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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1159 du 16 juillet 2016/CO n° 1158 du 4 juillet 2016/Première page

Première page

Editorial:Brexit L’écume d’une houle bien plus menaçante !

ZoomLe Brexit est une démonstration de plus, cette fois éclatante, que la véritable Union européenne (UE) ne pourra exister dans un monde dominé par des États au service des capitalistes et des financiers et par leurs serviteurs politiques de gauche et de droite. Le marché commun et son élargissement ont été voulus par la bourgeoisie pour se constituer un marché libre de plus de 300 millions d’habitants. Pour cette classe dominante, il ne s’agit que de réaliser le plus de profits possible dans le minimum de temps. « L’intérêt supérieur d’une Europe unie devant passer avant celui, égoïste des nations » : cela c’est le lyrisme poétique de quelques dirigeants. Autrement dit, du pipo pour le bon peuple.

En réalité, les classes bourgeoises des pays européens naviguent constamment entre l’Union européenne et le repli nationaliste sur leurs frontières quand cela les arrange. C’est ce repli, soi-disant source de tous les bonheurs, qu’a prétendu opérer une fraction de la bourgeoisie anglaise en faisant campagne pour le Brexit. Plus exactement c’est ce qu’elle a fait croire à la population du Royaume-Uni pendant la campagne, en mentant ouvertement parfois. Aujourd’hui après leur victoire au référendum, les ténors du Brexit tiennent un autre langage : conserver le maximum de relations avec l’Europe, ne pas se précipiter, c’est ce que Boris Johnson, l’ex maire de Londres et leader du Brexit, a déclaré. Quant au leader du parti d’extrême droit UKIP, Nigel Farage, il a avoué que la contribution financière que la Grande Bretagne verse à l’Europe ne pourrait être rendue à la population britannique, reconnaissant implicitement que c’était un argument de campagne. La droite et l’extrême droite britanniques ont largement surfé sur le désarroi d’une grande partie de la population qui souffre des bas revenus, du chômage, de la baisse du niveau de vie, pour rendre l’Union européenne et l’immigration responsables de tous les maux. Dans la population, certains reconnaissent aujourd’hui avoir été trompés. Cela dit, en sens inverse, qu’est ce que le fait de faire partie de l’Union européenne leur a apporté de mieux dans leur vie quotidienne ? Pas grand-chose.

Ce n’est ni le fait d’être dans l’UE ou de ne pas y être qui dégrade la situation des travailleurs et des classes populaires. C’est la crise du système capitaliste. C’est la loi des spéculateurs de la finance qui jouent avec des milliards et qui font planer en permanence le risque de crise violente, comme en 2008, ou de crise rampante s’aggravant lentement comme c’est le cas depuis 40 ans. En 2008 quel pays était sorti de l’Europe ? Aucun. Le oui au brexit de la majorité de la population du Royaume-Uni est une protestation contre la dégradation de leur niveau de vie, contre la misère, contre l’exploitation.

Mais se replier sur ses frontières nationales n’est pas non plus la solution pour les peuples. C’est une Europe des travailleurs qu’il faudrait. Mais ce ne sera une réalité que lorsque le système capitaliste ne sera plus le système dominant. Seuls les travailleurs les pauvres, les classes populaires pourront réaliser cette Europe là car ils n’ont rien à y perdre mais tout à y gagner. Il ne s’agira pas alors de réfléchir dans le sens des profits à réaliser et de se contorsionner en ce sens, comme le fait la bourgeoisie, mais de se poser la seule question salutaire : Comment régler les problèmes de la majorité de la population ? En terme de vie meilleure, de meilleurs revenus, bref de plus de bonheur au quotidien. Les richesses produites par les travailleurs seront alors mises en commun pour satisfaire tout un chacun en fonction de ses besoins ; c’est cela l’avenir socialiste. C’est ce combat qui mérite d’être mené contre la bourgeoisie, contre ses errements dans son Europe à elle, porteuse de crises qu’elle veut faire payer aux travailleurs.


Martinique : Fusion des offices du tourisme et menace sur les emplois

Les salariés des offices du tourisme des communes du Nord de la Martinique ont des inquiétudes sur leur avenir. En effet, à partir du 1er janvier 2017, la promotion du tourisme deviendra une compétence obligatoire des communautés d’agglomérations en application de la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) d’août 2015.

Les offices municipaux doivent disparaître et un office du tourisme communautaire unique doit être mis en place. C'est la fin programmée de l’office du tourisme du Robert, de celui de Sainte-Marie, de Trinité et autres ! Ainsi à la mi-juin, les élus de la communauté d’agglomérations « CAP NORD » qui regroupe 18 communes se sont réunis avec les dirigeants du CMT, (Comité Martiniquais du Tourisme, officine liée à la CTM - collectivité territoriale de Martinique.

La question des salariés des 10 offices du tourisme et 6 syndicats d’initiative recensés sur les 18 communes du Nord n’était pas à l’ordre du jour de cette réunion des élus de Cap Nord. Néanmoins le journal France-Antilles du 22 juin indiquait que « l’inquiétude (des élus) était clairement palpable sur leurs visages en écoutant les attendus de cette loi » concernant le « sort réservé à leurs collaborateurs ».

Pour tous les salariés de ces offices, cela risque d’être bien plus qu’une simple inquiétude. Pour ne pas être les victimes de la politique d’austérité du gouvernement Hollande aux ordres des capitalistes, ni faire les frais de petits arrangements entre élus locaux, les salariés ont intérêt à être vigilants. Au-delà des plans et autres expertises pour la promotion du tourisme, ils auraient intérêt à exiger de leurs employeurs des garanties pour conserver leurs emplois  


Guadeloupe Abymes : Les riverains du Morne Torudu remportent une première bataille

Depuis qu’ils se sont regroupés en collectif pour soutenir deux des leurs devant la justice le vendredi 10 juin, les habitants du Morne Torudu et des environs ont décidé de maintenir leur mobilisation. Le 17 juin, le tribunal n’a retenu aucune charge contre ces deux habitants. Deux membres du collectif de résistance du morne Torudu ont comparu « pour violence » devant le tribunal de Pointe-à-Pitre.

Ils étaient accusés par une société immobilière dirigée par des békés, qui a construit 90 logements dans le quartier, d’avoir empêché le démarrage de travaux d’assainissement sur une parcelle de terre appartenant à leur famille. Avant le rendu de la décision de justice, le petit groupe d’habitants, riverains et amis du quartier, se sont rencontrés régulièrement pour définir des actions de protestation. Ils ont obtenu une réunion avec le maire des Abymes, Eric Jalton. Une dizaine d’entre eux lui ont exposé les nuisances qu’ils subissent déjà.

Ils lui ont aussi demandé d’abroger le permis de construire du réseau d’assainissement. Le lendemain, le maire qui avait paru à l’écoute des revendications des habitants, s’est rendu sur place avec son staff municipal. Son attitude avait changé. Après avoir fait le tour du quartier et discuté avec les habitants, il a refusé de s’engager à retirer l’arrêté autorisant les travaux, s’en remettant à la décision de justice qui devait être rendue le vendredi 17. Pour les riverains, hors de question d’admettre que ces promoteurs immobiliers construisent sans leur accord sur des terres qui leur appartiennent. Ils ont alors organisé un barrage filtrant sur la voie privée qui traverse leur terrain, sur laquelle circulent de nombreux automobilistes qui relient les quartiers de Chauffour à Chauvel. Plusieurs distributions de tracts ont alerté la population sur les raisons de leur colère.

Le 17, le tribunal de Pointe-à-Pitre a rendu son jugement qui ne reconnaissait aucune violence contre les ouvriers du chantier du lotissement. Parallèlement, le tribunal administratif, saisi par les riverains qui avaient demandé l’annulation de l’arrêté du maire, a lui aussi rendu sa décision. Le tribunal n’a pas annulé l’arrêté. Le juge administratif a toutefois rappelé que le maire ne peut pas donner l’autorisation de construire sur un terrain privé.

De fait, les travaux sont arrêtés. Les riverains ont obtenu une première victoire. Ils restent vigilants car ils s’attendent à une nouvelle attaque des promoteurs du lotissement qui devait être livré fin juin et qui a pris un retard considérable.


Guadeloupe : Les jeunes de Rebelle ! motivés pour riposter

Samedi 25 juin, les jeunes du journal Rebelle ! ont organisé leur journée de fin d’année sur le thème « les riches nous font la guerre, comment riposter ! ». Une cinquantaine de lycéens, d’étudiants et de jeunes travailleurs y ont participé.

La plupart d’entre eux ont pris part aux mobilisations contre la loi El Khomri : au mois d’avril, les trois quarts des lycées de Guadeloupe ont fait grève contre cette loi scélérate.

Lors du débat, plusieurs lycéens ont raconté leur expérience. Ils ont été déçus par l’attitude des médias locaux qui ont montré de l’indifférence, ou même du mépris, vis-à-vis de leur mouvement. Ils ont aussi raconté comment les proviseurs ont tenté d’abuser de leur pouvoir pour casser la grève.

Cette journée a permis d’analyser la situation générale dans la société, la loi travail n’étant que la dernière en date des attaques contre les travailleurs. Les jeunes présents étaient d’accord pour s’organiser afin de riposter à ces attaques. .


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