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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1142 du 24 octobre 2015/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Solidarité avec Jocelyn Leborgne !

Le 27 octobre, Jocelyn Leborgne, dirigeant de l’UGTG et en particulier de sa branche Commerce, est convoqué devant la Cour d’appel de Basse-Terre. Il est poursuivi pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d’ADN. Ce prélèvement a été exigé par les autorités suite à la condamnation de Leborgne en 2010, pour avoir écrit sur un mur «Votez UGTG» lors d’une campagne pour les élections prud’homales. En mai 2013, Leborgne avait été soutenu par un rassemblement important lors de son procès devant le tribunal de Pointe-à-Pitre. Le tribunal l’avait relaxé. Mais le procureur, mécontent de cette décision, avait fait appel. C’est pour cela que Leborgne doit retourner au tribunal, à Basse-Terre, le 27 octobre à 8h30. Ce procès montre, une fois de plus, la volonté des autorités de criminaliser les militants syndicaux, que le premier ministre Valls qualifie maintenant de «voyous». Combat Ouvrier se déclare solidaire de Jocelyn Leborgne, comme de tous ceux qui sont traînés devant les tribunaux parce qu’ils s’opposent aux mauvais coups des gros patrons !


Il faut que les intellectuels cessent de se déshonorer

Nous publions ci-dessous les extraits d' un texte envoyé par nous au journal France Antilles en réponse à l'article de Nuissier et signé Jean-marie Nomertin C’était prévisible. Les images du DRH d’Air France pris à partie par des travailleurs – des travailleurs dont il s’apprêtait à saccager tranquillement la vie – devaient forcément déclencher chez nous une réaction publique. Une voix «officielle» allait forcément vouloir en dire quelque chose... Et comme c’est souvent le cas dans ce genre de situation, c’est Errol Nuissier, spécialiste autoproclamé des fantasmes, qui s’y est collé (voir France Antilles du samedi 10 octobre 2015). Les cadres dirigeants d’Air France qui ont aujourd’hui la sympathie d’Errol Nuissier ont mis de côté 119 millions d’euros pour leurs futures «retraites chapeau» : cela représente plus de la moitié des prétendues «pertes» d’Air France cette année ! Ils se sont voté des augmentations de salaire mirifiques : 72 % pour le PDG, 74 % pour le DRH. Ils ont joué et perdu en bourse des sommes gigantesques appartenant à l’entreprise. De cette façon, ils ont réussi l’exploit de mettre dans le rouge une compagnie dont, pourtant, le chiffre d’affaire augmente et dont les dépenses diminuent (notamment grâce à la baisse du prix du kérosène). En deux ans et demi, ils ont supprimé 8 000 emplois, imposé une augmentation du temps de travail à tous les personnels et gelé tous les salaires (tous sauf les leurs, bien évidemment). Les travailleurs d’Air France ont accepté ces sacrifices en échange de la promesse que cela sauverait les emplois restants. Jusqu’à ce qu’on leur annonce («à prendre ou à laisser», car il n’est nullement question de négociation ici), que 5 000 autres postes allaient être supprimés dont 2 900 en France. Face à une telle brutalité, une telle injustice, quel être humain n’aurait pas laissé éclater sa colère ? Mais justement Nuissier a la plus grande difficulté à considérer les travailleurs et les pauvres comme des êtres humains à part entière. Et il a le mérite d’être assez clair : « L’égalité ne peut intervenir entre deux personnes qui occupent des positions asymétriques. (…) Il faut faire un choix : soit l’on est dirigeant, soit l’on est salarié.» Et d’expliquer doctement qu’à cause de l’illusion du partenariat social, «les agresseurs se sont sentis autorisés à violenter celui qu’ils percevaient comme un égal»… Quelle erreur, de la part de simples «exécutants» de s’être crus l’égal d’un «décideur» ! Nuissier n’a qu’une seule chose à dire, noyée dans une dizaine de paragraphes d’autopromotion : l’idée «d’égalité» est dangereuse, car les pauvres pourraient se mettre à y croire… Cette grande peur est aussi vieille que l’exploitation. Et dans notre société en panne, gangrénée par un chômage massif, une coterie de petits notables qui n’ont pour seule ambition que de fermer la porte du progrès derrière eux, s’y accrochent avec l’énergie du désespoir ! Les «sanctions judiciaires», les «sanctions administratives et judiciaires», le «temps des sanctions» sont nécessaires pleurniche et répète Errol Nuissier, mais surtout il faut selon lui que les exploités cessent de croire qu’ils sont les égaux des riches. C’est au nom de cette morale pervertie qu’un procureur a récemment volé au secours d’un béké poursuivi pour des propos racistes en prétendant que tous les journalistes présents au procès avaient «mal entendu» le réquisitoire de son substitut. C’est aussi la raison pour laquelle il y a quelques années, Alain Huyghues Despointes, poursuivi pour avoir fait l’apologie de l’esclavage, n’a écopé que d’une peine minime. Et c’est pour cela qu’à l’inverse, la justice «locale» a bloqué les comptes en banque de la CGTG et de deux de ses militants pour avoir écrit la vérité dans un tract, à savoir que «La famille Despointes a bâti sa fortune sur la traite négrière, l’économie de plantation et l’esclavage salarié»… Mais tous ces gens marchent à contre-courant de l’histoire. Le chemin est long, il y a des reculs momentanés, mais les inégalités et les injustices finissent toujours par être battues en brèche. Avant il y avait l’esclavage. Maintenant il n’existe plus. Il y avait les privilèges légaux de la noblesse. Ils ont été abolis. Chez nous, il y a eu la confiscation du droit de vote par des préfectures qui organisaient la fraude électorale, le refus d’instaurer la Sécurité sociale malgré la départementalisation, les SMIC au rabais, les «primes de chaleur» réservées aux seuls fonctionnaires blancs… Et ce sont à chaque fois, depuis des siècles, les explosions de colère des opprimés qui leur ont permis d’améliorer leur sort. Pour nous, communistes révolutionnaires, ils en ont le droit, y compris, un jour, celui d’exproprier la grande bourgeoisie et de prendre en main l’organisation de la société. En attendant, ceux qui ont le privilège d’être des intellectuels se doivent d’être du côté des opprimés et des exploités comme l’ont été, dans ces moments-là, les Aimé Césaire, les Rosan Girard et tant d’autres. Et ils se déshonorent quand, tel Nuissier, ils rivalisent de zèle pour flatter les exploiteurs. Jean Marie Nomertin, Porte parole de Combat Ouvrier. Tête de liste de Combat ouvrier aux élections régionales des 6 et 3 décembre 2015


Face à la vérité historique de l’esclavage, France Antilles s’autocensure

Samedi 17 octobre, France Antilles a publié un texte signé par notre porte-parole Jean-Marie Nomertin (voir extraits ci-contre). Nous réagissions aux propos lamentables du «psychologue officiel» Errol Nuissier contre les grévistes d’Air France, mais surtout, nous appelions les intellectuels à ne pas se déshonorer comme lui par une attitude servile envers les riches et les puissants. Dans la version originale de ce texte, nous rappelions que la CGTG et deux de ses militants ont été condamnés pour avoir écrit une simple vérité sur un tract, à savoir que «La famille Despointes a bâti sa fortune sur la traite négrière, l’économie de plantation et l’esclavage salarié». La rédaction de France Antilles a censuré cette phrase, vraisemblablement en panique, puisqu’elle n’a même pas pris le temps de nous en avertir ou de nous demander une autre formulation (ce qui aurait été la moindre des choses). Les juges qui ont condamné la CGTG se sont rendus coupables d’une atteinte grave contre la liberté d’expression, comme leurs prédécesseurs en avaient l’habitude «au bon vieux temps des colonies». S’il en fallait une preuve, la voilà : un journal qui a «pignon sur rue» recule devant la vérité historique. En effet, s’il en coûte 50 000 euros d’écrire cette vérité sur un tract, quel journaliste, quel écrivain, quel historien pourra encore oser en parler ? Un documentaire comme Les derniers maîtres de la Martinique – celui-là même où Alain Huyghues Despointes faisait l’apologie de l’esclavage devant la caméra – pourrait-il encore être produit après ça ? Les militants du mouvement ouvrier n’ont pas d’autre choix que de se battre contre ce jugement inique. Mais la récente reculade de France Antilles devrait convaincre aussi les intellectuels que c’est pour eux une question d’autodéfense que de rejoindre ce combat.


Guadeloupe : Beauport (Pays de la canne) en grève pour faire appliquer le droit

Depuis le vendredi 9 octobre, les 16 travailleurs du «Pays de la canne» sont en grève pour l’application d’un accord datant de 2010 visant à faire appliquer la convention collective du tourisme. Or, la société Geste qui gère le site n’a commencé à appliquer cette convention que depuis 2014… mais seulement selon la fantaisie de la directrice, Mme Troplent ! En particulier, elle ne compte que quatre années d’ancienneté pour nombre de salariés, alors qu’ils travaillent sur le site depuis plus de 10 ans, voire depuis 1999 pour certains ! Les travailleurs réclament leur requalification, l’augmentation du salaire de plusieurs d’entre eux. Ils protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail et réclament plus de transparence de la part des gestionnaires. Mme Borel-Lincertin, présidente du Conseil général qui finance le site, n’a pas daigné répondre aux travailleurs qui ont pris contact avec elle. Quant à la direction, elle ne propose qu’une augmentation minime en échange du gel des salaires pour 5 ans ! Elle tente même depuis quelques semaines de diviser le personnel en accordant certaines revendications au personnel commercial et administratif (principalement des femmes), mais rien aux ouvriers du côté technique (surtout des hommes). Heureusement, ces manœuvres ne prennent pas et pour le moment la grève est unanime et elle tient bon !


Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN

SCA DUMANOIR : INTERDISONS LES LICENCIEMENTS....
Dernièrement, à la prise du travail le géreur nous a appris qu'il y aurait bientôt des licenciements. Plus d'une dizaine sur la trentaine de travailleurs que compte la plantation. Les camarades ne lui ont pas fait le même coup que celui des employés d'Air France à certains responsables de la compagnie, mais....cela a été un coup, dur à admettre.

UNIS NOUS AVONS LA FORCE DE NOUS OPPOSER À CE SALE COUP
Et comme à chaque fois que patrons et responsables veulent faire un sale coup aux travailleurs, ils commencent par chercher à les diviser : c'est ainsi que le géreur a prétendu que ce serait surtout les plus anciens qui seraient licenciés. Ne tombons pas dans ce piège, et surtout, ne nous laissons pas diviser C'est seulement si nous sommes unis que nous aurons des chances de réussir à nous opposer au sale coup des Cabre, Delacaze et autres profiteurs...

BAVARDAGE PATRONAL D'UN CÔTÉ, LA DURE RÉALITE DE L'AUTRE
Alors qu'à la SCA-Dumanoir la direction sort un plan de licenciements, sur Guadeloupe Première Télé, T. Dembas vice-président du groupement Les Planteurs de Guadeloupe, prétend que le secteur banane va créer des emplois. Des centaines d'après lui. Mais en attendant il semble beaucoup "apprécier" la main d'œuvre à bon marché que sont les prisonniers, ainsi que nombre d'autres planteurs, car ce sont des emplois pour lesquels les patrons reçoivent des aides des pouvoirs publics. De plus ces travailleurs sont très souvent plus "soumis" aux pwofitation, compte tenu de leur situation.

NOUS DEVONS IMPOSER LES MÊMES CONDITIONS DE TRAVAIL SUR TOUTES LES PLANTATIONS
Par exemple, sur certaines plantations, le nombre de régimes de bananes à transporter pour toucher une journée est de 132, sur d'autres 150 et 110 sur quelques unes. Le nombre de sacs d'engrais à semer : 20 sur certaines et 24 sur d'autres et même plus ailleurs. Il en est de même pour les "cirés". Et c'est en permanence que les patrons cherchent à imposer une aggravation de nos conditions de travail. Pour mettre un frein à ces tentatives, il faut nous préparer à imposer les mêmes conditions de travail sur toutes les plantations. C'est à notre portée.


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