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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1144 du 21 novembre 2015/Première page

Première page

Editorial: LA BARBARIE À L’ŒUVRE !

ZoomLes attentats de Paris revendiqués par l'organisation État Islamique (EI) ou Daech ont fait 129 morts et 352 blessés. Rien, aucune cause, ne peut justifier ces actes de barbarie absolue. Tirer à l'aveugle sur une foule dans une salle de spectacle, abattre ensuite les gens un par un jusqu'à en tuer 89, tirer d'une voiture sur des terrasses de café, se faire exploser ensuite, tout cela pourrait être considéré apparemment comme l'œuvre de fous irresponsables. C'est pire que cela.

Ce sont les actes ultimes commandés par une politique de groupes qui utilisent la religion pour imposer la terreur à leurs propres peuples au Moyen Orient, et à tous les peuples. L'appareil politique à la tête de l'EI voudrait imposer partout une loi qu'il prétend islamique pour que des castes dirigeantes viennent ensuite profiter du pouvoir imposé par les armes et par la terreur. Pour ces raisons ils imposent dans les morceaux de territoires qu'ils contrôlent en Irak et en Syrie, sous peine de mort, l'esclavage des femmes et des principes de vie totalement moyenâgeux, totalement barbares.

Mais qu’ont-ils en face d'eux ? Qu’ont-ils pour les combattre ? Des grandes puissances comme la France, les USA et maintenant la Russie qui, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ont mené des guerres et des bombardements dans le monde entier sans discontinuer ! La France et les USA ont instauré la barbarie au Vietnam pendant trente ans pour les intérêts de leurs multinationales et pour contrecarrer l'influence de l'URSS dans la course au partage du monde. En Algérie, pour combattre les indépendantistes de ce pays, l'état impérialiste français a commis les pires atrocités et la torture à grande échelle. Dans le même temps, l'URSS en Hongrie en 1956 brisait par les armes la révolution ouvrière. En 1979 l'armée de l'URSS sema la mort en Afghanistan encore dans une lutte avec les USA pour le partage du monde par pays interposé. Et on ne compte plus les interventions militaires de l'armée française en Afrique pour contrôler ses anciennes colonies et préserver les intérêts de ses multinationales.

Tout cela n'excuse en rien les attentats barbares perpétrés par l'EI. Mais cela permet de faire comprendre qu'aucune solution au terrorisme individuel aveugle ne pourra venir des états impérialistes et autres grandes puissances, aucune. La solution viendra des peuples eux-mêmes, et singulièrement des classes opprimées de tous les pays avec les travailleurs en première ligne. Car pour éradiquer la barbarie d'où qu'elle vienne : qu'elle vienne des terroristes du fondamentalisme islamique ou du terrorisme d'état des grandes puissances qui dominent le monde, il faudra que les peuples, les opprimés se retournent contre leurs propres dirigeants. Il faudra enlever le pouvoir des mains des groupes terroristes, des dictatures arabes qui oppriment leurs peuples en utilisant la religion et qui en un sens nourrissent aussi le fondamentalisme islamique. "Notre ami le roi", du Maroc, très lié à tous les gouvernements français qui le soutiennent, maintient son peuple sous la férule d'une dictature politico-religieuse. De même les rois et les princes d'Arabie Saoudite et d'autres sultanats du Golfe Persique.
Quant aux grandes puissances, elles ont semé le chaos : les USA en Irak, la France en Lybie, bombardée par Sarkozy. Et par là-même elles ont enrichi le terreau sur lequel a poussé l'EI. Elles portent aujourd'hui une lourde responsabilité dans l'insécurité qui règne en France, aux USA, en Angleterre, qu'elles font payer à leurs propres peuples.

Il revient aujourd'hui plus que jamais aux travailleurs des grandes puissances et des pays du Moyen-Orient de trouver les voies pour construire des partis révolutionnaires qui s'opposeront à leurs bourgeoisies, seules bénéficiaires du chaos actuel.
Alors, seront possibles d'autres types d'états, socialistes, ceux-là, œuvrant pour les intérêts de tous les opprimés et non plus d'une minorité. C'est la seule voie possible pour que l'humanité sorte de la barbarie.


Dimanche 6 et 13 décembre votez pour les listes Combat Ouvrier : conduites par G. Joachim-Arnaud en Martinique et Jean-Marie Nomertin en Guadeloupe !

Combat ouvrier présente une liste pour que l’électorat populaire puisse dire tout haut qu’il ne se sent pas représenté par des serviteurs de la bourgeoisie possédante : Letchimy, Marie- Jeanne, Petit, Monplaisir en Martinique, Chalus, Lurel, Bernier, Penchard en Guadeloupe. Votez pour les exigences vitales du monde du travail :

- Contre le chômage : l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, l’embauche des intérimaires et de toutes les catégories de précaires, - Pour une augmentation générale des salaires et des retraites protégée par une indexation sur les hausses de prix, des impôts et des taxes,

- Pour la suppression du secret des affaires afin que toute la population puisse constater que les grandes entreprises et les banques pillent toute la société avec la complicité de l’État et que les profits ainsi accumulés par la grande bourgeoisie suffiraient à financer la création d’emplois utiles et à préserver les classes populaires face à la crise de l’économie capitaliste. Combat Ouvrier se revendique de la tradition communiste du mouvement ouvrier, pour la mise en commun des richesses et des moyens de les produire. Personne ne pourra se tromper sur le sens des votes pour la liste de Combat Ouvrier. Ils signifieront que le rejet du gouvernement socialiste et des notables locaux soutiens du patronat vient bien des travailleurs!

Les 6 et 13 décembre, envoyez des travailleurs communistes révolutionnaires à la CTM en Martinique et au Conseil Régional en Guadeloupe ! Votez Combat Ouvrier!


Terrorisme : la responsabilité des grandes puissances

L’organisation État islamique (EI ou Daesh) est un produit direct du chaos provoqué par les grandes puissances. Les populations du Moyen-Orient, qui sont les premières victimes de la barbarie islamiste, tout comme les français qui sont aujourd’hui frappés, n’ont rien à attendre des gouvernements impérialistes. Daesh est le produit de l’invasion de l’Irak par l’impérialisme américain en 2003. Dans ce pays où les musulmans chiites représentent environ les deux tiers de la population et les sunnites environ un tiers, le renversement du régime de Saddam Hussein s’est soldé par une guerre civile entre milices religieuses. Les unes prétendaient venger la majorité chiite de l’oppression qu’elle a subie sous l’ancien régime, les autres se posaient en défenseurs de la minorité sunnite. Toutes ont massacré des dizaines de milliers de personnes (26 000 morts de 2004 à 2005 selon le Département d’État américain) sous l’œil indifférent de l’administration militaire américaine, qui contrôlait seule le pays. Par la suite, l’impérialisme américain a mis en place un État fantoche dirigé par des politiciens et des hommes d’affaires chiites. Cela a poussé une nouvelle fraction de la population sunnite dans les bras des milices qui prétendent les défendre. L’EI est la fusion de ces milices avec des groupes d’officiers de l’armée de Saddam Hussein chassés de leurs postes par les Américains en 2003. À partir de 2012, Daesh a participé à l’insurrection contre Bachar al-Assad en Syrie. Les puissances impérialistes, notamment les États-Unis et la France, ont soutenu les insurgés parce qu’ils voulaient affaiblir al-Assad, un des rares chefs d’État de la région ayant les moyens de ne pas toujours leur obéir au doigt et à l’œil. Ce faisant, ils ont donc directement contribué à armer Daesh. En 2014, Daesh a conquis un tiers de l’Irak et la moitié de la Syrie, un territoire de 230 000 km² où l’organisation fait régner la terreur. Ce fut d’autant plus facile que personne en Irak ne semble prêt à risquer sa vie pour les marionnettes corrompues d’un «État irakien légal» dont l’existence fragile ne repose que sur le soutien américain. Cette barbarie provoquée par ses propres interventions, l’impérialisme est bien en peine d’y mettre un terme. Les principales armées de la région engagées contre l’EI sont celles de la Syrie de Bachar al-Assad et les milices soutenues par son allié, l’Iran. Les rares victoires remportées en Irak contre l’EI sont d’ailleurs le fait de ces milices chiites directement commandées par des officiers iraniens et non de l’armée irakienne officielle. Mais les États-Unis ne souhaitent pas une victoire totale du régime d’al-Assad et du régime iranien qui échappent à leur contrôle. De plus, une telle victoire les mettrait en porte-à-faux vis-à-vis de certains de leurs alliés, comme l’Arabie Saoudite qui intervient déjà au Yémen contre des groupes armés soutenus par l’Iran. Alors, pour l’instant les grands de ce monde optent pour une cote mal taillée : bombarder pour la forme le territoire contrôlé par l’EI pour montrer leur soutien aux marionnettes qu’ils ont installées au pouvoir en Irak, et laisser les populations soumises à la terreur se débrouiller avec leurs nouveaux maîtres. Après tout, de leur point de vue cynique, c’est une façon comme une autre de continuer à contrôler la région et tant que le pétrole coule à flots, rien ne presse…


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