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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1144 du 21 novembre 2015/Troisième page

Troisième page

Martinique : à GÉANT- Batelière et GÉANT-Robert, les employés en grève !

Depuis vendredi 13 novembre 2015, les employés de la société «H Alimentation» située à Batelière ont cessé le travail pour obtenir une augmentation de salaire de 50 euros nets par mois ainsi que le maintien de leur prime de transport. Samedi 14, ce sont les employés de la société SDRO située au Robert qui ont cessé le travail pour réclamer également une augmentation du salaire nette de cinquante euros dès le mois de novembre 2015. Ces deux sociétés sont connues du grand public sous le nom de GÉANT Batelière et GÉANT Robert et sont toutes les deux la propriété de Charles Ho Hio Hen. Elles font donc partie du groupe qui possède les enseignes Casino, Ecomax, etc. Dès les demandes des employés connues, les directions respectives des deux centres commerciaux ont entonné le même refrain. C’est celui que connaissent tous les salariés qui demandent une augmentation de salaire, même infime, à leurs patrons : les finances de la société ne le permettent pas car il n’y a pas de bénéfice. Or les employés des deux centres qui se font exploiter pour certains depuis plus de vingt ans et dont le salaire net ne dépasse pas 1200 euros ont vu croître la fortune de ce capitaliste qui se plait à se présenter comme un patron proche de ses employés et différents des autres patrons. Afin de montrer leur détermination, les employés des deux centres ont bloqué les accès à la partie supermarché sans perturber l’accès des clients aux autres entreprises (pharmacie, restaurants, banques, etc.) situées dans le complexe. Il n’empêche qu’un pharmacien situé à Batelière s’est plaint sur une radio de la baisse de son chiffre d’affaires de 30% et craignait une chute plus importante si le mouvement durait. Il ne s’en est pas pris aux salariés, les gendarmes qui ont été appelés sur les deux sites non plus. Des huissiers sont intervenus sur les lieux y compris le dimanche 15. Les directions ont tenté de manipuler les employés de chaque centre en leur disant que dans l’autre centre, les négociations avaient avancé et que les parties étaient sur le point de signer un accord. Mais cette manœuvre n’a pas marché. Au contraire, les employés des deux centres, lors d’assemblées générales tenues sur les deux sites le samedi 14, ont voté le principe de se rencontrer le dimanche pour renforcer leur lutte. C’est ainsi que le dimanche 15 dans l’après-midi, une centaine de salariés s'est retrouvée au Robert pour discuter et coordonner leur action. A cette rencontre avaient été conviés deux délégués de MULTIGROS, également propriété de Ho Hio Hen. Sur place, ils ont réaffirmé leur détermination à obtenir une augmentation de 50 euros nets, tant à Batelière qu’au Robert. En outre, ils ont mis en place une seule équipe comprenant des employés des deux sociétés chargée de négocier avec les directions de Batelière et du Robert. Lundi 16, lors de la reprise des négociations, les employés ont pu constater que les directions avaient un peu infléchi leur position, sans toutefois venir totalement sur celles des employés. Ces éléments ont renforcé la détermination des employés. Au jour où nous écrivons, le mouvement se poursuit. DH : les employés ont obtenu une augmentation de 65 euros dont la moitié à effet au 1er octobre 2015 et l'autre moitié au premier mars 2016. Ils ont gagné leur lutte !


Guadeloupe : Jarry, grève des agents d’IDEX-Énergie 971

Le 3 novembre les travailleurs d’IDEX-Énergie 971 se sont mis en grève en même temps que le mouvement d’action de la CGTG à Milenis dont ils étaient solidaires. Ils ont pour tâche le traitement des fumées toxiques de la centrale électrique du groupe Contour Global à Jarry. Ils revendiquent le respect des conditions de sécurité́ face aux risques électriques et ont déposé plusieurs plaintes à ce propos auprès de la Gendarmerie, sans résultat pour le moment. IDEX-Énergie 971 ne se contente pas de mettre en danger la vie de ces agents, elle empoche depuis 2013 des sommes qui leur reviennent. Ceux-ci relèvent en effet de l’accord de branche des IEG (Industries électriques et gazières). En 2002 puis en 2011, il y eut une grève de la Centrale Thermique du Moule, la CTM, pour l’application de ce statut. Depuis septembre 2013, IDEX-Énergie Antilles, maison mère d’IDEX-Énergie 971, perçoit de Contour Global une compensation financière lui permettant d’appliquer le Statut National des IEG. Les grévistes ne bénéficient d’aucun des droits liés à ce statut. Le directeur d’IDEX-Énergie 971 a quitté la table de négociations samedi 7, il ne veut rien entendre. Face à ce comportement de voyou spoliant le personnel, les agents reconduisent la grève chaque jour. Ils sont dans leur bon droit et restent déterminés. Ils ont le soutien de leurs camarades de la centrale.


Guadeloupe : S.A Bologne : les salariés ont fait reculer la direction

En grève depuis le 3 novembre dernier, les salariés ont repris le travail le mardi 17 novembre 2015. Ils s’opposaient au licenciement sans motif de deux cadres jugés trop proches d’eux par la direction. L’une des cadres déjà licenciée après 35 ans d’ancienneté pour faute lourde n’aurait pas pu bénéficier des indemnités de licenciement et la procédure était en cours pour l’autre cadre qui a 16 ans d’ancienneté et qui était en congé maladie. Après 10 jours de grève, la direction a reculé et s’est dit prête à payer des indemnités liées à la rupture du contrat de travail pour la cadre. Cette dernière a préféré faire appel aux prud’hommes mais pourra prétendre aux indemnités de chômage, ce qui prouve bien que la direction avait inventé des fautes lourdes qui n’existaient pas. L’autre salarié a préféré porter plainte contre la direction et aux Prud’hommes. La direction a accepté de prendre en charge 50 % des jours de grève, ce qui donne 4 jours pour les salariés et 4 jours sa charge. Le travail a donc repris ce mardi, mais pour les salariés, c’est une victoire car même si la direction n’est pas revenue sur les licenciements, elle a enlevé le motif de faute lourde. Les travailleurs ont fait la démonstration qu’ils peuvent se mobiliser et faire reculer la direction et c’est un avertissement lancé à la direction pour lui démontrer qu’ils sauront se défendre si elle envisage de les attaquer par la suite.


Martinique : Basse Pointe, menaces de licenciements intolérables

Sur les habitations Leyritz Béranger-Sénécourt, à Basse Pointe, les ouvriers agricoles qui y travaillent sont inquiets pour leur avenir. A la suite du décès le mois dernier de l’ancien patron de l’habitation, Joseph De Meillac, la veuve, gérante de l’habitation, n’a pas attendu pour annoncer des mesures de licenciements économiques. Ainsi, sur l’habitation Leyritz, 7 salariés sur les 15 que compte l’entreprise sont menacés de licenciement. Sur Sénécourt, 13 salariés sur 20 risquent de se retrouver eux aussi à la rue. Ce qui fait un total de 20 salariés qui risquent d’être privés d’emploi. Il semblerait que les héritiers ne veulent pas poursuivre l’activité sur les habitations et veulent réduire de 20 à 10 hectares l’exploitation bananière. Donc ils cherchent à se débarrasser d’une partie du personnel. En fait les ouvriers ne savent toujours pas ce qui se cache derrière les tractations en cours. Les ouvriers qui ne veulent pas se retrouver sur le carreau sont d’autant plus méfiants, que, comme ils le disent eux-mêmes, la direction a déjà pris ce genre de décision concernant la diminution des effectifs, par le passé. Le jeudi 12 novembre, la gérante a tenu une première réunion d’information avec les délégués du personnel en présence d’une inspectrice du travail. A l’issue de cette réunion l’inspectrice du travail a demandé à la gérante de revoir sa copie du plan qu’elle présentait, parce que sa décision avait l’air d’être un peu précipitée. Autrement dit elle était bien trop pressée de se débarrasser d’une partie du personnel. Les ouvriers quant à eux, sont sur leurs gardes. Ils veulent que la direction trouve une solution pour les reclasser. Pour eux, c’est bien le minimum après toutes ces années où ils ont travaillé dur pour enrichir les De Meillac.


Martinique : Emplois d'avenir ? Quel avenir ?

Mardi 10 novembre, Mme Marie-Thérèse Casimirius, maire de Basse-Pointe, membre du PPM (Parti Progressiste Martiniquais - fondé par Aimé Césaire) de Serge Letchimy, a animé une réunion sur les “emplois d'avenir”. Elle s’est tenue en présence de deux représentants de Pôle Emploi. Le journal France-Antilles, qui rapporte cette réunion dans son édition du 12 novembre, ne dit pas combien de chefs d'entreprise y ont assisté, encore moins combien comptent embaucher dans le cadre des “emplois d'avenir”, et n'auraient pas embauché sans cela. Car les “emplois d'avenir” sont en panne en Martinique. 1228 ont été signés en 2014. Et sur ces 1228, un chiffre faible par rapport aux dizaines de milliers de chômeurs en Martinique, combien étaient une vraie embauche ? Car ces emplois sont surtout temporaires, à durée déterminée. Un employeur du public n'a pas le droit d'en proposer à durée indéterminée ! Et l'emploi n'est pas forcément à plein temps. Le minimum est de 17h30 par semaine. Il s'agit pour les employeurs d'embaucher des jeunes de moins de 25 ans et 30 ans s'il s'agit d'un travailleur handicapé, en percevant une aide financière de l'État pouvant aller jusqu'à 75% du salaire, avec souvent en plus, des exonérations de taxes et de cotisations sociales. Malgré ces cadeaux, les patrons ne se bousculent pas. Et si la mairie de Basse-Pointe prévoit paraît-il, avec quelques associations, cinquante recrutements, beaucoup seront de nouveau au chômage dans quelques mois. Le gouvernement Hollande-Valls et ceux, du PPM ou d'ailleurs, qui le soutiennent ici, prétend faire du chômage sa priorité. Il ne convainc que les plus crédules.


Martinique : On ne peut pas se contenter du “job-dating”

Le 13 novembre la Milcem (Mission locale du centre de la Martinique) organisait un “job dating” au centre commercial de la Galléria, au Lamentin. “Job dating”, c'est une session où des jeunes, entre 16 et 25 ans doivent venir quémander, en 10 minutes maximum, un emploi auprès des enseignes de la galerie commerciale. Et “emploi” est un bien grand mot, puisque la plupart de la centaine de postes à pourvoir étaient des emplois précaires, à durée déterminée, pour le surcroit d'activité des fêtes de fin d'année. Autrement dit, ce n'est que pour faire des paquets-cadeaux, recharger des rayons, etc. Pour ces quelques jours en décembre, on a demandé aux candidats de participer à des “ateliers de préparation”, organisés la veille par la Milcem. Car, bien sûr, pour pouvoir espérer quelques jours de salaire, il faut savoir se vendre, savoir soigner sa “présentation-image”, son CV, sa “force de conviction”. Alors qu'avoir un emploi et un salaire sont une nécessité vitale, donc devrait être un droit élémentaire, la situation de chômage de masse actuelle impose à des jeunes de se mettre en concurrence, pour ce qui n'est qu'un “djob”, pas même un vrai travail. Une des entreprises présentes à la Galléria est l'Hyper U, exploitée par le groupe Robert Parfait, présent en Martinique dans d'autres hypermarchés et dans la distribution automobile, etc., fournira quelques jours de boulot. La revue Challenges évalue en 2015 la fortune de Robert Parfait et sa famille à 100 millions d'euros. Avec d'autres groupes de même taille ou plus grands encore, celui de Bernard Hayot par exemple, ces capitalistes, s'ils y étaient contraints, pourraient créer des centaines, voire des milliers d'emplois durables, sans écorner notablement leurs bénéfices et leurs fortunes. Au lieu de les contraindre, l'administration, les politiciens complaisants qui sont aux affaires, applaudissent à leurs opérations de saupoudrage comme ce “job-dating”. La presse n'est pas en reste d'applaudissements. La jeunesse, elle, avec ses aînés dans le monde du travail, devra retrouver le chemin des luttes pour contraindre le grand patronat à embaucher.


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