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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1141 du 10 octobre 2015/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Mobilisation de LA CGTG contre la répression

ZoomDe gauche à droite : Arthein, Flémin, Kancel, Mona CadoceLes dirigeants de la CGTG ont rassemblé leurs militants pour défendre l’organisation syndicale ce mardi 06 octobre. Plus d’une centaine de personnes étaient présentes pour dire non à la justice coloniale qui a condamné la CGTG par deux fois, pour avoir écrit que Jean et Martin Huyghues Despointes ont fait toute leur fortune sur l’esclavage, la traite négrière et l’esclavage salarié. L’audience du tribunal d’instance avait pour but, à la demande de la CGTG, de statuer sur l’étalement des sommes réclamées par la justice à la centrale syndicale et à l’un de ses délégués de Milenis. En première instance, le syndicat et deux dirigeants du syndicat de carrefour Milenis avaient dû verser plus de 15 000 € à Despointes. La cour d’appel a non seulement confirmé cette condamnation mais aussi aggravé la peine. Au total, la CGTG a été condamnée à verser plus de 53 000 € aux Despointes. À l’audience, le secrétaire général de la CGTG a dénoncé la nouvelle saisie opérée pendant les vacances, en août, sur les comptes tant de la confédération que sur celui d’un des deux délégués, qui se monte à plus de 37 000 €. Ces montants astronomiques sont purement et simplement destinés à asphyxier financièrement l’organisation syndicale. La CGTG, organisation syndicale de lutte, gène le patronat, en particulier le grand patronat représenté par les Békés. A Milenis, le tract incriminé par la justice a été écrit lors d’une lutte contre un plan de licenciement de 28 salariés. La CGTG avait alors, seule contre tous les autres syndicats de l’entreprise, combattu ce plan. Après une expertise des comptes du CE, les Despointes avaient été condamnés à verser 3000 € de dommages et intérêts à celui-ci. Les salariés, à qui le patron faisait croire que l’entreprise était en difficulté, avaient eu la preuve, à travers l’expertise, qu’il n’en était rien. Bien au contraire, l’action résolue des élus de la CGTG avait obligé le patron à verser un arriéré au titre de la participation à l’ensemble des employés. C’est donc bien en répression contre la CGTG que les Despointes ont entrepris de la faire condamner et de la faire taire. S’appuyant sur une jurisprudence la juge a déclaré qu’il était difficile d’ordonner l’étalement de sommes qui ont déjà été saisies par les Despointes. Elle a demandé à l’avocat des Despointes si ces derniers consentaient à prendre un accord avec le syndicat pour étaler les sommes, ce qu’il a refusé. La décision du juge a été mise en délibéré au 10 novembre 2015. La CGTG en appelle à la solidarité financière à travers une souscription et une mobilisation dans les entreprises au début du mois de novembre.


Guadeloupe : Collège du Moule : le Recteur défend un principal indéfendable

Dès le premier jour de classe, le 7 septembre, une élève de 6e a été renvoyée parce que la direction de l’établissement trouvait ses jeans «trop clairs». Le principal, M. Duhamel, non content d’abuser de son pouvoir en bafouant la loi, avait aussi insulté la mère de la collégienne. Le rectorat, et notamment la conseillère du recteur Mme Lacémon, l’avait soutenu et demandé à la maman d’acheter un troisième jean. Celle-ci avait refusé de se laisser faire, et avait fini par obtenir gain de cause avec le soutien des jeunes du journal Rebelle ! Cette lamentable «affaire des jeans» aurait pu en rester là. Mais le principal Duhamel, encouragé par le soutien du Recteur, a alors orchestré une véritable vendetta contre la collégienne et sa mère. Pendant deux semaines, l’enfant a subi le harcèlement quotidien de certains élèves. Ces collégiens ont été couverts par la direction de l’établissement et ses relais, en particulier une conseillère d’éducation, Mme Confiant, qui punissait à chaque fois la victime, mais pas les harceleurs. Le 21 septembre, la situation est devenue dramatique. La collégienne et sa grande sœur ont été tabassées lors d’une altercation qui ressemblait fort à un guet-apens organisé par les chefs voyous du collège. Il a fallu une nouvelle mobilisation des jeunes de Rebelle !, appuyés par des camarades de Combat Ouvrier, pour arrêter la spirale de violence enclenchée par le principal. Le recteur Galap est alors enfin sorti de son silence, pour annoncer qu’il recevrait la maman qui a subi tous ces abus. Finalement, M. Galap s’est défilé, et la rencontre n’a pas eu lieu. Le principal Duhamel, qui est connu pour avoir poursuivi un parent avec un sabre l’année dernière, est toujours en poste. D’autres chefs d’établissement sont du même type : sexistes, grossiers, violents, et voleurs. Faudra-t-il un nouveau drame pour que le recteur de Guadeloupe se décide enfin à agir contre ces brutes machistes qui dirigent des collèges et des lycées ?


Guadeloupe : Procès Nicolas Chaulet : Une relaxe déguisée ?

Le 2 octobre, le Béké Nicolas Chaulet a été condamné à trois mois de prison ferme, un stage de citoyenneté et 1 500 euros d’amende pour des injures racistes, «Sale nègre ! Fils de pute! Esclave ! Fils de vieille négresse !" et pour la dégradation de matériel. En le condamnant à suivre un stage de citoyenneté, la juge s’assure déjà que le Béké ne mettra pas les pieds en prison. En effet ces stages sont utilisés comme une alternative à l’emprisonnement des condamnés. Nicolas Chaulet devra aussi verser à Frédéric Augustin, la victime, 2 900 euros pour la dégradation de son véhicule et 5 000 euros pour le préjudice moral. La justice coloniale a mis les grands moyens pour réduire la peine de l’indéfendable Nicolas Chaulet. Durant l’audience le substitut du procureur avait requis un an de prison ferme. Le lendemain, le procureur général, pourtant absent du procès, publiait un démenti prétendant que les avocats et la presse avaient mal entendu la réquisition, qui se limitait à un mois ferme et non à un an. Les avocats de la victime ont protesté contre ce coup de théâtre. Dans son jugement du 2 octobre, pour réduire la sentence, la juge a pris le soin de relaxer Nicolas Chaulet sur les faits de vol de matériel. La juge a aussi refusé de prendre en compte le régime de sursis sous lequel il était. En effet, ce Béké avait déjà écopé d’une peine de six mois de prison avec sursis pour coups et blessures sur sa compagne. C’est la première fois qu’un Béké est condamné à de la prison ferme pour des insultes racistes ! Oh scandale dira-t-on dans une certaine bourgeoisie créole! Mais la justice coloniale au service des Blancs riches et dominateurs a sorti de son chapeau «un stage de citoyenneté» pour protéger Chaulet de la prison. Comme si un «stage » allait faire changer un rejeton de cette caste békée connue pour sa soif de richesse, son racisme, et son arrogance !


Communiqué à propos d'une phrase de notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud sur ATV

Notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud sur ATV le mardi 29 septembre dernier en parlant de la révolution de "la Commune de Paris" a dit qu'elle avait duré 100 ans. Tous les militants du mouvement ouvrier auront compris qu'elle voulait dire "100 jours". Cela dit, il est bon de faire cette mise au point, en particulier pour les jeunes camarades et tous ceux qui ne connaissent pas bien cette page des plus glorieuses du mouvement ouvrier. La "Commune de Paris" fut la première expérience de prise du pouvoir par des ouvriers à Paris. Elle dura donc un peu plus de deux mois. 72 jours exactement, du 18 mars au 28 mai 1871. La répression de l'armée de la bourgeoisie fut impitoyable. Elle fit 30 000 morts dans les rangs des ouvriers et des insurgés parisiens. Mais cette première révolution avait démontré que des ouvriers pouvaient prendre le pouvoir à la place de la bourgeoisie. Elle servit d'exemple aux militants communistes révolutionnaires qui, avec Lénine et Trotsky, furent placés à la direction de la révolution d'octobre 1917 par la classe ouvrière russe insurgée. Ces derniers fondèrent le premier État ouvrier révolutionnaire communiste qui exista durant 6 ans. Ensuite, la clique stalinienne prit le pouvoir et évinça les révolutionnaires du pouvoir jusqu'à leur totale élimination physique au cours des années 1930. Lénine était mort de maladie en 1924. Puis Léon Trotsky, banni d'URSS par le pouvoir stalinien, fut assassiné sur ordre de Staline le 21 août 1940 à Mexico.


Martinique :manifestations des professeurs et élèves du LP Dillon

Le vendredi 25 septembre 2015, les personnels du LP (lycée professionnel) Dillon à Fort-de-France se sont mobilisés pour exiger l’affection immÉdiate d’une enseignante sur un poste… vacant. En effet, depuis le début de l’année scolaire, 75 élèves de trois classes sont privés d’enseignement faute de professeur. Cette mobilisation est intervenue suite à la décision prise en assemblée générale convoquée la veille(le jeudi 24) par la section CGTM Éducation de l’établissement. Victimes de cette situation qui les pénalise, les élèves en ont profité pour manifester également leur mécontentement. Cette situation n’aurait jamais dû exister car un professeur est disponible, celle-là même qui exerçait dans l’établissement l’année dernière en qualité de stagiaire, après y avoir été contractuelle pendant des années. D’ailleurs, le 28 août, ce professeur avait été contactée par téléphone par le rectorat, qui l’avait informée qu’elle avait été affectée dans cet établissement à compter du 1er septembre 2015, information confirmée le 4 septembre par l’inspecteur de la spécialité. Mais le ministère, qui se retranche derrière des «textes» (concours national), persiste à vouloir l’affecter dans l’académie de Versailles (mouvement national) en qualité de professeur remplaçant, alors qu’au LP Dillon, un poste est toujours vacant. Personnels et élèves ont donc décidé de manifester leur ras-le-bol contre cette situation. Les élèves, équipés de banderoles, ont même quitté l’établissement pour manifester dans les rues de Dillon. Les images diffusées le soir lors des journaux télévisés ont permis de prendre conscience de l’ampleur et de la détermination, et des élèves et des enseignants. Pour tenter de casser la mobilisation, le rectorat recruta en catastrophe le matin même du vendredi 25 un vacataire pour exercer au LP Dillon. En clair, le rectorat manœuvrait pour ne pas affecter l’enseignante. Car, comble de l’ignominie, un membre du staff de la rectrice avait auparavant proposé à l’enseignante de la garder sur le poste en question de Dillon en qualité de contractuelle, si elle renonçait au statut de PLP (professeur de lycée professionnel). Donc en échange d’une démission de l’Éducation Nationale. Une réunion eut lieu en préfecture le 25 à 17h en présence du préfet, de la rectrice, d’élus et de membres du Collectif des stagiaires mobilisés. La demande que 12 enseignants affectés hors de Martinique le soient dans cette académie a été faite. Refus des représentants de l’État. Leur seule concession fut de proposer une rencontre lundi 28 dans l’après-midi au rectorat pour étudier la situation des 12 néo titulaires au cas par cas. La mobilisation s’est poursuivie le lundi 28 septembre. Comme le vendredi, aucun cours n’a été assuré. Lors de la rencontre du lundi 28 au rectorat, la rectrice tenta de gagner du temps en demandant des «éléments nouveaux» qui justifieraient le maintien en Martinique de ces enseignants. S’agissant du LP Dillon, elle reconnut que son administration avait été fautive et qu’elle se devait de trouver très rapidement une solution. Cela n’empêcha pas cette même rectrice de condamner l’action des 25 et 28 au LP Dillon en faisant référence à un soi-disant manque de «déontologie». A l’heure où nous écrivons, rien n’est réglé et les enseignants restent mobilisés contre les aberrations et la mauvaise foi de leur administration.


Martinique : un patron voyou jette une tonne d’amiante dans la nature.

La semaine dernière, plusieurs dizaines de sacs contenant des déchets amiantés ont été découverts en pleine nature sur un terrain du Vert-Pré dans la commune du Robert. Une enquête des autorités a révélé que c’est une entreprise de désamiantage de bâtiments qui se débarrassait ainsi des déchets. Ses salariés travaillaient sans aucune protection contre l’amiante, sans dispositif de sécurité et surtout sans être déclarés. L’amiante est un matériau résistant et isolant utilisé pendant longtemps dans la construction de bâtiments et d’équipements, mais il est cancérigène. On estime qu’il a déjà causé à travers le monde la mort de dizaines de milliers de personnes surtout des travailleurs du bâtiment ayant été en contact direct et prolongé avec des fibres d’amiante. Ils ont développé des maladies pulmonaires et des cancers des voies respiratoires et digestives. Dans les années 1990, le scandale a éclaté en France quand la nocivité mortelle de l’amiante a été reconnue. C’est seulement en 1997 qu’il a été totalement interdit. Depuis, tous les bâtiments contenant de l’amiante doivent être décontaminés et les déchets retirés doivent subir un traitement spécifique. Encore une fois, au nom du profit, un patron met délibérément en danger des ouvriers en les faisant travailler sans protection et sans sécurité ; en plus de menacer la santé des habitants en jetant plus d’une tonne de déchets contaminés dans la nature.


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