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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1149 du 13 février 2016/Troisième page

Troisième page

Martinique : Santé : une mobilisation pour se faire respecter

Le jeudi 4 février, dès 8h, environ 300 agents venant des hôpitaux mais aussi d’établissements médico-sociaux de l’île se sont rassemblés dans le hall de l’hôpital Pierre Zobda-Quitman à Fort-de-France. Des délégations sont arrivées drapeaux en tête aussi bien de l'hôpital de Mangot-Vulcin au Lamentin, que de ceux de Trinité, de Saint-Esprit ou du Marin, ou encore du foyer la Ruche pour ne citer que celles-là. D’autres ont rejoint directement l’immeuble de l’Agence Régionale de Santé où les syndicats avaient prévu de rencontrer C. Ursulet, le directeur de l’ARS. L’ensemble des syndicats de la Santé, CDMT, CGTM, CSTM, FO, SASM et UGTM, avait appelé à cette mobilisation générale. Sur le site du Centre Hospitalier de Fort-de-France, certains agents avaient dû s’organiser dans leur service pour faire grève malgré le manque d’effectifs. Ils se déclaraient grévistes tout en assurant leur activité. D’autres participaient à l’assemblée générale à tour de rôle. Pendant près de trois heures, les prises de paroles des représentants du personnel ainsi que les témoignages de plusieurs agents se sont succédé. Ils dénonçaient tous concrètement le manque de moyens telle l’utilisation de draps déchirés pour faire les toilettes des patients pour pallier le manque de gants. Ils dénonçaient également le non-remplacement à 100% des départs à la retraite ou des congés maladie qui fait que certains collègues se retrouvent à travailler durant 14 heures d’affilée car il n’y a personne pour la relève. Ensuite, les délégations se sont rendues au siège de l’ARS pour obtenir du directeur des réponses à leurs revendications. Au bout de plus de quatre heures de discussions plus ou moins spécieuses, ce dernier accepta de donner aux délégations syndicales un document faisant état des dernières dispositions prévues par le ministère de la Santé pour assurer le fonctionnement du CHUM. Les délégations syndicales obtinrent un nouveau rendez-vous avec le directeur de l’ARS. Suite à cela le mouvement fut suspendu.


Manifestation anti-migrants à Calais : les nostalgiques du nazisme et du fascisme à l’œuvre

Samedi 9 février des organisations racistes comme «Pegida» (en Allemand «Patriotes européens contre l’islamisation de l’occident») avaient annoncé une manifestation – en fait un défilé de voyous affichant leur volonté d’en découdre – contre les migrants Syriens ou Afghans qui sont parqués à Calais dans des conditions inhumaines. Cette manifestation ayant été interdite, ses meneurs ont été arrêtés. La presse est aujourd’hui tout étonnée de découvrir parmi les dits meneurs un certain général Piquemal, chef décoré de la Légion étrangère, aujourd’hui soutenu à grand cris par le Front National. Toutes ces organisations fascisantes ont pour objectif la destruction de ce qu’ils appellent le «marxisme», c’est-à-dire en fait de tout ce qui, de près ou de loin, à un rapport avec le mouvement ouvrier : les groupes communistes révolutionnaires, mais aussi les syndicats quels qu’ils soient et les partis comme le PC. Ils s’en prennent aux immigrés pour envenimer les divisions au sein de la population, mais aussi pour se trouver une cible facile parmi les travailleurs les plus isolés (les seuls contre lesquels ils peuvent pour le moment faire le coup de poing). Ils sont les ennemis mortels des ouvriers et il n’est pas étonnant de trouver parmi eux des semi-truands, des barbouzes (comme ceux qui ont aidé récemment deux trafiquants de cocaïne à s’évader de St Domingue avec l’appui d’un député FN), voire des membres hauts placés de l’appareil d’État, notamment de l’armée. Les journalistes ont la mémoire bien courte. Ont-ils oublié le rôle ultraréactionnaire, violent, raciste qu’ont joué les hauts officiers de l’armée française en Algérie, en Indochine et ailleurs ? Ont-ils oublié que certains d’entre eux (les généraux Salan et Jouhaud, le colonel Godard) n’ont pas hésité, à l’époque, à créer des organisations terroristes d’extrême droite comme l’OAS ? Les travailleurs, eux, doivent s’en souvenir.


Guadeloupe : Mobilisation au Pôle Emploi de Port-Louis

Les agents du Pôle emploi de Port-Louis se sont mobilisés pour l’intégration d’une de leurs collègues en CDI (contrat à durée indéterminée). Son contrat unique d’insertion, contrat d’accompagnement dans l’emploi, se terminait le 31 janvier. Comme dans la plupart des agences de Guadeloupe, les postes du secrétariat et du standard ont été supprimés. Le poste est tenu indistinctement par plusieurs collègues qui tournent ou par un collègue en contrat aidé. Sous prétexte d’aider ces collègues qui sont souvent chômeurs de longue durée, Pôle Emploi fait tourner depuis des années des jeunes femmes précaires sur ces postes. A Port-Louis, les agents ont décidé de ne plus l’accepter. Le 25 janvier une partie du personnel s’est mobilisé. Elles, car ce ne sont que des femmes, ont envoyé un cahier de revendications comportant aussi des demandes d’amélioration des conditions de travail. Ce n’est qu’après deux jours de blocage et après le dépôt d’un préavis de grève par deux organisations syndicales, l’UGTG et la CGTG, que la direction de Pôle Emploi a pris en compte les revendications des agents. Sur la longue liste de points concernant les conditions de travail, les agents ont obtenu satisfaction. Mais s’agissant de la titularisation de l’agent en contrat à durée indéterminée, Pôle Emploi n’a pas cédé. Finalement, la salariée a obtenu un nouveau CDD ce qui lui permettra de reculer sa période de chômage. Pour les agents de Port-Louis ce petit succès n’est pas négligeable. Elles ont repris le travail la tête haute. Par la lutte, elles ont démontré qu’il est possible de faire reculer Pôle Emploi. Pour l’instant, les autres agents ne sont pas prêts à une lutte d’ensemble contre la précarité. L’exemple des Abymes où les agents se sont là aussi mobilisés, une semaine avant, pendant une journée pour un agent en fin de contrat a donné des idées à ceux de Port-Louis mais aussi à ceux de Saint-Martin. Ils ont envoyé une lettre ouverte à leur direction réclamant la poursuite des contrats de deux agents en remplacement de mission. De crainte que de tels mouvements se multiplient, la direction de Pôle Emploi Guadeloupe a pris les devants en prélevant un jour de salaire aux agents de Port-Louis. Mais cette mesure d’intimidation mesquine n’est vraiment pas de nature à dissuader les agents de se mobiliser de nouveau quand ils le jugeront opportun.


Guadeloupe : Toshiba (Jarry) : les grévistes ont fait reculer la direction

Le 28 janvier dernier les 3 grévistes du groupe SMB (Toshiba) ont signé un protocole d’accord avec la direction, mettant ainsi fin à leur grève commencée le 19 janvier. Ils réclamaient une augmentation de salaire de 350 € et l’accord signé prévoit de leur accorder 250 € étalés sur 3 ans. Ainsi, dès février 2016, ils percevront 75 € brut sur leur salaire de base, puis en novembre 2016 ils auront de nouveau 75 €. En septembre 2017 l’augmentation sera de 50 € et en septembre 2018 elle sera de 50 €. Les jours de grève ne sont pas payés mais les retenues sur salaires seront étalées sur plusieurs mois. Les 3 salariés grévistes affiliés au syndicat CGTG-Commerce, grâce à leur détermination, ont tenu tête à leur direction. C’est la première fois qu’ils revendiquaient des augmentations de salaire. Ils ont repris le travail le 29 janvier très satisfaits d’avoir fait reculer une direction qui au début de la grève ne voulait rien donner. Certes ils n’ont pas obtenu totale satisfaction mais leur ténacité a quand même été payante.


COMBAT OUVRIER de Invitation

A l’avant-première du film : Comme des Lions (Réalisé par Françoise DAVISSE, avant sa sortie officielle le 16 mars à Paris) Fin juillet 2012, quelques jours avant les congés annuels, la direction de PSA Peugeot Citroën annonce aux trois milles salariés de l’usine d’Aulnay-sous-Bois que cette usine sera fermée dans moins d’un an. Ce film raconte comment quelques centaines de travailleurs vont s’organiser pour lutter au coude à coude et faire grève pendant quatre mois. Projection : à 18 h30 le vendredi 19 Février 2016 A l’AMEP 183 route de Redoute Fort de France


Jean et Martin Despointes : protégés par les juges ?

La semaine dernière, un couple qui trafiquait du lambi a été très lourdement condamné. L’enquête a montré que Carrefour Milénis figurait parmi les principaux acheteurs : 1 tonne et demie avait été proposée en promo. Les autorités parlent de « tromperie », mais n’ont pas poursuivi les directeurs de l’hypermarché, Jean et Martin Despointes. Eh oui, les mêmes békés qui ont essayé de couler la CGTG… avec l’aide des juges !


Martinique : Le mécontentement chauffe chez les pompiers

Les sapeurs-pompiers ont adressé un courrier à Belfort Birota, le président du SDIS «Service Départemental d’Incendie et de Secours» de la Martinique, dans lequel figurait un préavis de grève, qui prendra effet dès le jeudi 11 février. Ils protestent contre le fait que leurs salaires du mois de janvier restent impayés, avec aucune garantie que ceux de février et de mars leur seront versés. Ils manifestent également leur ras-le-bol contre le manque de moyens et de matériel dont ils sont victimes, ce qui aggrave leurs conditions de travail et de sécurité. Le président du SDIS reconnaît que : «sur un budget de 25 millions d’euros… plus de 7,8 millions d’euros n’ont pas été versés au 31 janvier». Soit l’équivalent de 3 mois de salaire. Quant à l’entretien du matériel, le personnel dénonce que : «sur les 17 ambulances, deux sont en réparation, une dizaine de camions incendie sont à réparer …» Ce n’est pas la première fois que les sapeurs-pompiers dénoncent cette situation intolérable. Ils sont soutenus par la CGTM. La responsabilité vient de l’État et du gouvernement qui ont décidé depuis des années de restreindre le budget des communes, des services publics et des hôpitaux. C’est pour mieux répondre aux appétits des capitalistes locaux en les subventionnant à coups de millions d’euros ou en les exonérant des charges sociales. Résultat, ce sont les salariés de ces établissements mais aussi la population qui paient les pots cassés. En tout cas, comme pour les agents hospitaliers, les sapeurs-pompiers ont bien raison de tirer la sonnette d’alarme, pour refuser de faire les frais de la politique du gouvernement.


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