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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1141 du 10 octobre 2015/Troisième page

Troisième page

Routes de Guadeloupe : La direction accepte de négocier pour éviter la grève.

Le personnel technique et administratif de "Routes de Guadeloupe", l’organisme qui gère l’entretien du réseau routier, avait déposé un préavis de grève pour le lundi 28 septembre. Les agents dénoncent leurs conditions de travail concernant l’hygiène et la sécurité et le fait que la direction ne respecte pas le personnel et les droits syndicaux. Ils revendiquent un plan de formation et veulent que tous les postes vacants soient occupés. Déjà en juin dernier, le personnel s’était mobilisé devant le siège de Jarry pour discuter avec la Direction mais celle-ci ne les avait pas reçus. Cette fois, pour éviter une grève, le directeur et le président de la Région Guadeloupe (dont dépend l’organisme) ont lancé des négociations avec les représentants du personnel. Les discussions se poursuivent mais la direction a demandé un délai de réflexion. Les salariés, eux, se disent vigilants et restent prêts à démarrer la grève si aucun accord n’est signé. Il a suffit que les salariés montrent les dents pour que la pression change de camp. Un exemple à suivre !


Martinique : Au centre hospitalier Maurice Despinoy (ex Colson), les grévistes se font respecter

Après 9 journées de grève du 22 septembre au jeudi 1er octobre, les agents du centre hospitalier Maurice Despinoy ont pu faire reculer leur direction sur une partie des points de leur cahier de revendications. A partir du jeudi soir, les barrages ont été levés. Les négociations devraient continuer sur les autres points à compter du mardi 6 octobre. Pendant tous ces jours, Ies grévistes avaient installé des barrages aux entrées des sites de Mangot Vulcin et de Balata et se regroupaient en piquet de grève pour montrer leur détermination. Un service minimum était organisé par les grévistes. Que cela soit ceux de Colson ou ceux de Mangot Vulcin , les grévistes dénonçaient les mesures de la direction concernant les bonifications, mais aussi la lenteur des titularisations, le manque d’effectifs dans les services, les mauvaises conditions de travail et aussi le manque de matériel de base pour les soins des malades, y compris les médicaments. Lors des négociations, l'intersyndicale CDMT-CGTM-CSTM-UGTM a exigé au préalable le remboursement des deux jours de grève des 6 et 7 juillet, prélevés arbitrairement sur le salaire de certains agents, alors même que le mouvement avait été suspendu. En effet, les prélèvements concernaient surtout des agents en pointe dans le mouvement ou encore des collègues en congé annuel, ce qui a provoqué leur colère. Après six jours de blocage des négociations, la direction a fini par accepter de restituer ces jours indument prélevés et de reconsidérer le paiement des jours de grève sur la durée totale du mouvement. La direction a aussi accepté de suspendre la modification du calcul des bonifications pour les agents «promouvables» à un changement d’échelon. Avec ce changement des règles en place depuis de nombreuses années, elle voulait faire des économies. Mais les grévistes ont dit non ! Par ailleurs ces derniers ont refusé la fermeture de la cuisine sur le site de Balata, alors que 130 patients se trouvent toujours en soins sur ce site et que 200 agents y travaillent. Pour le site de Mangot Vulcin, les grévistes ont obtenu des améliorations de la sécurité et des conditions de travail avec des clés supplémentaires. Ces dispositions gagnées facilitent maintenant le déplacement et la sécurité des agents entre les maisonnées du site. Ils ont obtenu la réfection de deux chambres d’isolement saccagées depuis plusieurs mois, et un meilleur éclairage des parkings extérieurs. D’autres points restent à négocier et notamment la poursuite du plan de titularisation des agents contractuels dans le cadre de la résorption de l’emploi précaire. Sur 1200 agents, plus de 300 ne sont toujours pas titularisés. C’est dire que les négociations des prochains jours sont importantes. Cependant, lors de la suspension de la grève les agents étaient satisfaits des premiers résultats de leur mouvement. De même ils étaient satisfaits de s’être fait respecter par l’ARS et la direction, car ces derniers sont toujours prompts à les sanctionner tout en les laissant travailler dans des conditions de plus en plus difficiles.


Martinique : 26 salariés licenciés après la liquidation de l’hôtel Club de Trois Ȋlets.

Le 23 septembre dernier après 18 mois de redressement judiciaire, l'Hôtel Club des Trois-Îlets a été mis en liquidation par le tribunal de commerce de Fort-de-France. Vingt six salariés se retrouvent à la rue. L’hôtel de 77 chambres appartenait à la Société d'Économie Mixte d'Aménagement de la Ville du Lamentin (SEMAVIL) et la commercialisation se faisait par le Tour opérateur Club Heliades, qui lui, recherchait le profit maximum. Cette liquidation intervient après celle de l’hôtel Marouba-Club au Carbet en mai 2015, qui a entrainé le licenciement de 51 salariés. Le gouvernement Hollande-Valls-Pau-Langevin, continue de gaver les entreprises avec l’argent du contribuable sous prétexte de soutien à l’emploi. Dans les DOM, la prolongation d’un an du dispositif de défiscalisation prévue par la LODEOM (Loi pour le Développement Économique des Outre-mer) a été décidée récemment par le gouvernement. Le CICE (crédit impôt compétitivité emploi) 2016 plus favorable que celui de 2015 et d'autres allègements de charges sociales et fiscales continuent de tomber dans l’escarcelle des patrons et surtout des plus gros (plus d’un milliard d’euros pour les entreprises des DOM). Mais ceux qui profitent de cette manne n’ont aucun scrupule à fermer les entreprises. Après avoir perçu toutes sortes d’aides, les capitalistes du tourisme modifient leur stratégie et plient bagage comme ils l’entendent. Pour défendre leurs revendications vitales, leur emploi, leur salaire, les travailleurs devront, par leur mobilisation massive arracher le droit au contrôle de ces capitalistes rapaces. Ils ont les moyens de savoir où ils mettent leur argent, à quel moment ils opèrent leurs transferts d’activité, et alors de les empêcher de nuire. Vu les conséquences désastreuses de leur «changement de stratégie» pour les salariés qui sont ceux-là même qui créent les richesses, c’est bien le minimum. Il s’agit d’un objectif vital que les travailleurs auront à mettre dans leur programme d’urgence de lutte contre le chômage.


Martinique : La colère des surveillants pénitentiaires de Ducos.

Le jeudi 17 septembre dernier, les surveillants de la prison de Ducos, ont découvert à la suite d’une ronde 11 balles de pistolet 7,65. Pour eux, soit les armes sont déjà à l’intérieur et cachées quelque part, soit ces armes vont pénétrer dans l’enceinte de l’établissement. Cette situation a été la goutte d’eau qui a fait éclater la colère du personnel du centre. Le 30 septembre dernier, ils sont entrés en action. Ils ont érigé un barrage devant la prison pour exiger notamment une fouille complète et générale de l’établissement. Un surveillant interviewé par un journaliste déclarait : «Chaque jour, lorsque je vais travailler, ma famille est inquiète, car elle ne sait pas si je vais revenir vivant en fin de journée». En effet, cela fait plusieurs années que les surveillants pénitentiaires de Ducos alertent les autorités gouvernementales et les autorités locales sur la situation catastrophique dont ils sont victimes. Mais ces autorités tardent à prendre les décisions qui s’imposent. Conséquence, les agressions physiques contre les personnels pénitentiaires se multiplient, mais aussi entre les détenus eux-mêmes. Les surveillants dénoncent régulièrement les mauvaises conditions carcérales, la vétusté des locaux, conditions qui sont inacceptables en termes d'hygiène et de sécurité. Cette prison construite en 1996 et dotée d’une capacité de 570 places héberge plus de 1 000 détenus. A tel point qu’on comptabilise plus d’une centaine de matelas au sol, ce qui rend le travail des surveillants plus difficile. Cette surpopulation entraine aussi des bagarres au quotidien, et des facilités pour faire circuler de la drogue, ou d’autres produits ou objets illicites. Mais cette situation déplorable dans laquelle nous vivons actuellement est un phénomène social. Les différents gouvernements qui se sont succédé et la Garde des sceaux, Mme Taubira, sont bien incapables de résoudre ce problème. Plus de 60% des jeunes sont sans emploi et sont laissés pour compte. Toute la population le constate et voit cette jeunesse au chômage errer toute la journée, assise au bord de la route, dans des quartiers. Résultat, ils finissent par devenir des délinquants, excités et de plus en plus dangereux. Et pour avoir de l’argent pour survivre, ils s’adonnent à toutes sortes de trafics et finissent par s’y habituer. Pendant ce temps, des patrons, soutenus par les dirigeants politiques locaux, continuent de s’enrichir sur le dos des travailleurs, et souvent sur le dos des parents de ces jeunes délinquants. Voilà la réalité. Alors, on aura beau construire des prisons, la situation ne changera pas, mais deviendra au contraire de plus en plus difficile et invivable, tant que les travailleurs ne se donneront pas les moyens de mettre fin à ce système injuste.


Guadeloupe : ÉCHO DE PÔLE EMPLOI

ON REPARLE DU CONTRÔLE DES DEMANDEURS D’EMPLOI Les annonces qui se succèdent sur la gestion des demandeurs d’emploi ne sont pas rassurantes. Ces jours ci les médias reparlent du contrôle des DE. Pour nous agents, c’est clair : nous aurons à gérer le mécontentement de ceux qui contrôlés viendront se plaindre à l’accueil ! Encore des agressions en perspective !

CHÔMAGE : LE GOUVERNEMENT FLIQUE LES CHÔMEURS Pour tous ceux qui pointent à Pôle Emploi, en revanche, il y a toujours plus de papiers, de convocations, de contrôles en tout genre. Le gouvernement a même décidé d’embaucher 200 agents pour surveiller encore plus les chômeurs. Mais pourquoi ne pas embaucher des millions de travailleurs pour surveiller les infrastructures nécessaires à la population, améliorer les services publics, ceux de la santé, et les autres, faire les grands travaux pour améliorer le quotidien de tous?

CONTRÔLER D’ACCORD, MAIS A QUAND LES EMPLOIS PÉRENNES ? Ces histoires de contrôles des demandeurs d’emploi qui viseraient à permettre aux chômeurs de longue durée à se reclasser, ne trompent aucun agent conscient. On voudrait bien «réveiller» les chômeurs qui n’y croient plus. Mais pour leur proposer quels emplois ? Les jobs qu’ils trouvent très bien sans nous, non merci !

LES CONTRÔLEURS SONT DEJÀ NOMMÉS Il semblerait que Jacques-Gustave ait d’ores et déjà nommé deux collègues au contrôle. En catimini, sans que le réseau en soit informé ! Comme d’habitude, ce qui le préoccupe c’est bien de satisfaire sa direction et gérer sa carrière et absolument pas de savoir quels effets auront ces nouvelles mesures sur les chômeurs et sur nous, les agents !

Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN

380€ DE PENSION DE RETRAITE PAR MOIS, UNE MISÈRE.... C'est la somme que reçoit un camarade retraité de chez F. Lignières, après avoir travaillé des années pour cet exploiteur et d'autres du même acabit. Et ils sont nombreux les travailleurs retraités de la banane à percevoir des retraites de misère. Et les raisons sont multiples....

LE TRAVAIL AU NOIR... Très répandu dans la banane. Les contrôles étant de plus en plus rares, beaucoup de patrons en profitent. Mais de temps en temps, il y en a qui se font attraper. C'est ainsi que lors du mouvement des camarades de la SCA-Bois Debout en octobre-novembre dernier, un petit patron qui récupérait les bananes de Dormoy a été suivi par une inspectrice du travail jusque sur sa plantation. Ce qui lui permis de découvrir que ce patron avait des travailleurs non déclarés à la Sécu....Mais il y a en beaucoup d'autres. ....

LE TRAVAIL NON PAYÉ... Un autre vol très répandu dans la banane, les heures supplémentaires non payées. C'est ainsi par exemple qu'à la SCEA-Shangy, les horaires de travail affichés indiquent : 6h-13h. Or les jours de coupe, certains camarades travaillent jusqu'à 17h et parfois 18h. Et ils ne reçoivent rien pour les heures supplémentaires. C'est le cas sur pratiquement toutes les plantations. Cela permet aux patrons de réduire les jours de travail, et de ne donner que 3 à 4 jours de travail par semaine au lieu de 5 sur certaines plantations...Ce qui aura des répercussions sur le montant des pensions de retraite ....

TRAVAIL EN "ENVLOP BLAN"... On demande à des camarades de venir travailler certains après-midi, et la paye n'est pas déclarée à la Sécu. En fait des heures supplémentaires non déclarées. Cette pratique a été combattue farouchement par la CGTG-Banane et elle a presque disparu. Mais il y a des travailleurs aujourd'hui à la retraite qui en subissent les conséquences.


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