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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1148 du 30 janvier 2016/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe (Jarry) : Les salariés de la société SMB Guadeloupe (Toshiba) en grève

La grève a commencé le mardi 19 janvier 2016. Il s’agit d’une grève de 24h reconductibles à l’appel de la section syndicale CGTG-Commerce. Par ce mouvement, 3 salariés grévistes réclament une revalorisation de leur salaire qui n’a pas évolué depuis plusieurs années. Ce sont des techniciens chargés de la maintenance et de la réparation des photocopieurs. Bien entendu les clients commencent à ressentir les effets de la grève car leurs photocopieurs ne sont pas réparés. La direction avait, jusque-là, toujours refusé de négocier les salaires qui sont très bas, au niveau du SMIC pour des techniciens. Il y a peu de différence de salaires entre les salariés les plus récents (8 ans d’ancienneté) et les plus anciens (20 ans pour certains). Ils en ont assez de toucher à peine plus que le SMIC et ceci sur 12 mois, donc sans 13ème mois. Sur une vingtaine de salariés, en majorité des commerciaux, seuls les 3 techniciens se battent pour leurs salaires et réclament 350 euros bruts. Après 3 séances de négociation, la direction a proposé une augmentation de 75 € bruts (50 immédiatement et 25 en juin 2016). Elle reste bloquée sur cette proposition et les grévistes estiment qu’elle peut lâcher bien plus. Ils demeurent mobilisés et déterminés.


Guadeloupe : Le tribunal a condamné l’entreprise IDEX ENERGIE 971

Le 24 décembre dernier la fédération CGTG de l’Energie avait assigné l’entreprise Idex Energie 971 en référé pour exiger l’application pleine et entière du statut des IEG (Industrie Electrique et Gazière) pour ses deux salariés. L’affaire avait été mise en délibéré au 22 janvier 2016. La présidente du TGI (tribunal de grande instance) de Pointe-à-Pitre a rendu sa décision : elle ordonne à l’entreprise d’appliquer le statut national des IEG à ses salariés dans toutes ses dispositions et avantages dans un délai de 15 jours. Passé ce délai, l’obligation est assortie d’une astreinte de 500 € par jour de retard et ceci pendant un délai de 6 mois. L’entreprise Idex Energie 971 est condamnée aux entiers dépens de l’instance et devra verser 800 € à la fédération CGTG-Energie sur le fondement de l’article 700 du Code de Procédure Civile. Concernant l’indemnisation totale des jours de grève, la FE-CGTG devra s’adresser à la bonne juridiction et saisir le tribunal des Prud’hommes. La Fédération entend réclamer également la période de non application des dispositions du statut. Cette décision de justice est une victoire pour les salariés et démontre qu’ils étaient dans leurs droits et même si l’entreprise décide de faire appel, elle devra payer au préalable les salariés qui sont en grève, rappelons-le, depuis le 3 novembre dernier.


Guadeloupe : Éducation : forte mobilisation contre les 35 suppressions de postes

Légende Photo : près d’un millier d’enseignants se sont rassemblés devant le rectorat le 25 janvierPendant deux jours, les 25 et 26 janvier, les écoles, collèges et lycées n’ont quasiment pas fonctionné. En effet, le ministère de l’Éducation nationale a prévu de supprimer encore des postes d’enseignants pour la prochaine rentrée scolaire. Pourtant, depuis 5 ans, l’académie de la Guadeloupe a déjà perdu plusieurs centaines de postes. Et tout le monde connaît les difficultés importantes que doivent affronter les familles et leurs enfants, dans une académie où le taux de chômage officiel est de 24%. Mais pour le ministère, et pour le rectorat de la Guadeloupe, il faut encore réduire le budget consacré à l’école publique. Le rectorat justifie les suppressions par une diminution du nombre des élèves. Pourtant, les chiffres avancés ne correspondent pas aux statistiques de l’Insee. Ils ne correspondent pas non plus à la réalité dans les établissements, où les élèves s’entassent parfois à 34 ou 35 par classe, et où les professeurs absents ne sont pas remplacés pendant des semaines. Ce sont les collèges qui seront le plus affectés par les suppressions de postes. En effet, la réforme du collège prévue pour l’année prochaine permettra au gouvernement d’économiser des moyens. Quand cela ne suffit pas, il est prévu de fermer des classes, ce qui accentuera encore les difficultés des élèves. L’annonce des 35 suppressions a été très mal accueillie dans les établissements, d’autant que presque toutes les académies vont connaître, elles, des créations de postes, à l’exception de la Martinique et de l’académie de Caen. Tous les syndicats enseignants, ainsi que les 2 fédérations de parents d’élèves, ont appelé à deux journées de grève les 25 et 26 janvier. La grève a été très suivie, notamment dans les collèges et les lycées. Beaucoup d’établissements sont restés fermés, alors que dans d’autres il n’y avait que quelques professeurs, et très peu d’élèves. Près d’un millier d’enseignants se sont rassemblés devant le rectorat le 25 janvier, et plusieurs centaines étaient présents devant la préfecture le lendemain. Malgré cette forte mobilisation, la ministre de l’Éducation maintient pour le moment sa décision de supprimer les 35 postes, et prétend qu’elle aurait dû en supprimer davantage. Le rectorat s’est engagé à retravailler sur les chiffres qu’il utilise, en particulier le nombre des élèves dans le 1er et le 2nd degré. Le 26 janvier au soir, la grève a été suspendue.


Guadeloupe : Grève à la SAS Roger Damoiseau Distribution

Les travailleurs de cette société située à Dothémare aux Abymes, sont en grève depuis le lundi 18 janvier. A l’occasion de premières NAO (Négociations Annuelles obligatoires), ils ont remis à la direction une plateforme comportant 12 point de revendication. La direction a fini par céder sur une augmentation de salaire étalée sur deux ans, 75 euros immédiatement, 50 euros en janvier 23017 et 25 en janvier 2018, et sur l’application de la Convention collective nationale. Mais elle a opposé un blocage sur la mise en place d’une prime d’ancienneté, et elle a ainsi rompu les négociations. Les travailleurs se sont alors mis en grève. La direction accuse les onze grévistes d’avoir empêché l’ouverture du magasin, alors que depuis le début du conflit, l’accès à l’entreprise est total, et que les cinq salariés non grévistes sont à l’intérieur et circulent sans entrave. Elle tente aussi de faire passer la grève pour illégale, en prétendant ne pas avoir reçu de cahier de revendication. Par contre c’est la direction qui s’est placée dans l’illégalité en faisant exécuter le travail d’une partie des salariés grévistes par du personnel extérieur à l’entreprise. En effet, le mercredi 20, 3 prestataires habituellement en charge de la livraison de certains clients ont été embauchés sur des préparations de commande, cachés au fond du magasin, et ce pendant plus de deux heures. Avec un tel comportement, il est clair que la direction recherche le pourrissement du conflit. Mais le blocage qu’elle oppose à certaines revendications fondamentales et ses méthodes méprisables ne font que renforcer la détermination des grévistes.


Martinique : Appel de la CSTM à la grève générale

Dans une conférence de presse tenue le vendredi 22 janvier, la centrale syndicale CSTM (Centrale syndicale des travailleurs martiniquais) a annoncé une grève générale reconductible à compter du lundi 25 janvier. Selon Bertran Cambusy, le secrétaire général, l’ensemble des sections syndicales sont mobilisées dans le commerce, les services à la personne, le BTP ou encore les transports. Au moment où nous écrivons on ne connait pas les entreprises qui sont concernées ni l’ampleur de la mobilisation. Par contre, ces dernières semaines, des conflits ont redémarré dans certaines entreprises, dans lesquelles, après des longues semaines de grève, les patrons avaient fini par reculer et signer des accords avec les salariés syndiqués à la CSTM. C’est le cas à la Fourrière départementale où l’activité n’a jamais pu reprendre malgré la signature d’un accord en août 2015. Dans ce cas, et malgré la prolongation de la Délégation de service public de la CACEM jusqu’au 30 avril 2016, le gérant Henri-Hubert Dupont n’applique toujours pas l’accord qu’il a signé. Il en est de même dans certaines entreprises de transport sous ou cotraitantes du réseau Mozaïk où des accords signés ne sont pas respectés, tel le paiement des salariés en temps et en heure. Dans d’autres cas, les employeurs ne respectent pas les délais pour l’organisation des élections de représentants du personnel. Ce qui est certain, c’est que les syndiqués et les salariés rencontrent de plus en plus de tracasseries pour faire respecter le peu de droits qu’ils avaient arrachés. Avec Hollande et Valls, comme avec Sarkozy et la droite, les patrons ont à leur disposition un gouvernent qui est à leur écoute, et même à leur botte pour leur faciliter la vie… de profiteurs. Ainsi, prétextant une nécessité de «modernisation» ou de «simplification» des textes, les dernières lois votées sur le travail visent plus à permettre aux patrons d’avoir les mains plus libres par rapport au soi-disant droit du travail, avec moins de contrôles de la Direction du travail ou encore de la Médecine du travail. Petit à petit, c’est la jungle qui s’installe. C’est le cas avec la loi dite de sécurisation de l’emploi découlant de l’ANI (Accord national interprofessionnel) votée en 2013, avec la loi Macron dite pour «la croissance et l’activité», et la dernière en date, la loi Rebsamen dite du «dialogue social» d’août 2015. Alors, les salariés ont bien des raisons de faire grève et de protester contre la «multiplication des entorses au droit du travail», de dénoncer le gouvernement qui joue le rôle de «soutireur» du patronat. C’est une belle façon de commencer l’année 2016. Mais renverser la vapeur et gagner un bras de fer contre le gouvernement et les patrons qui sont ses commanditaires nécessitera absolument que l’ensemble des travailleurs, syndiqués, non syndiqués, en activité ou non, retrouvent confiance en leurs forces et le chemin de la lutte d’ensemble et déterminée. DH : Le lundi matin 25 janvier environ 200 travailleurs venant d’une trentaine d’entreprises, selon le syndicat CSTM, étaient présents à la Maison des syndicats. Vers 11H, ils se sont dirigés en manifestation vers la préfecture pour porter leurs revendications.


Paris: Meeting de soutien à « L’humanité » et à la CGTG

Le Jeudi 21 janvier s’est tenu un meeting à Paris un meeting de soutien à la CGTG, avec la CGT, et l’organisation Karesol. Il s’est tenu notamment en présence de Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG, et Luc Reinette dirigeant de Karesol. Ils ont dénoncé une justice qui a relayé la plainte des Békés, Jean et Martin Huyghes Despointes, capitalistes à la tête de Carrefour Milenis en Guadeloupe, contre la CGTG, en la condamnant pour diffamation à 53 000 euros d’amende, une somme jamais atteinte pour un syndicat! Son crime: avoir rappelé dans un tract que la fortune de ce Béké remontait à l’esclavage. Ce que tout le monde sait, aux Antilles comme ailleurs. Non content de cela, ces patrons ont attaqué en diffamation le quotidien L’Humanité devant le tribunal de grande instance de Paris, vendredi 22 janvier, pour avoir relaté ces faits. Le procès intenté à l’humanité a été reporté en février 2017. La délégation de la Guadeloupe, dont Jean-Marie Nomertin et Luc Reinette, était présente lors de la courte audience au palais de justice de Paris pour soutenir l’humanité contre les frères Despointes.


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