Site

Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1146 du 19 décembre 2015/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Triste présent du PCM, mais l'avenir est au communisme !

Le Parti communiste martiniquais s’est fondu dans le «Gran Sanblé» des notables et des nationalistes autour du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais) de Marie-Jeanne. Il a aussi adhéré à l’alliance de «Gran Sanblé» avec le capitaliste Monplaisir de la droite sarkoziste «Les Républicains» au deuxième tour. La victoire de cette alliance au 2ème tour est celle que souhaitait dans France-Antilles, avant même l'annonce de la fusion des listes, Michel Branchi, l'un des dirigeants du PCM. Ce n'est pas pour le PCM un renoncement soudain à ce que l'on pourrait attendre d'un parti qui se dit encore communiste. Il s'est mis dans le sillage de Marie-Jeanne, par son ralliement à celui-ci, depuis fin 2009. Comme lui, il est depuis longtemps réconcilié avec les exploiteurs capitalistes locaux, békés ou pas Déjà en janvier 1986, le PCM affirmait, par la bouche de son secrétaire général de l'époque, Armand Nicolas, à l'occasion d'un Forum de l'Entreprise : «Dans l'état actuel de la Martinique, le capitalisme n'est pas contraire aux intérêts de la Collectivité martiniquaise, n'est pas contradictoire avec un devenir socialiste de notre pays». Il s'agissait à l'époque de justifier son ralliement au «pacte global d'unité» avec le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) et le PS (Parti Socialiste), pacte par lequel, comme maintenant, il s'agissait de gagner des postes, et absolument pas de défendre les intérêts des travailleurs. Le secrétaire actuel du PCM, G. Erichot, ne visait pas autre chose quand, par exemple, il signait dans Justice du 23 octobre 2014, un éditorial : «Hors du rassemblement, point de salut», pour expliquer le sens de sa participation au «Rassemblement des Patriotes». Oui, cela fait belle lurette que le PCM n'est plus le parti du député Léopold Bissol qui enthousiasmait des milliers de travailleurs et de jeunes au sortir de la 2ème guerre mondiale, le parti qui portait l'héritage d'André Aliker, journaliste au journal communiste, Justice, qui fut assassiné en 1934 sur ordre des Békés. Le PCM s'était formé autour de militants qui avaient rompu avec la politique de «main tendue à l'Usine», prônée dans les années 1920 par le député autrefois socialiste Lagrosillière. Le PCM était certes stalinien. Il soutenait la bureaucratie soviétique qui avait enterré le programme révolutionnaire de Lénine et Trotsky et éliminé toute la génération militante de la révolution d’octobre 1917. Cette même bureaucratie avait organisé l’échec de plusieurs révolutions pour préserver son existence. Mais le PCM, s’il n’était plus révolutionnaire, demeurait quand même un parti ouvrier combatif. Puis, de renoncements en renoncements, il se retrouve aujourd'hui, sans son implantation ouvrière perdue depuis longtemps, comme pitoyable auxiliaire d'un grand bourgeois martiniquais, membre d'un parti de droite (Les Républicains). Mais les travailleurs ont toujours besoin d'un parti communiste révolutionnaire. Et c'est le but de Combat Ouvrier de faire flotter haut le drapeau que le PCM a trahi et abandonné. Nous voulons construire un parti communiste révolutionnaire qui renoue avec ce que furent les mouvements socialiste et communiste au début du mouvement ouvrier, avec ses traditions de luttes de classe contre la bourgeoisie.


Martinique : Fusion de la liste des indépendantistes et de celle du capitaliste Monplaisir de la droite sarkozyste. Qui se ressemble s'assemble !

La fusion de la liste dirigée par le capitaliste Monplaisir, exploiteur de 1500 travailleurs, avec celle de Marie-Jeanne, le «Gran Sanblé » contre EPMN (Ensemble pour une Martinique Nouvelle) de Serge Letchimy ne nous surprend pas. Cela confirme bien ce que nous avons toujours dit : à savoir que Marie-Jeanne et son clan sont des serviteurs politiques de la bourgeoisie. Et s’il n’y a pas eu de fusion Monplaisir-Letchimy c’est en fonction d’autres calculs électoraux et rien d’autre, car le clan Letchimy est de la même eau. Cette fusion d’une fraction importante des indépendantistes et de la bourgeoisie, comme la politique de Serge Letchimy et de son clan, prouvent, s’il en est encore besoin, que les prétendants à la direction de la CTM ne peuvent en aucune manière défendre les intérêts des travailleurs et des classes populaires. Ils en sont les ennemis à combattre. La CTM ne changera rien si les travailleurs et les classes populaires ne créent pas un rapport de force social pour contraindre ceux qui dirigent à les écouter et à satisfaire leurs revendications. Cette force là n’existe pas. Elle est à créer. Il s’avère en tout cas urgent que tous les véritables communistes révolutionnaires et les vrais défenseurs du camp des travailleurs travaillent à la reconstruction d’un parti communiste révolutionnaire à la Martinique. L’avènement d’un tel parti sera un outil absolument indispensable à la défense des intérêts propres des travailleurs mais surtout à l’établissement d’un rapport de force de la classe ouvrière face à la bourgeoisie et tous ses serviteurs politiques.


Martinique : La mémoire à géométrie variable du PPM.

La nouvelle de la fusion des listes de Marie-Jeanne et de Monplaisir en vue du second tour de l’élection de la CTM a surpris le camp de Letchimy, dirigeant du PPM (Parti progressiste martiniquais). Tout de suite, ce dernier et ses partisans ont crié au «mariage contre nature». En fait, tout ce petit monde a sciemment choisi de passer sous silence un épisode pas très glorieux de son parti, le PPM, épisode qui se situe après les élections régionales de 1983. Et là c’est Camille Darsières, alors secrétaire général du Parti, qui était à la manœuvre pour conquérir la direction du Conseil Régional qui venait d’être mis en place. Il avait alors pris contact avec Michel Renard, un homme de droite, qui nourrissait une véritable haine anti-ouvrière, et il avait conclu un pacte avec lui après une rencontre dans un restaurant de Balata, propriété de Zami, un autre membre du PPM, pour que cette nouvelle collectivité soit dirigée par le PPM et ses alliés de l’époque. Or, à l’élection législative de 1978, Renard s’était présenté contre Césaire à Fort de France. Au cours de la campagne électorale particulièrement tendue, un homme de l’équipe de Renard avait perdu la vie à Fort-de-France, au niveau de La Savane. Renard avait finalement perdu. Pourtant cinq ans plus tard, c’est à ce même Renard que Darsières s’adressait pour convenir avec lui d’un «mariage» après le verdict des urnes. En échange, Renard lui assurait la direction de la Région. Comme quoi Marie-Jeanne et Monplaisir n’ont rien inventé.


Les résultats de Lutte Ouvrière

Nos camarades de Lutte Ouvrière ont présenté des candidats dans toutes les régions de France et à l’île de la Réunion. Ils réalisent un score de 1,50% en moyenne et totalisent 320 054 voix.


Après le second tour des élections régionales en France

Dimanche 13 décembre a eu lieu le second tour des élections régionales en France. Si l’on compte les départements d’Outremer, la droite remporte huit Régions, et le Parti socialiste et la gauche en remportent sept. Bien qu’arrivé en tête dans six régions au premier tour, le Front national n’en remporte aucune. Maintenant, la gauche se félicite d’avoir «fait barrage» au FN. Le Parti Socialiste a retiré ses listes dans les Régions où le FN risquait de gagner et a appelé à voter pour la droite. Même la direction du Parti Communiste français a appelé à voter pour les hommes de droite. Tout cela au nom de la défense des «valeurs de la République». Aux élections présidentielles de 2002, la gauche gouvernementale avait déjà appelé à voter Chirac en brandissant la nécessité de faire barrage à Le Pen, qui pourtant à l'époque n'avait aucune chance d'être élu. De trahison en abdication, la gauche a fini par déboussoler et écœurer son propre électorat. C’est à cause de la politique anti-ouvrière et pro patronale que mène actuellement Hollande et son gouvernement qu’une majorité de l’électorat populaire de la gauche a pris l'habitude de s’abstenir aux élections. Mais une minorité croissante de cet électorat place maintenant ses illusions dans le vote pour le FN. C’est pourquoi même s’il ne gagne aucune région, le FN réalise le meilleur score en voix de son histoire : 6 820 147 voix. 400 000 voix de plus que celui de la présidentielle de 2012. En cette période de crise de l’économie capitaliste, le Front national veut se poser en alternative. Mais dans l’éventail des partis bourgeois, le FN est le plus réactionnaire qui soit. Son programme politique est basé sur le chauvinisme, les préjugés racistes et xénophobes et la haine de l'étranger. Pour le reste, il aspire, comme les autres partis, à gouverner pour les riches et les possédants. Pour rappel la famille Le Pen est elle-même une famille capitaliste millionnaire. C’est un parti populiste mais au fond anti ouvrier qui n’hésitera pas le moment venu à s’attaquer de front aux travailleurs et à leurs organisations de classe. Malgré ses slogans démagogiques en direction des travailleurs, le FN reste un défenseur de l’ordre bourgeois. La montée du FN et de ses idées les plus crasses pèse sur la vie politique et sociale. La droite et la gauche reprennent déjà les discours réactionnaires et sécuritaires du FN pour essayer de récupérer des voix. Alors, il n'y a ni à se réjouir ni à s’attrister de ce dernier épisode électoral. Le sort des travailleurs et des classes populaires ne dépend pas des pantins qui s'agitent sur le devant de la scène politique. Il dépend du pouvoir du grand patronat, de la grande bourgeoisie, de ceux qui détiennent le capital et dominent la vie économique ou des luttes de la classe ouvrière elle-même. C’est la bourgeoisie qui profite de la crise pour s’enrichir encore plus sur le dos des classes exploitées condamnées à la pauvreté. Face à cela, la force des travailleurs n'est pas dans les urnes, mais sur le terrain, dans les entreprises qu’ils font fonctionner, dans les quartiers populaires. Leur sort ne dépend pas de résultats électoraux, mais de leur capacité à se battre collectivement avec leurs armes de classe, les grèves et les manifestations.


Les résultats des élections régionales en Guadeloupe et de la CTM en Martinique

Guadeloupe Premier tour : Population : 408 090 habitants (données Insee 2009) ·
Inscrits 76,80 % 313 433 ·
Votants 47,21 % 147 975 · Abstention 52,79 % 165 458 ·
Exprimés 44,81 % 140 454

-Ary CHALUS, divers gauche 43,55 % 61 173 votes
-Victorin LUREL, Parti Socialiste 41,09 % 57 717 votes
-Laurent BERNIER, Les Républicains  4,49 % 6 312 votes
-Mélina SEYMOUR, divers droite  3,18 % 4 470 votes
-Alain PLAISIR, divers gauche 1,85 % 2 603 votes
-Henri YOYOTTE, divers droite  1,58 % 2 220 votes
-Jean-Marie NOMERTIN, COMBAT OUVRIER 1,42 % 1 992 votes
-Stephan VIENNET, Front national 1,40 % 1 973 votes
-Mona CADOCE, Parti Communiste 0,92 % 1 297 votes
-Marie-Christine MYRE, UPLG 0,50 % 697 votes

Votes blancs 2,02 % 2 983 votes Votes nuls 3,07 % 4 538 votes

Guadeloupe 2ème tour : Votants: 57,32 % - divers gauche : Chalus-Penchard-GUSR : 57,49 % 98 466 votes -
Parti socialiste : Lurel : 42,51 % 72 811 votes Votes blancs : 1,78 % 3 191 votes Votes nuls : 2,89 % 5 201 votes


Martinique Premier tour : Population 402 499 habitants (données Insee 2009) ·
Inscrits 77,20 % 310 723 · Votants 41,10 % 127 716 ·
Abstention 58,90 % 183 007 · Exprimés 38,82 % 120 629

Serge LETCHIMY, divers gauche  38,96 % 47 002 votes
Alfred MARIE-JEANNE, régionaliste 30,28 % 36 523 votes
Yan MONPLAISIR, Les Républicains 14,32 % 17 272 votes
Marcellin NADEAU, régionaliste   6,34 % 7 653 votes
Nathalie JOS, divers   3,21 % 3 868 votes
Joseph VIRASSAMY, divers droite  2,05 % 2 475 votes
Ghislaine JOACHIM-ARNAUD, Combat Ouvrier  2,04 % 2 460 votes
Philippe PETIT, Union des Démocrates et des Indépendants 1,51 % 1 818 votes
Daniel GROMAT, divers gauche Mouvement des travailleurs et peuple sans voix de Martinique : 1,29 % 1 558

votes Votes blancs : 2,85 % 3 638 votes Votes nuls : 2,70 % 3 449 votes

Martinique 2ème tour :
Votants : 52,34 % 162 490

Alfred MARIE-JEANNE / Yan MONPLAISIR : 54,14 % 83 541 votes
Serge LETCHIMY, divers gauche : 45,86 % 70 776

votes Votes blancs :  2,57 % 4 178 votes Votes nuls :  2,46 % 3 995 votes