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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1144 du 21 novembre 2015/Deuxième page

Deuxième page

Les bulletins de Combat Ouvrier aux élections

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56 ko - Dernières modifications : 19/11/2015

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Terrorisme : la responsabilité des grandes puissances.

L’organisation État islamique (EI ou Daesh) est un produit direct du chaos provoqué par les grandes puissances. Les populations du Moyen-Orient, qui sont les premières victimes de la barbarie islamiste, tout comme les français qui sont aujourd’hui frappés, n’ont rien à attendre des gouvernements impérialistes. Daesh est le produit de l’invasion de l’Irak par l’impérialisme américain en 2003. Dans ce pays où les musulmans chiites représentent environ les deux tiers de la population et les sunnites environ un tiers, le renversement du régime de Saddam Hussein s’est soldé par une guerre civile entre milices religieuses. Les unes prétendaient venger la majorité chiite de l’oppression qu’elle a subie sous l’ancien régime, les autres se posaient en défenseurs de la minorité sunnite. Toutes ont massacré des dizaines de milliers de personnes (26 000 morts de 2004 à 2005 selon le Département d’État américain) sous l’œil indifférent de l’administration militaire américaine, qui contrôlait seule le pays. Par la suite, l’impérialisme américain a mis en place un État fantoche dirigé par des politiciens et des hommes d’affaires chiites. Cela a poussé une nouvelle fraction de la population sunnite dans les bras des milices qui prétendent les défendre. L’EI est la fusion de ces milices avec des groupes d’officiers de l’armée de Saddam Hussein chassés de leurs postes par les Américains en 2003. À partir de 2012, Daesh a participé à l’insurrection contre Bachar al-Assad en Syrie. Les puissances impérialistes, notamment les États-Unis et la France, ont soutenu les insurgés parce qu’ils voulaient affaiblir al-Assad, un des rares chefs d’État de la région ayant les moyens de ne pas toujours leur obéir au doigt et à l’œil. Ce faisant, ils ont donc directement contribué à armer Daesh. En 2014, Daesh a conquis un tiers de l’Irak et la moitié de la Syrie, un territoire de 230 000 km² où l’organisation fait régner la terreur. Ce fut d’autant plus facile que personne en Irak ne semble prêt à risquer sa vie pour les marionnettes corrompues d’un «État irakien légal» dont l’existence fragile ne repose que sur le soutien américain. Cette barbarie provoquée par ses propres interventions, l’impérialisme est bien en peine d’y mettre un terme. Les principales armées de la région engagées contre l’EI sont celles de la Syrie de Bachar al-Assad et les milices soutenues par son allié, l’Iran. Les rares victoires remportées en Irak contre l’EI sont d’ailleurs le fait de ces milices chiites directement commandées par des officiers iraniens et non de l’armée irakienne officielle. Mais les États-Unis ne souhaitent pas une victoire totale du régime d’al-Assad et du régime iranien qui échappent à leur contrôle. De plus, une telle victoire les mettrait en porte-à-faux vis-à-vis de certains de leurs alliés, comme l’Arabie Saoudite qui intervient déjà au Yémen contre des groupes armés soutenus par l’Iran. Alors, pour l’instant les grands de ce monde optent pour une cote mal taillée : bombarder pour la forme le territoire contrôlé par l’EI pour montrer leur soutien aux marionnettes qu’ils ont installées au pouvoir en Irak, et laisser les populations soumises à la terreur se débrouiller avec leurs nouveaux maîtres. Après tout, de leur point de vue cynique, c’est une façon comme une autre de continuer à contrôler la région et tant que le pétrole coule à flots, rien ne presse…


Guadeloupe : Réunion publique unitaire pour riposter à l'attaque de Jean et Martin Huygues Despointes

Cette réunion publique s'est tenue le samedi 14 novembre dernier. Les organisations suivantes avaient appelé à sa tenue : le CIPN (Comité International des peuples noirs), le FKNG (Fos pou Konstui Natyon gwadloup), avec la participation de Combat Ouvrier, de la CGTG, du journal Rebelle !. Devant une centaine de participants réunis dans la salle de Rémy Nainsouta, Luc Reinette qui présidait le meeting a demandé à chaque organisation cinq minutes d'intervention. Plusieurs organisations ont proposé de mener des actions unitaires pour riposter à l'attaque des Despointes contre la CGTG. Ces riches békés avaient porté plainte en diffamation contre la CGTG qui dans un tract avait déclaré que ces capitalistes tiraient leur fortune de leurs ancêtres esclavagistes. Ils ont obtenu gain de cause et la CGTG a été condamnée à plus de 53 000 euros d'amende pour avoir simplement énoncé une vérité. Lors du débat plusieurs interventions allèrent dans le sens de riposte à cette attaque patronale digne de la plus belle époque du colonialisme. .


Guadeloupe : LA CGTG DOIT ENCORE PAYER !

La CGTG (Confédération Générale du Travail de Guadeloupe), a été condamnée, conjointement à deux de ses délégués, à payer 53 472 euros, tous frais confondus, suite au procès en diffamation que lui ont intenté deux des actionnaires de Carrefour Milenis, Jean et Martin Huyghes Despointes. La CGTG avait en effet écrit dans un tract qui s’insurgeait contre un plan de 28 licenciements dans cette entreprise évidemment prospère,  que les Despointes pouvaient prendre sur leurs fortunes personnelles pour maintenir les emplois, et rappelé «que la famille Despointes a bâti toute sa fortune sur la traite négrière, l’économie de plantation et l’esclavage salariat. » Ce rappel de la manière dont ont été accumulées les grandes fortunes békées a suffi pour entrainer la condamnation en première instance puis en appel et la saisie des comptes du syndicat. « Derrière chaque grande fortune, il y a un grand crime » écrivait Balzac. Certaines ont commencé avec un crime contre l’humanité, ce qu’il faudrait taire ! La CGTG a réclamé la possibilité d’étaler le paiement de cette somme extravagante. L’audience a eu lieu le 6 octobre au tribunal d’instance de Pointe-à-Pitre, en présence d’une centaine de militants de ce syndicat. Le jugement rendu le 10 novembre a de nouveau donné gain de cause aux Despointes qui refusaient la possibilité d’étalement. La CGTG a été déboutée et elle devra payer en sus 2000 euros de frais de justice. Cette nouvelle attaque mesquine est bien révélatrice de la hargne des Despointes contre un syndicat dont le rôle est de défendre les intérêts des salariés contre les abus patronaux. Tous ceux qui souhaitent soutenir financièrement la CGTG peuvent envoyer leur participation à son siège, 4 cité artisanale de Bergevin, 9110 Pointe-à-Pitre.


Martinique : De Reynal adresse les demandes des patrons aux futurs élus de la CTM : il sait à qui il s'adresse !

Dans une longue interview parue dans le journal France Antilles du 13 novembre, Emmanuel de Reynal, président de l’association patronale Contact-Entreprise présente les demandes des patrons aux futurs élus de la Collectivité Territoriale de la Martinique. «Ce que nous attendons de la nouvelle Collectivité c’est qu’elle déclenche un choc de confiance. On est vraiment dans l’attente de décisions fortes en faveur de l’entreprise… Il faut que la Collectivité territoriale déclenche ce choc de confiance.». Puis s’agissant de la capacité d’investissement des Collectivités, De Reynal a, là encore, quelques suggestions à faire aux élus. Parlant des 4000 agents, il indique que la collectivité devra «optimiser ses charges», «gagner en efficacité». Une autre façon de dire que les charges salariales devront être revues à la baisse pour laisser plus de marges aux investissements qui alimentent le secteur privé. Et De Reynal poursuit : «Dans toutes les îles voisines, (...) ce sont les élus qui vont chercher les entrepreneurs. Ils leur demandent ce qui leur manque et comment les aider». Plus d’aides, de sollicitude et de subventions ! Voila les demandes des patrons pour se trouver en confiance pour investir. C’est le langage des patrons en direction des élus qui ont l’habitude d’être à leur service. En définitive, De Reynal n’a rien inventé. S’il a parlé ainsi c’est qu’au préalable les dirigeants politiques, qu’il s’agisse du «Gran sanblé» de Marie-Jeanne ou de «Ensemble pour une Martinique Nouvelle» de Letchimy, se sont déjà adressé au patronat au cours de leurs différents meetings durant cette campagne électorale, en leur assurant qu’ils seront à leur service.


Guadeloupe : La soirée des 50 ans de Combat ouvrier

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Le vendredi 6 novembre, notre organisation, Combat Ouvrier, (CO) organisait un rassemblement à l'occasion du 50ème anniversaire de la création du groupe. Plusieurs camarades, parmi les plus anciens, firent un exposé pour raconter comment ils rejoignirent le groupe dès la fin des années 60. La modestie de certains les aura fait omettre de parler de leur emprisonnement, ce que Jean Marie Nomertin, président de séance rappela néanmoins : l'emprisonnement de Louis Maugée de janvier à mai 1981. Celui d’Hugues Dalon en Guadeloupe fut aussi rappelé, tout comme les années de clandestinité de Max Céleste. Tous eurent à subir cette répression en raison de leurs idées. François Anaïs raconta comment le travail militant du groupe a démarré dans la région de Capesterre-Belle-Eau et particulièrement dans les plantations de banane. Il rappela le rôle de Paul Christophe dont l'activité militante dans le secteur de la banane à Capesterre-Belle-Eau fut essentiel pour poursuivre jusqu'à aujourd'hui une activité militante parmi les travailleurs de la banane. Enfin, Max Céleste expliqua pourquoi en 50 ans nous n'avons pu créer de parti communiste révolutionnaire ouvrier. Il en donna la raison principale : le recul historique du mouvement ouvrier. Il remonta à la dégénérescence de l'état ouvrier russe et à l'élimination systématique des révolutionnaires russes, des militants trotskystes par l'appareil stalinien à partir de 1923. Notre camarade retraça l'histoire du courant communiste révolutionnaire-trotskyste qui donna naissance à Combat Ouvrier, l'UCI (Union Communiste Internationaliste) fondée par Barta (David Korner) avec des militants comme Vick, (Pierre Bois) qui dirigea la première grande grève de l'après guerre chez Renault. Puis il rappela les premiers contacts pris par le fondateur de CO, Gérard Séné, avec les militants qui aujourd'hui sont organisés autour du nom de leur journal "Lutte Ouvrière" et qui était "Voix Ouvrière" en 1965. Max Céleste déclara que l'avenir tel qu'il se présente à nous aujourd'hui ne permet pas d'entrevoir de perspective révolutionnaire proche, sauf sursaut particulier de la classe ouvrière. Il dit que, malgré tout, notre existence et celle de multiples groupes se réclamant du communisme révolutionnaire, trotskyste, constituait une raison d'optimisme. Mais que la principale source d'optimisme résidait dans la capacité de la classe ouvrière à se relever et à reprendre l'offensive politique, ce qu'elle a toujours fait au cours de son histoire. Le problème c'est que nous ne pouvons savoir quand cette nouvelle perspective historique se présentera. La salle de Rémy Nainsouta était remplie. Près de 120 personnes, avaient répondu à notre invitation. Au fond de la salle, derrière la tribune, sur écran, la photo de Gérard Séné fut projetée tout au long du meeting. Nos camarades de la Martinique, Louis Maugée, Anne marie Fortuné, Alex Duféal avaient fait le déplacement. Ghislaine Joachim-Arnaud fut empêchée en raison d'une émission à laquelle elle devait participer dans le cadre de l'élection régionale. Nous avons voulu marquer lors de cette soirée non seulement le caractère communiste de notre organisation, sa filiation trotskyste mais aussi son caractère antillais et non seulement "martiniquais" ou "guadeloupéen", ce qui pour nous a une importance capitale. Et enfin, comme l'a dit notre camarade Céleste, ce que nous avons pu faire pendant ce demi-siècle c'est faire émerger et maintenir un courant communiste révolutionnaire au sein de la classe ouvrière antillaise, certes très minoritaire mais qui a pu maintenir le drapeau du communisme révolutionnaire dans la tradition de Marx, Engels, Lénine et Trotsky. Et, a-t-il ajouté, nous avons pu le faire avec tous ceux qui ont fait un bout de chemin avec nous, tous ceux qui encore aujourd'hui demeurent des compagnons de route indispensables. Tous ceux-là nous ont aussi permis d'exister : les sympathisants, les amis de CO. Certains le sont de très longue date. Beaucoup étaient dans la salle. Après avoir entonné l'Internationale, nous nous sommes tous retrouvés dans la deuxième salle autour d'un pot fraternel et de petites choses à manger emmenées par les camarades et les sympathisants.