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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1150 du 27 février 2016/Deuxième page

Deuxième page

Communiqué de notre camarade Nathalie Arthaud

Migrants : les bulldozers en guise de politique A vingt heures, le gouvernement évacuera la zone sud du camp de Calais. C’est, aux dires du ministre de l’intérieur, «une opération humanitaire». L’opération est refusée par les personnes qu’elle est censée secourir, elle est réalisée par la contrainte et par les bulldozers et le gouvernement ose parler d’humanitaire ! Les conditions du camp de Calais sont évidemment inhumaines et infâmes. Mais à qui la faute ? Certainement pas aux migrants que le gouvernement se prépare à chasser à coups de matraque.

Si le gouvernement avait réellement mis d’autres conditions d’hébergement à la disposition des migrants, ce camp aurait disparu depuis longtemps. Le camp de conteneurs installé par l'État est bien insuffisant pour les 3000 migrants qui seront contraints d’aller se cacher dans les bois, dans les dunes ou d'aller grossir d'autres camps dans des conditions de sécurité pire encore.

C’est une politique abjecte destinée à prouver sa fermeté vis-à-vis des migrants et flatter l’électorat de droite et d’extrême droite. Non seulement le gouvernement refuse d'accueillir les réfugiés, mais il empêche ceux qui veulent partir de France de le faire.

Que l’arrivée d’un ou deux millions de femmes et d’hommes soit un problème insoluble pour un continent de 500 millions est bien la preuve d’une organisation sociale inhumaine. En assurant la liberté de circulation et d’installation aux migrants, il n’y aurait pas de camp ni à Calais ni à Dunkerque, les réfugiés se répartiraient d’eux-mêmes à l’échelle du continent européen, ils pourraient s’appuyer sur des membres de leurs familles et sur toutes les bonnes volontés qui existent. A bas la fermeture des frontières qui créé le drame humain des migrants ! A bas la politique inhumaine du gouvernement ! 23/02/2016 Nathalie ARTHAUD


Conférence sur le réchauffement climatique : des solutions en trompe-l’œil

Le Jeudi 18 février, la conférence organisée à Madiana par l’association VALORA sur «le changement climatique et ses conséquences en Martinique» a connu une forte participation.

Cette association prévoit de poursuivre la sensibilisation sur les questions de l’environnement. Le 18 février dernier, les conférenciers étaient Jean Louis Vernier, directeur adjoint de la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et Pascal Saffache, Professeur des Universités.

Ce dernier a focalisé son propos sur les conséquences de la montée des eaux dans les Caraïbes et plus particulièrement en Martinique et Guadeloupe. Il a donc été question de la réalité du réchauffement climatique actuel et des projections faites sur ses conséquences à l’horizon 2100 par le Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat, le GIEC, organisation créée par l’ONU. Depuis plus de 20 ans les experts ont établi la relation entre le réchauffement climatique actuel et l’augmentation d’émissions de dioxyde de carbone, CO2, venant de la combustion des énergies dites fossiles, le pétrole et le charbon, et autres gaz à effet de serre (GES), due aux activités humaines. D’ici 2100, les experts prévoient une augmentation des températures, entre 0.3% et 4.8% degrés Celsius, en fonction de la croissance démographique, du développement économique et des choix technologiques qui seront faits.

L’un des phénomènes liés au réchauffement climatique est la montée du niveau des mers submergeant des régions entières où vivent des millions d’habitants et donc le déplacement voire la migration de populations de ces zones si rien n’est prévu. D’ici 2050, entre 200 millions et 1 milliard de personnes pourraient ainsi migrer pour des raisons climatiques. Cette situation aggravée par le renforcement des phénomènes climatiques, tels les canicules ou grandes sécheresses ou les cyclones, serait prévisible pour certains ilots ou le littoral des îles de la Caraïbe.

De grandes conférences mais peu de résultats concrets Le rappel des grand-messes internationales organisées comme principales réponses apportées depuis 23 ans à cette évolution dangereuse et préoccupante par les dirigeants des grandes puissances économiques, a suivi ces sombres prévisions.

C’était l’occasion pour les conférenciers de mettre l’accent sur les résultats de la dernière grand-messe en date, la COP 21 qui a réuni 193 pays à Paris en novembre 2015. Mais tout en reprenant le qualificatif «d’historique» le conférencier rappelait qu’entre la signature de cet accord et son application réelle par les états signataires, la différence était souvent grande, tant les situations politiques et aussi économiques, pouvaient changer.

Puis, le directeur de la DEAL se voulant quelque peu rassurant, indiquait qu’avec la «loi de transition énergétique pour la croissance verte», promulguée en août 2015, l’État français prend aussi ses responsabilités à l’échelle nationale et aussi locale aux Antilles. Selon lui, cette loi, avec ses expertises, ses préconisations ou ses aides aux entreprises ou Collectivités locales vertueuses - celles qui favorisent des économies d’énergies - devrait permettre de promouvoir des solutions pour aller vers des énergies propres et renouvelables. Solutions en trompe l’œil que tout cela quand on voit la réalité sur le terrain aux Antilles mêmes – terres polluées par le chlordécone, déforestations, etc. Evidemment la démonstration des conférenciers s’arrête là.

Le système capitaliste, principale cause du réchauffement climatique Car ces belles explications masquent une réalité fondamentale. C’est que dans la société actuelle, la société capitaliste, les dites «activités humaines» se font dans le cadre d’un système économique basé sur la propriété privée des moyens de production (le foncier, les machines, les matières premières), le système capitaliste. Elles se font selon les lois du profit de quelques poignées de capitalistes, les lois du marché et de la concurrence. Et face aux intérêts de ces profiteurs, les lois des États et de leurs dirigeants sont impuissantes.

Alors il reste aux États, en particulier aux gouvernements des pays développés aidés de certains écologistes, à faire de belles campagnes de sensibilisation sur le fait que  «l’avenir de la planète est entre les mains de chacun d’entre nous», en invitant tout un chacun à «faire un petit geste pour la planète».

Mais face aux désastres provoqués par certaines sociétés capitalistes au nom du développement économique, ces «petits gestes», même s’ils ne sont pas inutiles, n’empêchent guère l’augmentation de rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. On le voit ne serait-ce qu’avec les récentes autorisations données par le gouvernement des États-Unis à la société Shell pour effectuer de nouveaux forages dans l’océan Arctique ou encore avec la poursuite des déforestations massives en Amazonie.

En définitive ce type de campagnes qui renvoient dos à dos les particuliers, les industriels, ou les actionnaires des grosses sociétés capitalistes, ne font que dédouaner ceux qui s’enrichissent avec cette organisation économique et qui sont les seuls à la diriger. Ils gardent les mains libres pour continuer le désastre à grande échelle.

Le vrai moyen de faire face au réchauffement climatique - soit en le réduisant, soit en trouvant des moyens pour que la société s’y adapte - sera bien de se débarrasser de ce fléau que constitue cette organisation capitaliste absurde et criminelle.


Martinique : Il y a 42 ans, Chalvet

Au cours d’une grève pour des augmentations de salaires, deux ouvriers de la banane, Ilmany et Marie-Louise, ont été assassinés par les forces coloniales dans le nord de la Martinique. Plusieurs autres grévistes et militants furent blessés sous le feu des gendarmes.
Un témoin de l’époque qui s’était tu, alors qu’il avait été le premier à découvrir Marie-Louise mort à Chalvet, a tenu à apporter son témoignage sur les ondes. Confirmant ce qui était connu de la population, il a expliqué comment il avait trouvé tout le corps lacéré de coups. Pour lui, Marie-Louise a bien subi d’atroces tortures.

Les corps de répression qui faisaient régner l’ordre colonial ont cherché à étouffer l’affaire pour éviter une explosion de colère. Ils ont voulu faire croire à l’opinion publique que c’était un accident.
Celle-ci n’était pas dupe. D’ailleurs le témoin a conclu en disant «si la population avait tout de suite su toute la vérité, ce serait la révolution en Martinique». Il arrivera bien un jour où les travailleurs en lutte se lèveront pour mettre fin à cette société capitaliste exploiteuse et criminelle.


Martinique : Les contorsions d’un dirigeant du MIM !

Dans le France-Antilles du lundi 15 février 2016, Daniel Marie-Sainte explique sa démission du conseil municipal du Lamentin. Ce dernier est dirigeant du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) et du «Gran sanblé pou ba péyi a an chans» (Grand rassemblement pour donner sa chance au pays), (coalition MIM/yann Monplaisir). Monplaisir est à la fois un capitaliste et le leader des Républicains. Cette liste d’union est arrivée à la tête de la CTM (Collectivité territoriale de la Martinique) après le deuxième tour des élections de décembre dernier. Marie-Sainte explique qu’il a démissionné pour mieux consacrer son temps à la gestion de la CTM. Au tout début de l’interview, le porte-parole du Conseil exécutif de la CTM explique au journaliste de France Antilles que l’alliance au deuxième tour avec le capitaliste Yan Monplaisir, porte-parole de la droite de Sarkozy «n’est pas une alliance avec la droite, c’est un contrat de gestion avec une liste». Il y a un proverbe créole qui dit «avan ou té macak mwen té ja adan an piébwa ka atann-ou.» (Avant que tu sois un singe, je t’attendais déjà dans l’arbre). Que de contorsions pour expliquer l’alliance «gran samblé» avec le dirigeant des Républicains en Martinique, et par ailleurs capitaliste ! Daniel Marie-Sainte et les élus du Gran sanblé sont au service de la bourgeoisie tout en faisant croire à leurs électeurs qu’ils sont au service de «tous les Martiniquais».

En définitive, D. Marie-Sainte a démissionné de son poste de conseiller municipal du Lamentin pour mieux être au service des possédants et des capitalistes locaux, tout en acceptant d’être aux ordres et sous le contrôle du gouvernement français. Dans la société capitaliste quand la bourgeoisie accepte que des hommes et femmes politiques soient à son service pour gérer les affaires politiques et sociales d’un pays, il y a toujours «un contrat de gestion» qui est établi. A ce titre, le Mouvement Indépendantiste Martiniquais n’a rien inventé.

Dans le cadre de ce «contrat de gestion», les leviers de commande sont bel et bien aux mains du patronat. C’est bien ce qui s’est passé le 13 décembre 2015, avec la victoire à la CTM du «Gran sanble pou bay péyi a an chans. » Cette «chans-là», Daniel Marie-Sainte et le camp patriotique avec à sa tête Alfred Marie-Jeanne n’ont surtout pas voulu la rater.


Guadeloupe : L’ÉCHO DE JARRY

CENTRALE POINTE JARRY : ON SE DEMANDE À QUOI SERVENT LES CHEFS… Les voitures d’astreinte ont mystérieusement «disparu» lors du déménagement entre l’ancienne et la nouvelle centrale. Les travailleurs ont dû demander plusieurs fois quand est-ce qu’ils vont retrouver des voitures. Au départ, on leur a répondu : « la faisabilité est à l’étude ». Et la compétence des chefs, elle est aussi « à l’étude » ?

EDF CENTRALE POINTE JARRY : FINALEMENT, LES CHEFS ONT VU LA LUMIÈRE ! La semaine dernière, un responsable a promis aux travailleurs qu’ils auront de nouveau des voitures pour assurer l’astreinte. Il aura quand même fallu plus d’un an pour régler un « problème »… qui n’existait pas de l’autre côté de la rue !

GÉNÉRALE DES EAUX : UNE DIRECTION TIMBRÉE ? En janvier, le directeur avait envoyé une lettre aux ouvriers du secteur du Moule pour leur annoncer qu’ils quitteraient l’entreprise le mois suivant. Dernièrement, la direction a de nouveau posté une lettre aux mêmes ouvriers pour dire qu’elle les garde jusqu’en décembre. A kijé yo ka jwé ? La Poste dit qu’il y a une crise du courrier, ce n’est pas de la faute du directeur Certain !