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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1146 du 19 décembre 2015/Quatrième page

Quatrième page

Vénézuela : la droite remporte largement les élections

ZoomLe dimanche 6 décembre, il y avait aussi des élections législatives au Vénézuela. Le Parti socialiste unifié du Vénézuéla (PSUV) se réclamant d’Hugo Chavez a subi une lourde défaite. Il ne recueille que 55 sièges contre les 109 qui vont à la droite (MUD). Depuis le début de la «révolution bolivarienne» conduite par Hugo Chavez et ses successeurs, ces derniers ne se sont jamais attaqués aux possessions et aux profits de la grande bourgeoisie vénézuélienne et internationale. Il aurait fallu pour cela s’appuyer sur l’action des masses pauvres et des travailleurs, alors que le régime voulait simplement les maintenir dans un rôle passif de «supporters» du gouvernement. Tant que la rente pétrolière permettait de distribuer des miettes aux malheureux, cela pouvait fonctionner. Mais depuis plusieurs années, avec la crise mondiale, ces revenus ont baissé et les difficultés économiques de la population se sont aggravées. Pendant ce temps, la grande bourgeoisie appuyée par les États-Unis avait largement les moyens d’apparaître comme la seule opposition «crédible», y compris en payant des sbires violents pour créer un climat de tension à chaque élection. Depuis un an, le régime de Maduro s’était aliéné une grande part de la petite bourgeoisie tant il semblait protéger les bureaucrates corrompus de l’État tandis qu’il faisait peser une répression très violente sur les manifestations étudiantes. Finalement, l’échec des promesses du bolivarisme – qui reposaient sur l’illusion d’un pétrole éternellement cher au lieu de s’attaquer aux possédants – ont démoralisé les couches populaires qui soutenaient Chavez. En juin dernier, les primaires du PSUV avaient mobilisé moins de 10 % des membres du parti. Les presque 6 millions d’abstentionnistes ou de votes nuls s’expliquent, sans surprise, par le sentiment de trahison, de déception des travailleurs, des pauvres et d’une bonne fraction de la petite bourgeoisie. Et avec deux millions de voix d’avance sur le PSUV, la MUD de droite installe l’opposition des ultra-riches au parlement.


COP 21 : un accord, mais pas d’obligation !

Au terme de 13 jours de discussions, les représentants des 193 états présents à Paris sont parvenus à un accord sur la nécessité de baisser l’émission mondiale des gaz à effet de serre. Ces gaz, en particulier le CO2, dioxyde de carbone, émis par la combustion des énergies dites fossiles, le pétrole et le charbon, s’accumulent dans l’atmosphère et produisent cet «effet de serre» qui entraine la hausse de la température moyenne mondiale. Si ce réchauffement se poursuit et s’accélère, les conséquences pourraient être catastrophiques pour les populations. Des îles, des villes côtières, des régions entières seraient submergées, des zones de la planète aujourd’hui peuplées deviendraient arides et inhabitables… On en voit déjà aujourd’hui le début. L’accord conclu à Paris, qui prendra effet en 2020, prévoit d’atteindre d’ici 2050 un réchauffement «inférieur à 2° par rapport au niveau de l’ère préindustrielle». Les représentants des pays se réuniront tous les 5 ans pour un contrôle et une révision à la hausse de leurs efforts. Une aide annuelle de 100 milliards de dollars, financée par les pays du Nord, est prévue pour aider les pays pauvres à atteindre leur objectif national. Un beau projet donc sur le papier, qui est en outre le premier accord universel de lutte contre le réchauffement climatique. Un beau succès médiatique donc pour Hollande, Obama et Fabius, le président de la COP21, qui a clôturé la rencontre avec des trémolos dans la voix. Mais dans le monde réel, celui dirigé par les grands industriels capitalistes, rien n’est aussi sûr. L’accord n’est pas contraignant. Il repose sur la bonne volonté des pays signataires. Le protocole de Kyoto, conclu en 2005, comportait, lui, davantage de contraintes, ce qui a tout simplement convaincu le Canada, la Russie, le Japon et l’Australie, de s’en dégager. Les signataires de la COP 21 comptent sur des sanctions dites «réputationnelles» : les pays exagérément pollueurs seraient mal jugés par l’opinion publique et les autres États. Ils tablent aussi sur la «transparence» : des experts internationaux seront habilités tous les 5 ans à vérifier les efforts et les résultats, mais toujours de manière incitative. La débat mené par les États-Unis autour des termes «shall» et «should» est significatif : «shall», doivent, a été dénoncé par leur représentant John Kerry comme trop contraignant juridiquement : il a fait adopter le terme «should», devraient. Les capitalistes des trusts du charbon et du pétrole, tout comme ceux qui utilisent ces énergies pour leurs productions et les transports, sont une force de pression sur les États à leur service, autrement plus convaincante que les contraintes morales. Les intérêts de ces propriétaires privés des moyens de production sont bien plus coercitifs que les grands principes. Après l’accord de la COP 21, la partie la plus pauvre de l’humanité, celle qui vit dans les pays sous développés les plus menacés par les pires catastrophes climatiques, est toujours en grand danger.


Haïti : mobilisation des ouvriers dans certaines entreprises de la zone industrielle

Alors que les politiciens et la société civile sont engagés dans une bataille pour avoir des postes électoraux, les ouvriers de la zone industrielle continuent la bataille pour ralentir la dégradation de leurs conditions de vie. Chaque jour, les patrons des entreprises, en majorité de confection, inventent des lois pour rogner sur les salaires des ouvriers tout en les forçant à travailler plus. Au numéro 52-53 du parc industriel Sonapi, à chaque paye, les comptables, sous prétexte de ne pas avoir de monnaie, prélèvent 6 gourdes, 9 gourdes voire plus sur le salaire des travailleurs qui est de 240 gourdes par jour, soit un peu moins de 4 euros. Un jour tout un module de travailleurs, soit 40 au total, a décidé d’aller réclamer cet argent au service du personnel. Le lendemain, le patron les a tous licenciés. Au numéro 30 parc Sonapi, un groupe de travail s’est mis en arrêt pour protester contre la direction qui voulait leur imposer un quota de travail exorbitant. Ils ont occupé l’usine pendant une soirée et avec la solidarité des autres travailleurs, ils ont bloqué la reprise du travail le lendemain. Les négociations sont en cours. Dans l’entreprise «DKDR», fin novembre, le patron coréen, nommé Dekali, a fui le pays avec l’argent de près de 3000 ouvriers sans payer les dernières quinzaines, ni les bonifications de fin d’année. Malgré un dispositif policier important, les ouvriers de cette usine de confection ont pu manifester et bloquer le fonctionnement du parc Sonapi pendant plusieurs jours durant la semaine du 7 décembre. La mobilisation a été telle que le ministre des Affaires Sociales s’est déplacé en personne pour négocier avec les ouvriers. Au final ils doivent être payés avant le 25 décembre et certains d’entre eux se sont réunis pour calculer ensemble leur dû et éviter de se faire gruger par les comptables. Ces arrêts de travail spontanés dans quelques usines, ces manifestations d’ouvriers à l’intérieur du parc Sonapi n’ont certes pas suffi à faire plier les patrons, mais ces bagarres enclenchées contre les patrons témoignent d’un regain de combativité des ouvriers de la zone industrielle. Celles et ceux qui sont réellement dans le camp des travailleurs ne peuvent que souhaiter que toutes ces luttes éparses se propagent à l’ensemble du monde du travail et se transforment en un véritable mouvement de lutte générale des travailleurs.


Les maires FN au pouvoir : Des mesures anti-pauvres et anti-ouvrières !

Aux dernières élections municipales de mars 2014, des membres du Front national (FN) ont été élus à la tête de 12 mairies. Ces maires d’extrême droite prennent constamment des mesures contre les travailleurs et la population laborieuse. C’est le cas dans la ville de Fréjus, une municipalité endettée. Le maire FN a décidé de ne pas remplacer les agents partant à la retraite. Cela a représenté environ 10 postes en moins en 2014 et selon les estimations plusieurs dizaines en 2015. Concernant les subventions aux associations de proximité, elles aussi ont sérieusement diminué. Certaines associations ont vu l'aide de la mairie fondre parfois de plus de 60%. Au Pontet, une autre ville avec un maire FN, une vingtaine de postes d’employés municipaux ont été supprimés. Le maire du Pontet déclarait : « Avec 530 salariés quand la moyenne des villes comparables est de 350, nous avons de la marge » ; preuve qu’il ne compte pas arrêter là ses attaques contre les fonctionnaires. Désormais, dans cette même ville les tarifs pour la location d’une salle de spectacle ont augmenté, tout comme les tarifs municipaux pour les terrasses de café des petits commerçants. Avant, la cantine scolaire était gratuite pour les enfants des familles les plus démunies. Le maire FN a supprimé cette gratuité dans le but d’économiser 30 000 euros. Dans une brochure intitulée «Petit guide pratique de l’élu municipal Front national», les dirigeants FN interdisent systématiquement à leurs élus de voter des subventions destinées à des associations qualifiées de «politisées» et cite notamment la Ligue internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA), le Mouvement contre le Racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), la Ligue des Droits de l’Homme ou encore SOS Racisme. Or, ce sont souvent les plus pauvres qui subissent toutes sortes d’humiliations qui se tournent vers ces organisations de défense. Bien des travailleurs étrangers trouvent du soutien chez ces organismes face aux discriminations. Mais bien que les maires FN prétendent résoudre la dette en s’attaquant aux classes laborieuses, ils n’hésitent pas à faire tout le contraire lorsqu’il s’agit de leurs intérêts personnels. C’est ainsi que moins d'un mois après son élection, Joris Hébrard faisait voter en conseil municipal une hausse de 44% de son propre salaire, pour un total de 3281 euros par mois. Puis il a augmenté de 9% l’indemnité de ses conseillers municipaux. Les membres du FN savent se cacher le temps d’une élection, prétendre défendre les intérêts des plus pauvres, mais les actions qu’ils mènent une fois élus ne trompent pas. Le Front national, parti d’extrême droite raciste, est une menace non pas pour «la République» comme le prétendent les partis de droite ou de gauche mais pour tous les pauvres, les opprimés, les travailleurs.


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