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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1141 du 10 octobre 2015/Quatrième page

Quatrième page

17 octobre 1961 : massacre de manifestants Algériens à Paris

ZoomDans le domaine des actes de violence barbares, les forces de répression de la France n’ont pas été en reste au cours de son histoire coloniale. C’est ce que vient rappeler le sinistre anniversaire de la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris. La guerre pour l’indépendance de l’Algérie avait commencé sept ans auparavant. Elle devait prendre fin 8 mois plus tard. Durant l’été 61, des négociations avaient débuté entre les deux camps mais à l’automne, elles étaient au point mort. Un couvre-feu touchant la population algérienne vivant en France avait été décrété par la Préfecture de Paris, dirigée par le sinistre Maurice Papon, sous la Présidence de De Gaulle. Tout Algérien qui sortait après l’heure limite pouvait être arrêté, frappé, voire assassiné. Pour ceux qui travaillaient de nuit ou très tôt sur des chantiers, c’était une situation intenable. Dans les jours qui ont précédé la manifestation, plusieurs corps d’Algériens déjà furent rendus par les eaux de la Seine. Le 17 octobre, la fédération de France du FLN (Front de Libération nationale) algérien avait appelé tous les Algériens, femmes, hommes, enfants, à participer à une manifestation pacifique pour protester contre le couvre-feu. Elle réunit entre 20 000 et 40 000 personnes. Ces manifestants sortirent des bidonvilles où ils vivaient pour venir protester dignement dans leurs habits du dimanche, sans armes. Ils furent assaillis par les forces de répression, policiers municipaux, gendarmes et CRS. Au lendemain du massacre, la préfecture dénombra officiellement 3 victimes. En réalité, 200 personnes environ perdirent la vie. La plupart disparurent et des corps furent retrouvés flottant dans la Seine les jours suivants. Les familles cachèrent leurs morts et leurs blessés par peur des représailles. Il y eut quelque 2 000 blessés et 11 538 personnes furent arrêtées et internées dans des camps provisoires, où beaucoup furent tabassées. Les persécutions se poursuivirent durant au moins 4 jours, comme en témoignent les victimes emmenées dans les hôpitaux. Maurice Papon fut condamné en 1998 pour complicité de crime contre l’humanité. Non pas pour la répression de cette manifestation, mais pour le rôle qu’il joua en tant que secrétaire général de la Gironde de 1942 à 1944 dans la déportation de centaines de Juifs vers les camps d’extermination. Il fallut attendre 2012 pour que le massacre du 17 octobre 61 soit timidement reconnu de façon officielle. Il a fallu attendre 50 ans pour que cette barbarie sorte de l’ombre.


A Mayotte, la lutte a payé

Les travailleurs d'Orange de Mayotte (Comores) étaient en grève depuis le 21 juillet, pour obtenir la prime de vie chère qu'ils ne touchaient pas alors que leur île fait partie des territoires qui y ont droit. Depuis 2011, ils réclamaient cette prime, indispensable vu le contexte et les prix locaux. Après sept semaines de grève, Orange a dû céder et va leur verser une prime de 60 € mensuels avec effet rétroactif depuis mars 2011.


Espagne : le mirage d’une Catalogne indépendante

Le dimanche 27 septembre, lors des élections à la «Generalitat» (le gouvernement régional de la Catalogne), une coalition indépendantiste a gagné une majorité de 72 sièges sur 135. Mais derrière le discours nationaliste catalan se cache la rapacité d’une bourgeoisie affairiste et d’une classe politique corrompue. Comme la plupart des régions d’Espagne, la Catalogne possède une langue locale qui a été réprimée en faveur du castillan (l’espagnol officiel), notamment sous la dictature de Franco. Cela a alimenté un sentiment d’oppression nationale dans la population. Par ailleurs, jusque dans les années 1900, la bourgeoisie bancaire et industrielle espagnole était essentiellement catalane – le reste du pays étant en grande partie sous-développé. C’est cette bourgeoisie catalane qui a, à partir de 1901, crée de toutes pièces le parti nationaliste catalan (au départ la «Ligue régionaliste»), classé à droite. Son actuel président, Artur Mas, est d’ailleurs issu de deux grandes familles industrielles du textile et de la métallurgie. Avant la dictature de Franco, puis à nouveau à partir de 1978, cette bourgeoisie s’est toujours servi du nationalisme catalan d’une part pour appeler les exploités et les travailleurs à serrer les rangs autour d’elle, d’autre part pour réduire ses taxes et sa participation aux frais de l’État espagnol en faisant pression sur le gouvernement central de Madrid. Depuis novembre 2014, Artur Mas et ses acolytes ont adopté un ton très offensif «pour l’indépendance». Ils tentent ainsi d’exploiter la colère de la population très durement frappée par l’austérité orchestrée depuis Madrid et surtout de faire oublier la corruption inouïe des fondateurs de leur parti (notamment Jordi Pujol, qui «aime» tellement la Catalogne qu’il a placé des dizaines de millions d’euros de pots-de-vin et de passe-droits en Andorre et au Luxembourg). En réalité, ce pari n’est pas vraiment gagné. Le groupe de Mas perd 12 sièges. Et s’il va pouvoir gouverner avec la majorité absolue, c’est en s’alliant avec un groupe qui se dit d’extrême-gauche. Ce dernier, par «patriotisme», commet la trahison d’apporter ses 10 sièges au parti du patronat catalan. Quant au nombre de voix, les indépendantistes n’en recueillent que 47,8 %. Mais les bourgeois et les politiciens de toutes les régions auront beau jeu d’agiter l’épouvantail de «l’indépendance catalane» pour attiser les rancœurs et diviser davantage la classe ouvrière espagnole. La multiplication des micro-nationalismes ne libérera pas les peuples catalan, basque, breton ou corse. Elle ne fait que les lier plus étroitement à la bourgeoisie de leur région, elle les maintient évidemment sous le joug de la grande bourgeoisie internationale et les sépare de leurs frères de classe partout en Europe, qui sont les seuls à pouvoir s’opposer avec eux à l’exploitation.


Nadine Morano membre d'une race très spéciale

Nadine Morano, du parti Les Républicains, ex ministre de Sarkozy a déclaré : "la France est un pays de race blanche". Si tant est que la race existe, et la science a depuis longtemps démontré le contraire, Morano est en retard au moins d'un siècle. Par contre, la race des Morano, elle, existe bel et bien, hélas. C'est celle qui veut rivaliser de crétinerie et de bêtise avec l'extrême droite raciste des Le Pen pour récupérer les voix de ces derniers. Mais c'est bien cette race là qu'il faudra éliminer de France et d'ailleurs.


Syrie : entre la peste, le choléra et la gangrène !

Après les bombardements français sur la Syrie, c’est la Russie qui est entrée en action et qui a bombardé des positions de Daech. Elle a aussi fait des victimes parmi les populations civiles. Mais les grandes puissances occidentales, elles aussi, commettent tous les jours ces soi-disant bavures. Après les déclarations de Poutine qui considère que l’ennemi à abattre est Daech et non pas Bachar-al-Assad, Hollande et Obama ont montré leur désaccord et déclaré que s'il faut combattre Daech, le dirigeant syrien doit laisser le pouvoir. La plupart des réfugiés, faute de moyens, ne peuvent gagner l’Europe et sont parqués dans des camps dans les pays limitrophes où les conditions humanitaires sont catastrophiques. Ces populations, en Syrie subissent à la fois les bombardements de Bachar-al Assad, de Daech et des grandes puissances. Les puissances occidentales, les États-Unis et la Russie ont décidé l’intervention militaire pour, selon eux, venir à bout des terroristes. Mais la guerre n’a rien réglé ni en Irak ni en Afghanistan. Dans ces pays elle a renforcé les groupes d’oppositions terroristes et semé le chaos. Les États impérialistes se trouvent dans une véritable impasse causée par leur propre politique depuis des décennies dans cette région du monde. Leurs intérêts véritables sont le pétrole et la vente d’armes. Et toutes les larmes de crocodile qu'ils versent sur le sort des populations ne sont qu’une parade hypocrite pour justifier l’intervention militaire.


ÉCHO DES HÔPITAUX(Guadeloupe)

CHU : UN NOUVEAU DG Qui est-il ? Il a été pendant 4 ans, responsable du contrôle et de l’expertise du CHU. Est-ce à dire que les 58 millions d’euros de déficit sont aussi de son fait ? En tout cas, pas question que la mauvaise gestion du CHU, ce soit le personnel qui la paye !

CHU : PRÉPARONS L’ACCUEIL Dans sa première lettre au personnel, le nouveau DG annonce sa venue dans les services avant la fin de l’année. Préparons-nous à faire entendre nos difficultés en matière d’effectifs, de matériel, de cadence, de harcèlements, de burn out … Bref à faire entendre notre refus d’un Plan de Retour à l’Equilibre sur notre dos !

CHU : LA PSYCHIATRIE EN DÉROUTE Le transfert administratif de la psychiatrie CHU vers Montéran doit s’effectuer à la fin de l’année. Des réunions ont eu lieu entre l’ARS et les responsables du CHU à ce sujet, mais le personnel est resté hors-jeu. Avec quelles conséquences pour le personnel  ce fera ce transfert ? Cela restant dans le flou, les agents ont décidé de se préoccuper de leur avenir. Ils ont tenu réunion avec les syndicats le 22 septembre. Et à la suite, ils ont obtenu une rencontre avec la direction du CHU. C’est déjà un premier pas pour éclaircir leur situation. 


ERRATUM

Une erreur s’est glissée dans notre précédente parution n°1140 du 26 septembre 2015. Dans l’article : Élections à Trinidad, situé en page 4 -2è colonne, il fallait lire : la population de Trinidad est de 1.3 millions d’habitants et non 3.5 millions comme nous l’avons écrit. Nous prions nos lecteurs de nous excuser de cette erreur.


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