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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1147 du 16 janvier 2016/Première page

Première page

Editorial: De nouvelles mesures pour l'emploi ou pour le grand patronat ?

ZoomFace à l'augmentation du chômage et surtout à l'approche des élections présidentielles, Hollande tente un énième plan emploi. Il propose 500 000 formations supplémentaires pour les chômeurs, de nouveaux cadeaux aux patrons sous la forme de nouvelles primes à l'embauche pour les PME (petites et moyennes entreprises) et l'embauche d'apprentis à bas prix. Le plan 500 000 succède au plan 30 000 de 2013 et aux plans 100 000 de 2014 et 2015... qui n'ont rien donné. Il succède au crédit d'impôt compétitivité et au pacte de responsabilité de 50 milliards d'allègements de cotisations et d'impôt pour les entreprises. Ce dernier plan devait permettre, soi-disant, la création d'un million d'emplois selon le gouvernement et le patronat. Lorsqu'on rappelle ce million d'emplois à Gattaz, le dirigeant du MEDEF, le plus grand syndicat patronal, il répond cyniquement que "c'était un objectif… mais pas un engagement..." Alors, jusqu'à présent, le grand patronat se contente d'empocher les aides sans aucune contrepartie et le chômage augmente. Et il en veut bien plus. Il parle de la création d'un "contrat de travail agile" avec plafonnement des indemnités prud'homales, et "prévoyant des motifs de rupture selon la situation de l'entreprise". Bref, le patronat réclame la flexibilité totale de l'emploi. Il propose aussi des exonérations totales de cotisations et taxes pendant deux ans pour les nouveaux embauchés pour soi-disant lui faciliter l'embauche. Tout se passe comme si le grand patronat, sachant que Hollande cherche à tout prix à inverser la courbe du chômage pour être mieux présentable devant les électeurs en 2017, en profite pour gagner le maximum d'avantages encore plus vite. Jusqu'à présent, à ce jeu-là, depuis plusieurs années, le seul gagnant c'est ce patronat. Le chômage fait des ravages dans bien des banlieues de l'hexagone, mais aux Antilles c'est encore pire. Délinquance, braquages, meurtres se succèdent quotidiennement et à un rythme infernal. Le chômage entraine toujours plus de pauvreté et de désespoir chez les jeunes. Les propositions de Hollande, les 500 000 chômeurs en formation, sont des subterfuges pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage. Ce ne seront pas de vrais emplois. Les formules du genre "l'urgence sociale pour l'emploi" ne servent qu'à tenter de berner la population. Il n'est donc pas étonnant qu'avec le manque de vraies mesures pour l'emploi, plus personne ne croit dans la possibilité d'inverser cette courbe du chômage qu'Hollande, Valls et le gouvernement nous présentent depuis plus de trois ans comme imminente. Pendant ce temps les licenciements se poursuivent, car les vrais maîtres de la situation ce sont les patrons, c'est la bourgeoisie. Ce sont eux qui préfèrent spéculer en bourse plutôt que d'investir dans la production, quitte à nous plonger dans une nouvelle crise financière puis économique. Ce sont eux qui profitent de toutes les mesures que les gouvernements entièrement à leur service mettent en place. Le seul plan d'urgence valable serait d'abord d'interdire les licenciements, de répartir le travail entre tous sans diminution de salaire, de puiser dans les juteux profits des grands groupes capitalistes, pour créer des centaines de milliers de vrais emplois. Mais ce plan-là, ce sera vraisemblablement aux travailleurs en lutte de l'imposer. Il ne faut pas compter sur les hommes et les partis de gouvernement, qu'ils se réclament de la gauche ou de la droite, pour changer cette situation dont seuls profitent aujourd'hui la bourgeoisie, le grand patronat. Inverser la courbe du chômage et inverser toute la tendance infernale qui mène les travailleurs et les classes populaires dans le mur, ce sont les luttes des travailleurs qui le feront lorsque, n'en pouvant plus de subir, ils se décideront à engager des luttes offensives, des luttes d'ensemble pour changer leur sort.


Guadeloupe : Manifestation contre Jean et Martin Despointes en soutien à la CGTG

Le 26 décembre dernier, entre les deux fêtes de fin d’année, la CGTG soutenue par plusieurs organisations a décidé de frapper les Despointes, dans ce qu’ils ont de plus cher, leur porte monnaie. Le collectif d’organisations, CGTG, Karésol, Combat Ouvrier, FKNG, CIPN et journal Rebelle, a organisé un ralentissement de la circulation, à l’entrée du supermarché Milenis. Pendant près d’une heure, des dizaines de véhicules ont participé à l’action. Les organisateurs avaient pris la précaution d’avertir les commerçants de la galerie que le mouvement n’avait pas pour objectif de les étrangler. Les clients pouvaient accéder, à pieds pour la plupart, à la galerie marchande et se rendre dans tous les commerces du centre. Des milliers de tracts expliquaient l’affaire opposant la CGTG aux Despointes, dénonçaient la condamnation injuste du syndicat et visaient à populariser l’action en cours. Après plus d’une heure à ce rythme, plusieurs vigiles sont intervenus. Ils ont bloqué l’entrée du parking en empêchant, une puis deux voitures de passer. La trentaine de manifestants a alors décidé, non pas de rendre les armes, mais de continuer l’action en formant une haie humaine. Chacun portait une pancarte et criait des slogans hostiles aux capitalistes békés et aux Despointes. De sorte que le blocage a été mis en place et alimenté par les vigiles eux-mêmes ! Les manifestants ont reçu l’approbation et le soutien moral d’un grand nombre de passants, y compris celui de certains acheteurs du centre commercial. Vers 15h, un commissaire a été dépêché par le Préfet, pour défendre les intérêts de Despointes. S’adressant au secrétaire général de la CGTG il a demandé de cesser la manifestation sous peine de déloger par la force la poignée de militants présents. Estimant que leur action avait porté ses fruits, les manifestants ont décidé de quitter les lieux. Ils ont annoncé à tous les médias de l’île présents que le combat pour le remboursement des sommes saisies sur les comptes de la CGTG et la révision du procès continue. Une nouvelle réunion de l’ensemble des organisations politiques, syndicales et professionnelles qui défendent le droit de pouvoir dire la vérité historique sur l’origine des profits des riches békés doit avoir lieu. Une délégation des organisations se rendra en France en fin janvier au procès du journal l’Humanité, attaqué en diffamation à son tour par Jean Despointes.


Martinique: Marie-Jeanne et ses alliés rassurent le patronat.

Marie-Jeanne, vainqueur, avec Monplaisir, de l’élection de la CTM de décembre 2015 et président du Conseil Exécutif de cette nouvelle collectivité, a présenté des vœux qui répondent parfaitement aux exigences du patronat et de la petite bourgeoisie aisée. «Le choix d'une démocratie apaisée, d'une majorité avec une pluralité idéologique sans précédent, nous oblige à un vrai débat sur la relation à l'entreprise. Le temps est venu d'un dialogue renouvelé entre entreprises, partenaires sociaux et monde du travail, pour limer les rapports de force, la confrontation, le conflit». C’est ce qu’il avait déjà déclaré en avril 2015 lors d’un discours-programme qu’il avait prononcé à Rivière-Salée. Il préconisait alors «une relation apaisée à l’intérieur de l’entreprise», la présence de «salariés dans les conseils d’administration», pour «installer la confiance et faire en sorte que l’entreprise soit le lieu de la création collective de richesses, constitue une pierre à la réflexion que nous devons ensemble mener sur le dialogue social». On se rappelle que lors la grève générale de février 2009, Marie Jeanne avait tourné le dos aux travailleurs qui protestaient et se mobilisaient. Sa prise de position collait parfaitement avec celle du patronat local. Avec ses vœux pour 2016, il confirme très clairement dans quel camp il se positionne : celui des patrons, celui des capitalistes.


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