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Archives de CO/CO de l'année 2015/CO n° 1140 du 26 septembre 2015/Troisième page

Troisième page

GRECE : Victoire sans triomphe de Tsipras! Mais voie ouverte pour imposer les plus dures restrictions à la population.

Le parti d’Alexis Tispras, Syriza, a remporté sans conteste les élections législatives anticipées du 20 septembre dernier. Tsipras avait en effet démissionné en juillet dernier pour provoquer ces élections législatives. Syriza obtient 35,47% des voix, et 145 sièges au parlement. Le parti nationaliste «Grecs Indépendants (ANEL)» avec lequel il a gouverné depuis les élections de janvier obtient 10 sièges. Le parti d’opposition de droite, Nouvelle Démocratie, obtient 28,9% des voix, et le parti d’extrême droite, néo nazi, Aube dorée, 7%. Le 5 juillet dernier, un référendum organisé par Tsipras avait débouché sur un NON massif aux mesures d’austérité imposées par l’Europe en échange d’un soutien financier à la Grèce. Pourtant, une dizaine de jours plus tard, le gouvernement entérinait un plan de mesures d’austérité particulièrement sévère. Un accord était signé à Bruxelles le 13 juillet. Ce renoncement à des promesses de campagne avait entrainé de nombreuses démissions à la tête de Syriza. Le nouveau parti, issu de la scission de Syriza, a obtenu un faible score, moins de 3%, ce qui ne lui permet pas d’avoir des élus au parlement. A l’issue du scrutin de dimanche 20, Tsipras a reçu des félicitations révélatrices : celles du président de l’Eurogroupe, qui a rappelé les «réformes ambitieuses» que devra mener selon lui Syriza, celles de François Hollande, et celles du président du parlement européen, Martin Schultz, pour commencer. Cela donne un indice sur la confiance que ce personnel politique et financier de la bourgeoisie place en Tsipras et dans les possibilités de s’entendre finalement avec lui pour faire admettre à son peuple les plus grands sacrifices pour rembourser les financiers et les banques européennes et imposer les mesure draconiennes imposées par l'Union européenne La population grecque, elle, est loin d’être unanime. L’abstention a atteint un niveau record : 43,45%. Elle était de 36% lors des législatives de janvier. Ceux qui se sont abstenus sont surtout les jeunes et les chômeurs. Pourtant, la participation aux élections est obligatoire en Grèce. Les abstentionnistes ne paient pas d’amende, contrairement à d’autres pays. Mais ils peuvent avoir à faire face à des tracasseries administratives : moins de chances d’obtenir un emploi administratif, plus de difficultés pour le permis de conduire ou un passeport. Pourtant près de la moitié de la population adulte n’est pas allée voter. C’est révélateur de son peu de confiance dans la capacité ou la volonté de Syriza de changer la situation catastrophique dans laquelle elle se trouve. Cette abstention pourra-t-elle déboucher sur une mobilisation des victimes de l’austérité ? Ce serait la seule solution pour que la population cesse d’être étranglée. Pour sortir de la crise, il faut faire payer les riches, et en Grèce il y en a. Seules la lutte et la colère populaires peuvent contraindre le pouvoir à prendre les mesures d’urgence nécessaires.


L'absorption de la BDAF par la Caisse d'Epargne : Les promesses n'engagent que ceux qui y croient.

Finalement la Commission de Contrôle des Opérations Bancaires (Autorité de contrôle Prudentiel et de Résolution) a donné un avis favorable à la demande d'absorption de la BDAF (Banque des Antilles Françaises) par la Caisse d'Épargne Côte d'Azur. Le nouveau groupe, qui s'appellera désormais Caisse d'Épargne comptera suivant un responsable 800 salariés et 220 000 clients. Pour la suite et donc la finalisation de l'opération d'absorption, les dirigeants de la Caisse d'Épargne prétendent, pour l'heure, qu'il n'y aura pas de licenciements tout en reconnaissant qu'il y aura des doublons. En effet dans certaines villes il y a une agence BDAF et une Caisse d'Épargne. A Basse-Terre par exemple les deux agences sont situées l'une à côté de l'autre. Il y aura donc à coup sûr des fermetures d'agences et donc des suppressions de postes. Pour l'heure, l'inquiétude existe surtout parmi les employés de la BDAF car c'est cette banque qui a été "absorbée". Mais les employés de la Caisse d'Épargne auraient tort de croire qu'ils sont à l'abri, même s'ils ont peut être reçu des assurances de la part de leur direction. Car à chaque fois qu'il y a eu des opérations au niveau des banques, qu'il s'agisse de fusions, de rapprochements ou autres, cela a toujours été suivi de suppressions de postes donc de licenciements. Cela a été notamment le cas à la BNP, et à la BFC. C'est seulement en se préparant à lutter farouchement contre toute suppression de poste et contre tout licenciement que les employés de la nouvelle Caisse d'Épargne auront des chances de garantir l'emploi de tous.


Les migrants : noyés, ou face aux murs et aux barbelés en Europe et à ses portes!

La France et l’Allemagne ont débloqué des fonds pour les frais d’hébergement. Mais sur plus de 100 000 migrants seuls 40 000 ont pu avoir un gîte et un couvert. Les frontières se sont refermées. Les migrants ont été refoulés face aux barrières de barbelés dressées en Hongrie où ils ont été matraqués et ont reçu des gaz lacrymogènes, y compris les enfants. Le gouvernement Hongrois a même menacé d’emprisonner les migrants les plus récalcitrants. Ceux-ci sont ballottés entre les frontières de la Hongrie et de la Croatie. Mais malgré l’épuisement et la violence policière ils sont déterminés et continuent leur route vers l’Allemagne. Les états européens cherchent à limiter ce flot de migrants en privilégiant ceux qui ont fui la guerre en Syrie et en repoussant ceux qui ont fui la situation économique de leur pays. Mais l’Allemagne en un premier temps s’est servie pour satisfaire le besoin de main d’œuvre dans l’intérêt des entreprises allemandes. Cette discrimination entre migrants a pour but de diviser une population confrontée aux mêmes problèmes : l’oppression, la guerre, la misère Ce sont non seulement des populations des pays arabes qui fuient cette situation mais également des Africains qui partent dans des bateaux et qui périssent pour beaucoup dans la Méditerranée. Alors que la France promet de recevoir 24 000 migrants en 4 ans, de nombreux Africains vivent sous des tentes à Paris et sont expulsés par la force. Ces migrants africains seraient-ils victimes d’une discrimination au faciès ? Toutes ces injustices qui frappent les migrants ne feront qu’envenimer la situation. Ni les barbelés ni la répression inhumaine aux frontières n’empêcheront ce flot de migrants d'aller dans les pays les plus riches. Tant qu’il y aura des guerres, la misère dans ces pays d’Afrique, du Moyen et du Proche Orient où l’impérialisme s’impose par les armes, les populations n’auront d’autre choix que de fuir.


Un nouveau scandale : contre la CGTG, la justice coloniale soutient encore une fois les riches békés descendants des esclavagistes !

Combat ouvrier soutient l’appel à la mobilisation de la CGTG ! Appelle TOUS SES MILITANTS ET LA POPULATION A SE RENDRE DEVANT LE TRIBUNAL DE POINTE-A-PITRE LE MARDI 6 OCTOBRE A 8H Le 06 octobre prochain aura lieu une audience du tribunal d’instance de Pointe-à-Pitre à la demande des dirigeants de la CGTG. La requête de l’organisation syndicale vise à réclamer l’étalement des sommes auxquelles elle a été injustement condamnée en avril 2015 pour avoir écrit dans deux tracts que les Despointes, patrons de Milenis avaient fait leur fortune sur la traite négrière et l’esclavage salarié, grâce à leurs ancêtres esclavagistes, ce qui est vrai. Pour rappel, après avoir condamné la CGTG et deux dirigeants du syndicat de Carrefour Milenis à verser aux Despointes plus de 15000 € en première instance, la cour d’appel a confirmé et aggravé la condamnation. Au total, la CGTG aura à verser plus de 50 000€ prélevés sur les cotisations des salariés, sans compter les frais de justice qui alourdissent encore la somme. Les Despointes, un des plus gros capitalistes de Guadeloupe, n’ont pas hésité à faire bloquer les comptes de la CGTG pour obtenir les sommes. Les huissiers n’ayant rien pu trouver sur les comptes d’un des dirigeants du syndicat de Milenis, ils ont, à la demande des patrons pris une hypothèque sur sa voiture personnelle. Les Despointes qui sont bénéficiaires de ce jugement inique et la justice à leur service cherchent à mettre à genoux une organisation syndicale qui défend au quotidien les intérêts des travailleurs. La CGTG appelle ses militants à la mobilisation. Mais tout comme Combat Ouvrier, les organisations politiques du mouvement ouvrier, tous les syndicats, tous les défenseurs des droits de l'homme, tous les anti-colonialistes, doivent se mobiliser pour soutenir la CGTG et dénoncer le racisme officiel qui consiste à donner raison aux patrons Blancs dominateurs et exploiteurs des travailleurs noirs et indiens de ce pays depuis des siècles!


USA : Baltimore : le combat n’est pas terminé (traduction d’un article paru dans le journal trotskyste américain The Spark)

En avril dernier à Baltimore, un jeune noir de 25 ans, Freddie Gray, était assassiné par la police. Ce meurtre avait entrainé manifestations et émeutes durant plusieurs jours. Cinq mois après que la police municipale de Baltimore ait tué Freddie Gray, la ville a accepté de payer à se famille 6,4 millions de dollars. Le jugement de l’affaire Gray va au-delà du total combiné de plus de 120 procès pour violence de policiers depuis 2011. De plus, un juge a décidé de poursuivre pour meurtre les policiers impliqués. La raison de ces décisions de justice : les jeunes de Baltimore sont descendus dans les rues, et se sont fait entendre, dans le monde entier. Ce qu’a subi Freddie Gray n’est pas pire que ce qui est arrivé à de nombreux autres ces dernières années. Dondi Jonhson, par exemple, a été aussi victime d’une de ces fameuses courses poursuite par la police de Baltimore en 2005. Ses vertèbres cervicales fracturées, il est resté paralysé et est mort deux semaines plus tard. Sa famille a reçu seulement 219 000 dollars comme prix de sa vie. Et aucune charge criminelle ne fut retenue contre les policiers. Les autorités de la ville tentent de faire passer le message suivant : cessez le combat. « Le système judiciaire fonctionne : les policiers seront jugés sur place et une forte somme est versée à la famille. Il n’est plus nécessaire de vous révolter... ». Rien n’est plus éloigné de la vérité. Ce que Baltimore nous démontre, c’est comment on obtient quelque chose. La réponse n’est pas de cesser la lutte. Elle n’est pas terminée. Il n’y a toujours pas de travail. Les Noirs sont toujours les premières victimes. Les gens ont encore toutes les raisons de se battre.


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