superflu avant l’essentiel, c’est chercher les problèmes ! Nous devons exiger que les instances se tiennent en temps et en heure.

CHU : VOUS AVEZ DIT PRÉVENTION ? Le zika fait la une, on parle de prévention et de la protection de l'ensemble  de la population. Pourtant au CHU, le lieu par excellence de la prévention, les agents dans certains services font la chasse aux moustiques avec les moyens du bord. Qui dit mieux ?


Guadeloupe : l’écho de l’aéroport

P.S.C. (NETTOYAGE) : MANQUE DE PERSONNEL ET DE MATÉRIEL À Prestation de Service Caraïbes (P.S.C.) nous fonctionnons très souvent en sous-effectif. Les personnes en congé ou absentes ne sont pas remplacées, et nous l’apprenons souvent au dernier moment. Cela commence à bien faire, d’autant que les surfaces à nettoyer ne diminuent pas, et que nous sommes en haute saison. Même le matériel est donné avec parcimonie, en particulier les sacs poubelles qu’on doit sans cesse réclamer pour travailler correctement.

AVIATION CIVILE : LE PERSONNEL SPOLIÉ PAR LE BLOCAGE DU POINT D’INDICE Depuis l’an 2000, la valeur du point d’indice des fonctionnaires est bloquée. Ce qui signifie qu’il n’y a pratiquement aucune augmentation du salaire de base par rapport à la hausse des prix. Les seules augmentations sont dues aux primes et à l’avancement à l’ancienneté. C’est donc une baisse réelle du pouvoir d’achat par rapport à ce que percevaient les collègues il y a 14 ans. Cette perte a été calculée pour catégorie C (la plus basse) : 250€ par mois en fin de carrière soit 190€ à la retraite, ce qui est considérable. Dans le même temps, plus de 1000 emplois ont été supprimés à la DGAC.

AVIATION CIVILE : ENCORE UN POSTE D’OUVRIER SUPPRIMÉ… Un collègue ouvrier d’État part à la retraite ce mois-ci. Comme les précédents, il ne sera pas remplacé. La direction en Martinique (DSAC) devait «externaliser» ses fonctions, mais il semble que ça reviendrait trop cher, selon le directeur. On propose donc aux rares collègues restants d’effectuer les tâches à tour de rôle, ce que beaucoup refusent, et on les comprend…


Pawol a travayè bannann (Plantations en Lutte)

SA BOIS-DEBOUT : SA Y BON POU ZWA, BON POU KANNA  Le vendredi 12 février, le tribunal de Basse-Terre avait convoqué 97 camarades pour témoigner contre Louis Dormoy. Le directeur Alquier nous a dit qu’il n’allait pas nous payer cette journée de travail, «ça ira dans les frais de justice». Sentant monter notre colère, il a proposé de payer seulement 3 heures. Par contre sa journée lui sera payée entièrement, au prétexte qu’il est allé au travail en revenant du tribunal. Pourquoi ne nous a-t-il pas demandé de venir travailler en sortant du tribunal ? Nous exigeons le paiement intégral de notre journée de travail.

POUR UNE FOIS LES  «CHEFS»  ONT TRAVAILLÉ UN PEU Le vendredi 12, près d’une centaine de camarades étaient au tribunal de Basse-Terre. Or malgré ce grand nombre d’absents, la direction a quand même pu faire 18 charriots de bananes. Très certainement pour atteindre cet objectif les «chefs» ont dû suer un peu. Comme cela ils ont une idée de ce que cela veut dire travailler.

CONDITIONS DE TRAVAIL : CHALUS JOUE LES IGNORANTS Le 12 février, un certain nombre de camarades sont allés à la Région pour exiger que le nouveau président Chalus prenne position sur les conditions de travail inhumaines dans les plantations. Chalus a déclaré qu’il n’était pas au courant. Pas étonnant ; au lieu de passer tant de temps avec le patron T. Damba, il ferait mieux de discuter avec nous les concernés !

INTERDIRE LES LICENCIEMENTS Le 22 février prochain, le patronat et les syndicats, mais pas les organisations de chômeurs, vont rediscuter de l’indemnisation du chômage. Le gouvernement veut économiser 800 millions d’euros sur ces indemnités. Le patronat envisage de s’en prendre à ceux qui alternent indemnisation et périodes de travail. Le patronat, principal responsable du chômage, est donc juge et partie. C’est au chômage qu’il faut s’attaquer, pas aux chômeurs et la première mesure serait d’interdire les licenciements et partager le travail entre tous, en prenant sur les dividendes des actionnaires !


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