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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1145 du 5 décembre 2015/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Quand le CSA s'érige en censeur de république bananière !

En Martinique, la campagne électorale pour la nouvelle «Assemblée de Martinique» comporte une campagne officielle radio-télévisée, avec 3 clips pour chacune des 9 listes en présence. Lors de l'enregistrement du 1er de ces clips pour la liste «Combat Ouvrier», un responsable du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel), au téléphone depuis Paris, a fait obstacle à la formulation : «En Martinique, les subventions de l’État et des assemblées locales vont aux Hayot, aux Ho-Hio-Hen, aux Fabre-Domergue, aux Parfait, aux Monplaisir ! Pas aux travailleurs ! ». Il ne fallait pas, paraît-il, citer les noms de famille des capitalistes ! Confrontés à l'éventualité que le CSA fasse finalement sauter l'ensemble du clip, nous avons modifié le passage incriminé : «En Martinique, les subventions de l’État et des assemblées locales vont aux grands groupes capitalistes, comme GBH (Groupe Bernard Hayot), et tous les autres ! Pas aux travailleurs ! ». Toujours est-il que, contrairement à ce qui est répété partout, dans le cadre de la campagne électorale l'expression n'est pas vraiment libre, mais soumise à une censure exercée de Paris, à 7000 km. 


Le réchauffement climatique : une conséquence de l’anarchie capitaliste

On parle, depuis plusieurs dizaines d’années, de l’accumulation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre et de ses conséquences sur le réchauffement climatique. Colloques et protocoles se succèdent entre représentants des grandes puissances, sans que le problème ne connaisse l’embryon d’une solution. Les perspectives et hypothèses émises par les experts sont catastrophistes, pour un avenir proche. Les gaz à effet de serre sont naturellement présents dans l’atmosphère terrestre et nécessaires à la régulation du climat. Il s’agit principalement de vapeur d’eau, et aussi de CO2 (gaz carbonique) et de méthane. Ils forment une couverture qui permet à une partie du rayonnement solaire (les infrarouges) reçu et renvoyé par la terre, d’être réfléchi vers le sol terrestre, à la manière dont le ferait la vitre d’une serre. Sans eux, la température moyenne sur terre serait de -18°, alors qu’elle est aujourd’hui de +15° ! Ce qui pose problème aujourd’hui, c’est la trop forte concentration de ces gaz, cette fois du CO2 et du méthane, issus en priorité de l’industrie, des transports et d’une agriculture mal maîtrisés. Depuis le début de l’ère industrielle, ils se sont accumulés dans l’atmosphère, de manière brutale avec l’accélération d’un développement incontrôlé. A l’échelle géologique, qui se chiffre en millions d’années, la terre a connu plusieurs phases de refroidissement puis de réchauffement. Des changements brutaux ont provoqué l’extinction massive d’espèces animales et végétales, puis le renouveau de la vie. Après la dernière période glaciaire, la terre a commencé à se réchauffer depuis environ 18 000 ans, jusqu’à aujourd’hui. Le problème c'est qu’aujourd’hui, il ne s’agit plus de cycles naturels. Depuis un siècle, l’activité humaine est devenue le facteur dominant du changement climatique associé au réchauffement. 80% de l’énergie utilisée pour la production industrielle, les transports, et à un moindre degré les consommations individuelles proviennent de la combustion de sources fossiles : le charbon, le pétrole, le gaz. En brûlant pour produire l’énergie, elles rejettent du CO2 et de la vapeur d’eau en quantité. Une partie, environ 1/4, est absorbée par les océans et la végétation, le reste s’accumulant dans l’atmosphère. Et bien sûr, plus on dévaste de forêts, que ce soit pour l’exploitation du bois ou autre projet industriel, plus le phénomène s’accentue. Un des effets pervers majeurs est l’élévation du niveau des mers et océans. Il se chiffre à 17cm depuis le début du siècle, dont 8cm depuis 1992. Il est dû à la dilatation des eaux sous l’effet de la chaleur, et à la fonte des glaciers terrestres, qui diminuent de surface, rejetant l’eau dont ils sont constitués dans la mer. Les experts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat) chargés de l’étude des conséquences du réchauffement, alertent sur des événements climatiques extrêmes : canicules, pluies torrentielles, cyclones plus intenses et plus durables. Des villes comme New York, Tokyo, Calcutta ou Bangkok, et de nombreuses îles pourraient être submergées d’ici un siècle. Que resterait-il de la Guadeloupe et de la Martinique ? L’approvisionnement en eau douce pour de très nombreuses personnes est menacé, du fait de la pollution des nappes phréatiques par l’eau salée. La désertification de terres autrefois cultivables est déjà aujourd’hui une catastrophe humanitaire. Il pourrait y avoir d’ici 2050, 200 millions à 1 milliard de migrants contraints de fuir des régions devenues invivables. Vu la façon dont les migrants sont traités aujourd’hui, quelle seraient alors les « solutions » préconisées par les gouvernants ? Les scenarios envisagés par les experts sont catastrophiques. Mais une telle régression n’est pas inéluctable. Elle est un des pires aspects de la barbarie engendrée par l’anarchie du système capitaliste qui dirige le monde. La propriété privée des moyens de production, une liberté quasi-totale de détruire, de piller et de polluer, malgré les très timides sanctions instaurées à l’issue de différents colloques internationaux, liberté qui devient totale et effrénée dans les pays pauvres sous domination impérialiste, proies des multinationales, sont à l’origine des catastrophes annoncées. La concurrence, le fait que chaque gouvernement protège ses propres capitalistes, un système de production anarchique qui recherche le profit immédiat et maximum sans aucun souci du lendemain, ni de la vie humaine, ou de la vie tout court, est entrain de conduire le monde à la destruction. «Socialisme ou barbarie», écrivait Karl Marx. La barbarie est en route, mais il est encore possible de la stopper. Non pas par des réunions au sommet qui ne sont que de la poudre aux yeux, mais bien en renversant cette société criminelle. Une autre société qui fonctionnerait pour les besoins prioritaires de l'humanité et non pas pour les profits d'une minorité de capitalistes pourrait inverser la tendance au réchauffement climatique et à la destruction programmée de l'humanité ou d'une partie d'entre elle. Elle s'appelle la société socialiste, une société sans classe sociale et totalement égalitaire entre les hommes.


Guadeloupe : Lycée Faustin Fléret (Morne à l’Eau) : état d’urgence, 5 lycéens arrêtés.

Le 19 novembre, des gendarmes en tenue de guerre débarquent chez un lycéen de seconde. Il est conduit en garde-à-vue pour 46 heures. Pourquoi ? Deux jours avant, sa prof de français a organisé un «débat» sur les attentats de Paris. Tu parles d’un piège ! Comme Marvin a dit quelque chose qui n’a pas plu, la dame a fait un rapport au proviseur. Pourquoi s’embêter ? Avec l’état d’urgence, les «chefs» ont tout pouvoir... Le proviseur fait un rapport le lendemain, le proviseur a convoqué la maman. Pour discuter ? Ben non : pour annoncer que lui aussi faisait un rapport, cette fois-ci au procureur. Et bim ! Le lycéen est embarqué par les militaires. Opération commando. Il a été traîné à l’hôpital, menotté, pour «faire un bilan» et le soir il a été arrêté en mode commando. Les gendarmes voulaient son ordinateur, mais il n’en a pas. Pas grave : ils ont trouvé une discussion sur WhatsApp où il disait qu’il n’aimait pas le président Hollande. Re-Bim ! Quatre de ses amis ont été arrêtés le lendemain ! Pendant la garde à vue, les gendarmes ont choisi l’avocate du lycéen. Elle a dit à sa mère : «si votre fils est rebelle, c’est votre faute». Et c’est elle qui va le défendre ? Ils veulent nous faire taire ! L’arrestation de ces 5 lycéens n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme. Tout ce cinéma n’a qu’un seul but, faire comprendre aux lycéens que quand on organise un débat, ça veut dire «ferme ta gueule» !


France : État d’urgence : un prétexte pour matraquer

La marche mondiale pour le climat, organisée le dimanche 29 novembre, a réuni 780 000 manifestants pour 2300 marches dans le monde. Dans la plupart des pays, ces marches pacifiques se sont déroulées sans heurts. Mais en France, à Paris, où se déroulait justement la COP 21, conférence sur le climat, c’était une autre affaire. Les manifestations avaient été interdites, sous le prétexte de l’état d’urgence décrété par le gouvernement. Bien entendu cela n’a pas découragé les milliers de manifestants. Dans les plus grandes villes, Toulouse, Bordeaux, Lyon ou Marseille, les manifestations ont regroupé des centaines de personnes. A Paris, les manifestants ont été assaillis par les forces de l’ordre. Il y a eu 341 arrestations, et 316 gardes à vue, dont 9 ont été prolongées. 26 militants écologistes ont vu leur domicile perquisitionné et ont été assignés à résidence avant la manifestation. Voilà les prémisses de ce qui attend tous ceux qui chercheront à s’opposer au gouvernement : l’état d’urgence sert aussi, et peut être avant tout, à cela.


COP 21 : sauver la planète ou les finances de l’État ?

À l'occasion de la COP 21, Hollande a annoncé vouloir doubler d'ici 2017 la taxe-carbone, qui est en vigueur depuis l'an dernier sous le nom de « contribution climat énergie » et qui nous a déjà valu une augmentation de 2 centimes sur l'essence cette année, et une autre équivalente pour 2016. Bien que les discours gouvernementaux se succèdent sur le thème de la baisse des impôts, c'est bien parti pour qu'ils augmentent. Hollande n'envisage pas une seule seconde d'imposer aux grandes entreprises de cesser de polluer. Par contre il veut contraindre la population, qui n'a pas le choix pour ses déplacements quotidiens, à payer toujours plus.


Échos de campagne électorale

Guadeloupe Quand L'UGTG participe d'une certaine façon aux élections ! Eh oui, heureusement qu'il y a les élections. Cela donne aux dirigeants de l'UGTG l'occasion de se manifester politiquement, alors même qu'ils interdisent à ses militants de "faire de la politique". À chaque élection, nous voilà gratifiés d'un 8 pages des responsables de l'UGTG qui fulminent contre tous ceux qui participent aux élections! Nous leur suggérons de garder un peu de papier et d'encre car ils auront un autre 8 pages à sortir dans un peu plus d'un an pour nous reprocher d'aller aux élections législatives et présidentielles ( où nous soutiendrons notre camarade de lutte ouvrière Nathalie Arthaud). Comme on le voit, pour tous ceux qui se préoccupent un tant soit peu de politique les élections sont un excellent moment d'expression. L'UGTG ne s'y trompe pas et participe aux élections à sa manière. Aucun incident entre "communistes à Petit Bourg". Guadeloupe première a présenté faussement une de nos apparitions lors d'un meeting électoral du Parti communiste guadeloupéen (PCG) à Petit Bourg. Le PCG aurait pris notre place alors que nous devions parler avant. Pure et totale invention. Certains y auraient vu un différend entre "communistes"... La vérité c'est que nous n'avions pas prévu de parler avant le PCG. Nous avions prévu une intervention à Petit Bourg après celle de Goyave le même soir. Il s'agissait de notre deuxième conférence électorale. Donc il était tout à fait normal que le PCG parle avant nous et nous avons attendu avec correction qu'il ait fini de s'exprimer pour le faire à notre tour. Nécessité du débat démocratique dans le mouvement ouvrier Nous avons eu à nous exprimer sur le programme du PCG d'abord par une critique de son programme axé sur l'autonomie. Nous pensons en effet qu'aucun changement de statut ne saurait déboucher sur une amélioration de la situation des travailleurs si ces derniers ne constituent pas une force politique indépendante, et un nouveau parti communiste révolutionnaire. Nous avons aussi déclaré que nous pouvions avec les travailleurs sincèrement communistes qui militent au PCG et avec lesquels nos camarades militent notamment à la CGTG, œuvrer à la construction d'un tel parti. Le PCG et Combat Ouvrier constituent les deux seules tendances politiques communistes au sein du mouvement ouvrier de Guadeloupe. Et il est sain qu'un débat puisse s'instaurer devant les travailleurs à chaque fois que l'occasion nous en est donnée. Martinique Monplaisir : un exploiteur jamais mieux servi que par lui-même ! Dans sa circulaire, la tête de liste de "an nou ba peyi la an chans" déclare : «Chef d'entreprises employant plus de 1500 employés je connais les obstacles qui freinent le développement de l'économie martiniquaise et les moyens de les surmonter». Comme il le dit lui-même, ce n'est pas un petit chef d'entreprise. Pour la Martinique, employer 1500 personnes cela signifie être un gros capitaliste. Ces 1500 personnes lui rapportent des millions par leur travail sous forme de profit. Ce que Monplaisir veut surmonter ce sont les obstacles qui freinent un tant soit peu la possibilité de faire plus d'argent, plus de profit sur le dos des travailleurs. Monplaisir se prend peut être pour Martin Luther King ? Il déclare, toujours dans sa circulaire : «Enfin, j'ai fait un rêve, celui d'une Martinique retrouvée dans laquelle il ferait bon vivre». Le rêve de faire plus de fric oui ! Monplaisi Komik tou bolman wi !